Un réseau clandestin est un groupe de personnes agissant secrètement dans un but souvent politique, à l'insu d'un État et de ses forces de l'ordre, et donc illégalement. Ces réseaux commencent en général comme des mouvements politiques, parfois paramilitaires, et peuvent, dans certains cas, se transformer en parti politique et/ou force militaire régalienne, et de ce fait devenir totalement ou partiellement légaux[1]. On peut noter le cas du parti politique Sinn Féin et sa relation avec l'IRA, sa branche armée, en Irlande[2].

Ancienne photo d'une unité de l'armée républicaine irlandaise.
Unité de l'IRA.


Exemples à travers l'Histoire

modifier
Photos de soldats appartenant à la l'Armée rouge de la Ruhr.
Groupe de soldats de la Rote Ruhrarmee en 1920.
Ancienne photo en noir et blanc de jeunes résistants lors de la Seconde Guerre Mondiale.
Jeunes résistants français lors de la Seconde Guerre Mondiale.

En 1920, l'Armée rouge de la Ruhr, ou Rote Ruhrarmee en allemand, était une force armée ouvrière active dans la région de la Ruhr. Formée en réaction au putsch de Kapp, elle fut vaincue et dissoute en avril de la même année[3].

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la résistance française était notamment composée de réseaux clandestins agissant sous la bannière des FFI, combattant les forces d'occupation allemandes[4].

Des années 1950 à 1990, ont existé une multitudes de réseaux Stay-behind en Europe, « Rose des vents » en France. Ces réseaux secrets de l'OTAN visaient à exfiltrer les hauts dignitaires de différents pays en cas d'invasion de l'URSS. Ceux-ci étaient à l'origine contrôlés par la CIA, à l'insu des gouvernements du vieux continent[5],[6].

Tout au long de l'Histoire, la piraterie à toujours été constituée de réseaux clandestins. Pratiquée en mer depuis l'Antiquité par des marins bandits, dits pirates, ou plus récemment via Internet et les groupes de hackers ou d'hacktivistes[7],[8].

Évolutions avec Internet

modifier
Drapeau noir avec écriture et sceau en blanc, représentatif de Daesh ou État islamique.
Drapeau de Daesh.

Plus récemment, Internet a permis la création de nombreux réseaux à destination de militants, d'opposants politiques, de pirates informatiques ou encore d'espions. Ils trouvent souvent racine à travers les réseaux sociaux[9].

« Sleeper cell » ou cellule dormante

modifier

Ces réseaux se retrouvent parfois sous la forme de « sleeper cell » ou cellules dormantes en français. Celles-ci peuvent être utiles à un État ou à un mouvement politique qui aurait des visées hostiles envers un autre État[10]. Peuvent être cités Daesh et ses réseaux de recrutement en Europe[11], ou encore la Russie via des groupes d'espions et d'agents « jetables », dans le but notamment de déstabiliser l'UE vis-à-vis de la guerre en Ukraine[12].



Notes et références

modifier
  1. ↑ Anne Philippe, « 13. Transformation des réseaux clandestins et continuité des liens », dans Agir-en-réseau : Modèle d'action ou catégorie d'analyse ?, Presses universitaires de Rennes, coll. « Res publica », , 199–204 p. (ISBN 978-2-7535-6263-9, DOI 10.4000/books.pur.70797, lire en ligne)
  2. ↑ (en) « Sinn Fein | History, Policy, & Structure | Britannica », sur www.britannica.com (consulté le )
  3. ↑ (de) George J. Eliasberg, Der Ruhrkrieg von 1920., Verlag Neue Gesellschaft, (ISBN 978-3-87831-148-5, OCLC 973488, lire en ligne)
  4. ↑ « L'unification de la Résistance | Ministère des Armées et des Anciens combattants », sur www.defense.gouv.fr, (consulté le )
  5. ↑ Jean Guisnel, Au cœur du secret: 1500 jours aux commandes de la DGSE, 1989-1993, Fayard, (ISBN 978-2-213-59311-1, OCLC 32924828, lire en ligne)
  6. ↑ Olivier Brun, « Stay behind », dans Dictionnaire du renseignement, Perrin, , 736–738 p. (ISBN 978-2-262-08657-2, DOI 10.3917/perri.mouto.2018.01.0736, lire en ligne)
  7. ↑ Internet Archive, Les pirates: forbans, flibustiers, boucaniers et autres gueux de mer, Phébus, (lire en ligne)
  8. ↑ Rayna Stamboliyska, La face cachée d'internet : hackers, darknet..., Larousse, , 352 p. (ISBN 9782035936660, lire en ligne)
  9. ↑ Irène Pereira, « 3. Organisation en réseau et renouveau de la contestation en France », dans Agir-en-réseau : Modèle d'action ou catégorie d'analyse ?, Presses universitaires de Rennes, coll. « Res publica », , 75–89 p. (ISBN 978-2-7535-6263-9, DOI 10.4000/books.pur.70722, lire en ligne)
  10. ↑ Eloi Thomaz Folmann Sabedotti Breda, « Cellules dormantes : comprendre les réseaux clandestins et les enjeux de sécurité contemporains », sur Causse Noir Tac&Sur, (consulté le )
  11. ↑ « Comment Daesh utilise les réseaux pour recruter ses futurs fidèles ? », (consulté le )
  12. ↑ « Une cartographie des actions de déstabilisation pro-russe en Europe », sur Next, (consulté le )

Voir aussi

modifier