Raffinerie de Donges

raffinerie de pétrole à Donges, en Loire-Atlantique, en France

La raffinerie de Donges est une raffinerie de pétrole située à Donges en France, exploitée par la société TotalEnergies.

Raffinerie de Donges
Image illustrative de l’article Raffinerie de Donges
La raffinerie vue depuis Lavau-sur-Loire
Présentation
Coordonnées 47° 18′ 44″ nord, 2° 04′ 14″ ouest
Pays France
Région Loire-Atlantique
Ville Donges
Compagnie Total
Fondation 1933
Site internet www.total.fr
Caractéristiques techniques
Capacité 11,3 Mt/an
Produits bitumes, fiouls, essences, naphta, GPL, carburéacteur, gazole
Localisation
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Géolocalisation sur la carte : Loire-Atlantique
(Voir situation sur carte : Loire-Atlantique)

Située au bord de la Loire sur une surface d'environ 350 hectares, elle bénéficie du trafic fluvial entre le port de Saint-Nazaire et le port de Nantes et peut ainsi accueillir des pétroliers à fort tonnage. Elle a une capacité de traitement d'environ onze millions de tonnes par an, ce qui en fait la troisième plus grande raffinerie en France après la raffinerie de Normandie et la Raffinerie de Port-Jérôme-Gravenchon.

Histoire

modifier

L'histoire de la raffinerie de Donges remonte à 1917, lorsque, suite à l'entrée des Américains dans la Première Guerre mondiale, ceux-ci construisent le long du chemin de fer le premier port pétrolier, qui sert alors uniquement de dépôt pour désengorger le port de Saint-Nazaire, en réceptionnant le charbon et le carburant[1]. La société Paul Paix est créée afin de construire les premiers réservoirs pétroliers, qui deviendra après l'armistice la Compagnie Occidentale des Produits de Pétrole, qui donnera naissance ensuite à la Société Générale des Huiles de Pétrole.

À partir de 1920, des femmes de la commune, surnommées les « pétroleuses » fabriquent des bidons, prémices à la création de la raffinerie qui intervient quelques années plus tard[2].

Le , l’assemblée nationale vote la loi marquant les débuts du raffinage des hydrocarbures en France.

En 1931 à Donges, la Société des Consommateurs de Pétrole est créée et inaugure l'année suivante un équipement de raffinage américain, appelé « batterie Foster-Wheeler ».

En 1933, la société alsacienne Péchelbronn installe une usine à Donges, sous le nom de Péchelbronn-Ouest, et démarre en 1935 une unité de combiné topping-cracking-reforming, dite « Winkler-Kook ».

Sérieusement endommagées pendant la Seconde Guerre mondiale, les raffineries sont remises en services et fusionnent pour devenir les Raffineries Françaises de Pétrole de l’Atlantique en 1948[1]. L'essor du pétrole offre de nombreuses opportunités d'emplois et de nombreux ouvriers débarquent de toute la France dans les années qui suivent.

Les Raffineries Françaises de Pétrole de l’Atlantique sont incluses dans la nouvelle société Antar-Pétroles de l’Atlantique créée en 1954[1].

Entre 1959 et 1962, Robert Lesbounit y a réalisé des fresques murales qui représentent la légende d’Antar. Ces fresques sont menacées de destruction[3].

Ex-propriété de Elf Aquitaine, cette raffinerie est actuellement exploitée par la société TotalEnergies[4].

Présentation

modifier

Seule raffinerie implantée sur la côte atlantique, celle de Donges occupe 350 hectares répartis de part et d'autre de la ligne ferroviaire Nantes - Le Croisic, empruntée par près de 75 millions de voyageurs/km (en 2006)[5] et enclavant même les emprises de la gare de Donges. Un projet de contournement de la raffinerie par le nord sur une nouvelle section de 4,5 km, rapprochant ainsi la ligne et la gare vers le bourg de Donges existe bien (des études préliminaires avaient été effectuées en 2009[6]). Total, qui souhaite investir sur le site pour pérenniser son activité, semble disposé à participer au financement des travaux de contournement dont le coût est estimé entre 120 et 150 millions d'euros. Un accord dans ce sens est attendu avant la fin de l'année 2015. Les procédures administratives et de travaux en vue de l'obtention d'une déclaration d'utilité publique pourrait intervenir en 2017[7].

Sa capacité de traitement est de 11 millions de tonnes par an, soit 12 % du traitement national annuel de brut. Outre les carburants automobiles, elle produit du kérosène, du butane, du propane, des bitumes et des fiouls domestiques. La raffinerie de Donges est certifiée ISO 9001, ISO 14001 et ISO 50001[8]. Elle est dotée d’un laboratoire d’analyse accrédité COFRAC. Elle a le niveau 8 du système SIES de management de la sécurité.

Le site de Donges compte environ 650 salariés TotalEnergies ainsi que 400 intervenants d’entreprises extérieures en moyenne. Ses activités induisent près de 5 000 emplois et représentent 40 % du trafic du Grand Port Maritime Nantes-Saint-Nazaire.

Ses six appontements permettent d’accueillir des navires de 1 000 à 170 000 m3. Elle est reliée au pipeline Donges-Melun-Metz.

Impact économique régional

modifier

La raffinerie de Donges est l’une des principales entreprises implantées dans la Communauté d'agglomération de la Région Nazairienne et de l'Estuaire (CARENE). Elle investit environ 60 millions d’euros par an (hors grands projets) et verse 10,5 millions d’euros de taxes et de redevances diverses.

Accidents

modifier

Accidents de Travail

modifier
  •  : lors d'une intervention, de l'acide fluorhydrique est projeté sur 3 employés. L'acide projeté occasionne des brûlures sur 2 des opérateurs, ceux-ci n'étant pas équipés de tenue adaptée contrairement au troisième, indemne. L'une des personnes atteintes est admise au service des grands brûlés à Nantes[9].
  •  : à la suite d'une fuite de gaz toxique, une personne est évacuée vers un centre de secours. Le trafic SNCF est arrêté durant l'intervention[10],[11]
  •  : décès d'un salarié d'un sous traitant sur le site de la raffinerie[12].

Accidents technologiques

modifier
  •  : l'explosion du pétrolier Princess Irene à l'appontement 6 cause la mort de 6 personnes (3 employés de la raffinerie et 3 marins)[13]. Un mémorial a été érigé à proximité de l'appontement 6 en souvenir de la catastrophe.
  •  : une rupture sur une canalisation fait se déverser 40 t de pétrole brut en Loire[14].
  •  : deux fuites d'hydrocarbures engendrent une pollution des sols (1 000 m³ de terres souillées) ainsi que des berges d'un canal[15].
  •  : une fuite déclenche un incendie dans l'unité de viscoréduction. Endommagée, cette unité sera arrêtée plusieurs semaines[16].
  •  : 350 m³ d'eaux polluées aux hydrocarbures sont déversées dans un étier[17].
  •  : une fuite de 478 t de fioul lourd vers l'estuaire de la Loire se produit[18]. 90 km de berge sont souillées[19]. L'estuaire est pollué de Saint-Nazaire à Cordemais, avec une concentration élevée sur Paimbœuf[20].
  •  : un four de circulation d'huile chaude explose[21].
  •  : une émission de sulfure d'hydrogène non détectée par les capteurs impacte les riverains et intoxique 3 employés[22].
  •  : des rejets malodorants à la torche sont ressentis jusqu'en Vendée[23].
  •  : de la corrosion engendre une fuite de butane et d'acide fluorhydrique pendant 4 h. La trafic ferroviaire est interrompu[24].
  •  : une fuite de gaz déclenche des signalements à Saint-Étienne-de-Montluc ainsi qu'à Nantes située à 50 km du site[25].
  •  : à la suite d'une mauvaise injection de produit, un bac monte en température. Celui-ci va se déformer, des soudures vont se rompre[26] .
  •  : une soupape dysfonctionne pendant plusieurs heures et laisse s'échapper des gaz. Cette fuite est ressentie jusqu'à Lorient, à plus de 100 km du site[27],[28].
  •  : des flammes de plusieurs dizaines de mètres et un énorme panache de fumée s'échappent du site[29].
  •  : une fuite est détectée sur une cuve de 20 m³ d'acide sulfurique. L'acide est alors transvasé dans une citerne routière. Au bout de 2 jours, la citerne routière se met à fuir et un phénomène d'échauffement (85°C) est détecté[30]. Le trafic SNCF à proximité est arrêté[31].
  •  : en raison de la corrosion sur une canalisation, une fuite engendre une pollution des sols. 700 t de terres polluées seront évacuées[32].
  •  : 250 m³ de pétrole brut fuient d'un réservoir. Le sol se retrouve pollué. La fuite est initialement due à une accumulation de déchets sur le toit flottant du réservoir qui a déclenché un problème d'évacuation des eaux de pluies[33].
  •  : 100 à 300 m³ de pétrole s'échappent d'une canalisation. La nappe phréatique est touchée, la pollution s'étend sur 10 000 m2[34],[35].
  •  : un incendie se déclare dans un four d'une des unités[36].
  •  : 770 000 litres de naphta s'échappent d'un bac percé. Un rapport démontre que le seuil d'exposition aigu au benzène a été dépassé pendant 4 jours. TotalEnergies le gardera 20 mois sans le communiquer[37].
  •  : une fuite de gazole se produit sur le site[38].
  •  : une fuite se produit sur une ligne d'une unité de traitement des eaux chargées en ammoniac et sulfure d'hydrogène[39],[40].
  •  : une fuite d'hydrogène enflammée se produit[41].
  •  : une fuite de pétrole brut a entraîné l'irisation de 500 m2 d'eau dans la Loire[42].
  •  : le , des irisations sont constatées sur la Loire ; le , les équipes de la raffinerie constatent une fuite de slop, la fuite sera réparée le jour du constat ; le , les services de l'État décèlent une pollution aux hydrocarbures des eaux souterraines[43].
  •  : un incendie se déclenche dans une unité de distillation[44].

Corrosion et fuites

modifier

Le , la raffinerie est entièrement mise à l'arrêt à cause d'une infrastructure jugée vétuste avec un problème de corrosion, des fuites, un bouchage sur un four et 32 000 kilomètres de tuyauterie à refaire. Une mise en demeure est adressée à TotalEnergies mais le groupe indique que cet « arrêt technique » vient de sa propre décision[45].

Actions liées à l'impact environnemental des activités de la raffinerie

modifier

Les émissions atmosphériques du site sont surveillées par un organisme indépendant, Air Pays de la Loire, à partir de six capteurs répartis autour de la raffinerie et à Paimbœuf, sur la rive sud de l’estuaire de la Loire. Les émissions de SO2 de la raffinerie sont en constante diminution (40 % entre 2004 et 2010) et très inférieures aux seuils réglementaires, ce que l'entreprise attribue aux investissements menés sur le site dans ce domaine. Certains affirment que ces résultats sont faussés, les sondes étant installées dans le sens contraire des vents forts[réf. nécessaire].

En 2011, la DREAL doit mettre en place un PPRT (plan de prévention de risques technologiques) qui est censé protéger les riverains du site industriel[46]. Le site est classé Seveso.

Filmographie

modifier

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 « Présentation de la plateforme de Donges », sur Donges (consulté le )
  2. Ouest-France, « Les Dongeois et la raffinerie liés depuis un siècle », sur Ouest-France.fr, (consulté le )
  3. « Il faut sauver le chevalier Antar », sur ouest-france.fr, (consulté le )
  4. « Historique », sur www.raffinerie-donges.total.fr, (consulté le )
  5. Les transports dans les Pays de la Loire - Mémento statistiques « Voyageur » - Résultats 2006 - Direction Régionale de l'Équipement
  6. Cyrille Pitois, « Le train dans la raffinerie, c'est bientôt fini », Ouest-France, (lire en ligne)
  7. « Total. La raffinerie de Donges pas concernée par la restructuration », Ouest-France, (lire en ligne)
  8. « Certifications, accréditations et reconnaissances », sur Donges (consulté le )
  9. « Projection d’acide fluorhydrique sur des employés », sur aria.developpement-durable.gouv.fr (consulté le ).
  10. « Donges : un blessé lors d'une fuite à la raffinerie Total », Le Parisien, 11 juillet 2013 (consulté le 24 août 2018).
  11. « Légère fuite toxique à la raffinerie Total de Donges (Loire-Atlantique), un blessé (Total) », Le Parisien, 11 juillet 2013 (consulté le 24 août 2018).
  12. Mikaël Roparz, « Un accident mortel à la raffinerie Total de Donges », France bleu/, 2014-14-17 (lire en ligne, consulté le )
  13. « L’explosion mortelle du pétrolier « Princess Irene » à Donges », sur lemarin.ouest-france.fr, (consulté le ).
  14. « Rupture d’un joint de canalisation », sur aria.developpement-durable.gouv.fr (consulté le ).
  15. « Pollution des berges d’un canal. », sur aria.developpement-durable.gouv.fr (consulté le ).
  16. « Feu sur l’unité de viscoréduction dans une raffinerie. », sur aria.developpement-durable.gouv.fr (consulté le ).
  17. « Pollution d’un étier par des hydrocarbures » (consulté le ).
  18. (en) « Accident à la Raffinerie TOTAL de Donges : 6 mois après » [vidéo], sur Dailymotion (consulté le ).
  19. « Les effets du temps sur les installations industrielles », sur aria.developpement-durable.gouv.fr (consulté le ).
  20. « Raffinerie de Donges, fuite sur une canalisation », sur cedre.fr, (consulté le ).
  21. « Explosion d’un four dans une raffinerie », sur aria.developpement-durable.gouv.fr (consulté le ).
  22. « Emission de H2S dans une raffinerie Consultation spécifique GESIP », sur aria.developpement-durable.gouv.fr (consulté le ).
  23. « Odeurs lors du redémarrage de la torche d’une raffinerie » (consulté le ).
  24. « Fuite de butane et d’acide fluorhydrique dans une raffinerie » (consulté le ).
  25. « Odeurs de gaz en Pays de Retz et à Nantes », sur ouest-france.fr, (consulté le ).
  26. « Déformation d’un bac d’hydrocarbures » (consulté le ).
  27. « Un problème de soupape diffuse une mauvaise odeur jusque dans le Morbihan », sur francetvinfo.fr, (consulté le ).
  28. « Échappement de gaz à la raffinerie de Donges : les explications de la société Total », sur ouest-france.fr, (consulté le ).
  29. « Total s'explique sur le dégazage spectaculaire à la raffinerie de Donges », sur ouest-france.fr, (consulté le ).
  30. « RETEX sur la fuite d'acide sulfurique à la raffinerie de Donges », sur ensops.fr, (consulté le ).
  31. « Fuite à la raffinerie, le personnel confiné », sur ouest-france.fr, (consulté le ).
  32. « Fuite sur une canalisation de pétrole dans l’enceinte d’une raffinerie », sur aria.developpement-durable.gouv.fr (consulté le ).
  33. « Fuite au niveau d’un réservoir de pétrole brut dans une raffinerie », sur aria.developpement-durable.gouv.fr (consulté le ).
  34. « Région de Saint-Nazaire : la fuite de pétrole était plus grave qu'annoncé », sur actu.fr, (consulté le ).
  35. « Fuite d’hydrocarbures sur une canalisation ayant entraîné des irisations en LOIRE », sur aria.developpement-durable.gouv.fr (consulté le ).
  36. « Après le feu à la raffinerie de Donges, des analyses de l'air effectuées », sur actu.fr, (consulté le ).
  37. « Fuite d'hydrocarbures à la raffinerie de Donges en décembre 2022. TotalEnergies a caché les résultats d'une étude sur une pollution de l'air », sur francetvinfo.fr, (consulté le ).
  38. « Une fuite de gasoil à la raffinerie Total Energies de Donges », sur ouest-france.fr, (consulté le ).
  39. « Nouvelle fuite à la raffinerie Total de Donges », sur actu.fr, (consulté le ).
  40. « Fuite d’ammoniac et sulfure d’hydrogène dans une raffinerie », sur aria.developpement-durable.gouv.fr (consulté le ).
  41. « Une fuite d’hydrogène « enflammée » à la raffinerie TotalÉnergies de Donges », sur actu.fr, (consulté le ).
  42. Rédaction Presse Océan, « Fuite de pétrole brut dans la Loire samedi soir : les services de l’État mobilisés », sur ouest-france.fr, Presse Océan, (consulté le )
  43. « À la raffinerie de Donges, une fuite sur une tuyauterie entraîne des irisations sur la Loire », sur ouest-france.fr, (consulté le ).
  44. « À Donges, un feu se déclare à la raffinerie TotalEnergies », sur maville.com, Ouest-France, (consulté le ).
  45. « La raffinerie TotalEnergies de Donges « entièrement à l’arrêt » pour « corrosion et fuites » », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
  46. « Rapport de présentation relatif à l'élaboration du plan de prévention des risques technologiques de Donges (44) », sur pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr (consulté le )

Liens externes

modifier