Rafle de Pexonne
La rafle de Pexonne est une opération de représailles menée par les forces allemandes le dans le village de Pexonne, en Meurthe-et-Moselle, alors que la Seconde Guerre mondiale touche à sa fin et que les forces allemandes se replient devant l'avancée alliée.
| Rafle de Pexonne | ||
| Type | Rafle et prise d'otages | |
|---|---|---|
| Pays | ||
| Localisation | Pexonne (Meurthe-et-Moselle) | |
| Coordonnées | 48° 29′ 00″ nord, 6° 52′ 00″ est | |
| Organisateur | SS et Sipo-SD | |
| Date | ||
| Participant(s) | Kommando dirigé par le capitaine Erich Wenger (de) | |
| Revendications | Répression des activités de la Résistance | |
| Bilan | ||
| Morts | 3 fusillés ; 65 morts en déportation | |
| Répression | ||
| Arrestations | 112 otages | |
| Géolocalisation sur la carte : Meurthe-et-Moselle
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Au cours de cette opération, 112 habitants sont arrêtés et rassemblés sur la place de l'Église. Vingt-huit d'entre eux sont finalement libérés, trois sont fusillés et 81 sont déportés dans des camps de concentration nazis, notamment au camp de Mauthausen et dans ses camps annexes. Selon les recherches historiques consacrées à l'événement, 65 des 81 déportés meurent en déportation[1],[2].
L'opération est dirigée par le capitaine SS Erich Wenger (de), responsable d'un kommando de la Sipo-SD présent dans le secteur de Baccarat. Les arrestations sont effectuées dans le contexte de la lutte contre les maquis et de la répression exercée par les forces allemandes dans les Vosges et le sud-est de la Meurthe-et-Moselle.
Contexte
modifierÀ l'été 1944, la situation militaire allemande se dégrade rapidement après le débarquement de Normandie et le débarquement de Provence. Dans l'Est de la France, les mouvements de Résistance prennent une importance croissante et les maquis se développent dans les secteurs forestiers et montagneux des Vosges[3].
Pexonne se trouve à proximité de plusieurs zones utilisées par les résistants. Le maquis de Pexonne constitue alors un important foyer de Résistance et rassemble plusieurs centaines d'hommes armés[4].
À partir du mois d', les forces allemandes multiplient les opérations contre les maquis et les populations civiles soupçonnées de les soutenir. Le kommando dirigé par Erich Wenger est installé à Baccarat à partir du . Il participe à plusieurs opérations de répression dans la région[4],[5].
Rafle du 27 août 1944
modifierArrestation des habitants
modifierLe dimanche , le kommando commandé par Erich Wenger fait irruption à Pexonne[6].
Les habitants sont arrêtés dans le village puis conduits vers la place située devant l'église Saint-Pierre-aux-Liens. Au total, 112 hommes sont pris en otages. Les personnes arrêtées ne sont pas toutes des résistants : la rafle touche largement la population civile du village[4].
Les otages sont ensuite conduits à Baccarat, où se trouve le siège du kommando Wenger. L'objectif est notamment de rechercher d'éventuels membres ou soutiens du maquis[7],[8].
Exécutions et déportations
modifierÀ l'issue de l'opération, le sort des otages est différent selon les personnes. 28 hommes sont libérés. Trois autres sont fusillés. Les 81 hommes restants sont déportés vers le système concentrationnaire nazi[9].
La majorité des déportés est dirigée vers le camp de concentration de Mauthausen[9]. Plusieurs passent ensuite par différents camps et kommandos, notamment Melk, Ebensee et Gusen[10].
Selon les recherches historiques consacrées à la rafle, 65 des 81 déportés ne survivent pas à leur déportation[11].
Parmi les victimes figure notamment Émile André[12], agriculteur à Pexonne, déporté au camp de Natzweiler-Struthof puis transféré à Melk, où il meurt le . Raymond Anzenberger[13], coiffeur du village, est également déporté à Natzweiler et meurt en déportation en [14].
Bilan humain
modifierLe bilan humain de la rafle de Pexonne est de 112 personnes arrêtées, dont 28 libérées, 3 fusillées et 81 déportées, parmi lesquelles 65 meurent en déportation[11].
Mémoire
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La mémoire de la rafle de Pexonne est notamment entretenue par la pose de Stolpersteine. En 2024, les 27 premiers pavés sont installés sur la place du . En , 27 nouveaux Stolpersteine sont inaugurés, portant leur nombre à 81 dans la commune, en mémoire des 81 hommes déportés après la rafle[15].
Un projet de maison des Déportés, également envisagé sous le nom de « Mémorial de la rafle du », prévoit la réhabilitation de l'ancienne école primaire. Le lieu doit présenter l'histoire de la rafle, de la Résistance locale et de la déportation, notamment à travers un parcours chronologique, une reconstitution d'une salle de classe de l'époque et des expositions temporaires. Le projet prévoit également un parcours mémoriel dans le village ainsi que des liens avec le camp de concentration de Natzweiler-Struthof, où les déportés de Pexonne furent les derniers à avoir franchi le portail avant la libération du camp[16],[17].
Notes et références
modifier- ↑ « La rafle de Pexonne : entretien avec Guillaume Maisse », Histoire et Sociétés en Champagne, (lire en ligne [PDF])
- ↑ « Parcours - 2e DB - Vers l'Est - Meurthe & Moselle + », sur La VOIE de la 2e DB LECLERC - Bornes du serment de KOUFRA, (consulté le )
- ↑ Guillaume Maisse, Pexonne 27 août 1944 : La rafle oubiée, Pexonne, Édition à compte d'auteur, , 408 p. (ISBN 979-1-0343-1010-4).
- 1 2 3 « Pexonne en 1939-1945 », sur www.ajpn.org (consulté le )
- ↑ (de) Peter Lieb, Konventioneller Krieg oder NS-Weltanschauungskrieg?: Kriegführung und Partisanenbekämpfung in Frankreich 1943/44, Walter de Gruyter, (ISBN 978-3-486-70741-0, lire en ligne), p. 152
- ↑ « Deux petites-filles d’un nazi se confient à « l’Obs » : « Cet héritage, on ne peut pas l’oublier » », sur Le Nouvel Obs, (consulté le )
- ↑ Par AFP, « 80 ans après, descendants de SS et de déportés commémorent la rafle de Pexonne », sur fr.timesofisrael.com (consulté le )
- ↑ « « Pas plus beau message de paix » : à Pexonne, la compassion de la famille de l’officier SS de « la rafle oubliée » », leparisien.fr, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- 1 2 « 80ème anniversaire de la rafle de Pexonne », sur MAUTHAUSEN (consulté le )
- ↑ « RECHERCHE - Monument Mauthausen III », sur monument-mauthausen.org (consulté le )
- 1 2 Alain Frerejean et Claire L'Hoër, Libération : la joie et les larmes - Acteurs et témoins racontent (1944-1945), L'ARCHIPEL, (ISBN 978-2-8098-2674-6, lire en ligne)
- ↑ « 97528 - Monument Mauthausen III », sur monument-mauthausen.org (consulté le )
- ↑ « 97542 - Monument Mauthausen III », sur monument-mauthausen.org (consulté le )
- ↑ « Arrestations 1939-1945 : Pexonne », sur www.ajpn.org (consulté le )
- ↑ « Pexonne. De nouveaux Stolpersteine pour entretenir la mémoire de la rafle », sur www.estrepublicain.fr, (consulté le )
- ↑ « Pexonne. Maison des déportés : un projet mémoriel structurant pour raconter la rafle de 1944 », sur www.estrepublicain.fr, (consulté le )
- ↑ « Pexonne, au cœur de la forêt vosgienne – Atelier – Aile² » (consulté le )