Ramy Shaath
Ramy Shaath est un militant politique palestinien, figure de la révolution égyptienne et défenseur des droits des Palestiniens. Il a participé à la création de plusieurs associations et mouvements, tels que le collectif Urgence Palestine ou Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) lors du printemps arabe en Égypte.
| Naissance | |
|---|---|
| Nationalités |
égyptienne (jusqu'à ) palestinienne |
| Domicile |
France (à partir de ) |
| Activité | |
| Père | |
| Fratrie |
Ali Chaath (d) |
Biograhie
modifierRamy Shaath est fils de Nabil Shaath, l'ancien négociateur en chef des accords d’Oslo de 1993[1] et premier ministre de l’Autorité palestinienne[2]. Ramy Shaath est lui-même ancien conseiller spécial de Yasser Arafat[3], et est invité durant les années 1990-2000 à Paris en tant qu’officiel palestinien[1].
Figure laïque[4] de la révolution de la place Tahrir de 2011 qui fait tomber le président Hosni Moubarak[5], il participe aux luttes démocratiques qui ont suivi[6]. En 2015, il cofonde le mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) Égypte[6], qui réclame notamment la fin de l’occupation des territoires palestiniens par Israël[7]. Il bénéficie alors de la double nationalité palestinienne et égyptienne[7].
Il est enlevé, puis emprisonné, le 5 juillet 2019, probablement pour son opposition au plan de paix israélo-palestinien présenté comme "deal du siècle" par Donald Trump[7]. L’Égypte cherche à cette période à se rapprocher d'Israël[5]. Il intègre en détention préventive la prison de Tora au Caire, dans une cellule de 25 m² comprenant quinze détenus[2], et indique y avoir été torturé[5]. Son épouse, la citoyenne française Céline Lebrun-Shaath, est expulsée d'Égypte où elle travaille comme enseignante[8].
En octobre 2020, 56 membres du Congrès américain lui ont adressé une lettre de soutien, imités par 66 parlementaires français[4].
La ville de Nanterre, où réside Céline Lebrun et où le couple s'était marié, a fait citoyen d'honneur Ramy Shaath[2] en 2021, au même titre que Nelson Mandela et Cécile Kohler[6].
Il est libéré en janvier 2022[5], après 900 jours de détention dans les prisons égyptiennes, grâce à la mobilisation internationale[9] et notamment du soutien du président Emmanuel Macron[10]. Il doit renoncer à sa nationalité égyptienne comme condition préalable à sa libération[11], et obtient un visa pour s'installer en France[1].
Il est visé par un signalement à la justice pour « apologie du terrorisme » du préfet de Paris, Laurent Nuñez, en novembre 2023, suite à des propos prononcés lors d'un rassemblement. L'enquête a été classée sans suite[1].
Il cofonde Urgence Palestine, un collectif français actif contre la guerre à Gaza depuis 2023. Le ministre de l'intérieur Bruno Retailleau a engagé une procédure de dissolution sans qu’elle soit menée à son terme, arguant une « apologie d’une organisation terroriste comme le Hamas, appel à l’Intifada sur le territoire national et provocation à la haine, à la violence ou à la discrimination contre les juifs ». Ramy Shaath indique ne plus être actif depuis janvier 2025 dans le collectif pour des raisons personnelles[1].
Faute de réponse à ses demandes de renouvellement du document, un référé enjoint la préfecture des Hauts-de-Seine d’engager une médiation avec Ramy Shaath sur le renouvellement de son visa[1]. L’ensemble des requêtes qu’il a formulé ont été rejetées, et est donc considéré comme étant en situation irrégulière depuis septembre 2023[12].
Il reçoit en avril 2026 une notification de procédure d’expulsion, qui le décrit comme « une menace grave pour l’ordre public », en raison de plusieurs prises de position depuis le début de la guerre à Gaza, notamment au sein du collectif Urgence Palestine qu’il a cofondé[1]. La commission départementale d’expulsion des Hauts-de-Seine a rendu un avis consultatif défavorable à l’expulsion du territoire réclamée par la préfecture. Ramy Shaath affirme que son expulsion est uniquement motivée par ses opinions politiques, et s'étonne de cette procédure après que la France se soit mobilisée pour obtenir sa libération en 2022[12].
Prises de position
modifierIl est opposant du régime des Frères musulmans puis de celui du président al-Sissi[2].
Les prises de position de Ramy Shaath se sont radicalisées concernant Israël, au fur et à mesure que la perspective d’un État palestinien s'éloigne[1].
Il défend l’idée que la lutte armée est un droit dès lors qu’un territoire est « illégalement occupé par une puissance étrangère »[1].
Vie privée
modifierNotes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Christophe Ayad, « Le militant palestinien Ramy Shaath, ex-conseiller de Yasser Arafat et résidant en France depuis 2022, menacé d’expulsion », sur Le Monde,
- 1 2 3 4 Marie Verdier, « Ramy Shaath, 867 jours dans les geôles égyptiennes », sur La Croix, (consulté le )
- ↑ Christophe Ayad, « Une commission de trois juges se prononce contre l’expulsion du militant palestinien Ramy Shaath », sur Le Monde,
- 1 2 3 David Livois, « Depuis Nanterre, elle se bat pour faire libérer son mari détenu en Egypte », sur Le Parisien,
- 1 2 3 4 Marie Verdier, « Ramy Shaath, la voix des détenus égyptiens », sur La Croix, (consulté le )
- 1 2 3 Pierre Barbancey, « Ramy Shaath, militant palestinien menacé d’expulsion par le gouvernement Lecornu - L'Humanité », sur L'Humanité, (consulté le )
- 1 2 3 Laure Stephan, « Egypte : libre, Ramy Shaath est contraint de renoncer à sa nationalité », sur Le Monde,
- ↑ Laure Stephan, « Le militant palestino-égyptien Ramy Shaath emprisonné au Caire », sur Le Monde,
- ↑ Benjamin Barthe, « Pour Ramy Shaath, une libération mouvementée, incertaine jusqu’à la dernière minute », sur Le Monde,
- ↑ Anne Bernas, « Ramy Shaath, militant palestinien menacé d’expulsion: «Mon crime est de parler de mon pays» », sur Radio France internationale, (consulté le )
- ↑ David Livois, « « Des tactiques autoritaires » : à Nanterre, le militant palestinien Ramy Shaath menacé d’expulsion par la France », sur Le Parisien,
- 1 2 David Livois, « Nanterre : avis défavorable à l’expulsion du militant palestinien Ramy Shaath, citoyen d’honneur de la ville », sur Le Parisien,