Raoul de Faye

sénéchal de Poitou

Raoul de Faye, ou Raoul de Châtellerault, né vers 1100 et mort en 1190, est un sénéchal de Poitou du XIIe siècle pendant le règne d'Henri II d'Angleterre et d'Aliénor d'Aquitaine, dont il est l'oncle ainsi que son conseiller le plus écouté durant les années qu'elle passa à Poitiers, à partir de 1168[1].

Raoul de Faye
Fonction
Sénéchal du Poitou (en)
Biographie
Naissance
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Décès
Père
Mère

Biographie

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Il est le fils d'Aimery Ier de Châtellerault, vicomte de Châtellerault, et de son épouse Dangereuse de L'Isle Bouchard[2].

Oncle maternel d'Aliénor, frère du vicomte de Châtellerault et vassal des ducs d'Aquitaine, Raoul est seigneur de Faye-la-Vineuse par mariage. Il possède d'autres terres en Poitou, Anjou et Touraine, ainsi que des domaine en Angleterre, où le roi lui a accordé la baronnie de Bramley (Surrey). Très tôt, il jouit de la faveur du roi Henri II. Il apporte son concours au roi et à la reine d'Angleterre en tant que sénéchal de Saintonge, de Poitou, ainsi que de toute l'Aquitaine. Il figure fréquemment comme témoin sur des chartes royales. Il participe à deux reprises aux négociations concernant les mariages des enfants d'Henri II et d'Aliénor : celui de leur fille Aliénor en 1170 et celui du futur roi Jean sans Terre en 1173[3].

Il figure dans une anecdote rapportée par Giraud de Barri dans sa Gemma ecclesiastica qui raconte que, lors d'une partie de chasse avec Henri II à Woodstock, il brave l'interdiction de chasser les jours de fête religieuse. Il fait alors une chute de cheval dans un buisson et perdit l'usage d'un œil. Ce récit est souvent repris dans des sermons de l'époque, alors que le clergé contestait les excès du roi en matière de chasse[4].

Dès 1165, les relations de Raoul avec l'évêque de Poitiers, Jean Belles-mains, et le clergé aquitain sont conflictuelles. Le prélat avertit son ami Thomas Becket de se méfier de lui. Il lui reproche en effet « ses persécutions et ses pillages dans l'exercice de sa charge de procureur du roi d'Angleterre et de la duchesse », qui lui valent d'ailleurs l'excommunication par le clergé local. Jean de Salisbury, deux ans plus tard, va encore plus loin et accuse Raoul d'intoxiquer la cour, par ses intrigues et son influence néfaste sur Aliénor[5].

En 1171 (ou 1172), il est au côté du jeune Richard Cœur de Lion, lors des cérémonies d'intronisation de ce dernier en tant que duc d'Aquitaine, dans la cathédrale Saint-Étienne de Limoges, tenant l'épée et la bannière[6].

Au fil du temps, les relations de Raoul avec Henri II se détériorent, et il s'implique par la suite fortement dans la rébellion des fils d'Henri II contre leur père, complotant avec Aliénor, lors de la révolte de 1173-1174[7].

Mariage et descendance

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Avant 1140, il épouse Elisabeth de Faye, fille et héritière d'Aimery II de Faye et de son épouse Eustachie, et devient ainsi seigneur de Faye de jure uxoris. De cette union naissent cinq enfants[2] :

  • Raoul, qui devient seigneur de Faye après son père ;
  • Grescie (Grécie), qui épouse Ursion, seigneur de Fréteval et de Meslay, fils de Nivelon III de Fréteval ;
  • Sibylle, qui épouse Ebles IV de Ventadour, dit Archambaud, vicomte de Ventadour, fils d'Ebles III de Ventadou ;
  • Eustache, probablement mort sans union ni postérité ;
  • Guillaume, probablement mort sans union ni postérité.

Bibliographie

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  • Martin Aurell, Aliénor d'Aquitaine Souveraine femme, Paris, Flammarion, Grandes Biographies, , 503 p. (ISBN 978-2-0804-6324-1).
  • (en) Ralph V. Turner, « The Household of Eleanor of Aquitaine, Henry II's Queen, 1155-1189 », Academia.edu, (lire en ligne).
  • (en) Nicholas Vincent, « King Henry and the Poitevins », Civilisation Médiévale, vol. 8, , p. 103-135 (lire en ligne)
  • (en) Charles Cawley, « Aquitaine Nobility », sur Medieval Lands, Foundation for Medieval Genealogy, 2006-2025.

Notes et références

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  1. Turner 2007, p. 9.
  2. 1 2 Charles Cawley 2006-2025.
  3. Aurell 2024, p. 48-49, 51 et 202-203.
  4. Turner 2007, p. 9-10.
  5. Aurell 2024, p. 47-48, 152-153 et 281.
  6. Aurell 2024, p. 216.
  7. Aurell 2024, p. 50 et 121.