RapidFire (armement)

Le RapidFire appelé également 40mm RapidFire est un système d'armes polyvalent téléopéré et multiplateforme entrant en service dans les années 2020, basé sur le canon 40 CTC. Il s'agit du canon du Véhicule blindé de reconnaissance Jaguar, dont le RapidFire utilise aussi les munitions. Il est composé d'une tourelle équipée d'un système de conduite de tir optronique.

RapidFire
Image illustrative de l'article RapidFire (armement)
L’un des deux canons 40mm RAPIDfire du BRF Jacques Chevallier en 2023
Présentation
Type Système de canon polyvalent multiplateforme
Pays Drapeau de la France France
Fabricant Thales en partenariat avec Nexter
Utilisateur(s) Drapeau de la France France
Période d'utilisation 2022[1]
Caractéristiques
Capacité 70 obus prêts au tir dans la tourelle (volume prévu pour 140)[2]
Cadence de tir 200 coups/min[3]
Portée pratique de 50 m à 4 000 m

Précédé par Nexter Narwhal

Origine

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Le RapidFire reprend le canon du Jaguar et l'adapte pour la lutte antiaérienne très courte distance, la destruction de cibles au sol ou d’embarcations rapides pour la défense asymétrique dans le cas d’un système navalisé. Le programme se veut multiplateforme, en d’autres termes, le système de canon doit pouvoir être monté sur des véhicules terrestres comme sur des bâtiments de surface.

Il permet des interceptions plus économiques ; le prix d’un obus pour abattre une cible étant bien moindre que d'autres systèmes, comme les missiles Aster par exemple[4]. Ce point est très important notamment avec l’utilisation massive de munitions radioguidées ou de drones bon marché de plus en plus récurrente dans les conflits actuels[5]. Les missiles ayant de plus hautes performances, peuvent donc être dédiés à l’interception d’engins plus furtifs, plus rapides, tels que les missiles de croisière ou les avions. Il permet également de disposer d'un plus grand stock de munitions afin de faire face à des attaques saturantes.

Comparaison avec d'autres systèmes

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Le Phalanx CIWS de calibre 20 mm et l'AK-630 de 30 mm peuvent chacun atteindre d’impressionnantes cadences (respectivement 4 500 et 5 000 coups/min). Le choix du 40 CTA répond à deux objectifs. Tout d’abord, le système est présenté comme privilégiant une meilleure précision, permettant de diminuer la quantité d'obus envoyée. En effet, les deux systèmes précédents entendent déployer un mur d'acier et de tungstène afin de s'opposer aux avions et missiles ennemis. La précision du CTA permettrait alors d’économiser les munitions. De plus, le choix de munitions télescopées, plus compactes, permet d'augmenter le nombre d'obus dans le magasin de chargement.

Munitions

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Munitions télescopées pour le canon 40 CTC.

Les munitions ont une longueur de 255 mm et un diamètre de 65 mm à la base de la cartouche. La masse totale d’une munition est de kg dont 550 à 980 g pour le projectile. L'encombrement est légèrement supérieur à celui d'une munition de 25 mm. La faible taille de la 40 mm CT permet l'emport d'un plus grand nombre d'obus à volume égal, par rapport aux autres projectiles de 40 mm[6].

Munitions télescopées de 65 x 255 mm développées pour le système d'armes CTAS

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  • OFLT (Obus FLèche Traceur) : un obus-flèche en alliage de tungstène, il est capable de perforer à 1 500 m 140 mm d'acier à blindage (plaque de 70 mm d'épaisseur sous une incidence de 60°). Sa vitesse initiale est de 1 500 m/s pour une portée pratique de 2 500 m. Des obus-flèches ont atteint une portée de km au cours de tirs d'essai lorsque le canon était pointé en site à +45°.
  • PPM CHR (Projectile Perforant Multiple Chronométrique) : un obus antiaérien à fusée programmable, préfragmenté ; il détone à proximité de sa cible en projetant 200 billes de tungstène. Il est aussi efficace au sol contre les fantassins. Sa vitesse initiale est de 900 m/s pour une portée pratique de 4 000 m.
  • BOAT (Boulet Ogivé Acier Traceur) : un boulet perforant de 980 g ayant une vitesse initiale de 1 000 m/s. Il représente une alternative moins coûteuse à l'obus-flèche contre les blindés légers, il peut également être utilisé contre les structures non cohérentes telles que les bunkers et les murs en terre crue.
  • OET CHR (Obus Explosif Traceur Chronométrique) : un obus explosif à fragmentation possédant une fusée multimode programmable pour fonctionner par contiguïté, à l'impact, ou avec un retard permettant la pénétration de l'obus avant son explosion. À 1 000 m, il est capable de traverser 210 mm de béton ou 15 mm d'acier à blindage. Sa vitesse initiale est de 1 000 m/s pour une portée pratique de 2 500 m.
  • OET (Obus Explosif Traceur) : un obus explosif à fragmentation détonant à l'impact. À 1 000 m, il est capable de traverser 210 mm de béton ou 15 mm d'acier à blindage. Sa vitesse initiale est de 1 000 m/s pour une portée pratique de 2 500 m.
  • KEAB (Kinetic Air Burst) [nommé A3B (Anti Aerial AirBurst) en France] est un obus intelligent avant tout anti-aérien (horizon 2028) qui en explosant, expulse 200 billes de tungstène à la manière d’un shrapnel, mais peut orienter la direction de la gerbe de billes. Cette capacité permettrait également à la munition KEAB d’aveugler les véhicules blindés en détruisant les capteurs dont ils sont de plus en plus dépendants[7],[8].
  • OXT (Obus d’eXercice Traceur) : munition d'entraînement ; son projectile inerte possède la même balistique que les munitions GPR-PD-T and GPR-AB-T. Sa vitesse initiale est de 1 000 m/s pour une portée maximale de 8 500 m.
  • OXT GAB RED (Obus d’eXercice Traceur Gabarit Réduit) : munition d'entraînement à portée réduite, son projectile inerte possède la même balistique que les munitions GPR-PD-T et GPR-AB-T. Sa vitesse initiale est supérieure à 1 000 m/s pour une portée maximale ne dépassant pas les 6 500 m.

Variantes

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  • Maquette du RapidFire au salon du Bourget 2025
    Versions navales, montées sur plateforme navale comme artillerie principale sur les navires de second rang ou comme artillerie secondaire sur les bâtiments de premier rang. Avec une unité de conduite de tir intégrée du canon, l'opérateur peut ouvrir le feu sur des cibles aériennes à des distances de 50 à 4 000 m et à des cadences allant jusqu'à 200 coups/min (avec 140 coups dans la tourelle).
  • Versions terrestres, une strictement sur plateau déposable et l’autre montée sur camion 8X8 mais déposable en option. Le RAPIDFire Land, avec 140 obus prêts au tir, est présenté au salon du Bourget 2025[9],[8].

Utilisateurs

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Drapeau de la France France :

La Marine Nationale utilise ce système pour plusieurs programmes en cours. 48 postes de tir sont commandés en 2025[10]:

Pour l’armée de l’Air et de l’Espace, le général Jérôme Bellanger chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace annonce en une commande de

  • sept systèmes, comprenant chacun trois à quatre canons de 40 mm pour renforcer la protection des bases aériennes et participer à des opérations ponctuelles[8], livrables en 2030.

Un exercice de simulation d’attaque saturante de drones contre une base aérienne inspirés des retours d'expériences de la guerre russo-ukrainienne, a révélé une vulnérabilité critique de ces bases (cf. Opération Toile d'araignée par exemple). Pour cette acquisition et l'accélération de la livraison d'autres matériels antiaérien (dix SAMP/T NG, neuf VL Mica et autres), 1,6 milliard d’euros se surajoutent aux 5 milliards initialement prévus par la Loi de programmation militaire 2024-2030 pour la défense aérienne[11].

Drapeau du Monténégro Monténégro :

  • un pour chacun des ses deux OPV 60N commandés en 2024, première livraison en avril 2027[12]

Des utilisations futures sont à l'étude ou en cours :

Références

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  1. Thales et Nexter ont dévoilé la version définitive du nouveau système d’arme rapproché de la Marine nationale
  2. (en) « RapidFire Naval », sur knds.com (consulté le )
  3. (en) Admin, « RAPIDFire Naval gun », sur Mer et Marine, (consulté le )
  4. les missiles Aster ont un coût unitaire de 1,4 million d’euros.
  5. Notamment lors du confit russo-ukrainien où les drones sont majoritairement utilisés pour surcharger les systèmes de défense antiaérienne
  6. Ferrard 2013 : p. 93-94
  7. Nathan Gain, « CTA International prend pied en Corée du Sud », sur FOB - Forces Operations Blog, (consulté le )
  8. 1 2 3 Nathan Gain, « Les aviateurs précisent leurs intentions sur le RAPIDFire terrestre », sur FOB - Forces Operations Blog, (consulté le )
  9. https://www.lindependant.fr/2025/06/17/guerre-en-ukraine-une-puissance-de-feu-inegalee-a-peine-devoile-au-bourget-rapidfire-le-systeme-anti-aerien-francais-plait-deja-en-ukraine-12768198.php
  10. https://www.forcesoperations.com/les-aviateurs-precisent-leurs-intentions-sur-le-rapidfire-terrestre/
  11. Rédaction, « Canon RapidFire : la France fait une commande de sept systèmes antiaériens pour protéger ses bases militaires », sur Enderi, (consulté le )
  12. Philippe Chapleau, « KERSHIP a mis à l’eau le premier OPV 60M destiné à la Marine monténégrine », sur Lignes de défense, (consulté le )