Patrouilleur hauturier

classe de patrouilleurs de 2 400 tonnes de la Marine nationale

Les patrouilleurs hauturiers, ou PH (anciennement patrouilleurs océaniques ou PO), sont un programme de patrouilleurs de la Marine nationale, qui seront basés sur les trois façades maritimes métropolitaines de la France. Ils remplaceront les Patrouilleurs de Haute-Mer (PHM) arrivés en fin de vie, avec toutefois un tonnage et des capacités étendues. Les sept premiers exemplaires ont été commandés fin 2023 et doivent être livrés à la Marine entre 2027 et 2030, conformément à la Loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030. Il était prévu de livrer les trois derniers exemplaires à l’horizon 2035, mais la cible de dix navires est ramenée à neuf avec toutefois un calendrier accéléré, la neuvième unité devant être livrée en [2]. La Marine souhaitait que les derniers exemplaires soient livrés dans la foulée afin de remplir ses missions, particulièrement dans le domaine ASM, quitte à décaler le renouvellement des frégates de surveillance de la classe Floréal[3].

Patrouilleur hauturier
ex-Patrouilleur océanique
Caractéristiques techniques
Type Patrouilleur
Longueur 92 m[1]
Maître-bau 14,2 m
Déplacement 2 400 t
Propulsion MAN SE Diesel-électrique
Puissance 2 x 3 850 kW
Vitesse 21 nœuds
Caractéristiques militaires
Armement 1 canon 40 mm RapidFire
1 lanceur SIMBAD-RC avec 2 Mistral 3
Des mitrailleuses de 12,7 mm et 7,62 mm
Embarcations 2 semi-rigides EDO
Aéronefs 1 H160M Guépard
2 drones Aliaca
Rayon d'action 6 000 nautiques à 12 nœuds
Autres caractéristiques
Électronique Système de combat SETIS-C
Radar tridi NS54
Sonar de coque BlueWatcher de Thalès
Équipage 54 marins + 30 passagers
Histoire
Chantier naval Piriou, CMN, Socarenam
A servi dans  Marine nationale
Commanditaire Direction générale de l'Armement
Date début commande 2023
Période de
construction
2024-2032
Période de service 2027-
Navires construits 0
Navires prévus 10
Navires annulés 1
Navires en activité 0

Historique

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Genèse

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Les travaux liés au programme BATSIMAR et à la Revue stratégique de défense et de sécurité nationale 2017[4] ont établi que la protection des approches maritimes et des intérêts en mer des départements, régions et collectivités d'outre-mer nécessitaient des moyens aptes à s'opposer aux actions terroristes et aux menaces d'incursion. Ils ont défini deux familles de navires de patrouille : les patrouilleurs hauturiers (PH) et les patrouilleurs outre-mer (POM). Les patrouilleurs hauturiers sont appelés à remplacer les patrouilleurs de la classe d'Estienne d'Orves, ex-avisos A69, basés en Métropole, dont huit auront été désarmés sur les neuf lorsque le premier PH entrera en flotte d'ici .

Développement

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Après le lancement du programme de patrouilleur outre-mer en aout 2018, le programme de patrouilleur hauturier est annoncé le par le ministère des Armées, à l'issue du Comité ministériel d’investissement du [5]. Les patrouilleurs hauturiers auront pour missions le soutien à la dissuasion, la présence dans les zones de souveraineté et d’intérêt économique, l'évacuation, la protection, l'escorte et l'intervention dans le cadre de l’action de l’État en mer[6]. La Marine nationale obtient en 2021 que ces navires soient dotés d'une capacité militaire un peu plus étendue qu'envisagée au départ, ce qui nécessite une extension de budget.

Le , la Direction générale de l'Armement (DGA) notifie à Naval Group le contrat de conception détaillée des navires[7].

Commande

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La DGA commande le une première tranche de sept patrouilleurs hauturiers, livrables de 2027 à 2030[8]. Cette commande fait l’objet de trois marchés, pour un montant total d'environ 900 millions d’euros (non détaillé par la DGA)[8] :

  • La construction sera réalisée par le groupement momentané d’entreprises composé de CMN, Piriou et Socarenam.
  • L'assistance à la maitrise d’ouvrage et la réalisation du système de combat ont été attribuées à Naval Group.
  • Thalès équipera les navires de la dernière génération d’équipements de surveillance maritime (sonar de coque Bluewatcher, radar de surveillance compact multimission, et IFF - système d’identification ami-ennemi).

Construction

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Ce programme voit l'alliance inédite de trois chantiers français habituellement concurrents : Piriou à Concarneau, CMN à Cherbourg, et Socarenam basé à Calais, Saint-Malo et Boulogne-sur-Mer. Ils construiront sous une direction commune les sept unités à partir de 2024 avec le soutien de l'architecte industriel Naval Group[8].

La mise sur cale du premier bloc du premier exemplaire a eu lieu le au chantier naval Piriou à Concarneau. Il est mis à l'eau le [9].

Caractéristiques

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Ces navires seront longs de 92 mètres et présenteront un tonnage en ordre de combat d'environ 2 400 tonnes. Ils auront une distance franchissable de 6 000 nautiques (11 100 km) et pourront accueillir 84 personnes à bord (équipage plus passagers). Avec leurs deux niches de 8,5 mètres ils pourront embarquer deux semi-rigides comme les EDO NG et ETRACO NG de la Marine. Le hangar arrière permet de loger un hélicoptère Guépard Marine de 6 tonnes ou un hélidrone de type VSR700 ou Aliaca et la plage arrière est dimensionnée pour accueillir un hélicoptère de classe 11 tonnes type NH90[8].

Les patrouilleurs seront équipés d'un lanceur double téléopéré SIMBAD-RC pour missiles MISTRAL antiaériens (portée 8 km), mais aussi capables d'intercepter une embarcation rapide[10],[11], d'un système d'armes pour combat rapproché RapidFire Naval, conçu par Nexter et Thales autour de son canon à munition télescopée de calibre 40 CTC, muni d’un système de conduite de tir optronique, d’une portée de 4 000 m, et d’une cadence de tir de 200 coups/min[12].

En matière de surveillances, ils seront équipés pour la veille surface et aérienne du radar tridimensionnel multifonction NS50 de Thales et dans le domaine sous-marin du sonar de coque Bluewatcher de Thales lui aussi dans le cadre de leur mission de soutien à la dissuasion nucléaire[8].

Utilisateur

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Marine nationale

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Neuf patrouilleurs sont prévus pour équiper la Marine nationale, dont sept sont livrables entre et , et deux supplémentaires qui doivent faire l'objet d'une nouvelle commande seront livrables en et [13]. La cible initialement consitutée de dix navires est ramenée à neuf compensant ainsi nombre pour nombre les anciens PHM. La récupération du patrouilleur côtier de nouvelle génération initialement prévu pour la Gendarmerie maritime le Beuzeval basé à Cherbourg permet toutefois de maintenir le format à dix patrouilleurs sur les façades métropolitaines[2].

Dans la continuité des patrouilleurs outre-mer qui portent les noms de compagnons de la Libération ultramarins, les futurs patrouilleurs hauturiers porteront le nom de personnes s'étant illustrées lors de la Seconde Guerre mondiale contre l'occupation allemande[14], sauf un qui portera le nom de l'île de Sein, commune française la plus décorée au titre de cette guerre (compagnon de la Libération, croix de guerre 1939-1945, et médaille de la Résistance). Trois de ces noms ont déjà été ceux d'avisos de type A69 que les patrouilleurs vont remplacer  D'Estienne d' Orves, Commandant Ducuing et Quartier-maître Anquetil  mais les autres sont nouveaux. Sont ainsi honorés l'amiral et résistant Trolley de Prévaux et le 1er maître fusilier marin Yves Nonen, tous deux compagnons de la Libération, les résistantes Émilienne Moreau, compagnon de la Libération, Andrée Borrel et Jeanne Bohec et l'enseigne de vaisseau et infirmière Jacqueline Carsignol[14]. C'est la première fois, en dehors de celui de Jeanne d'Arc, que des navires de combat de la Marine nationale porteront le nom d'une femme[14].

indicatif visuel Nom Chantier Première découpe Mise sur cale Mise à l'eau Essais en mer Livraison[8] Service actif Base navale
P... Trolley de Prévaux Piriou 20 mai 2024[15] mai 2025 5 février 2026[16] 2027 Brest
P... D’Estienne d’Orves CMN février 2025[17] 2026 2028 Brest
P... Jeanne Bohec Socarenam juin 2025[17] 2026 2028 Brest
P... Premier maître Yves Nonen fin 2025[18] 2029 Toulon
P... Commandant Ducuing 2026 2029 Toulon
P... Quartier-maître Anquetil 2026 2030 Cherbourg
P... Émilienne Moreau 2030 Cherbourg
P... Jacqueline Carsignol 2031 Cherbourg
P... Île de Sein 2032 Brest

Notes et références

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  1. Vincent Groizeleau, « Marine nationale : gros plan sur les futurs patrouilleurs hauturiers », sur Mer et Marine,
  2. 1 2 « Patrouilleurs hauturiers (PH) : l’achèvement à flot du Trolley de Prévaux avance », sur Mer et Marine, (consulté le )
  3. « La Marine nationale veut ses 10 patrouilleurs hauturiers, quitte à faire glisser ses futures corvettes | Mer et Marine » [archive du ], sur Mer et Marine (consulté le )
  4. Assemblée Nationale, « Question écrite no 11898 de M. Franck Marlin. Question publiée au JO le : 04/09/2018 page : 7729. Réponse publiée au JO le : 04/12/2018 »
  5. Laurent Lagneau, « Marine nationale : Le programme des futurs patrouilleurs océaniques est enfin lancé »,
  6. Ministère des armées, « Florence Parly, ministre des Armées, lance le programme des futurs patrouilleurs océaniques »,
  7. Laurent Lagneau, « Le programme des futurs patrouilleurs océaniques franchit une nouvelle étape », sur OPEX360,
  8. 1 2 3 4 5 6 Philippe Chapleau, « La DGA commande les sept premiers patrouilleurs hauturiers », sur Lignes de défense,
  9. Vincent Groizeleau, « Piriou met à l’eau le premier des nouveaux patrouilleurs hauturiers français », sur Mer et marine,
  10. Philippe Chapleau, « La France renforce ses capacités en matière de défense aérienne et de lutte antidrones », sur Lignes de défense,
  11. « Simbad RC : Tir de démonstration contre une embarcation rapide », sur Mer et Marine Défense,
  12. (en) Victor Barreira, « France to arm future OPVs with RAPIDFire Naval CIWS », sur Jane's Information Group,
  13. « Projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense »,
  14. 1 2 3 Vincent Groizeleau, « Cinq hommes, quatre femmes et une île donnent leur nom aux futurs patrouilleurs hauturiers français », Mer & Marine, (lire en ligne)
  15. Vincent Groizeleau, « Piriou débute la construction du premier des nouveaux patrouilleurs hauturiers français », Mer & Marine, (lire en ligne)
  16. Laurent Lagneau, « Le programme des patrouilleurs hauturiers franchit une étape clé avec la mise à l’eau du « Trolley de Prévaux » », sur Opex360,
  17. 1 2 (en) Xavier Vavasseur, « French Navy’s first new Offshore Patrol Vessel breaks cover », sur Naval News,
  18. « Sur les chantiers Piriou : naissance du futur patrouilleur hauturier », sur Cols bleus,

Annexes

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