Eliomys quercinus
Lérot
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VU : Vulnérable
Statut CITES
Eliomys quercinus, le lérot, est un rongeur nocturne proche des loirs, appartenant à la famille des Gliridae.
Dénominations
modifier- Nom scientifique valide : Eliomys quercinus (Linnaeus, 1766)[1]
- Protonyme : Mus quercinus Linnaeus, 1766[1]
- Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Lérot[2],[3],[4],[5],[6],[7],[8],[9],[10],[11],[12], Lérot commun[2],[3],[6],[7],[8], Loir lérot[2],[3],[6],[7],[8], Loir des greniers[2],[3],[7],[8], Lérot d'Europe[2],[8]
- Noms vernaculaires (langage courant) : lir (breton)[7], liron[3], rata cellarda (catalan)[2],[7],[8], rat-bayard[2],[3],[7],[8], rat blanc[3], soro-muxar (basque)[7], topu mascaratu (corse)[7]
Caractéristiques
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Le lérot est un petit mammifère mesurant une quinzaine de centimètres (sans la queue) et pesant entre 60 à 140 grammes. Le masque noir autour des yeux, lui donnant un aspect de « bandit », le contraste entre le pelage ventral blanc et dorsal gris-brun, ainsi que sa longue queue bicolore à extrémité élargie permettent de le reconnaître facilement.
Il appartient à un groupe ancien de rongeurs (les Gliridae) et possède à la fois des incisives adaptées pour ronger et des dents pointues de type carnassier.
Le lérot est capable de perdre une partie de la peau de sa queue par autotomie, à la manière des lézards, lorsqu’il est attaqué par un prédateur[13]. Cette partie ne repousse cependant pas.
Écologie et comportement
modifierLe lérot est un animal à la fois terrestre et arboricole, aux mœurs nocturnes. Il dort le jour dans un nid dissimulé dans un trou d'arbre, un ancien nid d'oiseau (voire un nichoir) ou dans un bâtiment humain, et descend au sol pour se nourrir.
Comme les autres Gliridae européens (loirs, muscardins), il hiberne et entre en léthargie complète durant l'hiver.
Alimentation
modifierSon régime alimentaire est varié et comprend des fruits, des baies et diverses graines. Il consomme également des insectes, voire de petits animaux.
Il n'est pas rare, notamment pendant la période de reproduction, d’observer des comportements de cannibalisme entre individus.
Omnivore, le lérot peut aussi consommer de petits vertébrés tels que des lézards, des oiseaux ou des amphibiens. Ce phénomène est aussi observé de manière récurrente à la sortie de l'hibernation.
Reproduction
modifierLa femelle a une seule portée par an, comprenant de 2 à 7 petits. L'accouplement a lieu entre avril et mai, et la gestation dure environ trois semaines.
La maturité sexuelle est atteinte au bout d'un an, et la longévité est de 3 à 4 ans à l'état sauvage.
À la naissance, les petits mesurent environ 4 cm (sans la queue), sont roses et aveugles (paupières closes). Ils émettent des cris aigus (ultrasons) et développent rapidement un duvet gris clair. Leur vigueur augmente rapidement.
Le premier signe distinctif apparaît au niveau des yeux, encore fermés, avec l’apparition d’une bande noire caractéristique.
Prédateurs
modifierHabitat et répartition
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Le lérot est présent dans une grande partie de l'Europe moyenne, de la côte ouest (absent de Scandinavie, sauf en Finlande, des îles Britanniques et des Balkans) jusqu'à l'Oural à l'est. Il est également présent en Asie Mineure.
Il vit dans les vergers, les jardins et les parcs, et se rencontre fréquemment à proximité des habitations humaines (plus fréquent que le muscardin ou le loir). Il occupe volontiers les greniers (où il peut faire du tapage nocturne) et les bâtiments abandonnés. Il utilise également des habitats de substitution, notamment dans les paysages agricoles traditionnels comprenant des vergers, des haies et des pâturages boisés.
Territorial, le lérot dispose d’un domaine vital d'au moins 150 mètres, qu'il défend contre ses congénères (les affrontements sont fréquents)[14].
Classification
modifierL'espèce est encore classée par certains auteurs dans la famille des Myoxidés dans le sous-ordre des Myomorpha[15].
Statut de conservation et menaces
modifierLe lérot est une espèce en régression dans une grande partie de son aire de répartition, pour des causes encore partiellement mal comprises.
L’usage de pesticides ainsi que la dégradation de ses habitats (bocages, prairies, arbres creux ou morts, bâtiments anciens pour l'hibernation) semblent contribuer à ce déclin. La diminution des habitats naturels liée à l’intensification de l’agriculture constitue l’une des principales menaces pesant sur l’espèce.
La pollution lumineuse pourrait également avoir un impact, bien que ce point reste encore peu étudié. L'éclairage artificiel en bord de route n'a aucune interaction avec le lérot. Un lérot peut très bien vivre dans une haie bocagère à côté d'une route éclairée. On trouve dans le commerce des poisons pour tuer ces animaux.
L’espèce est classée comme quasi menacée (NT) sur la liste rouge des espèces menacées de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
En 2022, le lérot a été désigné « animal de l’année » en Suisse par Pro Natura afin de sensibiliser à la protection de ses habitats naturels.
Aspect culturel
modifier- Chlorophylle, personnage de bande dessinée lérot créé par Raymond Macherot
Notes et références
modifier- 1 2 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
- 1 2 3 4 5 6 7 Catalogue of Life Checklist, consulté le .
- 1 2 3 4 5 6 7 Christian Meyer, « lérot », sur le Dictionnaire des Sciences Animales (en ligne), Montpellier, CIRAD (consulté le ).
- ↑ CITES, consulté le .
- ↑ Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, consulté le .
- 1 2 3 (la + en + de + fr + it) Murray Wrobel, Elsevier's Dictionary of Mammals, Amsterdam, Elsevier, , 868 p. (ISBN 008048882X et 9780080488820, lire en ligne).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 EOL, consulté le .
- 1 2 3 4 5 6 7 GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le .
- ↑ MNHN & OFB [Ed]. 2003-présent. Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), Site web : https://inpn.mnhn.fr, consulté le .
- ↑ Noms en français de « Eliomys quercinus », sur Nomen.at, Dictionary of Common (Vernacular) Names (consulté le ).
- ↑ Base de données mondiale de l'OEPP, https://gd.eppo.int, consulté le .
- ↑ UICN, consulté le .
- ↑ L. Cuénot, L'autotomie caudale chez quelques rongeurs, Archives de zoologie expérimentale et générale, 4e série, Tome VI. Lire le texte
- ↑ « Lérot »
- ↑ (fr + en) ITIS : Eliomys quercinus (Linnaeus, 1766) (consulté le )
Liens externes
modifier- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Eliomys quercinus Linnaeus, 1766 (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Eliomys quercinus (Linnaeus, 1766) (consulté le )
- (en) Fauna Europaea : Eliomys quercinus (Linnaeus, 1766) (consulté le )
- (en) Paleobiology Database : Eliomys quercinus Linnaeus 1766 (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Eliomys quercinus (Linnaeus, 1766) (consulté le )
- (en) Animal Diversity Web : Eliomys quercinus (consulté le )
- (en) NCBI : Eliomys quercinus (taxons inclus) (consulté le )
- (fr + en) CITES : espèce Eliomys quercinus (Linnaeus, 1766) (+ répartition) (sur le site de l’UNEP-WCMC) (consulté le )
- (en) UICN : espèce Eliomys quercinus (consulté le )
- (fr) INPN : Eliomys quercinus (Linnaeus, 1766) (TAXREF)
- (fr) ProNatura : Le lérot est l’Animal de l’année 2022.
- Christian Meyer, « lérot », sur le Dictionnaire des Sciences Animales (en ligne), Montpellier, CIRAD (consulté le ).
- (fr) CITES : taxon Eliomys quercinus (sur le site du ministère français de l'Écologie) (consulté le ).
- (fr + en) EOL : Eliomys quercinus (Linnaeus 1766) (consulté le ).
- (fr + en) GBIF : Eliomys quercinus (Linnaeus, 1766) (consulté le ).
- (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Eliomys quercinus (Linnaeus, 1766) (consulté le ).
- (en) OEPP : Eliomys quercinus (Linnaeus) (consulté le ).
