Raymond Dronne

homme politique français

Raymond Dronne, né le à Mayet (Sarthe) et mort le à Neuilly-sur-Seine[1], est un officier des Forces françaises libres durant la Seconde Guerre mondiale, nommé compagnon de la Libération.

Raymond Dronne
Illustration.
Fonctions
Député français

(9 ans, 8 mois et 22 jours)
Élection 30 juin 1968
Réélection 11 mars 1973
Circonscription 3e de la Sarthe
Législature IVe et Ve (Cinquième République)
Groupe politique PDM (1968-1973)
RDS (1973-1974)
RDCS (1974-1978)
Prédécesseur Albert Fouet
Successeur Bertrand de Maigret

(3 ans et 10 mois)
Élection 23 novembre 1958
Circonscription 3e de la Sarthe
Législature Ire (Cinquième République)
Groupe politique UNR
Prédécesseur Circonscription créée
Successeur Albert Fouet

(7 ans et 5 mois)
Élection 17 juin 1951
Réélection 2 janvier 1956
Circonscription Sarthe
Législature IIe et IIIe (Quatrième République)
Groupe politique RPF (1951-1956)
RS (1956-1958)
Sénateur français

(1 an, 8 mois et 8 jours)

(2 ans, 7 mois et 9 jours)
Circonscription Sarthe
Conseiller général de la Sarthe

(25 ans)
Circonscription Canton d'Écommoy
Prédécesseur Jules Brangeon
Successeur Jeannine Bonneau
Maire d'Écommoy

(36 ans)
Successeur François Jacob
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Mayet (Sarthe)
Date de décès (à 83 ans)
Lieu de décès Neuilly-sur-Seine
Nationalité Française
Profession Militaire

Il est connu comme étant le commandant d'unité du premier détachement de la 2e division blindée à être entré dans Paris au soir du , lors de sa libération.

Il est également célèbre pour avoir peint sur sa jeep une petite flamme portant l'inscription « Mort aux cons », au moment d'entrer dans la capitale.

En remarquant l'inscription, le général Leclerc lui aurait conseillé de l'enlever, en lui faisant remarquer ironiquement que les munitions risqueraient vite de lui manquer[2].

Biographie

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L'allée du Capitaine Dronne est située dans le Jardin Atlantique, à proximité de l'ancien Musée du Général-Leclerc-de-Hauteclocque-et-de-la-Libération-de-Paris – musée Jean-Moulin, dans le 15e arrondissement de Paris (Musée relocalisé place Denfert-Rochereau, Paris 14e)

Raymond Dronne naît le à Mayet (Sarthe). Il est issu d'une famille de cultivateurs et de meuniers installée depuis plusieurs siècles dans la Sarthe, à Écommoy et de Mayet. C'est dans ces deux communes qu'il fait ses études primaires avant de fréquenter le lycée du Mans et les universités de Leipzig et de Berlin.

Diplômé de l'École libre des sciences politiques, docteur en droit de la faculté de Paris, il devient administrateur des colonies à Yaoundé au Cameroun en 1937[3].

Seconde guerre mondiale

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Alors lieutenant de réserve de l’infanterie coloniale, il est mobilisé en 1939 dans les forces de police du Cameroun[4].

Refusant l’armistice, il rallie la France libre en et participe aux premières opérations africaines des Forces françaises libres[3],[5].

Il joue également un rôle clé dans le ralliement pacifique de Yaoundé au Cameroun à la France Libre et se place en août 1940 sous les ordres du général Leclerc[4].

Après le Débarquement de Normandie, il participe à la Libération de la France. Il est à l'époque capitaine de la 9e compagnie du régiment de marche du Tchad (surnommée la Nueve), constituée essentiellement de républicains espagnols[6] dont il parlait la langue.

Le 24 août, il stationne à la Croix-de-Berny avec son unité lorsqu'il tombe sur le général Leclerc qui commande la 2e division blindée. Leclerc le sermonne et lui demande ce qu'il fait là[7].

Dronne lui explique : « Mon général, je me rabats sur l’axe. J’en ai reçu l’ordre, réitéré et formel »[7].

Le général Leclerc lui ordonne alors de foncer afin de libérer Paris :

« Il ne faut pas exécuter les ordres idiots. Dronne, filez droit sur Paris, entrez dans Paris ! Dites aux Parisiens et à la résistance de ne pas perdre courage, que demain matin la division tout entière sera dans Paris[7][8]. »

Leclerc remarque également la devise « Mort aux cons » que Dronne a fait peindre sur sa jeep au moment du débarquement[9]. Leclerc lui demande de l'enlever : « Vous allez m'enlever ça ! Si vous deviez tuer tous les cons que vous allez rencontrer sur votre route, la division n'aurait pas assez de munitions ![2] »

Immédiatement après leur échange, Dronne se dirige droit vers la capitale avec sa compagnie.

Il entre dans Paris par la porte d’Italie, franchit le pont d’Austerlitz, longe les quais de la Seine puis arrive à l'hôtel de ville dans la soirée, toujours avec la célèbre devise inscrite sur sa jeep[10],[11].

Après avoir partagé la liesse de la libération avec la population de Paris, Raymond Dronne finit sa nuit dans un sac de couchage, sur les marches de la mairie[12].

Il termine la guerre au grade de chef de bataillon puis est nommé colonel en 1947.

Après la guerre

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Il devint par la suite maire d'Écommoy de 1947 à 1983, sénateur de 1948 à 1951, et député de la troisième circonscription de la Sarthe de 1951 à 1962 et de 1968 à 1978[13], succédant à Albert Fouet.

Il meurt le à Neuilly-sur-Seine.

Ouvrages

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  • La Révolution d'Alger, éd. France Empire, 1958[14].
  • Le Serment de Koufra, éd. Harmattan, 1965 et Éditions J'ai lu Leur aventure, no A239.
  • La Libération de Paris, éd. Presses de la cité, 1970.
  • Carnets de route d'un croisé de la France Libre, éd. France Empire, 1984.
  • Carnets de route, tome II – L'hallali de Paris à Berchtesgaden – -1945, éd. France Empire, 1985.
  • Vie et mort d'un Empire – La décolonisation, éd. France Empire, 1989.
- Prix Georges-Bruel de l'Académie des sciences d’outre-mer.

Hommage

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Le 4e bataillon de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr rend hommage au chef de bataillon Raymond Dronne, la promotion 2014-2015 est baptisée à son nom par le général Antoine Windeck, commandant des Écoles, le [15].

Décorations

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Filmographie

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Dans le film Paris Brûle-t-il ? de René Clément sorti en 1966, Dronne est interprété par Georges Staquet.

Dans le film La Bataille de Gaulle : J'écris ton nom d'Antonin Baudry sorti en 2026, Dronne est interprété par Sami Ameziane.

Notes et références

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  1. Relevé des fichiers de l'Insee
  2. 1 2 Carnets de route d'un "rat du désert", Alsacien de la France libre (2). Seconde époque, 1942-1945, Charles Béné, FeniXX réédition numérique, 1999, section 30
  3. 1 2 « Il y a 79 ans, le Sarthois Raymond Dronne libérait Paris occupé, en avant-garde de la Division Leclerc », sur actu.fr, (consulté le )
  4. 1 2 « Chef de Bataillon Raymond DRONNE », sur www.guer-coetquidan-broceliande.fr (consulté le )
  5. . Consulté le 25 avril 2013.
  6. Denis Fernandez Recatala, « Ces Espagnols qui ont libéré Paris », Le Monde diplomatique, (lire en ligne, consulté le ).
  7. 1 2 3 Jean-François Muracciole, La Libération de Paris, 19-26 août 1944, Tallandier, (ISBN 978-2847347418, lire en ligne), p. 191
  8. Éric De Grandmaison, « Le 24 août 1944, un Sarthois devient le premier libérateur de Paris », sur Ouest-France,
  9. livresdeguerre.net, « La jeep mort aux cons », d'après Raymond Dronne, Carnets de route d'un croisé de la France Libre, édit. France Empire, 1984
  10. Éric Chaverou, « Libération de Paris : la Nueve et ses républicains espagnols enfin pleinement reconnus », sur France Culture, (consulté le )
  11. « Musée de la résistance en ligne », sur www.museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
  12. « Raymond Dronne, le père de Colette, a libéré Paris », sur Ouest-France,
  13. assembleenationale.fr, Raymond Dronne sur le site de l'Assemblée nationale.
  14. servicehistorique.sga.defense.gouv.fr, Service historique de la Défense, sources bibliographiques, « La guerre d'Algérie »

Liens externes

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