Relation parasociale

Type de relation sociale unilatérale avec une personnalité publique

Une relation parasociale est une relation sociale unilatérale qu'une personne développe envers une figure médiatique: une personnalité publique, une star ou un personnage de fiction, voir des entités virtuelle non humaines; ce type de relation ne comporte aucune interaction réciproque. Le concept apparait en 1956 dans une publication des psychiatres américains Donald Horton et Richard Wohl. Ils y décrivent une forme d' intimité à distance simulée par les médias de masse, à l'époque surtout la radio et la télévision. Les chercheurs distinguent en général l'interaction parasociale qui est limitée au temps médiatique de la relation parasociale qui persiste elle au-delà de la consommation du média et évolue parfois vers des sentiments d'amitié et d'attachement durables dans le temps.

En psychologie des médias ces relations sont décrites comme une sociabilité qui mobilise des processus psychologiques similaires à ceux des relations sociales interpersonnelles. Une l'hypothèse formulée par Panksepp-Jakobson avance que l'évolution humaine n'a pas eu le temps de s'adapter aux médias modernes et que le cerveau perçoit les figures médiatiques comme des partenaires sociaux normaux.

Des mécanismes aujourd'hui bien connus comme le transport narratif renforcent l'immersion dans un récit et l'attachement aux protagonistes en atténuant l'évidence et la présence de la fiction. Par ailleurs l'intensité de l'attachement parasocial ne dépend pas du réalisme de son objet : les romances parasociales avec des personnages de fiction sont mesurés d'une intensité comparable à celles entretenues avec des célébrités bien réelles.

Les relations parasociales peuvent être de nature romantiques, elles sont alors appelées romances parasociales. Elles sont présentes aujourd'hui dans la culture populaire japonaise par exemple, où certaines personnes entretiennent une relation asymétrique envers des personnages de fiction issus de l'animation japonaise et des manga : une waifu (de l'anglais wife ou épouse), ou son homologue masculin husbando (de l'anglais husband ou mari). Le personnage rempli souvent le rôle d'un partenaire amical ou romantique idéal. Ce sentiment intense et durable d'amour pour un personnage de fiction est appelé fictophilie.

Les études montrent qu'il ne s;'agit en rien d'une pathologie : la fictophilie n'est reconnue ni comme un trouble ni comme une maladie par les institutions, et les personnes en relation fictophiles ont conscience de la nature fictive du personnage faisant l'objet des sentiments. Les études contredisent également l'image d'une compensation d'un déficit social. Les couples de fiction sont liés à une expérience relationnelle réelle plutôt qu'à l'isolement social, et la recherche a montré qu'une relation parasociale améliore l'humeur autant ou presque qu'une amitié réelle.

Aujourd'hui les médias sociaux ont introduit de nouvelles opportunités de relations parasociales : les influenceurs, les jeux de romance et les idoles virtuelles ont stimulé les étude contemporaines de ces phénomènes. Dans ce contexte la relation parasociale est aussi décrite comme un marketing commercial: l'engagement communautaire, les interactions fréquentes et la fidélité des fans constituent une opportunité pour l'économie des "compagnons numériques"[1] [2] [3].

Histoire du concept

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Première apparition du terme

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Le concept de relation parasociale apparaît pour la toute première fois dans un article de 1956 écrit par les psychiatres américains Donald Horton et Richard Wohl pour la revue Psychiatry[3]. Ce texte fondateur décrit la manière dont les animateurs de radio et de télévision jouent un échange simulé en personne en créant chez le public l'impression de vivre une relation symétrique et intime[4]. Horton et Wohl introduisent les notions différentes d'interaction parasociale et de relation parasociale. Ils évoquent l'exemple que dès 1951, The Lonesome Gal (ou « la meuf solitaire »), star de l'émission radio éponyme reçoit déjà des milliers de demandes en mariage d'auditeurs anonymes[1].

Le tournant des années 80

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Dans les années 80, la recherche sur la parasociabilité est un sujet d'étude pris au sérieux, et de nouvelles approches apparaissent, en particulier en sciences humaines. Le désir de disposer d'un outil pour mesurer les interactions parasociales se fait sentir, et des anthropologues et ethnologues se penchent sur la question.

En 1984 le sociologue John Caughey avance dans Imaginary Social Worlds que l'attachement parasocial n'est pas un phénomène récent mais une dimension culturelle persistante de nos sociétés. Les relations avec des divinités, avec des monarques ou avec des esprits, puis au dix-huitième siècle les passions romantiques pour des comédiens de théâtre ou des musiciens sont cités en exemple pour illustrer sa thèse. Il considère que la fiction fait partie du monde réel, et ce qu'il appelle les « mondes imaginaires » sont simplement d'autres mondes dignes de la recherche et que ces mondes sont peuplés de personnes imaginaires dont les relations impactent le monde réel au même titre que n'importe quelle autre relation[5].

C'est en 1985 que la première échelle de mesure de l'interaction parasociale est proposée en réponse à un manque dans la recherche : la Parasocial Interaction Scale ou échelle PSI. Elle est composée de 20 énoncés sur une échelle de « fortement d'accord » à « fortement en désaccord ». Initialement crée pour mesurer l'attachement des téléspectateurs pour les présentateurs télévision, elle évalue plusieurs dimensions des parasociabilité dans ce contexte spécifique médiatique: la proximité affective ressentie pour les présentateurs ou encore l'empathie et l'attachement ressenti pour la personne publique meme en son absence. Il note l'existence de relations « instrumentale » : L'interaction parasociale est dans ce cas le résultat d'un usage actif et intentionnel du média et non d'une exposition passive destinée à combler un vide relationnel supposé[1].

Développement du concept

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Dés la fin des années 1980, l'interaction parasociale est rapprochée de l'établissement d'une relation sociale : les relations médiatisées et les relations interpersonnelles semblent suivre un développement similaire.

En 1987, une étude montre qu'à l'instar des relations classiques, les relations parasociales se développent en fonction de critères d'attraction. L'attrait physique et le temps d'exposition à la télévision ne semblent pas être des critères de préférences importants. Les conclusions suggèrent que les personnalités socialement et professionnellement épanouies sont perçues comme les plus attractives. Il est noté également que les relations parasociales conduisent à une forme d'interaction vécues comme intimes, de manière semblable à une relation interpersonnelle[6]. L'interaction parasociale est décrite comme une forme possible d'alternative aux relations interpersonnelles. Ce développement peut alors s'effectuer dans une lecture relationnelle : de l'attraction sociale vers l'interaction parasociale, puis vers le sentiment de relation parasociale intime.

Cette lecture relationnelle précise l'usage de différents termes : l'interaction parasociale désigne l'interaction entre une personne médiatique et un spectateur qui a lieu pendant la réception du média, tandis que la relation parasociale n'est pas restreinte à ce moment particulier et peut devenir proche d'une relation réelle ou quasi réelle. Décrite comme une forme médiatisée d'interaction sociale, elle imite l'interaction interpersonnelle, au point que l'usager réagit aux personnages comme des proches, puis peut transcender le moment de diffusion du média pour devenir une relation parasociale a part[7][6].

Plusieurs cadres conceptuels permettent de décrire ce phénomène. La théorie de l'échange social affirme que les individus s'engagent dans une relation parasociale lorsque les bénéfices psychologiques perçus sont plus importants que les coûts de la ration pour cette personne[8]. Les bénéfices souvent déclarés sont l'accroissement du bonheur, la réduction de la solitude, l'amélioration de l'humeur, le sentiment d'être compris ainsi que la satisfaction affective et/ou sexuelle. Dans le cadre des romances parasociales, les coûts perçus restent faibles par rapport aux relations amoureuses en personne : l'individu est à l'abris des risques de rejet, de conflits, de travail émotionnel ou de contraintes financières. En revanches un des coûts les plus notables réside dans le risque d'une baisse de l'estime de soi résultant d'une comparaison sociale face à des figures médiatiques idéalisées[9]

Perspectives contemporaines

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En 2002, David Giles propose un modèle distinguant trois types de personnalités dans les relations parasociales : les figures humaines réelles dites de premier ordre, les personnages joués par des acteurs dits de deuxième ordre et les personnages de fiction pure dits de troisième ordre. La définition initiale de Horton et Wohl, décrivaient déjà une relation de « face-à-face » entre spectateur et acteur caractérisé par peu ou pas de sens d'obligation, d'effort ou de responsabilité de la part du spectateur [7].

Au début des années 2010, le champ d'études, historiquement centré sur les relations parasociales amicales et neutres, s'intéressent à l'étude des romances parasociales. En 2010 et en 2013, des études développent des outils de mesure spécifiques pour évaluer les relations parasociales romantiques et les attirances sexuelle envers des figures médiatiques réelles ou virtuelles[10].

Avec l'avènement d'Internet et des réseaux sociaux, l'analyse de la parasociabilité connaît un renouvellement. La recherche évolue de l'étude des médias de masse traditionnels comme la télévision ou la radio à l'étude d'espaces numériques interactifs[11]. Les travaux récents explorent les interactions et relations parasociales avec les influenceurs sur les réseaux sociaux, les idoles virtuelles, et les agents I.A et compagnons virtuels.

Concept et théorie

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La parasociabilité désigne une tendance chez les consommateurs de médias à établir une connexion psychologique et affective asymétrique et non réciproque avec une figure médiatique ou une personnalité publique fictionnelle, jouée ou réelle. Bien que la relation soit dépourvue de réciprocité dans le monde physique et se produisent exclusivement dans des espaces médiatiques et/ou virtuels, les processus psychologiques et cognitifs qui se produisent chez les personnes sont similaires à ceux observés dans les relations sociales et amoureuses réelles. La relation parasociale peut désigner l'amitié parasociale dans le cas où le personnage est perçu comme un compagnon ou un pair, et l'amour parasocial ou amour pararomantique dans le cas où la relation est caracterisée par des aspects romantiques ou sexuels[12].

La recherche scientifique fait la distinction entre l'interaction parasociale et la relation parasociale. L'interaction parasociale désigne la perception d'un échange en « face-à-face » qui survient exclusivement pendant le temps de la consommation d'un média. La relation parasociale en revanche s'affranchit de la limite temporelle et de la réception immédiate : elle constitue un lien affectif durable et indépendant du contexte immédiat, et qui persiste pour la personne en dehors de l'exposition au média. Les interactions parasociales répétées sont souvent des antécédents à l'établissement d'une relation parasociale, qui à son tour forme les attentes et définit la réceptivité pendant des expositions médiatiques[13][11].

Le mécanisme repose souvent sur l'adresse directe et le regard caméra avec un ajustement du jeu d'acteur au public visé qui est incorporé dans le déroulement du média et placé en position d'observateur ou de participant. Dès 1956 cette relation est définie comme pouvant être caractérisée par peu ou pas de sens de l'obligation ou de responsabilité du spectateur qui reste libre de s'engager ou de se retirer à tout moment, la différence avec la relation orthosociale, c'est a dire symétrique dans les deux sens, réside dans l'absence de réciprocité effective. Le média contribue a créer une « persona » qui existe dans la relation parasociale, et peut établir un lien affectif aux personnages de fiction, aux personnages joués ou aux célébrités elle-même[3].

La théorie de l'attachement apporte un éclairage sur l'aspect émotionnel du phénomène. Une hypothèse suggère que le cerveau humain n'a pas encore développé d'adaptation pour distinguer les figures médiatiques des partenaires sociaux en personne, et forment donc des relations avec les entités médiatiques via les mêmes mécanismes affectifs. La figure parasociale peut représenter pour l'individu un havre émotionnel et procurer un sentiment de sécurité affective. Les individus qui présentent un style d'attachement anxieux ou ambivalent sont plus particulièrement enclins à former des liens parasociaux, et trouvent dans ces relations un moyen de former des relations affectives sans s'exposer à la crainte du rejet social[4].

Dans le cadre des relations avec des personnages de fiction, la recherche souligne un effet de « stimulus supernormal  » : les entités fictives sont souvent racontées avec des attributs esthétiques et comportementaux qui surpassent les caractéristiques des êtres humains réels. Les interactions et relations parasociales avec ces personnages génèrent alors le « paradoxe fictophilique » : la coexistence ambivalente d'une conscience de la nature fictive de l'objet d'attachement et d'un vécu émotionnel ou romantique authentique et bien réel. La dynamique d'immersion est renforcée par le phénomène de « transport narratif » au cours duquel l'absorption mentale et affective dans un récit atténue le sens de la critique, réduit la détection d'incohérences et accentue l'évaluation positive des personnages de fiction[1][14].

La culture otaku au Japon est un exemple documenté avec la figure de la "waifu" issue de l'animation japonaise et des mangas. Dans ce cas, Le personnage remplit souvent le rôle d'un partenaire amical ou romantique idéalisé supernormal. Les travaux sur les communautés de fans de séries d'animation japonaises montrent que ces liens sont bien analogues aux amitiés réelles et provoquent des sentiments d'empathie et de projection affective. Les compagnons virtuels propulsés par les IA modernes prolongent cette logique avec une interactivité renforcée et instantanée. Ces compagnons virtuels peuvent simuler l'écoute, être disponibles tout le temps et être personnalisés dans des rôles sans les risques du rejet encourus dans une relation orthosociale[15][16].

Stigma social

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La question de la normalité est au centre de la recherche sur ce phénomène depuis les débuts. La théorie d'origine n'assimile pas la relation parasociale à une pathologie particulière et précise qu'elle ne peut être considérée comme une pathologique que lorsqu'elle devient un substitut aux relations orthosociales classiques et se produit irrationnellement malgré la réalité objective. Cette condition a malgré tout nourri une image durable de pathologie psychiatrique, où l'intensité affective envers des persona est interprétée comme le signe d'un déficit social ou d'un trouble mental[1].

La crainte d'être tourné en ridicule ou considéré comme anormal par les autres en fait une expérience souvent solitaire. De nombreuses personnes en relation parasociale déclarent ne pouvoir en parler à personne par honte et préférer partager ces sentiments sur internet, faute de pouvoir le faire en personne, sur les forums qui deviennent alors des lieux pour partager sans risque de stigmatisation directe. Ce vécu émotionnel est une source d'anxiété dans un contexte où les stigmas culturels rendent l'expérience difficile à partager[1].

Rupture parasociale

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La rupture parasociale (parasocial breakup) désigne la détresse émotionnelle ressentie par le consommateur de média lorsque sa relation parasociale avec une figure médiatique prend fin de manière abrupte et définitive. Ce phénomène se produit souvent á cause de l'annulation d'une série dans les médias, de la mort d'un personnage de fiction, du décès d'une célébrité en personne, ou de l'arrêt soudain de communication d'un créateur de contenu sur les réseaux sociaux. Même si la relation n'a pas la réciprocité d'une relation orthosociale, le sentiment de perte et de deuil ressentis est similaire sur le plan cognitif et affectif avec la rupture d'une relation sociale interpersonnelle orthosociale[17].

Le concept est établi en 2003 dans une étude sur l'anticipation des fins de séries télévisées. La recherche montre que l'intensité de la détresse vécue lors d'une rupture parasociale est proportionnelle à l'intensité de cette relation. Pour reprendre la lecture de la théorie de l'attachement, les individus ayant un style d'attachement anxieux éprouvent une détresse plus aigüe lors de la perte de la figure objet de la relation parasociale, tandis que les personnes ayant un style d'attachement évitant affichent des réactions plus faibles[18].

Dans le contexte numérique contemporain, la rupture parasociale arrive fréquemment sur les plateformes ou les interactions asymétriques comme les commentaires sont possibles, par exemple sur Youtube ou Twitch . Elle peut être déclenchée par un arrêt de la personna de son activité de créateur de contenu, ou lors de controverses menant à une rupture idéologique. L'illusion d'intimité est renforcée par les interactions de ce type de plateforme, le sentiment de trahison ou la période de deuil vécue par les communautés de fans peut se montrer sévère, renforcé par la perte de la communauté de fans elle-même et de la sociabilité qu'il peut exister dans ces espaces[19].

Haine parasociale et anti-fandom

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La haine parasociale (parasocial enmity) désigne une relation unilatérale caractérisée par des sentiments persistants d'antipathie ou de mépris envers une figure médiatique, réelle ou fictive. Cette dynamique demande un niveau d'engagement cognitif et affectif similaire á celui d'une relation parasociale amicale ou romantique. L'individu investit activement du temps et de l'attention envers la figure détestée. La recherche explique ce lien négatif par plusieurs bénéfices psychologiques. Le mécanisme principal est la comparaison sociale descendante ; observer les échecs et les comportements controversés d'une personna permettrait à l'usager de revaloriser sa propre estime de soi. La relation entretient aussi une gratification issue de l'indignation morale. Le concept s'appuie sur l'étude de l'anti-fandom. Les études montrent que les anti-fans ne construisent pas leur identité par l'adhésion mais par l'opposition á une personnalité publique[20].

Dans le contexte numérique contemporain, le phénomène arrive fréquemment par le biais du hate-watching ou « visionnage haineux » . Les usagers consomment le contenu d'un créateur pour le critiquer. Cette haine parasociale sert souvent de ciment à de nouvelles communautés orthosociales réelles sur les plateformes ou les interactions asymétriques sont possibles. Sur les espaces de discussion dédiés à la critique, les individus créent des liens sociaux autour de l'aversion commune pour une personna médiatique[21].

Capitalisme de l'attention

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Les revenus des créateurs de contenu et des plateformes reposent en partie sur la monétisation des relations parasociales de leurs consommateurs. L'intimité est volontairement cultivée et recherchée par les influenceurs et les créateurs de contenu avec leurs fans. Leur vie privée, fictive ou réelle, est montrée et rendue publique pour créer un attachement affectif. Cette attache peut ensuite se convertir en soutien financier via des abonnements ou des financements participatifs, sur des plateformes comme Patreon ou Twitch par exemple. Certaines études décrivent ce phénomène de marchandisation de l'authenticité[22].

Ce « capitalisme de l'attention » est exploité par les plateformes de contenus et les réseaux sociaux. Les algorithmes de présentation des contenus encouragent les relations parasociales. Les plateformes maximisent par ce stratagéme le temps d'exposition de l'usager á la publicité et au contenu sponsorisé. L'industrie musicale par exemple utilise des applications pour simuler des conversations privées d'une personna avec ses fans. L'interaction parasociale devient dans ce sens un service payant mis en place par une compagnie de production médiatique. Les usagers paient pour un accès á la personna faisant l'objet d'une relation parasociale[23].

L'évolution du terme

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L'interaction parasociale a été décrite pour la première fois dans le cadre des études sur les médias et la communication. En 1956, Horton et Wohl ont étudié les différentes interactions entre les utilisateurs des médias de masse et les personnalités médiatiques et ont déterminé l'existence d'une relation parasociale (RPS), où l'utilisateur agit comme s'il était impliqué dans une relation sociale[3] typique. Cependant, l'interaction parasociale existait avant les médias de masse, lorsqu'une personne établissait un lien avec des personnalités politiques, des dieux ou même des esprits[24].

Depuis lors, le terme a été adopté par les psychologues dans le cadre de leurs études sur les relations sociales qui émergent entre les consommateurs des médias de masse et les personnages qu'ils y voient représentés. Horton et Wohl ont suggéré que pour la plupart des gens, les interactions parasociales avec les personnages complètent leurs interactions sociales actuelles, tout en suggérant que certains individus font preuve d'une parasocialité extrême, ou qu'ils substituent les interactions parasociales aux interactions sociales "normales" impliquant un lien réciproque[3]. Perse et Rubin (1989) ont contesté ce point de vue, estimant que les interactions parasociales se produisaient comme un sous-produit naturel du temps passé avec les personnages médiatiques[25].

Références

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  3. 1 2 3 4 5 D. Horton et R. Wohl, « Mass communication and para-social interaction: Observation on intimacy at a distance. », Psychiatry, vol. 19, no 3,‎ , p. 215–229 (PMID 13359569, DOI 10.1080/00332747.1956.11023049)
  4. 1 2 Veli-Matti Karhulahti et Tanja Välisalo, « Fictosexuality, Fictoromance, and Fictophilia: A Qualitative Study of Love and Desire for Fictional Characters », Frontiers in Psychology, vol. 11,‎ (ISSN 1664-1078, PMID 33510665, PMCID 7835123, DOI 10.3389/fpsyg.2020.575427, lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ Gary Alan Fine et John L. Caughey, « Imaginary Social Worlds: A Cultural Approach. », Contemporary Sociology, vol. 14, no 2,‎ , p. 257 (ISSN 0094-3061, DOI 10.2307/2070216, lire en ligne, consulté le )
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  7. 1 2 (en) Veli-Matti Karhulahti et Tanja Välisalo, « Fictosexuality, Fictoromance, and Fictophilia: A Qualitative Study of Love and Desire for Fictional Characters », Frontiers in Psychology, Frontiers, vol. 11,‎ (ISSN 1664-1078, PMID 33510665, PMCID 7835123, DOI 10.3389/fpsyg.2020.575427, lire en ligne, consulté le )
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  10. ↑ Aimee Adam et Brittany Sizemore, « Parasocial Romance: A Social Exchange Perspective », Interpersona: An International Journal on Personal Relationships, vol. 7, no 1,‎ , p. 12–25 (ISSN 1981-6472, DOI 10.5964/ijpr.v7i1.106, lire en ligne, consulté le )
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Bibliographie

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Articles connexes

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