Remedium
Remedium, de son vrai nom Christophe Tardieux, né en 1981, originaire de Seine-Saint-Denis, est un auteur de bande dessinée français.
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Biographie
modifierRemedium est professeur des écoles en Seine-Saint-Denis depuis 2005.
L'affaire Titi Gnangnan
modifierEn , Remedium lance Titi Gnangnan, une bande dessinée publiée sous forme de daily strip sur Tumblr. Le personnage principal, maire nouvellement élu de la commune fictive d'Alba-Villa, est inspiré par le maire LR du Blanc-Mesnil, Thierry Meignen. En , Meignen menace de porter plainte pour diffamation contre le dessinateur en plaidant que « la caricature ne peut être la forme déguisée de l'insulte et de la diffamation[1]. » En , le dessinateur, qui, en tant qu'enseignant, est logé dans un logement conventionné de la commune, reçoit un courrier de la mairie exigeant son départ au .
Par un jugement d', le tribunal administratif de Montreuil annule la décision du maire Thierry Meignen de ne pas renouveler son bail, mettant en avant un « détournement de pouvoir » de l'édile et condamne la municipalité à verser 1 000 euros au dessinateur, au titre des frais d'avocats[2].
Cas d'école
modifierCas d'école - Histoires d'enseignants ordinaires est une bande dessinée de Remedium parue le , dont plusieurs épisodes ont été prépubliés sur Mediapart. En , au lendemain de l'assassinat de Samuel Paty et d'un discours sur la liberté d'expression, Jean-Michel Blanquer menace par le biais de ses avocats le site d'un procès s'il ne retire pas un épisode qui retrace son parcours personnel[3].
L'auteur accepte à la demande d'Edwy Plenel de caviarder l'une des cases de l'épisode paru sur le site afin d'éviter à Mediapart la charge d'un procès. Ce caviardage ne s'applique toutefois pas au livre, dont les dessins et le texte restent inchangés[4].
Agnès Tricoire, avocate à l'origine de l'Observatoire de la liberté de création de la Ligue française des droits de l'Homme, estime que la pression exercée par Jean-Michel Blanquer va à l'encontre du droit, notant que « la question principale ici est celle de l'intérêt général et du droit du public à être informé, droit essentiel dans une société démocratique. Or il a déjà été jugé que ce droit peut porter sur des aspects de la vie privée de personnalités politiques lorsqu'ils viennent éclairer son action politique[5] ». Elle ajoute que « la bande dessinée n'a pas seulement un but de divertissement, elle contribue à la variété de l'information disponible au public ».
En janvier 2025, il recueille le témoignage de Caroline Grandjean-Paccoud et raconte ensuite sa souffrance face à ce qu'elle décrit comme un manque de soutien de sa hiérarchie dans plusieurs planches de sa série Cas d'École[6],[7],[8]. Il témoigne que l'enseignante était confiante au début de l'enquête visant à trouver qui la harcèle, mais qu'elle a peu à peu perdu confiance face à l'absence de soutien de la part de sa hiérarchie et du village de Moussages[8]. D'après Remedium, l'éducation nationale a déposé une plainte en diffamation publique contre la publication des planches de bande dessinée sur des réseaux sociaux, ce qui a beaucoup affecté Caroline Grandjean-Paccoud[9],[10]. En effet, elle « a été entendue par la gendarmerie, a dû s’expliquer sur chacune des cases de la planche »[10].
La mort de Caroline Grandjean-Paccoud est annoncée par Remedium sur ses réseaux sociaux le [11]. Ses proches estiment que « Caroline a été tuée par l’Éducation nationale »[12]. Remedium témoigne à L'Express et à France Inter que Caroline a été questionnée par sa hiérarchie pour savoir si « elle n’avait vraiment rien à se reprocher pour qu’un corbeau s’en prenne ainsi à elle »[10],[8]. Il rappelle également que cette même hiérarchie a proposé sa mutation dans un autre établissement scolaire, une proposition mal vécue par Caroline, qui estime que ce n'est pas à la victime d'un harcèlement d'être éloignée du lieu de son harcèlement[10],[8]. Enfin, Remedium témoigne que l'inspectrice qui lui a adressé des reproches « a été promue et nommée assistante de la directrice académique »[10]. Le maire de la commune de Moussages est également mis en cause par Remedium, qui témoigne que Caroline « avait le sentiment que son affaire gênait, et que la municipalité communiquait sur le fait que ça donnait une mauvaise image du village, donc elle se sentait vraiment très seule »[8].
Publications
modifierBandes dessinées
modifier- Isidore et Simone, Juifs en résistance, avec Simon Louvet, Éditions Ouest-France, 2023 (ISBN 978-2737388910)
- Cas de force majeure - Histoires de violences policières ordinaires, Éditions Stock, 2022 (ISBN 978-2234092990)[13]
- Adam - L'attraction du pire, La Boîte à Pandore, 2021
- Cas d'école - Histoires d'enseignants ordinaires, Éditions des Équateurs, 2020 (ISBN 978-2-84990-751-1)[14]
- Les Contes noirs du chien de la casse, Des ronds dans l'O, 2017 (ISBN 978-2-37418-041-0)[15]
- Titi Gnangnan, comic strip publié sur Tumblr[16]
- Obsidion, chronique d'un embrasement volontaire, L'Esprit Frappeur, 2011 (ISBN 9-782844-052551)[17]
Livres pour enfants
modifier- L'Arbre à Palabres, Des ronds dans l'O, 2020 (ISBN 978-2374180823)
- L'enfant qui ne voulait pas apprendre à lire, Des ronds dans l'O, 2019 (ISBN 978-2374180663)
- Adama, l'étrange absence d'un copain de classe, Zoom éditions, 2014 (ISBN 978-2919934942)
Récits courts dans des revues, magazines et journaux
modifier- Danger à la récré, in J'aime Lire Max, no 302, Bayard Presse, 2024.
- Cas d'école - L'histoire de Jean, in 64_Page, n° 16, 180° éditions, 2019.
- Onze minutes, in Nos murs, leurs vies, 180° éditions, avec la Coordination Semira Adamu, 2018.
- Les P'tits Dup, in 64_Page, n° 10, 180° éditions, 2017.
- L'Esprit du jeu, in 64_Page, n° 8, 180° éditions, 2016.
- Trom-à, in 64_Page, n° 4, 180° éditions, 2015.
- Le Tison de discorde (Obsidion 2015), in Libération, n° 10 710, .
- La Troisième mort, in M-BD, n° 1 à 4, 2013.
- Kennedy, in Qui veut tuer le président ?, collectif, éd. Onapratut, 2007[18].
- Giordano Bruno, in Qui est dieu (et pourquoi) ?, collectif, Onapratut, 2005.
Articles
modifier- "Tillieux, le polar en cases", in 64_Page, n° 22, 180° éditions, 2022.
- "Dessiner Jack London", in 64_Page, n° 21, 180° éditions, 2021.
- "Thibaut Lambert, voyageur émotionnel", in 64_Page, n° 13, 180° éditions, 2018.
- "Tomi Ungerer, la solitude et la subversion", in 64_Page, n° 11, 180° éditions, 2017.
- "L'éveil internationaliste de Vaillant, in 64_Page, n° 9, 180° éditions, 2017.
- "Une pluie nocturne avant le calvaire", in 64_Page, n° 8, 180° éditions, 2016.
- "Réagir et montrer la voie : le concept du héros Vaillant, in Gavroche, n° 164, 2010[19].
- "Le regard sur le monde de Vaillant : une lente prise de conscience internationaliste", in Gavroche, n° 163, 2010.
Notes et références
modifier- ↑ Le Parisien, « Le Blanc-Mesnil : la caricature du maire ne le fait pas rire du tout », Le Parisien, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Le caricaturiste gagne sa bataille judiciaire contre le maire », Le Parisien, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Thomas Poupeau, « Seine-Saint-Denis : la BD Cas d’école hérisse Jean-Michel Blanquer, qui obtient le retrait d'un dessin », sur Le Parisien, .
- ↑ Antoine Oury, « Pour éviter un procès de Jean-Michel Blanquer, Mediapart caviarde une bande dessinée », sur ActuaLitté, .
- ↑ Antoine Oury, « Caviardage dans Mediapart : la BD sur Blanquer contribuerait "à la variété de l'information” », sur ActuaLitté, .
- ↑ « Interview. Suicide d'une enseignante : « l'Éducation nationale a tué Caroline », réagit l'artiste qui avait retracé son calvaire en BD », sur www.ledauphine.com, Le Dauphiné libéré, (consulté le ).
- ↑ Alexis Gail, « Suicide de Caroline Grandjean, directrice d'école : son harcèlement raconté en BD », sur www.linternaute.com, (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 Olivier Bénis, « Suicide d'une enseignante : le ministère "a tout fait pour écraser Caroline et malheureusement, ils ont réussi" », sur France Inter, (consulté le )
- ↑ Eléa Pommiers, « Après le suicide de Caroline Grandjean-Paccoud, une directrice d’école du Cantal victime d’injures et de menaces homophobes, un choc et des questions », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 4 5 Amandine Hirou, « Suicide de Caroline Grandjean : "Quand un enseignant est en souffrance, l’institution cherche à étouffer l’affaire" », sur L'Express, (consulté le ).
- ↑ « Victime de harcèlement homophobe, une directrice d'école se suicide le jour de la rentrée », sur BFMTV, (consulté le ).
- ↑ « « Caroline a été tuée par l’Éducation nationale », estiment ses proches », sur 20 Minutes, (consulté le ).
- ↑ Alexandre Arlot, « Violences policières : parfum de censure sur la BD «Cas de force majeure», qui écorche Gérald Darmanin », Le Parisien, (lire en ligne
, consulté le ). - ↑ Thomas Poupeau, « En Seine-Saint-Denis, cet auteur de BD croque le mal-être des enseignants », Le Parisien, (lire en ligne
, consulté le ). - ↑ Frédéric Hojlo, « Les Contes noirs du chien de la casse de Remedium : la banlieue vue en noir & blanc », ActuaBD, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ «Le maire LR du Blanc-Mesnil n'apprécierait pas trop la bande dessinée», ActuaLitté
- ↑ « Obsidion Obsidion chronique d'un embrasement volontaire Seine-Saint-Denis 2005 », sur BD Gest' (consulté le ).
- ↑ « Qui veut tuer le président ? », (consulté le ).
- ↑ « Sommaires de la revue Gavroche (1981-2011) », sur archivesautonomies.org (consulté le ).
Annexes
modifierBibliographie
modifier- T.P., « « Titi Gnangnan », vision acerbe de la vie politique locale », sur Le Parisien, .
- Thomas Poupeau, « Le Blanc-Mesnil : l’auteur de Titi Gnangnan s’attaque à la réalité des cités », Le Parisien, (lire en ligne).
Liens externes
modifier- Site officiel
- Ressource relative à la bande dessinée :