Reniement de Pierre
Le reniement de Pierre est un épisode de la Passion du Christ qui se déroule dans la cour du grand prêtre du Temple de Jérusalem (Caïphe dans les Évangiles synoptiques ou Anân dans l'Évangile selon Jean) lorsque Jésus subit son premier interrogatoire après son arrestation. L'apôtre Pierre, seul disciple qui a réussi à se faufiler dans ce lieu, est pris à partie par des servantes qui l'identifient comme galiléen par son accent, et nie connaître Jésus.

Récits bibliques
modifierChacun des quatre Évangiles rapporte qu'après l'arrestation de Jésus, l'apôtre Pierre, par peur de risquer lui aussi la mort, nie trois fois avoir eu une relation avec celui-ci. Puis, lorsque le coq chante, Pierre sort et pleure amèrement, au souvenir de l'annonce que le Christ lui a faite de cette lâcheté : « Avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois ».
Évangiles selon Matthieu 26-34 ; Marc 14-30 ; Luc 22-34 ; Jean 13, 38.
Interprétation
modifierComme l'endormissement des Apôtres au début de la nuit de la Passion, le reniement de Pierre marque le manque de constance et d'endurance des fidèles[1].
Dans la littérature et les arts
modifierEn littérature
modifier- Luigi Tansillo (mort en 1568) écrivit le poème monumental Lagrime di San Pietro (Les larmes de saint Pierre), en 15 chants et 1 277 strophes; édition posthume intégrale, en 1585, à Naples.
- Au XIXe siècle, le poète français Charles Baudelaire publia sa vision du Reniement de saint Pierre dans Les Fleurs du mal (1857).
- Dans son livre Le Bouc émissaire, René Girard livre une interprétation anthropologique et sociologique du reniement de Saint-Pierre, l'établissant non pas comme une marque de lâcheté, mais comme une marque de la condition humaine : la difficulté de résister à une foule.
En peinture
modifierDe nombreux artistes ont traité ce thème, parmi lesquels :
- Le Caravage, Le Reniement de saint Pierre (1610), Metropolitan Museum of Art.
- José de Ribera, Le Reniement de saint Pierre (v. 1615-1616), Palais Corsini, Rome.
- Pensionnaire de Saraceni, Le Reniement de saint Pierre (v. 1615-1625), Musée de la Chartreuse, Douai.
- Gerrit van Honthorst, Le Reniement de saint Pierre (v. 1620), Musée des Beaux-Arts de Rennes.
- Gerard Seghers, Le Reniement de saint Pierre (1623).
- Nicolas Tournier, Le Reniement de saint Pierre (1625-1626), musée du Prado.
- Hendrick ter Brugghen, Le Reniement de saint Pierre (1626-1629).
- Georges de La Tour, Le Reniement de saint Pierre (1650).
- Mathieu Le Nain, Le Reniement de saint Pierre (v. 1655), musée du Louvre.
- Rembrandt, Le Reniement de saint Pierre (1660), Rijksmuseum Amsterdam.
- Le Guerchin, Le Reniement de saint Pierre, église Saint-Pierre de Montmartre.
- Auteurs du sujet
En musique
modifier- Roland de Lassus, compositeur franco-flamand installé à la cour de Bavière, s'inspira du poème de Tansillo, pour son cycle de 21 madrigaux spirituels, de même titre, à sept voix. Le recueil a été publié à Munich en 1594 (CD, Sony, Vivarte, 1993, par ex.).
- Marc-Antoine Charpentier, compositeur français de la seconde moitié du XVIIe siècle, est l'auteur d'un oratorio portant ce même titre (1704). Réf. H.424 dans le catalogue.
- En 1723 (dans sa Passion selon saint Jean) et en 1729 (dans sa Passion selon saint Matthieu), Jean-Sébastien Bach mit par deux fois cette scène en musique.
- Twenty One Pilots, groupe américain de rock, fait référence aux reniements dans sa chanson Ode To Sleep.
- L'artiste américaine Lady Gaga fait référence au triple reniement de Pierre dans sa chanson Judas.
Notes et références
modifier- ↑ Rivon Krygier, « Veille et sommeil d'Israël : le rite oublié de la veillée pascale dans la tradition juive », In: Revue des études juives, t. 166, nos 1-2, , p. 59-89 (lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
modifierArticle lié
modifierLiens externes
modifier- Instructions à retirer du reniement de Pierre, sur bible-notes.org
- Le reniement de Pierre : Quelques aspects de la formation d'une tradition, Charles Masson, Revue d'Histoire et de Philosophie religieuses (1957), Persée