René Ponsin
René Ponsin, né le à Cœuvres-et-Valsery (Aisne) et mort le à Falkenstein (Haut-Palatinat), est un travailleur civil français requis en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Engagé dans l’action catholique clandestine auprès de prisonniers de guerre français, il est arrêté par les autorités nazies en raison de ses activités religieuses interdites, déporté au camp de concentration de Buchenwald, puis exécuté lors d’une marche d’évacuation.
| René Ponsin | |
| Bienheureux, martyr | |
|---|---|
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Cœuvres-et-Valsery (Aisne), France |
| Date de décès | (à 21 ans) (21 ans) |
| Lieu de décès | Falkenstein (Haut-Palatinat), Allemagne |
| Nationalité | Français |
| Béatification | à la cathédrale Notre-Dame de Paris par Léon XIV |
| Vénéré par | Église catholique |
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Son décès est reconnu par l’Église catholique comme un martyr « par haine de la foi » (odium fidei), et il est béatifié le parmi un groupe de cinquante martyrs français du nazisme[1],[2].
Biographie
modifierFormation chrétienne et vie familiale
modifierRené Ponsin naît le à Cœuvres-et-Valsery, dans le diocèse de Soissons, au sein d’une famille catholique. Il est le fils d’Henri Ponsin et de Marguerite Boudin. Il reçoit le sacrement du baptême le dans sa paroisse natale.
Le , lors d’une permission, il épouse Lucienne Vigneron (née le ) en l’église de Saint-Brice-sous-Forêt. Le couple s’installe au 44, rue de Paris, puis au 46, avenue des Tilleuls. De leur union naît une fille, Anne-Marie, le . En raison d’un danger de mort imminent, l’enfant est ondoyée le jour même à leur domicile par l’abbé R. Chuette, curé de la paroisse. Elle recevra ultérieurement les compléments du baptême le .
Engagement catholique et travail en Allemagne
modifierAvant son départ en Allemagne, René Ponsin exerce la profession de commis épicier à Saint-Brice-sous-Forêt. Il appartient, de notoriété publique, à la mouvance de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), mouvement d’action catholique alors très implanté dans les milieux ouvriers.
En , il est requis pour le STO (Service du travail obligatoire) en Allemagne. Affecté à une usine de Cologne, il entre en contact avec des prisonniers de guerre français, parmi lesquels des scouts catholiques. Il s’engage alors dans une activité religieuse clandestine visant à soutenir spirituellement ces prisonniers.
Action catholique clandestine et répression
modifierÀ Cologne, René Ponsin participe activement à la vie religieuse des prisonniers de guerre du Kommando 624. Pour ce faire, il s’introduit illégalement dans le camp en empruntant un uniforme militaire, afin d’assister à la messe dominicale et de prendre part à des réunions d’action catholique. En tant que travailleur civil, il facilite également l’envoi de courrier pour les prisonniers, moins exposé à la censure.
Il contribue à l’organisation d’une action catholique structurée entre travailleurs requis et prisonniers de guerre. Dans le cadre de la politique nazie visant à transformer les prisonniers de guerre en travailleurs civils — leur faisant perdre la protection de la Convention de Genève —, il proteste auprès des autorités allemandes contre des pratiques contraires à la dignité humaine, notamment l’installation d’une maison close destinée à détourner les prisonniers de toute résistance morale et religieuse. Cette intervention aboutit à la fermeture de l’établissement.
Ces activités religieuses, explicitement interdites par le décret nazi du réprimant l’action catholique française parmi les travailleurs en Allemagne, motivent son arrestation. René Ponsin est arrêté le par la Staatspolizei de Cologne et incarcéré à la prison de Bauweiler.
Déportation et mort
modifierLe , il est déporté au camp de concentration de Buchenwald, où il reçoit le matricule 20846. Il effectue sa période de quarantaine au Block 48 du Grand camp, puis intègre le Block 10 au Grand camp. Le , il est transféré au Kommando de Dora[3], puis le au Kommando d'Harzungen chargé des travaux de creusement au chantier B3 et au Kommando d'Ellrich-Juliushütte[4] chargé des chantiers de la Mittelwerk[5].
Lors de l’évacuation des camps à l’approche des forces alliées, René Ponsin est abattu d’un coup de feu le à Falkenstein, au cours d’une marche d’évacuation. Selon la reconnaissance ecclésiale ultérieure, sa mort survient dans un contexte de persécution liée à son engagement chrétien.
Reconnaissance du martyre
modifierLe , le pape Léon XIV promulgue un décret du dicastère pour les causes des saints reconnaissant le martyre de cinquante Français morts sous le régime nazi entre 1944 et 1945 en raison de leur foi chrétienne, parmi lesquels figure René Ponsin.
Cette reconnaissance établit que sa mort est survenue « par haine de la foi », en lien direct avec son engagement dans l’action catholique clandestine auprès de prisonniers de guerre.
La messe de béatification[6] est célébrée le à la cathédrale Notre-Dame de Paris, sous la présidence du cardinal Jean-Claude Hollerich[7] qui, à l’issue de la célébration, a solennellement béni l’icône du nouveau Bienheureux martyr.
Le , Benoît Bertrand, évêque du diocèse de Pontoise, a solennellement inauguré l’icône officielle du Bienheureux René Ponsin en l’église Saint-Brice de Saint-Brice-sous-Forêt[8].
Notes et références
modifier- ↑ « René Ponsin », sur Archidiocèse de Paris (consulté le ).
- ↑ « Béatification de Raymond Cayré, Gérard-Martin Cendrier, Roger Vallée, Jean Mestre et de leurs 46 compagnons », sur Archidiocèse de Paris (consulté le ).
- ↑ « Histoire du camp », sur Association Française Buchenwald Dora et kommandos, (consulté le ).
- ↑ « Ellrich Juliushutte », sur afmd.org (consulté le ).
- ↑ « PONSIN René KLB 20846 », sur Association Française Buchenwald Dora et kommandos, (consulté le ).
- ↑ Laurent Delattre, « Béatification de René Ponsin et 49 compagnons », sur Catholique 95, (consulté le ).
- ↑ [vidéo] KTO TV, « Messe de béatification des 50 martyrs de l'apostolat à Notre-Dame de Paris - 13 décembre 2025 », sur YouTube, (consulté le ).
- ↑ [vidéo] « 1 K vues · 36 réactions | Paroisse catholique de Saint-Brice et Piscop on Reels » (consulté le ).