Richard Ier d'Aversa

comte d'Aversa et prince de Capoue

Richard Ier d'Aversa ou Richard Ier de Capoue, né vers 1025 et mort le , est le sixième comte normand d'Aversa (1049-1078), et le premier prince normand de Capoue (1058-1078). Issu de la famille Drengot, il est, avec Robert Guiscard, l'un des principaux protagonistes de la conquête normande de l'Italie du Sud.

Richard Ier d'Aversa
Sceau de Jourdain Ier de Capoue, représenté au côté de son père Richard.
Titres de noblesse
Comte d'Aversa
-
Prédécesseur
Successeur
Prince de Capoue
-
Prédécesseur
Successeur
Biographie
Naissance
Décès
Domiciles
Activité
MilitaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Père
Fratrie
Asclettin II d'Acerenza
Ranulf de Caiazzo (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Frédésende de Hauteville (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Jourdain Ier d'Aversa
Limpiasa de Capoue (d)
Jonathan de Carinola (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Autres informations
Conflit

Biographie

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Richard est le fils d'Asclettin Quarrel, comte d'Acerenza, l'un des douze barons normands qui se partagent l'Apulie à Melfi en 1042. Il est aussi le neveu de Rainulf Drengot, premier comte normand d'Aversa, et le frère d'Asclettin, deuxième comte normand d'Aversa[1]. Richard arrive en Italie du Sud peu après la mort de Rainulf en 1045, en compagnie de quarante chevaliers normands[2]. Il entre d'abord au service d'Onfroi de Hauteville, frère de Drogon de Hauteville, comte d'Apulie, qui le traite avec respect et honneur[3]. Richard commande ensuite la modeste seigneurie de Genzano, avant d'évincer le jeune Herman, cinquième comte normand d'Aversa, vers 1050[1]. Il épouse Frédésende, la sœur de Drogon de Hauteville, la même année[4].

En 1053, il répond favorablement à l'appel d'Onfroi de Hauteville, comte d'Apulie, contre la coalition anti-normande formée par le pape Léon IX. Commandant l'aile droite de l'armée normande au cours de la bataille de Civitate, il met en fuite le corps d'armée lombard qui lui est opposé avant de prendre à revers le gros de l'armée ennemie, et contribue ainsi grandement à la victoire finale[5]. De retour à Aversa, il étend considérablement son territoire aux dépens des Lombards[6].

À la mort du prince Pandolf V en 1057, Richard entame le siège de Capoue[6]. Il s'empare de la ville en après un long siège et met fin au règne des princes lombards sur la ville. Il obtient le titre de prince de Capoue et étend son territoire jusqu'à la frontière des États pontificaux. Les élites lombardes parviennent toutefois à conserver garde de la citadelle et des murs de la ville jusqu'en 1062[7].

En novembre 1058, Richard est accueilli chaleureusement à l'abbaye du Mont-Cassin. Dès ce moment, les Normands abandonnent le statut de brigands et deviennent les protecteurs et bienfaiteurs de l'abbaye. En témoigne la chronique très favorable aux Normands rédigée par le moine Aimé du Mont-Cassin[1]. Entre 1058 et 1059, Richard apporte son soutien militaire au pape Nicolas II et contribue à la déposition de l'antipape Benoît X[4].

En 1059, lors du concile de Melfi, Richard est officiellement reconnu prince de Capoue par le pape Nicolas II. Le prince normand confirme cette investiture par un serment de fidélité au pape Alexandre II en 1061[1],[7]. L'année suivante, après un nouveau siège, Richard prend possession de la citadelle de Capoue, qui était restée aux mains des Lombards[7]. En juin 1063, il s'empare de la ville et du duché lombard de Gaète[4]. L'année suivante, le prince normand résiste à une importante coalition réunissant la duchesse Marie de Gaète, Landolf de Capoue et le gendre de Richard, Guillaume de Montreuil[7]. Richard sort victorieux des affrontements et soumet les barons révoltés[1]. En 1066 il conduit une expédition dans la Marsique puis s'empare de la ville de Ceprano, près de Rome[4]. Entre 1068 et 1071, il est de nouveau à la lutte contre son vassal Guillaume de Montreuil[4], mais celui-ci meurt au cours de la rébellion[7]. En 1072, Richard envoie son fils Jourdain en Sicile, afin de participer au siège de Palerme[4].

À la mort de son épouse Frédésende, Richard épouse en deuxièmes noces Gaitelgrima, fille du prince Guaimar IV de Salerne[7]. Il poursuit à cette occasion la stratégie normande consistant à nouer des alliances matrimoniales avec les dynasties lombardes. Cette alliance lui permet par ailleurs de revendiquer Salerne[Note 1].

Tantôt rival et tantôt allié du duc normand Robert Guiscard, Richard soutient la révolte des barons d'Apulie en 1073, avant d'apporter son soutien militaire à la prise de Salerne par le duc d'Apulie en 1076. En échange, Robert apporte son aide au prince de Capoue lors de son offensive contre Naples, qui débute en mai 1077. Richard trouve la mort au cours du siège de la ville le [4]. Son pouvoir est transmis à son fils Jourdain, né de son mariage avec Frédésende, fille de Tancrède de Hauteville et sœur de Robert Guiscard[1].

Notes et références

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  1. ↑ A la mort de Richard, Gaitelgrima, devenue veuve en 1078, est contrainte d’épouser son fils Jourdain. Réprouvée par le pape Grégoire VII, cette alliance incestueuse engendre trois enfants, qui se succèdent tous sur le trône capouan de 1090 et 1127.

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 (it) Rosa Canosa, « Riccardo I, conte di Aversa et principe di Capua », Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 87, 2016. [lire en ligne]
  2. ↑ Norwich 1967, p. 68-69.
  3. ↑ (en) The History of the Normans by Amatus of Montecassino, trad. Prescott N. Dunbar, Graham A Loud (Woodbridge: Boydell Press, 2004), p. 84.
  4. 1 2 3 4 5 6 7 « Richard Ier Drengot », in Thesauri – Base d’autorités Personnes du pôle Document numérique. [lire en ligne]
  5. ↑ Taviani-Carozzi 1996, p. 206-209.
  6. 1 2 Norwich 1967, p. 108-109.
  7. 1 2 3 4 5 6 Guilhem Dorandeu, « Pratiques et discours de l’établissement du pouvoir normand dans la principauté lombarde de Capoue (1058-1135) ». La pacification dans les mondes normands médiévaux, édité par Pierre Bauduin et al., Presses universitaires de Caen, 2026, p. 215-246. [lire en ligne]

Voir aussi

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Bibliographie

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  • « Richard Ier Drengot », in Thesauri – Base d’autorités Personnes du pôle Document numérique. [lire en ligne]
  • Ferdinand Chalandon, Histoire de la domination normande en Italie et en Sicile, tome I, Paris, A. Picard. 1907. [lire en ligne]
  • Odon Delarc, Les Normands en Italie depuis les premières invasions jusqu'à l'avènement de S. Grégoire VII, Paris, E. Leroux, 1883. [lire en ligne]
  • Huguette Taviani-Carozzi, La terreur du monde : Robert Guiscard et la conquête normande de l’Italie, Paris, Arthème Fayard, , 559 p. (présentation en ligne).
  • (en) John Julius Norwich, The Normans in the South 1016-1130, Londres, Longman, .

Articles connexes

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Liens externes

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