Richard Jefferies

écrivain britannique

John Richard Jefferies (né le à Coate, dans la banlieue sud-est de Swindon et mort le à Goring-by-Sea, quartier de Worthing) est un écrivain et journaliste anglais connu pour ses ouvrages sur la nature mais aussi pour son roman post-apocalyptique, After London.

Richard Jefferies
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Biographie

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Famille

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Richard Jefferies est le premier fils et le deuxième enfant (sur cinq) de James Luckett Jefferies (1816–1896) et Elizabeth Jefferies (1817–1895), née Gyde. Son père James Jefferies était éleveur laitier sur une exploitation d'un peu plus de 15 hectares à Coate, non loin au sud-est de Swindon. Richard Jefferies insistait sur ce lien à la terre, qui selon lui remontait sur plusieurs générations solidement implantées dans les Wiltshire et Gloucestershire. Cependant, son grand-père John Jefferies était chef d'atelier chez un imprimeur, Richard Taylor, sur Fleet Street à Londres. En 1816, il avait quitté cet emploi pour prendre la direction de la minoterie et boulangerie familiale à Swindon ; la famille possédait aussi une petite terre à Coate, celle exploitée ensuite par James Jefferies. Par ailleurs, Elizabeth Gyde était la fille d'un imprimeur et relieur, Charles Gyde ; d'une famille originaire du Gloucestershire. Ce dernier travaillait à la reliure des ouvrages imprimés par Taylor. D'ailleurs, c'est à Londres, à Islington que James Jefferies et Elizabeth Gyde s'étaient mariés en 1844[1].

Le , Richard Jefferies épousa à Chiseldon Jessie Baden (1853–1926), la fille d'un propriétaire terrien voisin, Andrew Baden. L'année suivante le couple s'installa dans le centre ancien de Swindon. Leur premier fils Richard Harold y naquit le 3 mai. En 1877, la famille déménagea pour Tolworth, dans la banlieue sud-ouest de Londres où naquit leur fille Jessie Phyllis le . Son dernier fils Richard Oliver Launcelot naquit à Brighton le [1].

James Jefferies n'était pas très doué (ou intéressé) à la gestion de son exploitation laitière. Il préférait, semble-t-il, s'occuper de son jardin et de son verger. Il avait donc de petits revenus qui furent grevés par les obligations imposées par son père dans son testament en 1868. James Jefferies dut en effet emprunter 1 500 £[N 1] pour assurer un revenu à ses deux sœurs. Les dettes s'accumulèrent alors et l'exploitation finit par être déclarée en faillite et vendue en 1877. James Jefferies partit s'installer à Bath où il vécut de petits travaux de jardinage[1].

Enfance et adolescence

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En 1852, Richard Jefferies fut envoyé vivre chez sa tante maternelle Ellen Gyde qui avait épousée Thomas Harrild, lui aussi imprimeur sur Fleet Street. Les Harrild vivaient alors à Sydenham (Londres). Il y vécut jusqu'en 1857 et y commença sa scolarité. De retour à Swindon, il fut inscrit dans diverses écoles privées, sans grand succès scolaires, jusqu'à ses quinze ans. Sa principale activité ensuite fut, semble-t-il, de se promener dans les champs, un fusil sous le bras à « chasser » du petit gibier dans les haies[1].

En 1864, avec un des ses cousins, James Cox, Richard Jefferies décida de rejoindre la Russie. Les deux jeunes hommes n'allèrent pas plus loin que la Picardie, bloqués par leur incapacité à communiquer avec les populations locales. Ils décidèrent alors de se diriger vers Liverpool pour embarquer à destination de l'Amérique, comme l'avait en son temps fait James Jefferies, le père de Richard Jefferies. Là encore, les deux adolescents essuyèrent une déconvenue. Ils furent arrêtés par les autorités alors qu'ils essayaient de vendre leurs montres pour se payer le billet. Ils furent renvoyés chez leurs parents à Swindon[1].

portrait noir et blanc d'un jeune homme barbu
Richard Jefferies en 1872.

Richard Jefferies reprit ses « inactivités » : promenades à travers champs et lectures éclectiques, depuis la littérature antique jusqu'à Fenimore Cooper en passant par Shakespeare ou Goethe[1].

Journaliste

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En mars 1866, Richard Jefferies fut embauché par un petit journal local de Swindon, le North Wilts Herald. Il y publia quelques contes ou poèmes. Surtout, il commença à s'intéresser à l'histoire locale, principalement les sites préhistoriques de la région, et en nourrit ses articles. Il les explorait lors de grandes promenades à travers la campagne autour de Swindon. Il fut ainsi le premier à identifier le cercle de pierres de Day House Lane Stone Circle (en)[N 2]. Il aimait particulièrement Liddington Castle (en), un site de l'âge du fer britannique. Il semble que ces longues marches aient été aussi pour lui des moments spirituels et mystiques de communion avec la nature[1].

Il commença aussi dès cette époque à manifester les premiers symptômes de la tuberculose qui finirait pas le tuer vingt ans plus tard. Après deux épisodes de maladie, en septembre 1867 et juillet 1868, Richard Jefferies se retrouva très amaigri[1].

En février 1872, Joseph Arch créa un syndicat de travailleurs agricoles, la National Agricultural Labourers' Union (en). En réaction, Richard Jefferies envoya au Times une lettre publiée le , bientôt suivie de deux autres. Cette lettre du défendait le point de vue conservateur du propriétaire terrien face à celui de l'ouvrier agricole. En même temps, sa description précise de la vie de l'ouvrier agricole du Wiltshire fit qu'il fut rapidement considéré comme un expert concernant l'agriculture. Il devint dès lors un contributeur régulier sur ce thème principalement pour Fraser's Magazine ainsi que d'autres publications[1].

Ce fut aussi au milieu des années 1870 qu'il commença à publier ses premiers livres, chez Tinsley Brothers (en), qui avait déjà édité Thomas Hardy[N 3]. Parurent alors The Scarlet Shawl (1874), Restless Human Hearts (1875) et World's End (1877) qui furent des échecs critiques et commerciaux[1].

Succès littéraires

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Le déménagement de la famille Jefferies pour Tolworth en 1877 semble avoir été motivé par une volonté de se rapprocher des éditeurs londoniens. Surtout, ce départ de la « campagne » vers la capitale amena une grande nostalgie chez Richard Jefferies qui s'exprima par la publication (au départ anonyme) dans le Fraser's Magazine de chroniques de la vie rurale, intitulées « The Gamekeeper at Home » centrées sur la personnalité d'un garde-chasse inspirée de Haylock qui travaillait sur les terres de la propriété de Burderop, à Coate. Ces chroniques eurent un tel succès qu'elles furent rassemblées dans un recueil, publié par Smith, Elder & Co., sous le titre The Gamekeeper at Home. Sketches of natural history and rural life. À son tour, cet ouvrage rencontra un immense succès et connut de nombreuses rééditions. Les critiques voyaient dans Richard Jefferies un « nouveau Gilbert White », auteur naturaliste de la seconde moitié du XVIIIe siècle dont la Natural History fut un best-seller. Richard Jefferies capitalisa alors sur le succès de The Gamekeeper at Home et multiplia les ouvrages de descriptions de la campagne du Wiltshire, inspirés de ses nombreuses promenades de jeunesse à travers champs : Wild Life in a Southern County (1879), The Amateur Poacher (1879), Hodge and his Masters (1880) ou Round about a Great Estate (1880). En 1883, Nature Near London est dans la même veine d'exploration rurale, mais cette fois-ci autour de Londres et non plus de Swindon. À chaque fois, ce fut un succès critique et commercial[1].

Richard Jefferies revint alors vers la fiction, principalement, ayant deux enfants, vers la littérature jeunesse. Deux de ces romans, Wood Magic (1880) dédié à son fils et Bevis: the Story of a Boy (1882), sont aujourd'hui considérés comme des classiques. Le récit de Bevis est cependant toujours ancré dans les souvenirs de jeunesse de l'auteur autour de Coate[1].

Maladie et fin de vie

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À partir de décembre 1881 et dans les premiers mois de 1882, Richard Jefferies fut opéré à quatre reprises d'une fistule anale. La famille déménagea alors pour Brighton pour sa convalescence. Là, après être passé près de la mort, il rédigea The Story of my Heart (1883), une autobiographie spirituelle et mystique dans laquelle il décrit les moments d'extase qu'il avaient connus aussi bien dans le Wiltshire, dans la campagne autour de Londres ou au bord de la mer. Il poursuivit aussi l'écriture de ses ouvrages naturalistes. En 1884, la famille s'installa à Eltham (près de Greenwich[1].

En 1885, parut After London; Or, Wild England, un roman post-apocalyptique dans une Grande-Bretagne retombée dans la barbarie[1].

Cette même année, durant l'été, Richard Jefferies vomit du sang. La famille se ruina à essayer de le soigner, à tel point qu'en novembre, le Royal Literary Fund lui versa une bourse de 100 Livres[N 4]. Il poursuivit son travail littéraire, avec de plus en plus de difficultés. De plus, la mort à vingt mois de son fils Richard Oliver Launcelot d'une méningite entama fortement son moral, à tel point qu'il ne put assister aux funérailles[1].

En mars 1887, Richard Jefferies vomit à nouveau du sang et ne fut même plus capable de dicter ses travaux. C'est à Goring-by-Sea, dans le Sussex où la famille avait fini par s'installer qu'il mourut le , de sa tuberculose. Il fut enterré six jours plus tard au cimetière de Worthing[1].

Voir aussi

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Ouvrages sur Richard Jefferies

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Ouvrages anciens

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  • Walter Besant, The Eulogy of Richard Jefferies (Londres, Chatto and Windus, 1888).
  • E. Thomas, Richard Jefferies: His Life and Work (London: Hutchinson, 1909).

Bibliographie

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  • Reginald Arkell, Richard Jefferies and His Countryside, Herbert Jenkins, 1946.
  • Malcolm Elwin (ed.), The Essential Richard Jefferies (Londres, Jonathan Cape, 1948).
  • W. J. Keith, Richard Jefferies, A Critical Study (University of Toronto Press, 1965).
  • (en) Jason James Kelly, « Soul-Life: Richard Jefferies’ Mystical Vision of Nature. », Religions, vol. 15, no 8, , p. 910-1007 (lire en ligne, consulté le ).
  • Q. D. Leavis, Lives and works of Richard Jefferies, Scrutiny 6 (1938) 435–46, republic dans Collected Essays Vol. 3 (Cambridge: Cambridge University Press, 1989), 254–64. (ISBN 0-521-26703-X)
  • S. J. Looker and C. Porteous, Richard Jefferies, Man of the Fields (Londres John Baker, 1965).
  • H. Matthews and P. Treitel, The Forward Life of Richard Jefferies (Oxford, Petton Books, 1994). (ISBN 978-0-9522813-0-6)
  • H. Matthews and P. Treitel, Richard Jefferies: An Index (Longcot, Petton Books, 2008). (ISBN 978-0-9522813-2-0)
  • H. Matthews and R. Welshman, "Richard Jefferies: An Anthology" (Longcot, Petton Books, 2010). (ISBN 978-0-9563751-2-4)
  • G. Miller and H. Matthews, Richard Jefferies, A bibliographical study (Aldershot, Scolar Press, 1993). (ISBN 0-85967-918-7)
  • B. Morris, Richard Jefferies and the Ecological Vision (Oxford,Trafford Publishing, 2006). (ISBN 1-4120-9828-9)
  • Mike Pringle, Wild Life, A Unique Vision of Our World, (Swindon: Richard Jefferies Museum Trust, 2021). (ISBN 978-1-8381300-0-8)
  • (en) Andrew Rossabi, « Jefferies, (John) Richard (1848–1887) », Oxford Dictionary of National Biography, (lire en ligne, consulté le ).
  • A. Rossabi, A Peculiarly English Genius, or a Wiltshire Taoist: A Biography of Richard Jefferies, The Early Years, 1848–1867 (Foulsham, Norfolk UK: Petton Books, 2017). (ISBN 978-0-9563751-8-6)
  • A. Rossabi, A Peculiarly English Genius, or a Wiltshire Taoist: A Biography of Richard Jefferies, The Years of Struggle, 1867–1876 (Foulsham, Norfolk UK: Petton Books, 2020). (ISBN 978-0-9563751-9-3)
  • A. Rossabi, Richard Jefferies: a Miscellany (Cambridge: Galileo Books, 2019). (ISBN 978-1-912916-05-4)
  • A. Smith, The Interpreter: a biography of Richard Jefferies (Swindon: Blue Gate Books, 2008). (ISBN 978-0-9555874-3-6).
  • B. Taylor, Richard Jefferies (Boston: Twayne Publishers, 1982) (ISBN 0-8057-6816-5)
  • K. Tryon, Adventures in the Vale of the White Horse: Jefferies Land (Longcot: Petton Books, 2010). (ISBN 978-0-9563751-1-7)

Ouvrages de Richard Jefferies

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Publiés de son vivant

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  • The Scarlet Shawl (Londres, Tinsley Brothers, 1874)
  • Restless Human Hearts (Londres, Tinsley Brothers, 1875)
  • World's End (Londres, Tinsley Brothers, 1877)
  • The Gamekeeper at Home. Sketches of natural history and rural life (Londres, Smith, Elder & Co., 1878) (republié chez Cambridge University Press, 2009, (ISBN 978-1-108-00410-7))
  • Wild Life in a Southern County (Londres, Smith, Elder & Co., 1879)
  • The Amateur Poacher (Londres, Smith, Elder & Co., 1879) (republié chez Cambridge University Press, 2009, (ISBN 978-1-108-00409-1))
  • Greene Ferne Farm (Londres, Smith, Elder & Co., 1880)
  • Hodge and His Masters (Londres, Smith, Elder & Co., 1880)
  • Round About a Great Estate (Londres, Smith, Elder & Co., 1880)
  • Wood Magic (Londres, Cassell, Petter, Galpin & Co., 1881)
  • Bevis: the Story of a Boy (Londres, Sampson Low, Marston, Searle, & Rivington, 1882)
  • Nature Near London (Londres, Chatto & Windus, 1883)
  • The Story of My Heart: An Autobiography (Londres, Longmans, Green, & Co.] 1883)
  • Red Deer (Londres, Longmans, Green, & Co., 1884)
  • The Life of the Fields (Londres, Chatto & Windus, 1884)
  • The Dewy Morn (Londres, Richard Bentley and Son, 1884)
  • After London; Or, Wild England (Londres, Cassell & Company, Ltd., 1885)
  • The Open Air (Londres, Chatto & Windus, 1885)
  • Amaryllis at the Fair (Londres, Sampson Low, Marston, Searle, & Rivington, 1887)

Publiés de façon posthume

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  • Field and Hedgerow; Being the Last Essays of Richard Jefferies (Londres, Longmans, Green, & Co., 1889)
  • The Toilers in the Field (Londres, Longmans, Green, & Co., 1892)
  • The Early Fiction of Richard Jefferies, ed. G. Toplis (Londres, Simpkin, Marshall, Hamilton, Kent & Co Ltd., 1896)
  • Jefferies' Land: A History of Swindon and its Environs, ed. G. Toplis (Londres, Simpkin, Marshall, Hamilton, Kent & Co Ltd., 1896)
  • The Hills and the Vale, collected and introduced by E. Thomas (Londres, Duckworth & Co, 1909)
  • Eye of the Beholder: an illustrated anthology (Southampton, Ashford Press Pub., 1987)
  • The Rise of Maximin: Emperor of the Orient, publié en feuilleton dans The New Monthly Magazine (1876–7), (Oxfordshire, Petton Books, 2012). (ISBN 978-0-9563751-3-1).
  • The Farmer's World: Richard Jefferies' Agricultural Journalism in the late 1870s. Un recueil de ses articles publiés dans le Livestock Journal. Republié chez Petton Books, 2016, (ISBN 978-0-9563751-6-2)
  • Ben Tubbs Adventures (Norfolk, Petton Books, 2016). Ses premières œuvres de fiction.

Notes et références

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Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Le site universitaire Measuringworth propose des calculs d'équivalence de sommes. Ainsi, 1 500 £ de 1868 pourraient correspondre à 190 000 £ de 2025 (autour de 228 000 ) si on tient compte de l'évolution des prix ; 1 300 000 £ (autour de 1 500 000 ) en tenant compte de l'évolution des salaires.
  2. Même si cette identification ne fut publiée qu'à titre posthume en 1897. ((en) A. Thom, A. S. Thom et A. Burl, Megalithic Rings : Plans and Data for 229 Monuments in Britain, Oxford, British Archaeological Reports, coll. « BAR British Series 81 », (ISBN 978-0-86054-094-6), p. 135.)
  3. Mais aussi Mary Elizabeth Braddon, Sheridan Le Fanu ou Wilkie Collins
  4. Le site universitaire Measuringworth propose des calculs d'équivalence de sommes. Ainsi, 100 £ de 1885 pourraient correspondre à 15 000 £ de 2025 (autour de 18 000 ) si on tient compte de l'évolution des prix ; 114 500 £ (autour de 137 000 ) en tenant compte de l'évolution des salaires.

Références

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