Rituel romain
Le Rituel romain (en latin : Rituale Romanum), également connu sous le nom de Rituel, est l'un des livres liturgiques officiels du rite romain de l'Église latine de l'Église catholique. Il regroupe tous les services qu'un prêtre ou un diacre peut effectuer ; et n'étant pas contenus dans le Missel romain, le Pontifical romain, ou le Cérémonial des évêques, mais par souci de commodité, comprend certains rituels qu'un de ces livres contient[1].
| Rituel romain | |
Titre XI du Rituel romain de 1925 contenant les rites de l'exorcisme | |
| Auteur | Paul V |
|---|---|
| Pays | |
| Genre | Essai |
| Version originale | |
| Langue | Latin |
| Titre | Rituale Romanum |
| Lieu de parution | Rome |
| Date de parution | 1614 |
| Version française | |
| Lieu de parution | Bordeaux |
| Date de parution | 1628 |
| modifier |
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La première édition typique est publiée par le pape Paul V en 1614 (une édition française fut imprimée en 1628 à Bordeaux par Guillaume Millanges). Il a été révisé en 1925 et 1959.
Depuis 1969, le Rituel romain a été divisé en différents volumes par sujet, pour l'utilisation standard dans l'Église latine, pourtant, des prêtres et des communautés célébrant des rituels antérieurs au concile Vatican II continuent d'utiliser l'édition de 1952.
Voici la liste des différents volumes :
- Ordo baptismi parvulorum (1969-1976)[2],
- Ordo celebrandi matrimonium (1969-1991)[3],
- Ordo exsequiarum (1969)[4],
- Ordo professionis religiosæ (1970)[5],
- Ordo unctionis infirmorum eorumque pastoralis curæ (1972)[6],
- Ordo initiationis christianæ adultorum (1972)[7],
- De sacra communione et de cultu mysterii eucharistici extra missam (1973)[8],
- Ordo pænitentiæ (1974)[9],
- Ordo coronandi imaginem Beatæ Mariæ Virginis (1981)[10],
- De benedictionibus (1984)[11],
- De exorcismis et supplicationibus quibusdam (1998)[12].
Histoire
modifierLorsque les premiers manuels rituels sont rédigés, le Sacramentaire en Occident ainsi que l'Eucologe en Orient, ils contiennent toutes les parties destinées aux évêques et aux prêtres pour tous les rituels, non seulement pour la Messe ainsi que la Divine Liturgie, respectivement, mais pour tous les autres sacrements, les bénédictions, les autres rituels, ainsi que tous les sacramentaux[13].
D'un livre à plusieurs
modifierLes contenus du Rituel romain ainsi que du Pontifical romain se trouvent dans les Sacramentaires. Dans les Églises orientales, cet état de choses perdure encore en grande partie. En Occident, un nouveau développement conduit à la distinction des livres, non d'après les personnes qui les utilisent, mais selon les rituels pour lesquels ils sont utilisés. Le Missel, contenant la Messe entière, connaît le succès grâce au Sacramentaire. Certains missels anciens contiennent d'autres rituels destinés à faciliter la tâche des célébrants, mais dans l'ensemble, cette disposition ultérieure implique le besoin d'autres livres afin d'approvisionner les rituels non eucharistiques du Sacramentaire. Ces livres, lorsqu'ils paraissent, précèdent le Pontifical romain ainsi que le Rituel romain. Les fonctions de l'évêque, dont l'ordination et la confirmation, remplissent le Pontifical romain. Les fonctions du prêtre, y compris le baptême, la pénitence, le mariage, ainsi que l'extrême onction, sont contenues dans divers petits manuels que le Rituel romain remplace finalement[1].
Codification
modifierLe Pontifical romain émerge en premier. Le livre, sous ce nom, également connu sous le nom de Pontifical d'Egbert, paraît déjà au VIIIe siècle. À partir du IXe siècle, il existe une multitude de pontificaux. En ce qui concerne les fonctions des prêtres, il n'existe aucun livre uniforme jusqu'en 1614. Certaines de ces fonctions sont contenues dans les pontificaux ; souvent, les principaux sont ajoutés aux missels ainsi qu'aux livres d'heures. Alors des livres spéciaux sont arrangés, mais il n'existe aucune uniformité ni dans l'arrangement ni dans le nom. Au Moyen Âge, un grand nombre de manuels pour les prêtres ayant le le souci des âmes sont rédigés. Chaque rite local ainsi que quasiment chaque diocèse les possèdent ; en effet, beaucoup sont des compilations pour la commodité d'un prêtre ou une église spécifique. De tels livres portent de nombreux titres : Manuale, Liber Agendarum, Agenda, Sacramentale, ou Rituale. Les spécimens de tels prédécesseurs médiévaux du Rituel sont le Manuale Curatorum de Roskilde au Danemark (imprimé pour la première fois en 1513 ; dirigé par Joseph Freisen à Paderborn en 1898), ainsi que le Liber Agendarum de Schleswig (imprimé en 1416 à Paderborn en 1898). Le livre de Roskilde contient les rituels pour la bénédiction du sel et de l'eau, le Baptême, le Mariage, la bénédiction d'une maison, la visitation des malades avec Viatique ainsi que l'Extrême Onction, les prières pour les défunts, les funérailles, les prières pour les pèlerins, la bénédiction du feu du Samedi saint, ainsi que d'autres bénédictions. Le livre de Schleswig contient une grande partie des rituels de la Semaine sainte, ainsi que ceux pour la Toussaint, la Chandeleur, ainsi que le Mercredi des cendres. Dans les deux cas, de nombreux rituels diffèrent des protocoles romains[1].
XVIe siècle
modifierAu XVIe siècle, tandis que les autres livres liturgiques sont révisés et publiés en tant que normes uniformes, il existe naturellement un désir de substituer un livre officiel pour les collections variées. Or, l'affaire ne reçoit aucune attention du Saint-Siège pendant un certain temps. En premier lieu, les divers ouvrages paraissent à Rome avec l'idée de garantir l'uniformité, mais sans sanction officielle. En 1537, Albert Castellani publie un Sacerdotale de ce genre ; en 1579, à Venise, une autre version voit le jour, préparée par Francesco Samarino, chanoine de l'archibasilique du Latran, et est rééditée en 1583 par Angelo Rocca. En 1586, Giulio Antonio Santorio, cardinal de Santa Severina, imprime un manuel de rituels pour l'utilisation des prêtres, qui, d'après le pape Paul V : « il l'avait composé après une longue étude et au prix de beaucoup d'application et de labeur » (Apostolicae Sedis). Ce livre est le fondement de l'actuel Rituel. Le 17 juin 1614, Paul V autorise la première édition de l'officiel Rituale Romanum par la Constitution Apostolicae Sedis. Dans celle-ci, il signale que Clément VIII avait déjà publié un texte uniforme du Pontificale Romanum ainsi que du Caeremoniale Episcoporum. « Il demeura », poursuit le pape, « que les rites authentiques et sacrés de l'Église, soient observés dans l'administration des sacrements et d'autres fonctions ecclésiastiques par ceux ayant le souci des âmes, devraient également êtres inclus dans un livre et publiés par l'autorité du Siège apostolique ; afin qu'ils exercent leurs fonctions selon une norme publique et établie, au lieu de suivre une si grande multitude de Rituels »[1].
Uniformité post-tridentine
modifierOr, contrairement aux autres ouvrages du Rite romain, le Rituel n'a jamais été imposé comme la seule norme. Le pape Paul V n'abroge pas toutes les autres collections du même genre ni commander uniquement l'utilisation de son livre. Il déclare : « C'est pourquoi nous exhortons dans le Seigneur » qu'il devrait être employé. Il en résulte que les anciens rituels locaux ne sont jamais totalement abolis. Après l'apparition de l'édition romaine, ces autres s'y sont progressivement conformés. Ils continuent d'être utilisés, mais voient la plupart de leurs prières et cérémonies modifiées afin qu'elles soient conformes à l'édition romaine. Cela s'applique tout particulièrement aux rites du Baptême, de la sainte Communion, le protocole d'absolution, ainsi que l'Extrême Onction. Les cérémonies figurent également dans le Missel (bénédiction de l'eau bénite, les processions de la Chandeleur et du Dimanche des Rameaux, etc.), ainsi que les prières dans le Bréviaire (c'est-à-dire l'Office des morts) sont nécessairement identiques à celles du Rituel de Paul V ; elles ont l'autorité absolue du Missel ainsi que du Bréviaire. D'autre part, de nombreuses nations préservent les coutumes locales en ce qui concerne la célébration du sacrement du Mariage, la visitation des malades, des bénédictions spéciales, des processions, ainsi que des sacramentaux que l'on ne retrouvent pas dans l'édition romaine et toujours imprimées dans divers rituels diocésains. Il n'est donc pas absolument pas vrai que chaque prêtre du rite romain utilise le Rituel. Plusieurs diocèses ou provinces détiennent toujours leurs manuels locaux sous le nom de Rituale, Ordo Administrandi Sacramenta, etc., bien que tous ceux-ci soient conformes aux textes romains dans leurs éléments principaux. La plupart contiennent pratiquement tous les rites de l'édition romaine, ainsi que des ajouts ou des suppléments locaux[1].
Du XVIIIe siècle au XXe siècle
modifierEn 1752, le pape Benoît XIV révise le Rituale Romanum, ainsi que le Pontificale Romanum et le Cærimoniale Episcoporum. Ses nouvelles éditions de ces trois livres sont publiés par le bref Quam ardenti du 25 mars 1752, citant la constitution de Paul V en détail et est imprimé, pour ce qui est de cet ouvrage, au début du Rituel. Il ajoute aux textes de Paul V deux protocoles afin de donner la bénédiction papale (en) (V, 6 and VIII, 31). En attendant, un grand nombre de bénédictions additionnelles sont ajoutées dans un appendice. Cet appendice atteint une longueur presque aussi importante que le reste du livre originel. Sous le titre Benedictionale Romanum, il est souvent publié séparément. Le pape Léon XIII approuve une édition type publiée par Pustet à Ratisbonne en 1884[1]. En 1925, le Saint-Siège, sous l'autorité du pape Pie XI, publie une autre édition type du Rituel, qui, comme l'explique le décret de la Congrégation des rites du 10 juin 1925, est adapté aux normes et directives du Code de droit canonique de 1917, ainsi que des rubriques révisées du Missel et du Bréviaire.
La toute dernière édition type du Rituel paraît en 1952[14].
De 1969 à aujourd'hui
modifierAvec l'avènement du concile Vatican II, le Rituel est divisé en différents fascicules et révisé, dont chaque fascicule est publié en un seul volume à partir de 1969. Ils sont précédés d'introductions théologiques et leur traduction en langues vernaculaires est supervisée par les Conférences épiscopales.
La deuxième section du Rituel, le Benedictionale, est également considérablement révisé et publié en 1987 sous le titre De Benedictionibus.
Le , le cardinal Medina Estévez, alors préfet de la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements présente la publication du dernier chapitre du Rituel romain révisé, concernant les exorcismes, achevant ainsi les mises à jour des livres liturgiques à la suite du concile Vatican II. Pour autant, la préface de cette édition laisse la liberté d'employer les éditions plus anciennes. En effet, le rite concernant les exorcismes subit une série de révisions et est finalement promulgué en 1999 sous le nom De Exorcismis et Supplicationibus Quibusdam (Des exorcismes et de certaines supplications).
Autres rituels
modifierLe rite ambrosien possède son propre rituel (Rituale Ambrosianum, publié par Giacomo Agnelli à la Presse archiépiscopale de Milan)[1].
Dans le rite byzantin, les contenus du rituel figurent dans l'Eucologe[1].
Les Arméniens ont un livre de rituels (Mashdotz) semblable au Rituel romain[1].
D'autres Églises n'étant pas en communion avec le Saint-Siège n'ont pas encore agencé les différentes parties de ce livre dans une collection.
Approximativement toutes les Églises catholiques orientales, cependant, disposent désormais de livres rituels calqués sur le modèle romain[1].
Articles connexes
modifierLien externe (exemplaire)
modifier- Rituel romain, pour l'usage du diocèse de Toulon, J. L. Mallard, Imprimeur du Roy & de Mgr. L'Évêque, M.DCC. L. (1750) [lire en ligne]
- schola sainte Cécile : Rituel romain du pape Paul V
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) « Ritual » [« Rituel »]
, sur New Advent - ↑ Catholic Church, Ordo Baptismi parvulorum, editio typica altera (1976), (lire en ligne)
- ↑ Catholic Church, Ordo celebrandi Matrimonium, editio typica altera (1991), (lire en ligne)
- ↑ OpenLibrary.org, « Ordo exsequiarum by Catholic Church | Open Library », sur Open Library (consulté le )
- ↑ Catholic Church, Ordo Professionis Religiosae (1970), (lire en ligne)
- ↑ Catholic Church, Ordo unctionis infirmorum eorumque pastoralis curae., Typis Polyglottis Vaticanis, (lire en ligne)
- ↑ Catholic Church, Ordo initiationis christianae adultorum (1972), (lire en ligne)
- ↑ Catholic Church, De sacra communione et de cultu mysterii eucharistici extra missam (1973), (lire en ligne)
- ↑ Catholic Church, Ordo paenitentiae (1974), (lire en ligne)
- ↑ Catholic Church, Ordo coronandi imaginem Beatae Mariae Virginis, editio typica, (lire en ligne)
- ↑ Catholic Church, De Benedictionibus, editio typica (1984), (lire en ligne)
- ↑ « BnF Catalogue général », sur catalogue.bnf.fr (consulté le )
- ↑ (en) Adrian Fortescue, « Ritual », dans Catholic Encyclopedia,
- ↑ « Le Saint-Siège répond aux questions des évêques sur la célébration de la messe en latin »
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