Ritus Graecus

rite sacrificiel romain
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Dans la Rome antique, la coutume du ritus Graecus consistait à sacrifier aperto capite, la tête nue, alors que la pratique religieuse romaine imposait la tête couverte : les Romains sacrifiaient uelato capite. De plus, dans le rite grec, le célébrant porte une couronne de lauriers.

Les sacrifices ainsi célébrés ritu Graeco se différencient des autres sacrifices, accomplis ritu Romano.

L'expression latine ritus Graecus est attestée au IIe siècle av. J.-C. : sa plus ancienne occurrence connue se trouve dans un fragment des Discours de Caton l'Ancien[1] conservé par Priscien de Césarée.

Dans l'expression latine ritus Graecus, la qualification Graecus de ritus n'est pas ethnonymique[2]. En effet, ritus Graecus désigne une manière romaine, bien que particulière, de sacrifier, sans que le rituel soit d'origine grecque, ni n'imite les pratiques sacrificielles grecques[2].

Un sacrifice ritu Graeco est et reste un sacrifice romain. En particulier, qu'un sacrifice soit ritu Graeco ou ritu Romano, sa préface (preafatio) s'ouvre par une libation (libatio) de vin (vinum) et d'encens (tus)[3].

Valérie Huet a montré que, dans certains sacrifices ritu Romano, le sacrifiant a la tête découverte ; et que c'est particulièrement le cas dans l'armée romaine, à l'exception des suovétauriles (suovetaurilia)[4].

Dans un sacrifice ritu Romano, l'immolation (immolatio) de la victime se compose de trois gestes : le sacrifiant saupoudre de farine salée (mola salsa) la tête de la victime ainsi que le couteau sacrificiel et l'autel ; il verse du vin sur le front de la victime ; juste avant ou juste après avoir versé le vin, il passe le couteau sacrificiel sur le dos de la victime, de sa tête jusqu'à sa queue[5],[6]. Au contraire, dans un sacrifice ritu Graeco, des grains d'orge sont jetés sur la victime et celle-ci est aspergée d'eau[7].

Dans un sacrifice ritu Romano, la fressure (exta) — le foie, les poumons, la vésicule biliaire, le cœur et le péritoine — est réservée aux dieux ; les humains mangent le reste de l'animal[5]. Au contraire, dans un sacrifice ritu Graeco, nulle partie de l'animal n'est réservée aux dieux ; et il est vraisemblable que la même viande est partagée entre les dieux et les humains[5].

L'association d'un joueur de lyre (fiducien) à un trompette (tibucien) est un autre marqueur d'un sacrifice ritu Graeco[8]. Leur association figure sur le revers de monnaies commémorant les jeux Séculaires (ludi Saeculares) et émises en par Domitien et en par Septime Sévère[9].

Une même fête peut comporter des sacrifices ritu Romano et d'autres ritu Graeco : c'est le cas des jeux Séculaires précités[5].

Pour les auteurs de l'époque augustéenne, les sacrifices ritu Graeco remonteraient à une époque antérieure à la fondation de Rome[4] de sorte qu'ils auraient déjà existé à l'époque de Romulus[5]. Ainsi, chez Tite-Live, alors que Romulus offre des sacrifices à tous les dieux selon le rite albain, il honore Hercule du sacrifice ritu Greaco établi par Évandre[10]. Mais le premier sacrifice ritu Graeco certain est celui accompli en lors des jeux Apollinaires (ludi Apollinares)[5].

Notes et références

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  1. ↑ Huet 2012, p. 47, col. 2.
  2. 1 2 Dupont 2005, no 9.
  3. ↑ Huet et Prescendi 2004, II, E, 2), p. 204.
  4. 1 2 Prescendi 2004, II, A, 2, b), p. 193, col. 2.
  5. 1 2 3 4 5 6 Prescendi 2004, II, A, 2, b), p. 194, col. 1.
  6. ↑ Prescendi 2004, II, E, 4), p. 218, col. 1.
  7. ↑ Prescendi 2004, II, A, 2, b), p. 193, col. 2, et p. 194, col. 1.
  8. ↑ Vendries et Péché 2005, II, B, 3), introd., p. 407, col. 1.
  9. ↑ Vendries et Péché 2005, II, B, 3, b), p. 407, col. 2.
  10. ↑ Estienne 2005, no 12.

Bibliographie

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