Roberto Platé

peintre argentin
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Roberto Plate (né à Buenos Aires le 9 septembre 1940) est un peintre et scénographe argentin.

Roberto Plate
L'artiste Roberto Plate lors de son exposition antologique au Musée national des Beaux-Arts de Buenos Aires, en janvier 2016.
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Biographie

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À l'âge de 19 ans, Roberto Plate quitte l'Argentine grâce à une bourse pour aller étudier les beaux-arts à l'Académie de Munich (1963-1966)[1]. À son retour à Buenos Aires, il participe à plusieurs expositions et intègre le collectif théâtral Teatro de la Tribu au sein de l'Instituto Di Tella[2]. En 1968, il installe son œuvre Los Baños au sein de l’Institut avant de s'exiler à Paris en octobre de la même année. Fuyant un climat politique de plus en plus pesant en Argentine, il s'installe définitivement dans la capitale française en 1974[1].

Experience 1968 “Los baños

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En mai 1968, l'artiste participe au prix Ver y Estimar avec son installation Les Ascenseurs (1967), une fausse façade d'ascenseurs face à laquelle une partie du public attend l'ouverture des portes. Roberto Plate déclare avoir perçu cette réaction comme une validation de sa démarche[3]. Il est alors invité à participer à l'exposition collective Experiencias 68 à l'Institut Di Tella à Buenos Aires[4]. Il y présente une installation sans titre, rapidement popularisée sous le nom de Los baños (Les toilettes). Construite en bois et en carton pressé, l'œuvre simule des toilettes publiques mais entièrement vides de tout appareil sanitaire. L'installation vise à modifier l'usage habituel de ce lieu intime: en s'y enfermant à l'abri des regards et du jugement, l'utilisateur est invité à remplacer les actes ordinaires de décharge physique par des actes de décharge purement émotionnelle[5],[6].

L’œuvre s’inscrit cependant dans un climat social et politique hautement répressif, l'Argentine étant alors gouvernée par la dictature militaire du général Juan Carlos Onganía[7]. Le public commence à interagir avec l'installation. En quelques jours, les parois blanches des cabines se couvrent de graffitis mêlant inscriptions obscènes, dessins érotiques et revendications politiques. Bien que la direction de l'Institut fasse effacer les graffitis quotidiennement, le public continue à y inscrire des messages[2]. La critique de l'époque se divise: si certains journaux (comme La Prensa) s'offusquent de la vulgarité des inscriptions, d'autres, comme la revue Primera Plana, estiment que l'œuvre remplit sa fonction en fusionnant totalement avec la réalité et en redonnant une fonction libératrice à l'espace public[3].

La présence d'insultes directes contre le régime et de mentions satiriques faisant allusion au président de facto (surnommé «Le Morse») déclenche finalement une intervention des autorités. Le 22 mai 1968, sur ordre de la justice, la police met officiellement l'œuvre sous scellés pour infraction aux articles 128 et 244 du Code pénal (exhibition d'objets obscènes et outrage à un fonctionnaire public)[2]. Un agent de police est alors posté jour et nuit devant la porte condamnée. Selon certains critiques, la présence du policier intègre l'appareil répressif de l'État comme une composante performative[8],[9].

En signe de protestation, les artistes décident de retirer prématurément l'exposition: ils sortent leurs créations au milieu de la rue piétonne Florida, les détruisent publiquement et en abandonnent les débris sur le trottoir[10],[3]. Le 26 juin 1968, Roberto Plate distribue une proclamation pour dénoncer la censure policière, l'impérialisme culturel et apporter son soutien aux mouvements révolutionnaires de Mai 68 en France[2]. Face aux arrestations et au harcèlement policier qui frappe la jeunesse contestataire du quartier, Roberto Plate choisit de s'exiler à Paris en octobre 1968 en compagnie des autres membres du collectif théâtral TSE (dont Alfredo Rodríguez Arias et Juan Stoppani)[6].

Notes et références

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  1. 1 2 (es) Inventario de suenos, Paris, Cité Universitaire de Paris, , p. 71
  2. 1 2 3 4 (es) Jorge López Anaya, Historia del arte argentino, Argentine, Emecé Editores, , 416 p. (ISBN 950-04-1800-2, lire en ligne), p. 304 - 312 - 313
  3. 1 2 3 (es) Instituto Di Tella, Carpeta de Prensa, PROA Fundación,
  4. (es) Oscar Terán et Patricia Rizzo - Oscar Terán - Lucas Fragasso, Instituto Di Tella Experiencias 68, Proa Fundación, , 119 p. (ISBN 987-96091-1-5, lire en ligne)
  5. (es) John King, El Di Tella, Buenos Aires, Asunto Impreso, , 478 p. (ISBN 950-533-015-4, lire en ligne), p. 209 - 219
  6. 1 2 (es) Hoy Roberto Plate, Mecenazgo, (ISBN 978-987-88-0661-7)
  7. (es) Alberto Giudici, Catálogo de la muestra Arte y Política en los 60, Buenos Aires,
  8. (es) Fernando García, El Di Tella. Historia íntima de un fenómeno cultural, Paidós Argentina, (ISBN 9789501203394)
  9. (en) Art Democracy,
  10. (es) Ana Longoni et Mariano Mestman, Del Di Tella a Tucumán Arde, El Cielo por Asalto, (ISBN 987-9035-17-8, lire en ligne)

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