Rogerius (glossateur)
Rogerius est un glossateur de l'école bolonaise de glossateurs du XIIe siècle, probablement né à Plaisance, professeur à Bologne et probablement à Montpellier ou Arles, Plaisance et Modène, mort vers 1163/1165.
Biographie
modifierMalgré de la réputation de Rogerius et l'importance de ses écrits, peu d'éléments de sa vie sont connus. Certains documents le citent sous le nom de « Frogerius ». Son lieu de naissance est discuté. Certains auteurs l'ont fait naître à Bénévent à partir de passages écrits par Roffredus mais il s'agit d'une erreur car Roffredus citait son maître Carolus de Tocco[1], mais Plaisance semble la plus probable, cependant André Gouron a proposé des origines provençales. Pour Savigny, il est probablement mort jeune. Pierre de Tourtoulon a écrit qu'il était mort vers 1170, les archives digitales de la culture médiévale placent sa mort en 1163/1165[2]. Quand Placentin écrit sa propre Summa Codicis, il écrit que Rogerius est déjà mort.
Il a étudié à Bologne auprès de Bulgarus d'après Azon et Martinus. Il enseigna à Bologne dans les années 1140 et probablement aussi à Montpellier ou Arles, Plaisance et Modène. André Gouron a établi que Rogerius a été un juriste plaidant en Provence dans les années 1150, dans le milieu entourant Raimon de Montredon, archevêque d'Arles. Il fut probablement le premier glossateur à enseigner à Montpellier, avant Placentin. Son style d'écriture, marqué par la rhétorique, un style élégant et raffiné sous la forme dialoguée, le distingue de celui des « Quatre Docteurs ». Au début des années 1160, il exerça les fonctions de conseiller juridique et d'avocat de Hugues II des Baux en Provence. En , Rogerius plaidait à Turin devant l'empereur Frédéric Barberousse pour Hugues II des Baux dans une plainte contre le comte de Barcelone[3].
Rogerius a commencé à écrire la première Summa Codicis complète et séquentielle. Bien qu'inachevée, elle exerça une grande influence sur Placentin (qui fut probablement son élève) et sur Azon, et Accursius cita pas moins de 920 gloses de cet ouvrage. Elle suivait l'ordre des livres et des titres, sans toutefois traiter chaque loi séparément. Son prologue influença la forme des Quaestiones legitimae. La Summa s'inspirait de la Summa Trecensis, ou peut-être cette dernière constituait-elle une première ébauche de Rogerius lui-même. Dans ce cas, Rogerius mérite d'être considéré comme un penseur influent et original parmi les premiers glossateurs. Plusieurs de ses autres œuvres, De praescriptionibus, Quaestiones super Institutis et Enodationes, furent assurément largement utilisées par les glossateurs postérieurs. Sa paternité d'un recueil de Dissensiones dominorum édité par Haenel[4] et d'une Distinctio « Infames sunt ex genere delicti » imprimée par Rhodius en 1530 est mise en doute.
Ses gloses portent le siglum « R » ou « Rog ».
Manuscrits
modifier- Summa Codicis, manuel de droit romain en quatre livre écrit vers 1160, première publication séquentielle mais laissée inachevée par sa mort, elle s'arrête au livre IV, titre 57. Elle a été reprise par Placentin qui en a cité 920 gloses, probablement été son élève, et qui a influencé par Azon, et Accursius. La Summa Codicis s'inspirait de la Summa Trecensis.
- Glossae ad Corpus iuris ciuilis
- Distinctiones
- Tractatus de prescriptionibus.
- Quaestiones super Institutis.
- Enodationes quaestionum super Codice.
Notes et références
modifier- ↑ Carolus de Tocco était un juriste médiéval né vers 1210/1215 à Tocco, près de Bénévent, ayant étudié le droit lombard.
- ↑ Pierre de Tourtoulon, Placentin, sa vie, ses œuvres: Étude sur l'enseignement du droit romain au Moyen Âge dans le Midi de la France, Paris, Chevalier-Marescq et Cie éditeurs, (lire en ligne), p. 109-110 note 1
- ↑ Kantorowicz, 1969, p. 124.
- ↑ (la) Rogerius et Gustav Friedrich Haenel, « De Dissensiones dominorum », dans Dissensiones dominorum sive Controversiae veterum iuris Romani interpretum qui glossatores vocantur, Leipzig, I. C. Hinrichsil, (lire en ligne), p. 73-122.
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Friedrich Carl von Savigny (trad. Charles Guenoux), « XXIX-Rogerius et ses contemporains », dans Histoire du droit romain au Moyen Âge, t. IV, Paris, Charles Hingray éditeur, (lire en ligne), p. 48-52 ;
- (de) Hermann Fitting, « III-Das Verhältniss des Summa zu derjenigen des Rogerius », dans Summa Codicis des Irnerius mit einer einleitung, Berlin, J. Guttentag, verlagbuchhandlung, (lire en ligne), p. XIV-XXX
- Hermann Kantorowicz, Studies in the glossators of the Roman law. Newly discovered writings of the 12th century, (lire en ligne), p. 2, 122-144, 168-182, 187, 191, 192, 197, 199-204, 211, 213, 271-281
- Carlo-Guido Mor, « À l'origine de l'école de Montpellier : Rogerius ou Placentin ? », dans Album J. Balon, Namur, Anciens établissements Godenne, , p. 145-155
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier
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- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- (en) « Rogerius », sur Bio-Bibliographical Guide to Medieval and Early Modern Jurists (consulté le )

- (en) Rogerius, « Summa codicis », sur Bayerische Akademie der Wissenschaften (consulté le )