Rolland Doukhan
Rolland Doukhan, né en à Constantine et mort le , est un poète et romancier. Issu de la communauté juive de Constantine, il grandit dans le quartier du Charaâ et s'engage très jeune dans le mouvement anticolonial. Il participe notamment à la vie du journal Alger républicain, où il côtoie plusieurs écrivains algériens, parmi lesquels Kateb Yacine, Mohamed Dib et Malek Haddad[1].
| Naissance | |
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Prix Culture et Bibliothèques pour tous ; prix du Rotary Club |
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Béréchit ; Juste un instant d’automne ; L’Arrêt du cœur |
Installé en France pendant la guerre d'Algérie, il poursuit une activité littéraire qui s'affirme particulièrement à partir des années 1990. Son œuvre, marquée par la mémoire de Constantine, les relations judéo-arabes et la question de l'altérité, comprend notamment les récits Béréchit, Juste un instant d’automne et L’Arrêt du cœur[2].
Biographie
modifierJeunesse et formation
modifierRolland Doukhan naît en 1928 à Constantine, en Algérie. Il grandit dans le quartier juif du Charaâ et effectue ses études au lycée d'Aumale, où il rencontre notamment Malek Haddad, avec lequel il noue une amitié durable. Après ses études secondaires, il se rend à Paris en 1947 pour entreprendre des études de droit, avant de s'orienter vers la chirurgie dentaire à partir de 1948[3].
Engagement anticolonial et débuts littéraires
modifierDès 1947, Rolland Doukhan participe à la vie intellectuelle et politique de Constantine. Il adhère au Parti communiste algérien à l'âge de 17 ans et prend part à l'activité de la presse communiste algérienne. Il figure parmi les collaborateurs juifs d'Alger républicain, aux côtés de Kateb Yacine, Henri Alleg et Malek Haddad[1].
Ses premiers poèmes paraissent dans la presse algérienne, notamment dans le journal Liberté. Il publie également des textes dans Les Lettres françaises, sous l'égide d'Elsa Triolet, et rejoint le Groupe des jeunes poètes[4].
Son engagement politique et ses relations avec les écrivains algériens se poursuivent après son installation en France pendant la guerre d'indépendance. Il rejoint alors le Parti communiste français et reste proche de plusieurs intellectuels algériens, en particulier Malek Haddad[2],[5].
Parcours littéraire
modifierAprès la publication de premiers poèmes, Rolland Doukhan publie le recueil Le Jeune Homme-Silence en 1963. Il se consacre plus largement à l'écriture de récits et de romans à partir des années 1990, avec plusieurs ouvrages publiés aux éditions Denoël[1].
Son premier roman, Béréchit, paraît chez Denoël en 1991. L'ouvrage s'inspire notamment de l'expérience personnelle de l'auteur et aborde les relations entre Juifs et Arabes ainsi que les liens entre les communautés juives et berbères[6].
En 1994, il publie Juste un instant d’automne, également chez Denoël. Le roman reçoit Prix Culture et Bibliothèques pour tous[7].
En 1998, il fait paraître L’Arrêt du cœur, récit qui met en scène plusieurs personnages confrontés à des situations de violence, d'exil et d'injustice. Le livre développe notamment une réflexion sur la tolérance et la place de l'autre[8] Cet ouvrage reçoit le prix du Rotary Club[3].
Thèmes et engagement intellectuel
modifierL'œuvre de Rolland Doukhan est marquée par la mémoire de Constantine et par les relations entre les communautés juive et musulmane. Ses récits donnent une place importante à des personnages issus de milieux différents et abordent les questions de l'exil, de l'identité, de la tolérance et de la fraternité[2].
Dans son étude consacrée aux écrivains juifs du Maghreb, la sociologue Ewa Tartakowsky souligne la singularité de son parcours : son engagement anticolonial, ses liens avec des écrivains musulmans et la présence de personnages arabo-musulmans dans ses œuvres[9].
Il est également membre du comité de rédaction de la revue Plurielles, à laquelle il confie des nouvelles et des textes inédits. Il occupe par ailleurs la fonction de secrétaire général de l'Association pour un judaïsme humaniste et laïque[1].
Dans un texte consacré à la pluriculturalité, publié dans Confluences Méditerranée, il développe sa réflexion sur les rapports entre les langues, les cultures et les identités dans les sociétés issues de l'histoire coloniale[10].
Œuvres
modifierPoésie
modifier- Le Jeune Homme-Silence, 1963.
Romans et récits
modifier- Béréchit, Paris, Denoël, 1991.
- Juste un instant d’automne, Paris, Denoël, 1994.
- L’Arrêt du cœur, Paris, Denoël, 1998.
Autres publications
modifier- « Atouts et pièges de la pluriculturalité », Confluences Méditerranée, no 28, hiver 1998-1999.
- Contributions et nouvelles publiées dans la revue Plurielles[1]
Distinctions
modifierNotes et références
modifier- 1 2 3 4 5 « Rolland Doukhan », sur Revue Plurielles (consulté le )
- 1 2 3 Anny Dayan Rosenman, « Notre ami Rolland Doukhan », sur Plurielles, (consulté le )
- 1 2 3 « Personnalités constantinoises : Rolland Doukhan », sur Association des juifs originaires de Constantine (AJOC) (consulté le )
- ↑ « Rolland Doukhan », sur Université de Bourgogne, fonds d'archives (consulté le )
- ↑ Pierre-Jean Le Foll-Luciani, « Faire front : le Parti communiste algérien à Constantine (1946-1962) », sur Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC) (consulté le )
- ↑ « Deux mille titres à thème juif parus en français entre 1989 et 1995 : répertoire de références bibliographiques et biographiques », sur Electre (consulté le )
- 1 2 « Juste un instant d'automne, Rolland Doukhan », sur La Petite Librairie des Jardins (consulté le )
- ↑ « L'Arrêt du cœur, Rolland Doukhan », sur Electre (consulté le )
- ↑ Ewa Tartakowsky, « « Être avec les Arabes. Point final » : Parcours et œuvre de Rolland Doukhan », Archives juives, vol. 53, no 1, , p. 127 (DOI 10.3917/aj1.531.0127)
- ↑ Rolland Doukhan, « Atouts et pièges de la pluriculturalité », sur Confluences Méditerranée, 1998-1999 (consulté le )
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Rolland Doukhan sur le site de la revue Plurielles.
- « La rue de France, c’est une rue d’Algérie » : Rolland Doukhan, un poète algérien, Pierre-Jean Le Foll-Luciani, Trajectoires dissidentes, 18 mars 2018.
- « Notre ami Rolland Doukhan », Anny Dayan Rosenman, Plurielles, 2022.