Rose Sainturier

astronome française

Rose Sainturier (née Bonnet), née le à Chassant (Eure-et-Loir) et morte le à Clamart (Hauts-de-Seine)[1], est une astronome française.

Rose Sainturier
Description de l'image Mlle (Rose) Bonnet - btv1b53239599f.jpg.
Nom de naissance Bonnet
Naissance
Chassant (Eure-et-Loir) (France)
Décès (à 78 ans)
Clamart (Hauts-de-Seine) (France)
Nationalité Française
Domaines Astronomie, astrophysique
Institutions Observatoire de Paris
Distinctions Prix Valz (1943)

Biographie

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Études

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Rose Bonnet obtient le baccalauréat en candidate libre[2], comme plusieurs autres femmes de sa génération.

Elle poursuit ensuite des études supérieures en mathématiques et décroche une licence des sciences mathématiques en 1919[1],[2],[3].

Carrière à l’Observatoire de Paris

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Débuts

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Le , elle admise comme stagiaire à l’Observatoire de Paris, dans le cadre du décret du [1], ce décret avait pour but d'organiser l’administration des observatoires astronomiques d’État en France[4].

Elle commence par un apprentissage sur le tas, dans un contexte où les femmes accèdent progressivement aux carrières scientifiques, notamment en raison de la pénurie de jeunes hommes causée par la Première Guerre mondiale[2].

Premières fonctions à l’Observatoire

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Au cours des années 1920, Rose Bonnet joue un rôle de plus en plus actif dans les missions de l’Observatoire. Elle participe notamment au service de nuit pour la prise de clichés photographiques du ciel dans le cadre de la Carte du Ciel, un vaste projet international. Les clichés de Rose Bonnet représentent une part importante, en 1920, elle réalise à elle seule 50 poses de 30 minutes sur un total de 287. L’année suivante, elle en effectue 90 sur 227, ce qui témoigne de son engagement et de sa fiabilité dans les tâches d’observation[2].

Le , elle est officiellement déléguée dans les fonctions d’aide-astronome, en remplacement d’un collègue promu au poste d'astronome adjoint, Ernest Maubant[1]. Elle est ensuite nommée aide-astronome le [1],[2],[3]. Ces fonctions marquent son intégration officielle dans le corps scientifique de l’Observatoire, à une époque où les femmes y sont encore très peu nombreuses.

Spécialisation dans l’étude des étoiles doubles

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À la fin des années 1920, Rose Bonnet prend la relève d’Edmée Chandon, première femme astronome professionnelle en France, dans le domaine de l’observation des étoiles doubles (ou étoiles binaires). Elle hérite notamment de l’usage de l’équatorial de la Tour de l’Ouest, un instrument dédié aux observations précises de ces systèmes stellaires[2].

Elle engage alors un travail rigoureux de comptage, observation, puis analyse spectroscopique de ces étoiles binaires. Ce travail s’inscrit dans une démarche de long terme qu’elle approfondira dans le cadre de sa thèse de doctorat.

L’originalité et la rigueur de ses travaux sur les étoiles doubles lui vaudront une reconnaissance académique, notamment par l’obtention d’un prix prestigieux décerné par l’Académie des sciences quelques années plus tard[3].

Parallèlement, elle collabore avec le mathématicien et astronome Pierre Fatou (1878–1929), spécialiste des fonctions complexes et des systèmes dynamiques, sur l’étude des binaires. Leur collaboration se poursuit jusqu’à la mort prématurée de Fatou en 1929. Elle lui dédiera sa thèse[5].

Doctorat et promotion

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En 1945, Rose Bonnet soutient une thèse de doctorat des sciences mathématiques intitulée : « Spectres, périodes et excentricités des binaires » publiée dans le Bulletin astronomique[1],[2]. Ce travail de recherche approfondi analyse les caractéristiques physiques et orbitales des étoiles doubles, à travers des données spectrales, les périodes de révolution et les excentricités des orbites.

La même année, elle est promue au grade d’astronome adjointe, succédant à Edmée Chandon à ce poste. Ce grade, bien qu’intermédiaire, marque une reconnaissance officielle de son expertise scientifique.

Travaux annexes et rôle de formatrice

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Outre ses travaux sur les binaires, Rose Bonnet est affectée en 1931 au service de photométrie hétérochrome dirigé par Charles Nordmann. Elle l’assiste dans ses travaux jusqu’à sa mort[1]. Ce domaine consiste à mesurer l’intensité lumineuse des étoiles dans différentes longueurs d’onde, pour en déterminer la nature physique.

Par ailleurs, elle joue un rôle actif dans la formation de jeunes astronomes, qu’ils soient français ou étrangers. Le rapport de l’Observatoire de 1931 mentionne notamment qu’elle a formé l’étudiante roumaine Ella Marcus ainsi que l’étudiant chinois Pan Puh[3]. Cette fonction, bien que rarement valorisée, est essentielle dans un milieu scientifique encore très basé sur l’apprentissage pratique.

Fin de carrière et obstacle à la titularisation

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En 1955, Rose Bonnet pose sa candidature au poste d’astronome titulaire, laissé vacant par le départ à la retraite de Fernand Baldet. La commission des spécialistes de l’Observatoire la classe première, reconnaissant la qualité de sa candidature et la valeur de son travail. Cependant, l’Académie des sciences décide de la classer deuxième, derrière un homme, Daniel Barbier, écartant ainsi définitivement la possibilité pour elle d’accéder au plus haut grade scientifique[1],[2].

Elle prend sa retraite le , avec le titre d’astronome adjointe, sans jamais avoir pu franchir le dernier échelon de la hiérarchie académique[1],[2].

Distinction

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En 1943, Rose Bonnet-Sainturier reçoit le prix Valz de l’Académie des sciences pour ses travaux sur les étoiles doubles[3].

Le prix Valz est une distinction prestigieuse créée en 1877 pour récompenser les avancées remarquables en astronomie, qu’elles soient observationnelles ou théoriques. Il est attribué chaque année par l’Académie des sciences, à un ou plusieurs chercheurs dont les travaux ont marqué la discipline.

Rose Bonnet devient ainsi la deuxième femme à obtenir ce prix, après Jeanne Clavier, qui l’avait reçu en 1940 pour ses contributions au programme international de la Carte du Ciel[3].

Vie personnelle

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Rose Bonnet épouse Louis Sainturier le à Paris. Elle devient ainsi Rose Bonnet-Sainturier, nom sous lequel elle est parfois citée dans les documents officiels et les publications.

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 « Dictionnaire des Astronomes Français 1850-1950 – Observatoire de Haute Provence » (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 « Images des mathématiques », sur images-des-maths.pages.math.cnrs.fr (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 6 « Images des mathématiques », sur images-des-maths.pages.math.cnrs.fr (consulté le )
  4. Arnaud Saint-Martin, « Une constitution pour l’astronomie française au tournant du siècle. Socio-genèse d’un champ scientifique », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, no 102, , p. 49–63 (ISSN 1271-6669, DOI 10.4000/chrhc.1222, lire en ligne, consulté le )
  5. Michèle Audin, Fatou, Julia, Montel,: le grand prix des sciences mathématiques de 1918, et après..., Springer (Springer Berlin Heidelberg), , 284 p.

Liens externes

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