Royaume de Glidji

ancienne formation politique traditionnelle guin du sud-est du Togo

Le royaume de Glidji, également appelé royaume Guin ou Genyi, est une ancienne formation politique située dans le sud-est de l'actuel Togo, dans la région d'Aného, au sein de l'actuelle préfecture des Lacs. Associé à l'histoire du peuple Guin, il constitue un centre historique et culturel majeur de cette région du golfe de Guinée[1].

Temple_de_la_divinité_Osabu_de_Glidji

Selon les recherches historiques, la formation du royaume remonte à la fin du XVIIe siècle, dans le contexte des migrations provoquées par les conflits politiques et militaires sur la Côte de l'Or, dans l'actuel Ghana. Glidji est notamment devenu un centre du pouvoir traditionnel et de la vie spirituelle des Guin. La localité est aujourd'hui connue pour son patrimoine historique et pour la célébration d'Épé-Ekpé, fête traditionnelle marquant le nouvel an guin[2].

Glidji,_Cérémonies_rituelles_et_traditionnelles_de_Épé-Ekpé


Histoire

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Origines et fondation

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L'histoire du royaume de Glidji s'inscrit dans les mouvements de population qui ont marqué la Côte de l'Or et le littoral du golfe de Guinée au XVIIe siècle. Les conflits entre les populations ga et les forces du royaume akwamu, notamment entre 1677 et 1682, provoquent des déplacements de populations vers l'est. Certains groupes de réfugiés ga et de leurs alliés gagnent ainsi le territoire de l'actuel Togo[1],[3].

Ces migrations contribuent à la formation du royaume de Glidji, dont les fondateurs sont associés aux populations venues de la région d'Accra. Le territoire devient progressivement un centre politique guin dans le sud-est du Togo[4].

Les traditions historiques attribuent un rôle fondateur à Foli Bébé. Toutefois, les circonstances exactes de la fondation, les dates retenues par les traditions locales et la chronologie des premiers souverains font l'objet de discussions entre historiens. Nicoué Lodjou Gayibor a notamment réexaminé les listes dynastiques transmises par le roi Agbanon II dans son ouvrage historique publié en 1934[1].

Glidji et Aného

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Le royaume de Glidji entretient des liens historiques avec Aného, anciennement connu sous le nom de Petit-Popo. Les deux localités ont participé à l'évolution politique, économique et culturelle du littoral togolais. Aného s'est développé comme un centre commercial maritime, tandis que Glidji a conservé une place importante dans les institutions traditionnelles et la vie spirituelle des Guin[2].

À partir du XVIIIe siècle, les échanges commerciaux et les migrations contribuent à la diversification de la population de la région. Les relations entre les communautés locales, les populations venues de l'actuel Ghana, les commerçants européens et les personnes d'origine afro-brésilienne participent à la formation du patrimoine culturel et architectural d'Aného-Glidji[2].

Période coloniale

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À la fin du XIXe siècle, la région est intégrée à l'espace colonial allemand du Togo. Aného devient notamment la capitale de la colonie entre 1887 et 1897, avant que le centre administratif ne soit transféré ailleurs[2].

Malgré les transformations politiques et administratives liées à la colonisation, les institutions traditionnelles et les pratiques culturelles guin continuent de jouer un rôle dans la vie de la région. Au XXe siècle, le roi Agbanon II entreprend de consigner par écrit l'histoire du royaume et ses traditions. Son ouvrage, publié initialement en 1934 et réédité en 1991, constitue une source importante pour l'étude de la mémoire dynastique de Glidji, tout en devant être confronté aux archives et aux travaux historiques ultérieurs[5],[1].

Organisation traditionnelle

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Le royaume de Glidji est associé à une institution monarchique traditionnelle, dont les souverains occupent une place dans la mémoire historique et les pratiques culturelles des Guin. La reconstitution de la succession des rois reste toutefois délicate, particulièrement pour les XVIIe et XVIIIe siècles, en raison des divergences entre les traditions orales, les listes dynastiques et les documents historiques disponibles[1].

La royauté traditionnelle s'inscrit dans un environnement institutionnel où les autorités coutumières, les responsables religieux et les communautés locales participent à la transmission des traditions. Les modalités précises de succession et les attributions des différentes autorités doivent être documentées à partir de sources spécialisées.

Culture et patrimoine

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Épé-Ekpé

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Glidji est considéré comme l'un des principaux centres spirituels du peuple guin. La localité accueille chaque année la célébration d'Épé-Ekpé, également appelée fête de la prise de la pierre sacrée. Cette manifestation s'inscrit dans le calendrier traditionnel guin et marque le début de la nouvelle année selon un calendrier lunaire[2].

Glidji,_cérémonies_de_la_prise_de_la_pierre_sacrée_du_peuple_Guin,_le_Régent_de_Glidji_entouré_de_Grands_Prêtres

La célébration rassemble des membres des communautés guin et des participants venus d'autres régions. Elle associe des pratiques rituelles, des manifestations culturelles et la transmission de traditions liées à l'histoire collective. Les rites s'inscrivent dans un ensemble de croyances et de cultes dont les origines sont diverses, comprenant notamment des traditions venues de la région d'Accra et d'Elmina ainsi que des éléments locaux[2].

Patrimoine architectural

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Le patrimoine de l'agglomération d'Aného-Glidji comprend des édifices historiques, des lieux de culte et des constructions témoignant des échanges culturels qui ont marqué le littoral togolais. L'ensemble architectural de la région associe notamment des bâtiments de la période coloniale et des constructions d'influence afro-brésilienne[2].

Musée_de_Glidji

Le 16 décembre 2021, l'agglomération d'Aného-Glidji a été inscrite sur la liste indicative du patrimoine mondial de l'UNESCO, au titre du patrimoine culturel. Cette inscription constitue une étape dans la reconnaissance internationale de sa valeur historique et culturelle ; elle ne signifie pas que le site est déjà inscrit sur la Liste du patrimoine mondial[2].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 Nicoué Lodjou Gayibor, « Les rois de Glidji : une chronologie révisée », History in Africa, vol. 22,‎ , p. 197-222 (DOI 10.2307/3171914)
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 « Agglomération Aného-Glidji », sur Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO (consulté le )
  3. ↑ (en) Finn Fuglestad, Slave Traders by Invitation: West Africa's Slave Coast in the Precolonial Era, Oxford University Press, (DOI 10.1093/oso/9780190876104.003.0012), « Convulsions Further West »
  4. ↑ Histoire des Togolais : des origines à 1884, Institut de recherche pour le développement (lire en ligne)
  5. ↑ Agbanon II, Histoire de Petit-Popo et du royaume Guin (1934), Karthala ; Haho, , 208 p. (ISBN 978-2-906718-30-2)

Bibliographie

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  • Agbanon II, Histoire de Petit-Popo et du royaume Guin (1934), édition établie par Nicoué Lodjou Gayibor, Yves Marguerat et Roberto Pazzi, Paris et Lomé, Karthala et Haho, 1991.
  • Finn Fuglestad, Slave Traders by Invitation: West Africa's Slave Coast in the Precolonial Era, Oxford University Press, 2018.
  • Nicoué Lodjou Gayibor, « Les rois de Glidji : une chronologie révisée », History in Africa, vol. 22, 1995, p. 197-222.

Liens externes

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Voir aussi

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