Royaume de Mrauk U
Le royaume de Mrauk U (arakanais : မြောက်ဦး ဘုရင့်နိုင်ငံတော်) est un royaume qui existe sur la plaine côtière d'Arakan (en) de 1429 à 1785. Basé dans la capitale Mrauk U, près de la côte est du golfe du Bengale, le royaume règne sur ce qui est aujourd’hui l'État de Rakhine, en Birmanie, et la partie sud de la division de Chittagong, au Bangladesh. Bien qu'il commence comme un protectorat du sultanat du Bengale de 1429 à 1531, Mrauk U conquiert Chittagong (en) avec l'aide des portugais. Il repousse à deux reprises les tentatives de la Birmanie Taungû (en) de conquérir le royaume en 1546–1547 (en), puis de 1580–1581. À son apogée, il contrôle brièvement la côte du golfe du Bengale, des Sundarbans au golfe de Martaban, de 1599 à 1603[3],[4]. En 1666, il perd le contrôle de Chittagong (en) après une guerre contre l'Empire moghol. Son existence se poursuit jusqu'en 1785, date à laquelle il est conquis (en) par la dynastie Konbaung de Birmanie[5],[6].
1430–1785
| Statut | Monarchie féodale (jusqu'en 1782) |
|---|---|
| Capitale |
Launggyet (en) (1429–1430) Mrauk U (1430–1785) |
| Religion | Bouddhisme (bouddhisme theravada en tant que religion d'État de facto), islam, hindouisme, christianisme, animisme |
| Monnaie | Dinga |
| Septembre 1430 | Fondation de la dynastie |
|---|---|
| 1429-1437[1] | Le royaume devient vassal du sultanat du Bengale |
| 1459[2] | Conquête de Chittagong (en) |
| 1599-1603 | Contrôle conjoint de la Basse-Birmanie (en) |
| 1602-1666 | Guerres entre l'Empire moghol et le royaume de Mrauk U (en) |
| 1666 | Perte de Chittagong (en) |
| 1784 | Le royaume devient vassal de la dynastie Konbaung |
| 2 janvier 1785 | Fin du royaume (en) |
| 1er 1429-1433 | Min Saw Mon |
|---|---|
| 1433-1459 | Min Khayi (en) |
| 1531-1554 | Min Bin (en) |
| 1593-1612 | Min Razagyi (en) |
| 1622-1638 | Thiri Thudhamma (en) |
| 1652-1674 | Sanda Thudhamma (en) |
| Der 1782-1785 | Maha Thammada (en) |
Il abrite une population multiethnique, les bouddhistes constituant la majorité et la ville de Mrauk U abritant des temples, sanctuaires, mosquées, séminaires et bibliothèques[7]. Le royaume est également un centre de piraterie et de traite des esclaves. Il est fréquentée par des commerçants arabes, danois, néerlandais et portugais.
Noms
modifierLe nom officiel du royaume est မြောက်ဦး ဘုရင့်နိုင်ငံတော် (en français : royaume de Mrauk U). Le royaume est également communément appelé Arakan durant son existence[8].
Histoire
modifierDynastie Launggyet
modifierBien que les rois d'Arakan payent tribut au royaume de Pagan, le Sud n'est en grande partie pas soumit à sa suzeraineté et est coupé du reste de la Birmanie. Séparé du royaume de Pagan par les montagnes de l'Arakan, Arakan se développe plus indépendamment que les autres régions birmanes. La capitale est transférée de Thaibeiktaung à Dhanyawadi (en), puis à Vesali (en) avant le XIe siècle, puis à Pyinsa (en), Parein (en) et Hkrit au XIIe siècle, la capitale étant de nouveau transférée à Pyinsa en 1180, puis à Launggyet (en) en 1237[9].
État vassal du sultanat du Bengale
modifierArakan est en contact étroit avec le Bengale, entrant en contact direct avec celui-ci alors qu'il s'étend vers l'est. Sous le règne du roi Min Hti d'Arakan (1279–1374), le Bengale envahit des parties de la mer d'Arakan, attaquant la rivière Hinya à Chittagong[10]. Après l'effondrement du pouvoir du royaume de Pagan et la mort de Min Hti, Arakan entre en interrègne, et des raids constants sont menés à la fois par les birmans et les talaing. Le nouveau roi qui prend le pouvoir en 1404, Narameikhla, arrière-petit-fils de Min Hti, est immédiatement renversé par les forces du prince héritier birman Minyekyawswa, qui capture Launggyet et force Narameikhla à fuir à la cour du sultanat du Bengale à Gour[11],[12]. Pendant les 24 années d'exil de Narameikhla, Arakan devient un vaste champ de bataille pour le royaume d'Ava et le royaume de Pégou. Le roi d'Ava installe son gendre sur le trône d'Arakan, lui conférant le titre d'Anoarahtâ. Les forces de Pégou le capturent et l'exécutent plus tard. La lutte de pouvoir se termine lorsque Razadarit l'emporte, capture Taunggyet et installe son propre gouverneur, qui reste au pouvoir jusqu'en 1423.
Règne de Narameikhla
modifierAprès 24 ans d'exil, Narameikhla reprend le contrôle du trône arakanais en 1430 avec l'aide militaire des commandants bengalis Wali Khan et Sindhi Khan. Les bengalis qui l'accompagnent fondent leurs propres établissements dans la région[13]. Narameikhla cède une partie du territoire au sultan du Bengale et reconnaît sa souveraineté sur ces régions. En reconnaissance du statut de vassal de son royaume, les rois d'Arakan reçoivent des titres islamiques, bien qu'ils soient bouddhistes, et légalisent l'utilisation des pièces de dinar or islamiques du Bengale au sein du royaume. Ils emploient également des musulmans bengalis à des postes prestigieux au sein de l'administration royale[14]. Narameikhla frappe sa monnaie, avec des caractères birmans d'un côté et persan de l'autre. Bien qu'il domine certaines parties du Bengale, il reste un protectorat du sultan du Bengale jusqu'en 1531[15].
Narameikhla fonde la ville de Mrauk U, qui est déclarée capitale du royaume arakanais en 1431. À mesure que la ville grandit, de nombreuses pagodes et temples bouddhistes sont construits. Plusieurs d'entre eux subsistent, et ce sont de nos jours les principales attractions de Mrauk U . Du XVe au XVIIIe siècle, Mrauk U est la capitale du royaume d'Arakan, fréquemment visitée par des commerçants étrangers (dont des portugais et des hollandais[16]). La ville dorée de Mrauk U devient connue en Europe comme une ville de splendeur orientale après la visite du frère Sebastian Manrique dans la région au début du XVIIe siècle. Le père Manrique écrit un récit vivant du couronnement du roi Thiri Thudhamma (en) en 1635[17].
Indépendance du Bengale
modifierÂge d'or
modifierCrise du Millénaire
modifierGuerres mogholes-Mrauk U
modifierDéclin
modifierGouvernance et culture
modifierÉconomie
modifierHéritage culturel
modifierNotes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Kingdom of Mrauk U » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Sandamala Likara 1931, p. 8-21
- ↑ Sandamala Likara 1931, p. 23-25
- ↑ Myint-U 2006, p. 77
- ↑ Topich et Leitich 2013, p. 21
- ↑ Phayre 1883, p. 73
- ↑ Harvey 1925, p. 140-141
- ↑ (en) William J. Topich; Keith A. Leitich, The History of Myanmar, ABC-CLIO, 9 janvier 2013 (ISBN 978-0-313-35725-1)
- ↑ (en) « The Kingdom of Arakan in the Indian Ocean Commerce »
- ↑ Harvey 1925, p. 76
- ↑ (en) Akhtaruzzaman, Md, POLITICAL RELATIONS BETWEEN MEDIEVAL BENGAL AND ARAKAN, Proceedings of the Indian History Congress, 2020
- ↑ Harvey 1925, p. 77
- ↑ Phayre 1883, p. 77
- ↑ Yegar 2002, p. 23
- ↑ Yegar 2002, p. 24
- ↑ Yegar 2002, p. 23-24
- ↑ (en) Richard, Arthus, History of Rakhine, Lexington Books, 2002 (ISBN 0-7391-0356-3)
- ↑ (en) H. Hosten, ravels of Fray Sebastien Manrique 1629–1643: A Translation of the Itinerario de las Missiones Orientales. Volume I: Arakan, Taylor & Francis, 2017 (ISBN 978-1-317-00639-8)
Bibliographie
modifier- (en) Aye Chan, The Development of a Muslim Enclave in Arakan (Rakhine) State of Burma (Myanmar), SOAS Bulletin of Burma Research,
- (en) Michael W. Charney, Arakan, Min Yazagyi, and the Portuguese : The Relationship Between the Growth of Arakanese Imperial Power and Portuguese Mercenaries on the Fringe of Mainland Southeast Asia 1517–1617, Masters dissertation, Ohio University,
- (en) D.G.E. Hall, Burma, Hutchinson University Library,
- (en) G. E. Harvey, History of Burma : From the Earliest Times to 10 March 1824, Frank Cass & Co. Ltd,
- (en) Maung Htin Aung, A History of Burma, Columbia University Press,
- (en) Pamela Gutman, Burma's Lost Kingdoms : Splendours of Arakan,
- (en) Tin Maung Maung, Konbaung Hset Maha Yazawin, Department of Universities History Research, University of Yangon,
- (en) Soe Myat, Myanma Swezon Kyan, Yangon: Sarpay Beikman,
- (en) Thant Myint-U, The River of Lost Footsteps—Histories of Burma, Farrar, Straus and Giroux,
- (en) Lt. Gen. Sir Arthur P. Phayre, History of Burma, London: Susil Gupta,
- (en) Ashin Sandamala Likara, Rakhine Razawin Thit, Yangon: Tetlan Sarpay,
- (en) Moshe Yegar, Between integration and secession : The Muslim communities of the Southern Philippines, Southern Thailand and Western Burma : Myanmar, Lexington Books,
- (en) Encyclopædia Britannica,