Rubin Glucksmann

espion soviétique, père du philosophe André Glucksmann

Rubin Glucksmann (parfois orthographié « Glücksmann »), né le à Czernowitz sous l’Empire austro-hongrois (aujourd’hui Tchernivtsi en Ukraine) et mort le dans l’océan Atlantique, est un militant sioniste puis communiste, agent au service du Komintern et cadre du renseignement soviétique qui a opéré en Europe occidentale dans l’entre-deux-guerres.

Rubin Glucksmann
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 41 ans)
Surnom
Reuven Guidoni (espion pour l'Union soviétique)
Domiciles
Conjoint
Martha Kessler Glucksmann (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Autres informations
A travaillé pour
Wostwag (d) ()
Internationale communisteVoir et modifier les données sur Wikidata
Parti politique

Il est connu pour être le père du philosophe André Glucksmann et le grand-père de l'homme politique Raphaël Glucksmann.

Biographie

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Rubin Glucksmann est né le à Czernowitz, nom de l'actuelle ville ukrainienne Tchernivtsi alors située dans l’Autriche-Hongrie. Il grandit au sein une famille juive locale[1]. Son nom veut dire « homme chanceux »[2].

Il sert dans l’armée austro-hongroise pendant la Première Guerre mondiale. Dans les années 1920, les pogroms en cours en Russie et de mauvaises conditions économiques l'incitent à émigrer en Palestine mandataire où il adhère au Parti communiste palestinien avec sa future épouse, Martha Bass, après avoir été initialement attiré par le « sionisme de gauche »[3],[4].

À la fin de la décennie, il est recruté par les services de renseignement soviétiques sous l’autorité du Komintern, l’organisation chargée de coordonner les activités communistes internationales. Il s’installe avec sa famille à Hambourg et travaille, sous couverture civile, pour des structures liées à l’URSS, notamment pour la WOSTWAG, une société écran du Komintern qui achemine du matériel logistique, industriel et, dans certains cas, militaire, souvent lié à du trafic d’armes. Rubin en tant qu’agent d'assurance officiel, pouvant effectuer de nombreux voyages en Europe centrale et en Union soviétique[5].

Activités et arrestation

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Après la prise du pouvoir par les nazis en Allemagne en 1933, la situation devient dangereuse pour Glucksmann et sa famille, qui fuient vers la France et s’installent à Boulogne-Billancourt. Glucksmann continue ses activités pour le Komintern et, selon certaines sources, organise ou facilite notamment la fourniture de matériel pour les Républicains espagnols pendant la guerre civile espagnole de 1936[6].

Puis il s'installe seul à Londres où il est à la tête de la Far Eastern Fur Trading Co[7],[8].

Glucksmann est arrêté le par les autorités britanniques pour des motifs liés à sa nationalité et à ses activités politiques. En 1940, il est de nouveau arrêté pour suspicion d’espionnage et interné en attente d’une déportation vers le Canada[9]. Il meurt le , à environ 140 km au nord-ouest des côtes irlandaises lorsque le SS Arandora Star, le navire qui l’acheminait vers le Canada, est torpillé par des forces allemandes dans l’Atlantique[10],[11].

Héritage

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Rubin Glucksmann est connu aujourd’hui par son lien familial avec des personnalités françaises contemporaines : son fils André Glucksmann, intellectuel et figure des nouveaux philosophes, et son petit-fils Raphaël Glucksmann, homme politique français, fondateur du mouvement Place publique et actuellement député européen[9].

Documentaire

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Le est sorti un documentaire télévisé intitulé Les Glucksmann, une histoire de famille, réalisé par Steve Jourdin et diffusé sur Public Sénat, retrace son parcours, notamment son rôle comme agent au service de l'Union soviétique et ses activités liées au Komintern. Le film présente des éléments inédits de sa biographie, que Raphaël Glucksmann découvre au cours du tournage, et met en perspective ces révélations avec l'engagement ultérieur de son fils André Glucksmann et de son petit-fils Raphaël dans la vie intellectuelle et politique française[12],[3],[13].

Références

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  1. « Les Glucksmann, une histoire de famille », sur Public Sénat, (consulté le )
  2. Les Glucksman, une histoire de famille - 03:04, 2025.
  3. 1 2 « « Les Glucksmann, une histoire de famille », sur Public Sénat : une passionnante généalogie de la gauche », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  4. Les Glucksman, une histoire de famille - 05:39, 2025.
  5. « Rubin-Glucksmann », sur www.ajpn.org (consulté le )
  6. « "Une histoire de famille" : Raphaël Glucksmann découvre que son grand-père était un espion de Staline… grâce à un documentaire », sur ladepeche.fr (consulté le )
  7. Les Glucksman, une histoire de famille - 10:49, 2025.
  8. (en) United States. Congress. House. Committee on Un-American Activities, The Shameful Years : Thirty Years of Soviet Espionage in the United States, , 70 p. (lire en ligne), p. 20
  9. 1 2 Alexandre Levy, « Moscou tire à boulets rouges sur Raphaël Glucksmann, petit-fils d’un «courageux» espion soviétique devenu «russophobe invétéré» », Le Temps, (lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  10. Les Glucksman, une histoire de famille - 12:49, 2025.
  11. « Raphaël Glucksmann découvre que son grand-père était un espion de l'URSS au service de Staline », sur TF1 INFO, (consulté le )
  12. « Espion, philosophe, politique : Les Glucksmann sur trois générations », sur parismatch.com, (consulté le )
  13. « “Les Glucksmann, une histoire de famille” : avant Raphaël Glucksman, un siècle et trois générations de militants », sur www.telerama.fr, (consulté le )

Filmographie

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