Rue des Marchands (Toulouse)
Parvis Guy-Franco
La rue des Marchands vue de la rue de Metz. | |
| Situation | |
|---|---|
| Coordonnées | 43° 36′ 00″ nord, 1° 26′ 35″ est |
| Pays | |
| Région | Occitanie |
| Département | Haute-Garonne |
| Métropole | Toulouse Métropole |
| Ville | Toulouse |
| Quartier(s) | Carmes |
| Début | no 34 rue des Paradoux et no 22 rue de Metz |
| Fin | no 1 rue des Changes et no 59 rue des Filatiers |
| Morphologie | |
| Longueur | 103 m |
| Largeur | 11 m |
| Odonymie | |
| Anciens noms | Rue Secourieux ou Secourieu (XIIIe – XVIIIe siècle) Rue Vital-Gilabert (XVIe – XVIIe siècle) Rue Saint-Louis (XVIIe – XVIIIe siècle) Rue de la Maison-Professe ou de la Professe (XVIIe – XVIIIe siècle) Rue de la Mort-qui-Trompe (XVIIe – XVIIIe siècle) Rue Chalier (1794) Rue du Pont-Neuf (1806-1849) |
| Nom actuel | Rue des Marchands : 1849 Parvis Guy-Franco : 2 avril 2024 |
| Nom occitan | Carrièra dels Mercants Parvís Guy Franco |
| Histoire et patrimoine | |
| Création | avant le XIIe siècle |
| Lieux d'intérêt | Hôtel des Cariatides |
| Protection | |
| Notice | |
| Archives | 315554358434 |
| Chalande | 199 •202 |
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|
La rue des Marchands (en occitan : carrièra dels Mercants) et le parvis Guy-Franco (en occitan : parvís Guy Franco) sont deux voies de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.
Situation et accès
modifierDescription
modifierLa rue des Marchands et le parvis Guy-Franco sont deux voies publiques. Elles se trouvent dans le quartier des Carmes.
La rue des Marchands est rectiligne, longue de 103 mètres et large de 11 mètres, et orientée à l'est. Elle naît au carrefour de la rue de Metz et de la rue des Paradoux, dans l'axe de la rue de l'Écharpe. Elle se termine au croisement des rues des Filatiers et des Changes. Elle est prolongée, au-delà de la place de la Trinité, par la rue de la Trinité et la rue Croix-Baragnon qui aboutit à la place Saint-Étienne.
La chaussée compte une voie de circulation automobile en sens unique, de la place de la Trinité vers la rue de Metz. Elle appartient à une zone piétonne et la vitesse y est limitée à 6 km/h. Il n'existe pas de piste, ni de bande cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.
Voies rencontrées
modifierLa rue des Marchands rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :
- Rue des Paradoux (g)
- Rue de Metz (d)
- Rue des Changes (g)
- Rue des Filatiers (d)
- Place de la Trinité
Transports
modifierLa rue des Marchands se trouve à proximité immédiate de la place Étienne-Esquirol, où se trouvent la station de métro Esquirol, sur la ligne de métro
, ainsi que les arrêts des lignes de Linéo L4 et de bus 44.
Il existe également plusieurs stations de vélos en libre-service VélôToulouse : les stations no 4 (15 rue Sainte-Ursule), no 10 (15 place Étienne-Esquirol) et no 288 (28 rue des Marchands).
Odonymie
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La rue des Marchands a reçu ce nom en 1849. Elle le doit aux nombreux marchands de « nouveautés » – c'est-à-dire les habits et les étoffes les plus nouvelles et les plus à la mode – qui s'y étaient installés dans la première moitié du XIXe siècle[1].
Au Moyen Âge, au moins dès le début du XIIIe siècle, elle porte le nom de rue Secourieux (en latin médiéval : carraria Soccorioni, 1322, ou Soccorionis, XVe siècle). Il lui vient peut-être de la famille Secourieux, dont un membre, Pierre Secourieux, fut capitoul en 1273 dans cette partie de la ville[2]. D'ailleurs, la rue a porté les noms d'autres personnages : aux XVIe et XVIIe siècles, on lui trouve le nom de rue Vital-Gilabert[3] et, à la fin du XVIIe siècle, celui de la Mort-qui-Trompe – surnom de M. Sentous[4]. Au XVIIe siècle, la rue Secourieux prit également le nom de rue Professe et, parfois, de rue Saint-Louis, après que les Jésuites eurent ouvert une maison professe, placée sous le vocable de Saint-Louis, dans la rue[5]. En 1794, pendant la Révolution française, la rue est renommée rue Chalier, du nom de Marie Joseph Chalier, révolutionnaire jacobin guillotiné par les Girondins lyonnais, mais ce nom ne subsiste pas[6],[N 1],[7].
Le 2 avril 2024, le conseil municipal décide de nommer la place au carrefour de la rue de Metz en hommage à Guy Franco (1932-2021). Professeur et directeur de l'École supérieure de cadres interprètes-traducteurs (ESUCA) à l'université de Toulouse-II-Le Mirail, il est une figure du « gaullisme de gauche » et mène une carrière politique comme conseiller municipal de 1971 à 2001, aux côtés de Pierre Baudis et de Dominique Baudis, et adjoint au maire de 1989 à 2001[8],[9].
Histoire
modifierMoyen Âge et période moderne
modifierAu Moyen Âge, la rue Secourieux appartient au capitoulat du Pont-Vieux. Elle se trouve sur le principal axe est-ouest qui traverse la ville[10], entre le pont Vieux et la porte Saint-Étienne, près de la cathédrale, et passe par la rue Gipponières (actuelle rue de l'Écharpe), la « rue Secourieux », la rue de la Trilhe (actuelle rue de la Trinité) et la rue Croix-Baragnon. Au croisement de la rue de la Trilhe, elle rencontre la rue des Filatiers et la rue de la Pierre (actuelle rue des Changes), qui constituent le principal axe nord-sud de la ville, couramment désigné comme la « Grand-rue ». Ce carrefour est aménagé et forme une petite place avec son puits[6].
En 1621, les Jésuites établissent dans la rue une Maison professe (actuel no 33)[11],[12]. Au XVIIe siècle elle est prolongée jusqu'au Pont-Neuf, à l'ouest, sous le nom de « rue Professe » et, parfois, de « rue Saint-Louis », après que les Jésuites eurent ouvert une maison professe, placée sous le vocable de Saint-Louis, dans la rue. En 1763, les Jésuites sont expulsés du royaume : tandis que le collège est transformé en collège royal et le noviciat affecté au séminaire, le maison professe est démolie et le terrain vendu par lots[12].
Époque contemporaine
modifierDans la première moitié du XIXe siècle, la rue bénéficie de la politique menée par la municipalité toulousaine d'élargissement et d'alignement des rues de la ville. En effet, la municipalité décide d'améliorer la circulation, en particulier par l'aménagement de l'axe est-ouest, entre le Pont neuf et la place Saint-Étienne. Entre 1827 et 1840, la rue bénéficie d'importants travaux d'élargissement et sa largeur est portée à 11 mètres[1]. L'élargissement de la rue et l'alignement des façades provoquent d'importantes destructions, qui font presque disparaître l'hôtel des Bertier (actuel no 33) et l'immeuble du capitoul Pierre Arquier (actuel no 30, à l'angle du no 34 rue des Paradoux). De nouvelles constructions sont élevées, en particulier sur le côté sud de la rue : les nouveaux immeubles témoignent du goût pour l'architecture néoclassique et du succès des décors en terre cuite, particulièrement les réalisations de la briqueterie Virebent, tel l'Hôtel des cariatides d'Auguste Virebent (no 28)[13],[14]. En 1867, le projet d'élargissement du début du siècle est abandonné, au profit du percement d'une rue Transversale (actuelle rue de Metz) : les travaux font disparaître les premières maisons du côté nord de la rue, tandis que les autres maisons sont rebâties après 1870[13]. En 1872, le projet d'une fontaine monumentale, confié au sculpteur Raymond Barthélemy à l'angle de la rue de Metz, est finalement abandonné[15].
Dans le même temps, la rue devient un haut lieu du commerce toulousain, avec la multiplication des magasins de « nouveautés » : on en compte dix en 1844, dix-sept en 1849[3]. Une des maisons les plus importantes est la maison Huc, magasin de mode et de lingerie tenu en 1858 par MM. Busque, Boissié et Huc (actuel no 32). En 1865, il emploie près de 400 ouvrières, couturières et brodeuses travaillant à domicile. En 1873, il est devenu « le magasin de nouveautés le plus important et le plus vaste du Midi », qui s'étend sur plusieurs immeubles (actuels no 32 à 36 rue des Marchands et no 9 à 11 rue du Coq-d'Inde)[16].
Dans la première moitié du XXe siècle, les magasins de vêtements et de tissus sont encore nombreux tels que la bonneterie Au Gagne-petit méridional en 1930 (actuel no 40)[17], le tailleur Harry's (actuel no 35)[18] et la bonneterie de l'Est en 1940 (actuel no 40)[19]. L'activité commerciale se diversifie cependant : c'est en 1907 qu'est ouverte l'école technique de secrétariat et de langues vivantes de Rose et Étienne Billières (actuel no 38)[20]. En 1925 ouvre dans la rue des Marchands (actuel no 33), à l'angle de la rue de Metz, la librairie Labadie, fondée par Gérard Labadie[21]. En 1940 est également installé un commissariat d'arrondissement (actuel no 28)[N 2],[22].
En 1979, dans le cadre de l'année internationale de l'Enfant promue par l'Organisation des Nations unies (ONU), un tilleul est planté à l'angle de la rue de Metz par la municipalité de Pierre Baudis[23]. En 1983, la librairie Labadie disparaît dans un incendie, et ferme définitivement deux ans plus tard[21]. En 2011, dans le cadre de l'élargissement du secteur piétonnier de l'hypercentre, la rue des Marchands est rendue piétonne[24].
Patrimoine et lieux d'intérêt
modifierHôtels particuliers
modifier- no 28 : Hôtel des Cariatides.
Inscrit MH (1975, façade et toiture sur rue) et
Inscrit MH (1992, façades sur cour ; escalier ; pièces décorées du premier étage)[25].
L'Hôtel de la rue des Marchands, dit immeuble aux Cariatides, est élevé par Auguste Virebent à la fin des années 1830. Son édification résulte de la politique d'élargissement et d'alignement des rues de la ville, mais aussi du succès des décors en terre cuite : en cela, il est caractéristique de l'architecture néoclassique à Toulouse dans la première moitié du XIXe siècle.
La composition de l'immeuble est assez courante : les grandes arcades du rez-de-chaussée sont divisées en deux niveaux de boutiques, au-dessus desquels s'élèvent deux étages nobles et un étage attique. Auguste Virebent crée cependant un décor exubérant, dont le style se caractérise par des formules éclectiques et fantaisistes, qui empruntent leur vocabulaire décoratif à la Renaissance et au XVIIe siècle. En plus des colonnes, pilastres, frises et corniches, le premier étage est orné de douze cariatides inspirées de celles de Jean Goujon. Cette richesse ornementale est rendue possible par la production en série d'ornements en terre cuite dans la briqueterie de la famille Virebent[26].
- Façade de l'Hôtel des cariatides.
- Détail des cariatides de l'Hôtel des cariatides.
- no 37 : hôtel des Bertier.
Un vaste hôtel particulier, qui couvre également le no 39 de cette rue et le no 1 de la rue des Changes, est construit dans la deuxième moitié du XVe siècle pour les Bertier, importante famille capitulaire et parlementaire toulousaine[27]. Celui qui en ordonne la construction est peut-être Guillaume Bertier, capitoul en 1464-1465. La tour d'escalier est le dernier témoignage de cet édifice médiéval. Elle renferme un escalier en vis circulaire qui dessert les étages. Une des portes du premier étage est encadrée par un arc en accolade de style gothique. L'escalier se termine par une voûte d'ogive dont la clef de voûte est ornée d'une marque de marchand surmontée de la double croix, symbole de maîtrise, et dont les ogives reposent sur des culots recouverts de feuillage.
L'hôtel est profondément réaménagé à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe siècle à cause du réalignement des façades : la porte d'entrée, encadrée d'un mascaron et de guirlandes, mène directement à l'escalier en vis, alors qu'il débouchait autrefois dans une cour intérieure[28].
Immeubles
modifier- no 30-36 : immeuble (deuxième quart du XIXe siècle)[29].
- no 33 : immeuble (1873)[30].
- no 38 : immeuble (deuxième quart du XIXe siècle)[31].
- no 39 : immeuble en corondage.
L'immeuble est construit à l'angle de la rue des Filatiers (actuel no 1), face à la place de la Trinité, à la fin du XVe siècle ou au début du siècle suivant. Au rez-de-chaussée, les poteaux ont conservé des moulures filetées de style gothique. Aux étages, le pan de bois et le hourdis de brique sont masqués par l'enduit et une décoration de style néoclassique en terre cuite, typique des productions de la fabrique d'Auguste Virebent dans la première moitié du XIXe siècle. Au 1er étage, les fenêtres sont encadrées de pilastres doriques en bois et surmontées de tympans sculptés en terre cuite, et possèdent de faux garde-corps à balustres. Au 2e et au 3e étage, les fenêtres ont des appuis soutenus par de petites consoles[32].
Personnalité
modifier- Bernard Griffoul-Dorval (1788-1861) : sculpteur toulousain, il meurt à son domicile (actuel no 28)[33].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Le nom de Chalier fut également donné à la place d'Assézat.
- ↑ Le commissariat du 2e arrondissement est par la suite déplacé sur la place Saint-Étienne (actuel no 9).
Références
modifier- 1 2 Chalande 1919, p. 184.
- ↑ Salies 1989, vol. 2, p. 462.
- 1 2 Salies 1989, vol. 2, p. 138.
- ↑ Salies 1989, vol. 2, p. 194.
- ↑ Salies 1989, vol. 2, p. 128 et 427.
- 1 2 Chalande 1919, p. 184-185.
- ↑ Salies 1989, vol. 1, p. 255.
- ↑ Christian Authier, « Les gaullistes de gauche se réveillent », L'Opinion indépendante, 26 juillet 2007 (mis à jour le 20 septembre 2023).
- ↑ Mansour Sayah, « Toulouse : Guy Franco nous a quittés », La Dépêche du Midi, 27 avril 2021.
- ↑ Salies 1989, vol. 1, p. 407.
- ↑ Chalande 1919, p. 185-186.
- 1 2 Salies 1989, vol. 2, p. 128.
- 1 2 Chalande 1919, p. 185.
- ↑ Salies 1989, vol. 2, p. 573.
- ↑ Salies 1989, vol. 2, p. 166 et 229.
- ↑ Salies 1989, vol. 1, p. 579-580.
- ↑ Salies 1989, vol. 1, p. 508.
- ↑ Salies 1989, vol. 1, p. 567.
- ↑ Salies 1989, vol. 1, p. 439.
- ↑ Salies 1989, vol. 1, p. 152-153.
- 1 2 Salies 1989, vol. 2, p. 59.
- ↑ Salies 1989, vol. 1, p. 63.
- ↑ Salies 1989, vol. 1, p. 51.
- ↑ Philippe Emery, « La piétonnisation avance pas à pas », La Dépêche du Midi, .
- ↑ Notice no PA00094621, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Notice no IA31115873, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.
- ↑ Salies 1989, vol. 1, p. 145.
- ↑ Notice no IA31131860, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.
- ↑ Notice no IA31131635, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.
- ↑ Notice no IA31131653, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.
- ↑ Notice no IA31131654, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.
- ↑ Notice no IA31130546, sur le site de l'inventaire général du patrimoine, région Occitanie/ville de Toulouse.
- ↑ Salies 1989, vol. 1, p. 548.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse », Mémoires de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Toulouse, 11e série, tome VII, Toulouse, 1919, p. 184-190.
- Pierre Salies, Dictionnaire des rues de Toulouse, 2 vol., éd. Milan, Toulouse, 1989 (ISBN 978-2-8672-6354-5)
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- « Notice no 315554358434 », Au nom de la voie, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse, (consulté le ).
- Inventaire préliminaire de la ville de Toulouse, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse (consulté le ).
- Inventaire général du patrimoine culturel d'Occitanie, sur le site Ressources patrimoines - La médiathèque culturelle de la Région Occitanie (consulté le ).