Ruthénie rouge

Une représentation de la Ruthénie rouge superposée aux frontières contemporaines de la Pologne, de la Biélorussie et de l'Ukraine. L'étendue attribuée à la région varie selon les périodes et les auteurs.

La Ruthénie (Russia) représentée dans le royaume de Pologne vers la fin du XIVe siècle.

Armes de la voïvodie de Bełz

Armes de la voïvodie ruthène

Armes du pays de Chełm

La « Ruthénie rouge » sur une carte attribuée à Herman Moll au XVIIIe siècle. Les représentations anciennes témoignent de la variabilité géographique de l'appellation.
La Ruthénie rouge (polonais : Ruś Czerwona ; ukrainien : Червона Русь ; bélarussien : Чырвоная Русь ; latin : Ruthenia Rubra ou Russia Rubra) est une appellation historique et historiographique appliquée, selon les époques et les auteurs, à différentes parties de la Ruthénie occidentale.
Dans ces appellations historiques, Russia renvoie à la Rus' médiévale et ne doit pas être interprété comme une référence à la Russie moderne[1].
La Ruthénie de Kyiv constitue en effet un ensemble politique médiéval des Xe et XIIIe siècles, antérieur de plusieurs siècles à l'affirmation de la Moscovie comme principale puissance de la Rus' du Nord-Est[2] ; Ivan IV n'est couronné avec le titre de tsar qu'en 1547[3], tandis que l'Empire russe n'est proclamé qu'en 1721 sous Pierre Ier le Grand[4].
Dans son acception la plus courante à l'époque moderne et dans une partie de l'historiographie contemporaine, elle désigne principalement les territoires de l'ancienne principauté de Galicie, puis ceux des voïvodies ruthène et de Bełz, correspondant aujourd'hui principalement à l'ouest de l'Ukraine et au sud-est de la Pologne[5].
Le nom ne correspond cependant ni à un État ayant porté officiellement ce nom pendant toute la période à laquelle il est appliqué, ni à un territoire dont les frontières seraient demeurées constantes. Son sens, sa localisation et même son rapport avec les villes tchervènes ont fait l'objet d'importants débats historiographiques[6],[7].

Nom et usages du syntagme
modifierLe syntagme « Ruthénie rouge » est plus tardive que plusieurs des réalités politiques médiévales auxquelles elle a ensuite été appliquée. Les principautés de la Rus' occidentale ne formaient pas au haut Moyen Âge un État officiellement désigné sous ce nom[6].
La définition territoriale de la Ruthénie rouge varie fortement dans l'historiographie polonaise du XIXe siècle. Tomasz Święcki, au début du siècle, l'identifie principalement aux voïvodies ruthène et de Bełz, tandis que les grands ouvrages polonais de référence publiés au cours du siècle lui attribuent encore des limites parfois très larges, incluant selon les auteurs des espaces allant jusqu'au Dniestr, aux Carpates ou à la Polésie[8],[9],[10].
L'historien ukrainien Iaroslav Issaïevytch souligne que les expressions latines Russia Rubra et Ruthenia Rubra apparaissent dans des sources, principalement étrangères, avec des significations variables. Il relève notamment que le cartographe vénitien Fra Mauro emploie au XVe siècle une désignation de « Russie rouge » pour des terres situées dans le bassin du Don, c'est-à-dire dans un espace très éloigné de celui auquel l'expression sera ultérieurement le plus souvent associée[11].
Aux XVIe et XIXe siècles, « Ruthénie rouge » ou « Rus' rouge » est surtout employé par des auteurs extérieurs à la population locale pour désigner la Galicie ou l'ancienne principauté de Halytch. Certains auteurs des XVIIe et XVIIIe siècles lui donnent toutefois une extension beaucoup plus large : l'historien polonais Szymon Starowolski l'applique par exemple aux terres ukrainiennes dans leur ensemble, tandis que d'autres géographes la font s'étendre jusqu'au Dniepr[5].
Dans son emploi devenu le plus fréquent, le nom désigne l'ancienne principauté de Halytch et, pour la période polonaise, les territoires des voïvodies ruthène et de Bełz[5].
Cette histoire complexe explique la prudence d'une partie de l'historiographie contemporaine : selon Andrzej Janeczek, le nom a connu de véritables « péripéties » sémantiques et territoriales et ne peut être projeté sans précaution sur l'ensemble du Moyen Âge[6].
Territoire
modifierDans son acception historiographique la plus courante, la Ruthénie rouge est associée à un espace organisé autour de villes telles que Lviv, Halytch, Przemyśl, Sanok et Belz, auquel peuvent être rattachées, selon les définitions adoptées, les régions de Chełm et du moyen Boug.
Ses limites ne correspondent toutefois pas à celles d'une circonscription administrative unique. L'expression peut désigner, selon la période considérée :
- l'ancienne terre ou principauté de Halytch ;
- une partie de l'ancien ensemble de Galicie-Volhynie ;
- les territoires ruthènes de la Couronne de Pologne, notamment les voïvodies ruthène et de Bełz ;
- la Galicie dans certains usages géographiques des époques moderne et contemporaine ;
- ou, dans certaines cartes anciennes, des espaces beaucoup plus étendus de la Rus'[11],[5].
La « Ruthénie rouge » ne doit donc pas être considérée comme un territoire possédant des frontières immuables de la fin du Xe siècle au XXe siècle.
Histoire
modifierLes terres de la Rus' occidentale
modifierLes régions auxquelles l'historiographie a ultérieurement appliqué le nom de Ruthénie rouge appartiennent au Moyen Âge à l'espace politique et culturel de la Rus' de Kiev, puis à différentes principautés issues de son morcellement.
Aux XIIe et XIIIe siècles, la principauté de Galicie-Volhynie constitue l'un des principaux centres politiques de la Rus' occidentale. La ville de Halytch donne son nom à la Galicie, tandis que Volodymyr constitue l'un des principaux centres de la Volhynie.
L'emploi rétrospectif du terme « Ruthénie rouge » pour désigner l'ensemble de cet État médiéval doit cependant être manié avec précaution, le nom n'étant pas sa désignation politique contemporaine[6].
Villes tchervènes et frontière polono-ruthène
modifierUne partie de l'historiographie ancienne a étroitement associé la Ruthénie rouge aux villes tchervènes (en polonais Grody Czerwieńskie).
La Chronique des temps passés rapporte sous l'année 981 que Vladimir de Kiev s'empare de Przemyśl, de Tcherven et d'autres villes attribuées aux « Liakhs ». Ces territoires connaissent au cours des Xe et XIe siècles plusieurs changements de domination entre pouvoirs piast et ruthènes.
Les recherches historiques et archéologiques contemporaines distinguent cependant plus nettement deux problèmes : celui des villes tchervènes du haut Moyen Âge et celui de l'appellation, beaucoup plus tardive, « Ruthénie rouge »[7],[12].
Les travaux consacrés aux sites de Czermno et de Gródek, ainsi qu'à l'histoire de leur identification avec Tcherven, montrent également combien cette question a été influencée depuis le XIXe siècle par les débats sur les origines et les frontières historiques de la Pologne et de la Rus'[7],[12].
Il n'existe donc pas de consensus permettant de considérer simplement « Ruthénie rouge » comme le synonyme médiéval des villes tchervènes ou comme un nom directement attesté dès 981[6].
De Galicie-Volhynie à la Couronne de Pologne
modifierAprès la disparition de la lignée régnante en Galicie-Volhynie au XIVe siècle, la région devient l'enjeu d'une longue compétition impliquant principalement le royaume de Pologne, le grand-duché de Lituanie et le royaume de Hongrie.
À partir de 1340, Casimir III le Grand intervient en Galicie. L'intégration de la région à la Couronne de Pologne ne constitue cependant pas un événement unique et immédiat : elle s'inscrit dans plusieurs décennies de conflits, de changements de souveraineté, de négociations avec les élites locales et de réorganisation des institutions[13].

Aux XIVe et XVe siècles, la domination polonaise se consolide sur une grande partie des terres galiciennes. Elles sont progressivement intégrées à l'organisation politique et administrative de la Couronne, notamment dans la voïvodie ruthène, dont Lwów devient le principal centre, ainsi que dans la voïvodie de Bełz.
Cette intégration ne fait pas disparaître les particularités de la région. Les recherches contemporaines insistent au contraire sur le caractère multiconfessionnel, multilingue et juridiquement composite de cette « Ruthénie de la Couronne »[13].
- Armes de la voïvodie de Bełz
- Armes de la voïvodie ruthène
- Armes du pays de Chełm
Transfert du siège métropolitain latin de Halytch à Lwów
modifierLe déplacement du centre ecclésiastique latin de Halytch vers Lwów constitue l'un des marqueurs importants de la réorganisation institutionnelle de la Ruthénie sous la Couronne polonaise aux XIVe et XVe siècles.
La métropole latine de Halytch avait été définitivement organisée par le pape Grégoire XI, qui éleva le siège au rang métropolitain par la bulle Debitum pastoralis officii du 13 février 1375[14],[15]. La nouvelle province ecclésiastique comprenait notamment les diocèses de Przemyśl, Chełm et Włodzimierz, auxquels s'ajoutèrent ensuite notamment Kamieniec Podolski et Kyiv[14],[15].
La question d'un transfert vers Lwów apparaît très tôt[15]. Les sources anciennes et l'historiographie polonaise mettent notamment en avant la situation jugée plus favorable de Lwów, ville plus importante, plus peuplée et mieux fortifiée, tandis que Halytch était considérée comme davantage exposée aux incursions tatares[16],[15]. Les premières démarches en ce sens précèdent ainsi de plusieurs décennies la translation effective du siège[15].
Le 28 août 1412, dans le contexte du Grand Schisme d'Occident, l'antipape Jean XXIII, alors reconnu comme pontife dans le royaume de Pologne, promulgue la bulle In eminenti specula militantis Ecclesiae[14],[15]. Celle-ci ordonne le transfert de la métropole de Halytch à Lwów, élève l'église de l'Assomption de la Vierge au rang d'archicathédrale et fixe l'organisation de la nouvelle province ecclésiastique[14],[15].
En 1412, Jan Rzeszowski, membre de la famille Rzeszowski du clan héraldique Półkozic et proche du roi Ladislas II Jagellon, reçoit la provision pour l'archevêché de Halytch[17]. Dans son étude de la métropole léopolitaine publiée en 1758, Christian Gottlieb Friese le présente comme issu d'une « famille très illustre » et souligne le soutien dont il bénéficiait auprès du roi Ladislas II Jagellon[18]. L'exécution de la décision pontificale, retardée par différentes difficultés locales et canoniques, est ordonnée le 30 mai 1414[14],[17] ; la translation est effectivement mise en œuvre au cours de la même année[14],[15]. Jan Rzeszowski devient dès lors le premier archevêque métropolitain latin de Lwów[17],[19].
La province métropolitaine ainsi organisée s'étend alors sur un espace considérable : outre l'archidiocèse de Lwów, elle comprend les diocèses de Przemyśl, Chełm, Kamieniec Podolski, Włodzimierz et Kiev, ainsi que le siège de Siret en Moldavie[14]. Le transfert consacre ainsi Lwów comme l'un des principaux centres ecclésiastiques latins des terres ruthènes de la Couronne et accompagne son affirmation progressive comme centre politique, administratif et religieux de la région[14].
Cette chronologie apparaît déjà dans l'historiographie ancienne. Kasper Niesiecki situe en 1414 le passage de la métropole de Halytch à Lwów sous Jan Rzeszowski[20]. Christian Gottlieb Friese consacre dès le XVIIIe siècle une étude à la métropole léopolitaine et à ses archevêques[18]. L’Encyklopedyja powszechna de 1859 reprend également l'histoire du transfert dans son article consacré à l'archevêché de Lwów[16].
La lignée masculine des Rzeszowski du clan Półkozic s'éteint au milieu du XVe siècle[21],[22]. Des descendances cognatiques se poursuivent cependant et transmettent une partie des biens à d'autres lignées[22],[21]. Une branche du clan Doliwa reprend ainsi le nom Rzeszowski[21],[22] ; celle-ci s'éteint à son tour en ligne masculine en 1583, à la mort sans descendance d'Adam z Żerkowa Rzeszowski[23]. Vers 1583, Zofia Rzeszowska, sœur et héritière d'Adam, épouse Mikołaj Spytek Ligęza, du clan Półkozic, entraînant le passage d'une partie des possessions des Rzeszowski à la famille Ligęza[23].
Dans les sources métriques postérieures de Galicie orientale, le nom Rzeszowski apparaît également sous les graphies Reszowski et Ryszowski[24],[25]. Ces variations s'inscrivent dans le phénomène plus général d'adaptation et de ruthénisation anthroponymiques observé dans les zones de contact linguistique polono-ruthènes[26]. Des phénomènes comparables sont étudiés au sein de la famille Ligęza, également porteuse des armes Półkozic et alliée aux Rzeszowski par le mariage de Zofia Rzeszowska avec Mikołaj Spytek Ligęza, vers 1583[23]. László et Tibor Legeza proposent notamment d'expliquer l'évolution du patronyme Ligęza vers Legęza par son adaptation dans les milieux ruthénophones et gréco-catholiques, puis l'apparition de la forme Legeza par son adaptation aux usages linguistiques hongrois, après l'établissement de certaines branches de la famille en Hongrie[27].
Sous les Habsbourg
modifierLors du premier partage de la république des Deux Nations en 1772, une grande partie des territoires habituellement associés à la Ruthénie rouge est annexée par la Monarchie de Habsbourg et intégrée au nouveau royaume de Galicie et de Lodomérie.
À partir de cette époque, « Galicie » devient la désignation politique et administrative dominante dans l'Empire des Habsbourg. « Ruthénie rouge » continue cependant d'apparaître dans la littérature historique, géographique et érudite[5],[11].
L'expression « Ruthénie rouge » et celle de « Galicie orientale » peuvent donc partiellement se recouvrir dans certains écrits des XIXe et XXe siècles, mais elles ne sont pas rigoureusement synonymes : la première possède une histoire terminologique plus ancienne et plus mouvante.

Époques contemporaine et historiographie nationale
modifierAux XIXe et XXe siècles, la notion de Ruthénie rouge est reprise dans plusieurs traditions historiographiques, notamment polonaise, ukrainienne et russe. Elle se trouve alors associée aux débats sur les frontières historiques, l'origine des populations de la région et l'appartenance des territoires situés entre la Pologne et l'Ukraine modernes.
L'étude des villes tchervènes fournit un exemple particulièrement marqué de cette instrumentalisation historiographique. Katarzyna Błachowska a montré que les historiens polonais, russes et ukrainiens des XVIIIe et XXe siècles ont proposé des lectures parfois radicalement différentes du même espace médiéval[7].
Marcin Wołoszyn a également étudié la manière dont les recherches archéologiques sur la frontière polono-ruthène et sur les villes tchervènes ont été affectées par les bouleversements politiques et territoriaux du XXe siècle, en particulier avant et après la Seconde Guerre mondiale[12].
La recherche actuelle tend donc à distinguer les réalités politiques médiévales des catégories géographiques et nationales construites ou stabilisées beaucoup plus tard.
Souverains nés dans la région
modifierPlusieurs rois de Pologne sont nés dans des territoires appartenant alors à la voïvodie ruthène, c'est-à-dire dans l'espace généralement associé à la Ruthénie rouge à l'époque moderne.
- Michał Korybut Wiśniowiecki naît le 31 mai 1640 à Biały Kamień, localité de la terre de Lwów dans la voïvodie ruthène[28],[29]
- Jean III Sobieski naît le 17 août 1629 au château d'Olesko, également situé dans la voïvodie ruthène[30].
- Stanisław Leszczyński, roi de Pologne à deux reprises avant de devenir duc de Lorraine et de Bar, naît le 20 octobre 1677 à Lwów[31].
Ces naissances illustrent l'importance politique et aristocratique de la Ruthénie de la Couronne aux XVIIe et XVIIIe siècles, loin de l'image d'une simple périphérie du royaume.
Ruthénie rouge et villes tchervènes
modifierLa question du rapport entre le nom « Ruthénie rouge » et celui de Tcherven a suscité une importante littérature.
Une explication traditionnelle rapproche le mot polonais Czerwona (« rouge ») du nom de Tcherven et suppose que la Ruthénie rouge aurait reçu son nom des villes tchervènes. Cette interprétation a longtemps été largement diffusée.
Les travaux de Iaroslav Issaïevytch et d'Andrzej Janeczek invitent cependant à ne pas considérer cette étymologie comme démontrée. La chronologie des attestations pose notamment problème : le toponyme Tcherven et les villes tchervènes sont attestés dans les sources relatives au haut Moyen Âge, tandis que « Ruthénie rouge » apparaît comme une appellation géographique bien plus tardive et dont la localisation a d'abord été instable[11],[6].
L'assimilation entre les deux notions est également compliquée par leur extension géographique. Les villes tchervènes sont principalement étudiées comme un ensemble du bassin du moyen Boug, centré notamment autour de Czermno et Gródek, alors que la Ruthénie rouge a fréquemment désigné un espace nettement plus vaste englobant la Galicie et les anciennes voïvodies ruthène et de Bełz[7],[12].
Ainsi, les expressions « villes tchervènes » et « Ruthénie rouge » ne peuvent être utilisées comme de simples synonymes.
Cartographie et historiographie
modifierL'histoire de la Ruthénie rouge illustre les difficultés liées à l'emploi de catégories géographiques anciennes pour décrire l'Europe orientale médiévale et moderne.
Les appellations colorées de la Rus' — Ruthénie rouge, Ruthénie blanche et Ruthénie noire — n'ont pas toujours désigné des ensembles stables ou complémentaires. Leur localisation varie selon les auteurs, les traditions cartographiques et les périodes considérées[11].
La documentation cartographique est à cet égard particulièrement révélatrice : certaines cartes anciennes placent la « Russie rouge » (Ruthénie rouge) dans des régions éloignées de la Galicie, alors qu'à l'époque moderne l'expression tend progressivement à se fixer sur l'ouest des terres ruthènes relevant de la Couronne de Pologne[11],[5].
Les historiens contemporains distinguent donc plusieurs réalités souvent superposées dans la littérature plus ancienne :
- les villes tchervènes des Xe et XIIIe siècles ;
- les principautés de Halytch et de Volhynie, puis la principauté de Galicie-Volhynie ;
- la Ruthénie intégrée à la Couronne de Pologne à partir du XIVe siècle ;
- les voïvodies ruthène et de Bełz ;
- la Galicie des Habsbourg à partir de 1772 ;
- et la « Ruthénie rouge » en tant que notion géographique et historiographique.
Ces ensembles se recouvrent partiellement mais ne sont ni chronologiquement ni territorialement identiques[6],[13].
Notes et références
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Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- (uk) « Червона Русь », sur Енциклопедія історії України, Інститут історії України НАН України
- (en) « Chervona Rus’ », sur Internet Encyclopedia of Ukraine, Canadian Institute of Ukrainian Studies