Ryszard Kapuściński
Ryszard Kapuściński[1], né le à Pinsk, alors en Pologne et actuellement en Biélorussie, et mort le à Varsovie, est un écrivain et journaliste polonais.
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Académie européenne des sciences et des arts PEN Club polonais (d) Association des écrivains polonais (en) |
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Ses reportages réalisés au cœur de l'Afrique et auprès de ses populations, ses analyses du régime du chah d'Iran et ses descriptions de l'Europe communiste lui ont valu une notoriété internationale.
Considéré comme l'un des auteurs polonais les plus traduits à l'étranger, il a été plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel de littérature.
Biographie
modifierOrigines, formation et débuts
modifierRyszard Kapuściński naît dans une famille d'enseignants. Son père participe à la résistance polonaise contre l'occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, puis contre l'occupation soviétique.
Le jeune Ryszard fait ses débuts littéraires à l'âge de dix-sept ans dans la revue hebdomadaire Dziś i Jutro. Après avoir obtenu son baccalauréat au lycée Staszic de Varsovie, il étudie l'histoire à l'université de Varsovie. Il fait ses débuts dans le journalisme en écrivant pour le Sztandar Młodych.
En 1956, il reçoit la Croix d'or du Mérite pour son reportage To też jest prawda o Nowej Hucie, consacré aux difficiles conditions de travail et de vie des ouvriers sur les chantiers de Nowa Huta. La même année, il effectue son premier voyage hors d'Europe, en Inde. Il quitte le journal en 1958, après le renvoi de la rédaction, qui avait soutenu l'hebdomadaire Po prostu, critique à l'égard du pouvoir en place.
Parcours
modifierKapuściński rejoint ensuite l'hebdomadaire Polityka. En 1961, il effectue un reportage en république du Congo. Il raconte sa fuite du pays dans La Guerre du foot.
À partir de 1962, il travaille pour l'Agence de presse polonaise comme correspondant permanent en Afrique, en Amérique latine et en Asie. Il assiste à la chute de l'empire d'Haïlé Sélassié en Éthiopie, à celle du régime du chah d'Iran ainsi qu'à la guerre de Cent Heures, dite « guerre du Football », entre le Salvador et le Honduras. Il raconte ces événements dans plusieurs de ses ouvrages.
À partir de 1974, il travaille également pour l'hebdomadaire Kultura. En 1975, il est le premier journaliste à faire état de l'intervention de l'armée sud-africaine en Angola[2]. Ami de Salvador Allende, il est membre du Parti ouvrier unifié polonais de 1953 à 1981.
Le journaliste italien Tiziano Terzani et Ryszard Kapuściński partagent une même conception du journalisme[3]. Kapuściński expose sa conception du métier en 2000 dans le livre en italien Il cinico non è adatto a questo mestiere: conversazioni sul buon giornalismo, traduit en français sous le titre Les Cyniques ne sont pas faits pour ce métier : conversations sur le bon journalisme. Il poursuit cette réflexion en 2003 dans Autoportret reportera, traduit en français sous le titre Autoportrait d'un reporter.
Prix et distinctions
modifierLe livre Imperium, paru en 1993, reçoit en 1995 le prix de l'Astrolabe au festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo[4]. Kapuściński y décrit la chute de l'URSS comme le dernier processus de décolonisation du XXe siècle[5]. Son analyse à l'échelle mondiale le distingue des journalistes et écrivains occidentaux qui parcourent le pays au début des années 1990 et se concentrent sur le communisme ou sur les relations entre l'Europe et la Russie[5].
Son livre Ébène est élu meilleur livre de l'année 2000 par la rédaction de Lire. Il reçoit ensuite le prix Tropiques en 2002, attribué par le Sénat, puis le prix Princesse des Asturies en 2003.
Il reçoit le titre de docteur honoris causa de l'université Jagellonne en 2004[6].
Bibliographie
modifierŒuvres traduites en français
modifier- D'une guerre à l'autre (Jeszcze dzień życia), 1976.
- La Guerre du foot et autres guerres et aventures (Wojna futbolowa), 1978, réédité chez Plon en 2003, puis sous le titre Il n'y aura pas de paradis chez Pocket en 2004.
- Le Négus (Cesarz), 1978.
- Le Shah (Szachinszach), 1982.
- Imperium (Imperium), 1993.
- Ryszard Kapuściński (trad. du polonais), Ébène : aventures africaines [« Heban »], Paris, Pocket, (1re éd. 1998), 372 p. (ISBN 978-2-266-11458-5 et 2-266-11458-1).
- Ryszard Kapuściński (trad. du polonais par Véronique Patte), Mes voyages avec Hérodote [« Podróże z Herodotem »], Paris, Pocket, (1re éd. 2004), 341 p. (ISBN 978-2-266-17301-8).
- Ryszard Kapuściński (trad. du polonais), Autoportrait d'un reporter, Paris, Flammarion, , 95 p. (ISBN 978-2-08-124003-2 et 2-08-124003-3), publié à titre posthume.
- Ryszard Kapuściński (trad. du polonais par Véronique Patte), Le Christ à la carabine : récit [« Chrystus z karabinem na ramieniu »], Paris, Plon, , 166 p. (ISBN 978-2-259-21108-6).
- Ryszard Kapuściński (trad. du polonais par Véronique Patte), Cet autre [« Ten Inny »], Paris, Pocket, , 81 p. (ISBN 978-2-266-20057-8).
Ouvrages sur Kapuściński
modifier- (pl) Beata Nowacka et Zygmunt Ziątek, Ryszard Kapuściński : Biografia pisarza, Cracovie, Znak, , biographie traduite en italien et en espagnol.
- Artur Domosławski (trad. Laurence Dyèvre), Le Vrai et le Plus que vrai : Ryszard Kapuściński, Les Arènes, (ISBN 978-2-35204-162-7), publié en polonais sous le titre Kapuściński Non-Fiction. L'éditeur polonais retire le livre des librairies en 2013 et présente ses excuses à Alicja Kapuścińska et à sa fille. Beata Nowacka et Zygmunt Ziątek consacrent également un ouvrage à cette controverse : Literatura „non-fiction”. Czytanie Kapuścińskiego po Domosławskim[7].
- Christophe Brun, « Ryszard Kapuściński, Hailé Sélassié : la solitude du coureur de fond », préface à la réédition de Ryszard Kapuściński, Le Négus, Paris, Flammarion, coll. « Champs histoire », 2011, p. III-XXXIV.
Adaptations et documentaires
modifier- L'Afrique vue par Ryszard Kapuściński, documentaire d'Olga Prud'homme Farges, coproduit par Arte, Kolam Productions et la Compagnie des Phares et Balises, diffusé le sur Arte.
- Another Day of Life, film de Raúl de la Fuente et Damian Nenow, sorti en 2018[8]. Ce long métrage adapte le livre consacré aux trois mois passés par Ryszard Kapuściński en Angola pendant la guerre froide.
Notes et références
modifier- ↑ ⓘ.
- ↑ Augusta Conchiglia, « Ingérences occultées en Angola », Le Monde diplomatique, (lire en ligne).
- ↑ (en) « Kapuściński & Terzani », sur TerzaniTiziano.info.
- ↑ « Saint-Malo Archives : remise du prix de l'Astrolabe au festival Étonnants Voyageurs », sur Étonnants Voyageurs.
- 1 2 Sophie Cœuré, « Le périple de Kapuscinski », L'Histoire, nos 485-486, , p. 98.
- ↑ (pl) « Doktorzy honoris causa », sur Université Jagellonne.
- ↑ (en) « Literatura „non-fiction”. Czytanie Kapuścińskiego po Domosławskim », sur Wydawnictwo Uniwersytetu Śląskiego (consulté le ).
- ↑ (en) « Another Day of Life », sur Internet Movie Database (consulté le ).
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifier- Liste alphabétique d'écrivains polonais
- Another Day of Life, film de 2018
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la littérature :
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressource relative au spectacle :
- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Ressource relative à la musique :
- Ressource relative à la recherche :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- « Saint-Malo Archives : remise du prix de l'Astrolabe au festival Étonnants Voyageurs », sur Étonnants Voyageurs.
- « Article sur le génocide », sur Le Monde diplomatique.
- (es) « Entretien avec Ryszard Kapuściński », sur Letras Libres.
- Pierre Haski, « Le passé rattrape le journaliste globe-trotter Kapuscinski », sur Rue89, .