Sœurs de la charité de Montréal

congrégation religieuse féminine
(Redirigé depuis Sœurs Grises)

Les Sœurs de la Charité de Montréal, plus communément appelées Sœurs Grises, forment une congrégation religieuse féminine de droit pontifical œuvrant dans le domaine caritatif et hospitalier. Elles sont des pionnières des services sociaux et des soins infirmiers à Montréal et, plus largement, au Canada et dans le nord-est des États-Unis, où elles ont fondé de nombreux établissements.

Sœurs de la Charité de Montréal
Image illustrative de l’article Sœurs de la charité de Montréal
Marguerite d'Youville, fondatrice des Sœurs Grises, d'après un tableau de sœur Flore Barette (1959)
Institut de droit pontifical
Approbation diocésaine
par Mgr Henri-Marie du Breil de Pontbriand
Approbation pontificale
par Pie IX
Institut congrégation religieuse
Type apostolique
Règle Règles et constitutions des Sœurs de la Charité de Montréal
But Œuvres caritatives et médicales
Structure et histoire
Fondation 31 décembre 1737
Ville-Marie (Montréal)
Fondateur Marguerite d'Youville
Abréviation S.G.M.
Autres noms Sœurs Grises
Branche(s) Sœurs de la charité de Saint-Hyacinthe
Sœurs de la charité d'Ottawa
Sœurs de la charité de Québec
Site web Site officiel
Liste des ordres religieux

Fondées à Montréal par Marguerite d'Youville en 1737, elles connaissent d'abord des premières années difficiles avant de se voir confier la gestion de l'Hôpital général des Frères Charon en 1747 par l'intendant de la Nouvelle-France et l'évêque de Québec. Sous leur gouverne, l'hôpital, initialement réservé aux hommes, ouvre ses portes aux femmes et aux jeunes filles, aux orphelins, aux bébés abandonnés, aux soldats, aux esclaves et même aux prostituées.

Lourdement affectées par la fin du Régime français, les Sœurs Grises connaissent d'importantes difficultés financières et matérielles à la fin du XVIIIe siècle. Elles connaissent par la suite une croissance importante vers le milieu du XIXe siècle, dans le contexte du renouveau catholique qui touche Montréal à cette époque. Ce dernier, marqué par une hausse des vocations, permet aux Sœurs Grises de s'étendre d'abord à Montréal, où elles multiplient les fondations caritatives et hospitalières, puis ailleurs au Canada, où les établissements qu'elles fondent deviennent la base de congrégations autonomes qui existent encore aujourd'hui. Elles prennent aussi part aux missions dans l'Ouest canadien, où elles administrent plusieurs hôpitaux et écoles. Elles sont impliquées dans le système des pensionnats autochtones au Canada.

Les Sœurs Grises continuent leurs efforts missionnaires au XXe siècle en Amérique du Sud et en Afrique. Elles connaissent toutefois un important déclin dans la seconde moitié du XXe siècle, dans le contexte de la Révolution tranquille et de l'étatisation des soins de santé et des services sociaux. Cette époque est marquée par la fermeture de plusieurs établissements qu'elles gèrent dans la province et par la cession de leurs hôpitaux au gouvernement du Québec.

Fondation de la congrégation et développement sous le Régime français

modifier

Fondation par Marguerite d'Youville

modifier

Après le décès de son mari en 1730, Marguerite d'Youville vit une crise morale qui intensifie sa piété[1]. Encouragée par les Sulpiciens, qui sont alors seigneurs de l'île de Montréal, elle devient membre de plusieurs confréries laïques . C'est ainsi que se développe chez elle le désir d'aider les personnes démunies. En 1737, Marguerite accueille chez elle une première pensionnaire, Françoise Auzon, une veuve âgée et aveugle[1].

Le 31 décembre 1737, Marguerite et trois autres femmes qui vivent avec elle, Marie-Louise Thaumur de La Source, Catherine Cusson et Marie Catherine Demers Dessermont[2], prononcent secrètement leurs vœux religieux. En effet, elles n'ont pas obtenu l'autorisation du roi de France Louis XV, qui veut limiter la création de nouvelles congrégations religieuses[3]. Afin d'encadrer les pratiques de leur communauté, elles rédigent le lendemain une première règle sur des feuilles volantes[4]. En 1738, elles déménagent avec leurs pensionnaires dans une maison plus grande située sur la rue Notre-Dame, la maison Le Verrier. La petite communauté vit alors de l'argent qu'elle gagne en échange de menus travaux[1].

Les religieuses sont surnommées Sœurs Grises parce qu'elles portent des habits gris comme ceux des Récollets[4]. Depuis le Moyen Âge, il existe aussi dans le nord de la France, en Flandre et dans le Saint-Empire romain germanique des communautés de béguines, qu'on surnomme souvent « sœurs grises »[5]. Ces femmes, comme les Sœurs de la Charité de Montréal, étaient des célibataires ou des veuves qui vivaient en communauté sans vœux formels et qui s'occupaient des pauvres et des malades[6].

Marguerite d'Youville et les premières Sœurs Grises prennent leurs habits (gravure anonyme, 1854)

À Montréal, les Soeurs Grises font initialement face à certains préjugés de la part de la société[4]. Les premiers biographes de Marguerite d'Youville, son fils Charles d'Youville Dufrost et Antoine Sattin, y feront plus tard allusion[7]. Ces derniers indiquent qu'on les appelait « sœurs grises » parce qu'on disait qu'elles s'enivraient et qu'elles vendaient de l'eau-de-vie aux Premières Nations, comme l'avait fait le mari de Marguerite[4]. Cette antipathie s'explique en partie par leur proximité avec les Sulpiciens, qui entretiennent des relations tendues avec les habitants de Montréal et le reste du clergé de la Nouvelle-France[1]. En 1738, les Sulpiciens veulent confier aux Sœurs Grises la gestion de l'Hôpital général des Frères Charon, un établissement fondé au siècle précédent et qui connait à l'époque d'importantes difficultés financières[8]. L'opposition du gouverneur de la ville et de plusieurs notables, officiers militaires et marchands, qui s'adressent directement au secrétaire d'État de la Marine, fait échouer ce projet[1]. À la même époque, entre 1738 et 1744, les archives du tribunal du bailliage de Montréal montrent que les Sœurs Grises doivent intenter des procédures judiciaires contre des mauvais débiteurs à seize reprises. Cela contribue peut-être à la perception négative des habitants de Montréal envers cette nouvelle congrégation, dont la fondatrice entend faire respecter les droits[9]. La survie de leur œuvre dépend cependant de cette gestion rigoureuse.

Établissement à l'Hôpital général de Montréal

modifier

Les Sœurs Grises connaissent des premières années difficiles, ce qui ralentit leur développement. Catherine Cusson, une des fondatrices de la congrégation, meurt en 1741 de la tuberculose. Jusqu'en 1745, Marguerite d'Youville est aussi affligée par une maladie au genou que les médecins ne parviennent pas à traiter[10]. En janvier 1745, un incendie détruit la maison Le Verrier[11]. Par ailleurs, en 1742, Catherine de Rainville rejoint la communauté. En 1744, une cinquième femme, Thérèse Laserre-Laforme, fait de même[12]. Peu après l'incendie, les Sœurs Grises signent des vœux informels d'obéissance, de soumission et de dépouillement rédigés avec l'aide du supérieur des Sulpiciens de Montréal, Louis Normant du Faradon[1]. Ce document, connu sous le nom d'Engagements primitifs, s'ajoute à la première règle de 1738[13].

Dessin de la façade de l'Hôpital général (vers 1747)

Après l'incendie de 1745, les Sœurs Grises et leurs pensionnaires déménagent à plusieurs reprises. Elles vivent d'abord dans une maison de la rue Saint-Paul qui leur est prêtée par un marchand montréalais ; puis dans une maison plus grande qu'elles louent sur la rue Notre-Dame, près de l'église des Récollets ; puis encore dans une maison qui leur est cédée par la fille de l'ancien gouverneur de Montréal, Claude de Ramezay. Le marchand Paul-Alexandre d'Ailleboust leur loue finalement une maison située sur l'actuelle place d'Armes[14]. En août 1747, les Sœurs Grises se voient enfin confier par l'intendant Gilles Hocquart et l'évêque de Québec, Mgr Henri-Marie du Breil de Pontbriand, la gestion de l'Hôpital général des Frères Charron[8], lourdement endetté[15], et qu'elles parviendront assez rapidement à redresser[1]. Marguerite d'Youville résume ainsi, dans son journal, l'état de la congrégation qu'elle a fondée et de l'établissement qui vient de lui être confié:

« L'an 1747 le premier de septembre j'ay receu les patentes de messieurs l'Évêque, le Général et l'Intendant pour administrer les biens de l'hôpital général et y soigner les pauvres avec mes associées qui sont Marie Louise Lasource âgée de 39 ans, Marie Catherine Dessermont âgée de 49 ans, Catherine Rinville âgée de 37 ans, entrée le 14 septembre 1741, Thérèse Laforme âgée de 34 ans, entrée le 23 septembre 1744, Agathe Veronneau âgée d'environ 40 ans qui n'est pas encore agrégée à la société, entrée le 10 février 1746, Marguerite Térèse Despins âgée de 28 ans, pensionnaire depuis 9 ans.

Nous avons trouvé dans ledit hôpital quatre pauvres: Jean Barrier âgé de 88 ans, Louis Lemagre âgé de 80 ans, Louis Moro âgé de 74 ans, Pierre LeBeuffe âgé de 73 ans.

Nous y avons mené Françoise Oson femme de Pierre Lebeuffe qui est aveugle depuis quatorze ans et qui est avec nous depuis le 21 novembre 1737, Marie Morin veuve Tomas paralytique âgée d'environ 90 ans entrée le 20 avrilye 1747, Marie Joseph Bourjoli âgée de 23 ans entrée le 12 juillette 1741, Antoinette Arelle âgée de 26 ans entrée le 2 novembre 1741, Marie Joseph Latreilye âgée de 34 ans entrée le 28 aoust 1743, Térèse Lagarde âgée de 15 ans entrée le 25 avrilye 1742, Angélique Brindamour âgée de 6 ans entrée le 25 juillet 1747, Marie Louise du Bralye âgée de 16 ans payant 120 livres de pension entrée le 14 septembre 1747 »[16].

La congrégation compte alors cinq professes, avec Marguerite d'Youville, ainsi qu'une novice, Agathe Véronneau. Celle-ci fera sa profession de foi en août 1749, en même temps que deux autres pensionnaires, Marie-Antoinette Arelle et Marie-Joseph Bénard Bourjoli, qui avaient entre-temps été acceptées comme novices[12]. Peu après la prise en charge des Sœurs Grises, l'hôpital, qui jusqu'alors ne desservait que les hommes[17], ouvre ses portes aux femmes, aux soldats infirmes et aux prostituées, ces dernières accueillies jusque vers 1765[10]. On y trouve aussi dès 1748 un orphelinat qu'on appelle Saint-Mathieu[18]. L'Hôpital général des Sœurs Grises est ainsi avant tout un établissement d'hébergement et non, comme l'Hôtel-Dieu de Montréal, un établissement de santé[19]. Il ne sera jamais, durant toute son histoire, un hôpital au sens moderne du terme. Il deviendra cependant un hôpital de débordement lors des épidémies qui frappent Montréal.

Comme la plupart des congrégations religieuses, une partie des nobles, des militaires et des négociants, les Sœurs Grises possèdent alors des esclaves[20]. À cette époque, on en compte six ou sept à l'Hôpital général[20], y compris les trois laissés en héritage à Marguerite d'Youville par son mari[21]. La plupart d'entre eux sont toutefois eux-mêmes des pensionnaires, soit parce qu'ils ont été abandonnés par leurs propriétaires au moment où ceux-ci sont rentrés en France[22], soit parce qu'ils sont en fin de vie[21]. La congrégation elle-même ne participe pas à la traite[21]. Durant le XVIIIe siècle, l'Hôpital général accueillera en tout et pour tout 121 esclaves, dont 101 Autochtones et 20 Africains[22].

Reconnaissance officielle des Sœurs de la Charité de Montréal

modifier

Au moment de la reprise de l'Hôpital des Frères Charron, en 1747, les Sœurs Grises ne jouissent toujours d'aucune reconnaissance par l'État malgré les efforts de Marguerite d'Youville ainsi que le soutien des Sulpiciens et de l'évêque de Québec[23]. Elles subissent même à cette époque d'importants revers. En 1748, le nouvel intendant de la Nouvelle-France, François Bigot, entretient l'idée de leur retirer la gestion de l'Hôpital général pour la confier aux Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph, qui administrent l'Hôtel-Dieu de Montréal. Ce projet ne se réalise pas, mais en 1750, malgré la bonne gestion des Sœurs Grises, l'intendant et Mgr de Pontbriand ordonnent cette fois la fusion de l'Hôpital général de Montréal avec celui de Québec, qui est sous la responsabilité des Augustines[10].

Dans leur lutte pour obtenir une reconnaissance officielle du pouvoir royal, les Sœurs Grises bénéficient toujours du soutien des Sulpiciens. Pour s'opposer à la fusion des deux hôpitaux, elles obtiennent aussi l'aide des élites montréalaises, qui ont eu le temps de les apprécier[24]. En décembre 1751, l'ordonnance de l'intendant Bigot est révoquée. Quelques mois plus tard, en mai 1752, Louis XV ordonne qu'un contrat soit passé avec les Sœurs Grises afin de régler la question de l'administration de l'Hôpital général, ce qui est fait que quatre mois plus tard, en septembre, après de nombreuses tractations et négociations. De plus, la congrégation obtient finalement ses lettres patentes en juin 1753[25]. En 1755, lors de sa première visite, l'évêque de Québec approuve la règle de 1737[1]. C'est la fin d'un processus de reconnaissance officielle par l'Église et par l'État qui aura duré presque vingt ans.

Développements et difficultés à la fin du Régime français

modifier

La reconnaissance officielle de la congrégation rend le recrutement plus facile. Durant ces années, plusieurs sœurs font leur profession de foi. C'est le cas en 1753 de Thérèse-Marguerite Lemoine-Despins, une ancienne pensionnaire vivant depuis 1739 avec les Sœurs Grises[26], de Marie-Joseph Gosselin en 1754, de Thérèse Beaufrère en 1755 et de Marie-Louise Lanouillier de Boisclair en 1756. Marianne-Claude Varambourville, Marie-Apolline Dussault et Marie-Geneviève Gosselin, font de même en décembre 1759[12]. Afin de redresser les finances de l'Hôpital général, les religieuses s'adonnent au commerce ainsi qu'à des menus travaux comme la couture et la broderie[1]. Elles donnent aussi à leur établissement une vocation supplémentaire en y accueillant dès 1754 des bébés abandonnés[27]. Cette œuvre, qui sera connue plus tard sous le nom de « crèche » d'Youville, témoigne, tout comme l'orphelinat, que les soins à l'enfance comptent parmi les premières activités de la congrégation, ce qui perdurera jusqu'au XXe siècle[28].

En 1755, Montréal est frappée par une importante épidémie de variole[29] et pour la première fois, les Sœurs Grises accueillent et soignent des malades. Comme elles ne sont pas cloîtrées, au contraire des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph, certaines sœurs partent offrir des soins aux Anishinabegs et Nbisiings vivant dans la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes, qui appartient aux Sulpiciens[30]. Au cours de la guerre de Sept Ans, l'Hôpital général de Montréal accueille les soldats blessés, non seulement des Français mais aussi des Anglais, pour lesquels on aménage une « salle aux Anglais »[31].

En 1757, les sœurs font construire un mur autour des bâtiments, situés à l'extérieur des fortifications de Montréal[32]. Des travaux d'agrandissement de l'hôpital sont entrepris la même année mais sont rapidement interrompus par manque de fonds. Ils ne reprendront pas avant le siècle suivant[33]. Les bâtiments sont toutefois épargnés par la guerre. Il faut dire que même avant la capitulation de Montréal, les Britanniques entretiennent des relations cordiales avec les Sœurs Grises puisqu'elles soignent leurs soldats[31]. Cela dit, la Conquête et le changement de régime vont signer le début d'une époque difficile pour la congrégation[34].

Sous le régime britannique

modifier

Précarité à la fin du XVIIIe siècle

modifier

La capitulation de Montréal en septembre 1760 marque la fin du régime français. Dès lors, les Sœurs Grises, qui fournissaient des rations et des vêtements aux soldats français, font face à d'importantes difficultés financières puisqu'elles se voient privées de plusieurs sources de revenus. Dans l'immédiat, la congrégation, qui reçoit aussi des dons de particuliers, doit vivre seulement des revenus de ses terres[35]. Elle parvient toutefois à redresser sa situation financière en quelques années. En 1763, à la fin du régime militaire, elle peut s'appuyer, en principe, sur un surplus de près de 37 000 livres[31]. Pour en bénéficier toutefois, il faudrait que l'importante somme de 120 800 livres due par le gouvernement français leur soit entièrement remboursée[36]. Or, cela ne sera fait que très partiellement et très progressivement, à partir de 1765[37]. Cette année-là, par ailleurs, la congrégation rachète la seigneurie de Châteauguay à sa propriétaire, Marie Robutel de Lanouë, pensionnaire à l'Hôpital général[1].

La capitulation de Montréal, le 8 septembre 1760

En mai de la même année, un incendie majeur dévaste Montréal, y compris l'Hôpital général, dont il ne subsiste que les murs de pierre, la brasserie et le moulin[38]. Pendant un temps, les Sœurs Grises et leurs 114 pensionnaires sont logés à l'Hôtel-Dieu de Montréal, situé sur la rue Saint-Paul[10]. Les religieuses ne peuvent réintégrer leur établissement que sept mois plus tard, en décembre, après d'importants travaux financés par les Sulpiciens[15], les dons des Montréalais et, plus étonnant, par les habitants de Londres[38].

Malgré les importantes difficultés financières et matérielles auxquelles fait face la congrégation durant les premières années du Régime britannique, celle-ci accueille de nouvelles professes. Ainsi, Thérèse-Geneviève Coutlée fait sa profession de foi en 1764, Marie-Madeleine Pampalon en 1765, Barbe-Françoise Prud'homme en 1766, Marie-Elisabeth Bonnet en 1769 et Catherine-Marie de La Pérelle en 1771[12]. Celle-ci est la dernière sœur admise du vivant de Marguerite d'Youville, qui meurt le 23 décembre 1771, des suites d'un accident vasculaire cérébral[1].

Marguerite-Thérèse Lemoine Despins est élue pour lui succéder comme supérieure[26]. Elle poursuit l'œuvre caritative de Marguerite d'Youville et diversifie les petits travaux, ce qui permet à la congrégation d'assurer sa propre subsistance et celle de ses pensionnaires. Mère Lemoine Despins doit aussi régler des ennuis légaux avec les Mohawks du Sault-Saint-Louis, qui disputent à la congrégation une partie de la seigneurie de Châteauguay. Elle y fait ensuite reconstruire le manoir de l'île Saint-Bernard, qui fait partie de la seigneurie[26].

L'Hôpital général et ses différentes phases de construction de 1765 à 1871

En 1781, le supérieur des Sulpiciens de Montréal, Étienne Montgolfier, rédige les premières constitutions officielles de la congrégation, auxquelles il incorpore le premier règlement de 1738 et les Engagements primitifs de 1745. L'évêque de Québec, Mgr Jean-Olivier Briand, les approuve alors définitivement[26]. En vertu de ces constitutions, les Sœurs Grises ne sont pas des religieuses, mais forment une communauté de femmes qui conservent leurs privilèges et leurs droits de personnes séculières[39]. Elles deviennent, après les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, fondée par Marguerite Bourgeoys, les deuxièmes dans la colonie à être constituées selon ce nouveau modèle, qui se généralisera dans l'Église au XIXe siècle.

La fin des années 1780 est un autre moment difficile[40]. Le 1er janvier 1789, en débordant, la rivière Saint-Pierre inonde l'Hôpital général, qui demeure isolé pendant plusieurs semaines. Puis, à partir de 1791, la Révolution française prive aussi la congrégation du revenu de ses placements qu'elle avait fait en France avant la Conquête[41]. En 1792, après la mort de mère Lemoine-Despins, Mère Thérèse-Geneviève Coutlée est élue supérieure[42].

Prospérité et expansion de l'Hôpital général au début du XIXe siècle

modifier

Après plusieurs décennies de précarité, la situation financière de la congrégation commence à s'améliorer au tournant du XIXe siècle[40]. En 1801, la Chambre d'assemblée du Bas-Canada adopte une loi prévoyant le versement d'une subvention annuelle renouvelable à toutes les congrégations qui décideraient de soigner des personnes atteintes d'une maladie mentale et le paiement par le gouvernement de la construction des bâtiments pour les loger. La congrégation des Sœurs Grises accepte cette nouvelle œuvre. Celle-ci sera toutefois abandonnée vers 1837, et le bâtiment détruit en 1844[41].

Finalement, à partir de 1820, les Sœurs Grises réussissent à consolider réellement leur situation financière, avec l'aide des Sulpiciens[34]. En effet, avec la Restauration, elles peuvent de nouveau jouir de leurs revenus de placements en France[43]. Le Sulpicien Jean Thavenet, qui représente les intérêts de plusieurs congrégations religieuses canadiennes en Europe[44], leur fait parvenir près de 200 000 livres[43]. En 1821, les recettes annuelles de l'établissement comptent désormais près de 76 000 livres contre 23 000 livres en 1792[43].

Cette nouvelle aisance permet à la congrégation de réaliser de véritables travaux sur l'Hôpital général: d'abord des réparations et de l'entretien, puis, à partir d'octobre 1822, et au long de plusieurs décennies, agrandissements, nouvelles constructions et réfection de la chapelle[43]. Au milieu du XIXe siècle, l'Hôpital général compte trois parties distinctes: une aile pour la congrégation, une chapelle et une aile pour les pensionnaires[45]. Parallèlement, la congrégation elle-même ainsi que son œuvre connaissent une croissance importante, sous la direction successive des mères Marie-Marguerite Lemaire, Marguerite Trottier de Beaubien, Elizabeth Forbes McMullen et Rose Coutlée. Celles-ci continuent ce qui a été commencé à l'époque de Marguerite d'Youville, comme le soin des pauvres (ou des soldats, par exemple durant la Guerre de 1812). En 1840, la communauté compte près de 200 sœurs[46], dont 33 professes et des novices[34]. En 1840, elles ont à charge 297 pauvres, 154 bébés trouvés et environ 300 orphelins[19].

Plan de l'Hôpital général par H.M. Perrault (1868)

Parmi ces orphelins, les petits Irlandais se font plus nombreux à mesure de l'immigration en provenance d'Irlande augmente tout au long de la première moitié du XIXe siècle. Celle-ci est provoquée entre autres par la fin des guerres napoléoniennes en 1815 puis par la grande famine de 1845[47]. L'épidémie de typhus qui s'étend au Canada-Est frappe tout particulièrement les immigrants irlandais qui l'ont emportée avec eux, et fait de nombreux orphelins dans ce groupe[19].

Les congrégations religieuses sont fortement impliquées dans la gestion de cette épidémie, qui tue, à Montréal seulement, plusieurs milliers de personnes[19], dont 6000 Irlandais[47]. Les Sœurs Grises, avec les Sulpiciens, sont les premières à assister les malades. Elles se portent volontaires auprès du gouvernement qui, soucieux de limiter les coûts, accepte volontiers ce service[48]. Les religieuses quittent l'Hôpital général, non seulement pour soigner à domicile, ce qu'elles font depuis les tout débuts de la congrégation, mais aussi pour se rendre dans les sheds du Goose Village, où les autorités entassent les malades irlandais nouvellement immigrés[19]. Là, elles sont confrontées à l'attitude conflictuelle, voire hostile, des employés de l'État et des médecins, des protestants pour la plupart[48]. Plusieurs Sœurs Grises tombent malades, et cinq meurent. Elles sont donc graduellement remplacées par les Sœurs de la Providence et par les Hospitalières de l'Hôtel-Dieu[49].

Développement de l'œuvre des Sœurs Grises durant la seconde moitié du XIXe siècle

modifier

Consolidation de l'Église, des congrégations et des Sœurs Grises de Montréal

modifier

Vers le milieu du XIXe siècle, Montréal est marquée par un renouveau religieux qui coïncide avec le début de l'épiscopat de Mgr Ignace Bourget[50]. De nouvelles congrégations religieuses masculines venues d'Europe s'implantent dans la ville entre 1841 et 1847, comme les Oblats de Marie-Immaculée, les Jésuites, les Clercs de Saint-Viateur et les Religieux de Sainte-Croix[51].

Des congrégations féminines françaises aussi sont invitées par Mgr Bourget à s'installer dans la métropole, comme les Dames du Sacré-Cœur et les Sœurs du Bon-Pasteur d'Angers. Par ailleurs, l'évêque suscite des fondations canadiennes. Il encourage Rosalie Cadron-Jetté à fonder les Sœurs de la Miséricorde de Montréal afin de réhabiliter les mères célibataires. Il œuvre aussi pour la fondation de congrégations ailleurs dans son diocèse: les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie sont fondées à Longueuil en 1843 et les Sœurs de Sainte-Anne, à Vaudreuil en 1847[51]. Prolongeant l'œuvre laïque d'Émilie Gamelin, Mgr Bourget fonde lui-même les Sœurs de la Providence en 1843. Comme les Sœurs Grises, cette nouvelle congrégation est active surtout le secteur des services sociaux et connaîtra d'emblée des développements importants[49]. Les années 1840 marquent ainsi un tournant majeur dans le développement des congrégations religieuses au Québec: leur nombre triple en dix ans[52]. Montréal devient ainsi à cette époque le plus important centre de charité au pays[53].

Les Sœurs Grises bénéficient elles aussi de cette atmosphère de revitalisation de la vie religieuse[54]. Leur nombre passe de 33 professes en 1840 à 327 en 1900, une augmentation de 891%[19]. Jusqu'alors assez rares, les vocations se font à partir de 1840 beaucoup plus fréquentes au sein des trois grandes congrégations religieuses féminines montréalaises[55]. Cette croissance s'explique peut-être par l'alternative au mariage que constitue la vie religieuse, qui permet à certaines femmes de jouir d'une plus grande autonomie[55]. Une telle croissance des vocations rend possible la fondation par la congrégation de nombreuses nouvelles œuvres dans la ville même de Montréal mais aussi ailleurs dans le diocèse, et même beaucoup plus loin.

De nouvelles œuvres sociales pour répondre à des besoins nombreux et variés

modifier

Entre 1847 et 1848, les religieuses fondent deux institutions dédiées aux Irlandais: l'orphelinat Saint-Patrice, situé tout près de l'église Saint-Patrick, et le refuge Sainte-Brigitte, qui accueille des jeunes filles[19]. Elles diversifient plus tard leurs activités en servant les vieillards, les sans-abri et les pauvres irlandais[19].

En 1854, les religieuses reprennent la gestion de l'hospice Saint-Joseph, fondé quelques années plus tôt par Olivier Berthelet[56]. Sous leur gouverne, l'établissement abrite un orphelinat, un foyer pour les personnes âgées ainsi qu'une salle d'asile (un service de garde). Offrir de garder les enfants durant la journée de travail de leur mère constitue une nouveauté dans le Montréal du milieu du XIXe siècle. Cette œuvre, imaginée par le sulpicien Benjamin-Victor Rousselot, ouvre ses portes en 1859 et est confiée à sœur Julie Gaudry[19].

La Salle des enfants de l'hospice Saint-Joseph (1896)

Ainsi, les établissements repris ou ouverts par la congrégation sont situés dans divers quartiers de l'ouest de la ville et ils hébergent presque tous des populations variées. On remarque aussi qu'ils offrent à la population des alentours un « dépôt des pauvres », où les familles peuvent venir chercher des vêtements, des articles de première nécessité, voire des repas[57]. Partout aussi, les sœurs visitent les familles pauvres et veillent à leur procurer les services dont celles-ci ont besoin: un médecin et des médicaments, des références pour un emploi, et parfois le placement de certains de leurs membres infirmes ou âgés.

En pleine révolution industrielle et période d'immigration importante, la congrégation étend ainsi son action aux familles éprouvées et, parallèlement, elle augmente sa capacité d'hébergement des groupes les plus vulnérables: les enfants en bas âge, les orphelins, les vieillards et aussi les « données », qui sont des jeunes filles abandonnées chez les Sœurs Grises afin d'y être formées aux affaires domestiques[58].

La salle d'asile Saint-Joseph connaît un vif succès: sa fréquentation quotidienne de 33 enfants, au début du mois de juin 1859, à l'ouverture, à près de 300 en juillet[59]. Dans les décennies qui suivent, les Sœurs Grises fondent quatre autres salles d'asile dans les quartiers ouvriers et les faubourgs de la métropole[60]. Malgré un financement précaire, ces institutions s'avèrent extrêmement populaires[27]: la fréquentation annuelle de toutes les salles d'asile combinées s'élève à 1854 enfants en 1897[61].

Toutefois, après la mort de sœur Julie Gaudry et celle du Sulpicien Rousselot et à la suite des transformations des quartiers dans lesquelles elles sont implantées, ces garderies fermeront leurs portes les unes après les autres, entre 1902 et 1922[27]. La croissance démographique de Montréal et l'appauvrissement de sa population pendant la révolution industrielle conduit aussi à l'augmentation du nombre de bébés accueillis à l'Hôpital général, et dont plusieurs sont nés de mères non mariées. Dans la société de l'époque, ces mères ne pouvaient garder leurs enfants, qui était un objet de honte. Juste dans la décennie 1861-1870, par exemple, pas moins de 5904 bébés sont abandonnés chez les Sœurs Grises[62]. La courbe s'élève encore par la suite, jusqu'au XXe siècle[27].

Façade de l'Institut Nazareth donnant sur la rue Sainte-Catherine (vers 1920)

En 1861, monsieur Rousselot confie aux Sœurs Grises l'administration d'une nouvelle institution vouée aux personnes non-voyantes, qui s'inspire de l'Institut des jeunes aveugles de Paris[57]. L'Institut Nazareth, qui partage ses locaux avec la seconde salle d'asile fondée par les Sœurs Grises[60], accueille dès 1862 ses premiers pensionnaires. Ils y sont hébergés et instruits par les religieuses, qui leur apprennent à lire et écrire le braille, une première en Amérique du Nord[63]. L'Institut, qui existe toujours sous le nom d'Institut Nazareth et Louis Braille, est la première institution de réadaptation pour les personnes non-voyantes au Québec[64].

L'hospice Saint-Charles est fondé en 1877, conjointement par les Sulpiciens, la Société Saint-Vincent-de-Paul et les Sœurs Grises. Cet établissement héberge principalement des personnes âgées indigentes. Il déménage une première fois en 1879 dans des locaux plus spacieux avant d'être exproprié en 1894 par le Canadien Pacifique, qui construit alors la gare Viger[65]. La plupart des femmes pensionnaires sont relocalisées à l'Hôpital général et la plupart des hommes doivent être placés ailleurs.

Après la fermeture de l'hospice Saint-Charles, les Sœurs Grises demeurent dans le quartier. Elles y achètent trois maisons et y ouvrent un Fourneau économique avec l'appui de la Société Saint-Vincent-de-Paul. Elles y offrent de l'hébergement à quelques hommes anciennement pensionnaires de l'hospice Saint-Charles et, surtout, elles ouvrent une salle à manger pour servir des repas aux sans-abri. Elles visitent et assistent aussi les familles du quartier[66]. En 1904, le Fourneau économique ferme ses portes à son tour. Les Sulpiciens fondent alors l'hospice Saint-Antoine, dont la gestion est une fois de plus confiée aux Sœurs Grises. En 1910, les oeuvres externes de l'hospice prennent une certaine autonomie sous le nom de Vestiaire des Pauvres. Il s'agit non seulement d'un vestiaire mais aussi d'une soupe populaire. Sœur Rose-de-Lima Bonneau en est l'âme jusqu'en 1934. En 1970, le Vestiaire des Pauvres deviendra l'Accueil Bonneau en souvenir de son engagement au service des pauvres et des sans-abri[67].

L'engagement dans les soins de santé

modifier

Si l'œuvre des Sœurs Grises entre jusqu'alors dans ce qu'on appellerait aujourd'hui les services sociaux, la fin du XIXe siècle voit l'expansion de la congrégation dans le domaine de la santé. Au-delà des soins qu'elles offrent durant les nombreuses épidémies de typhus, de choléra et de variole qui touchent Montréal au long du XIXe siècle, elles fondent certaines des institutions de soins de santé les plus importantes de la ville.

Hôpital Notre-Dame (vers 1930)

Ainsi, l'Institut Nazareth n'accueille plus seulement des personnes non-voyantes mais aussi, à partir de 1873, un dispensaire pour le traitement des maladies des yeux, du nez, des oreilles et de la gorge, dont le Dr Louis-Édouard Desjardins, un des pionniers de l'ophtalmologie au Québec, devient le consultant[68]. En 1892, le dispensaire est transformé en petit hôpital de 23 lits que les Sœurs Grises administrent pendant plusieurs décennies[57]. Cet hôpital spécialisé devient une source de revenus pour les Sœurs Grises puisque les soins y sont payants. Cela leur permet de soutenir les autres activités de l'Institut. En 1917, une nouvelle œuvre est ajoutée, celle de « l'Aide aux Aveugles », qui forme à quelques métiers métiers manuels les jeunes garçons atteints d'une déficience visuelle[64]. À partir de 1880, les Sœurs Grises consolident leur présence dans le domaine des soins médicaux à Montréal, où il n'y existait alors que deux véritables hôpitaux, l'Hôtel-Dieu de Montréal et le Montreal General Hospital, fondé en 1821 pour desservir la population anglophone[69]. En 1880, le secrétaire de la future Université de Montréal, qui n'est alors qu'une succursale de l'Université Laval, le Dr Emmanuel Persillier-Lachapelle, obtient le soutien du Sulpicien Benjamin-Victor Rousselot pour fonder un nouvel hôpital, l'hôpital Notre-Dame. Cela répond d'abord à la nécessité d'offrir aux étudiants en médecine un établissement clinique apte à les accueillir. Or, les religieuses de l'Hôtel-Dieu ont refusé la demande la demande des médecins à cause de leurs accords avec l'École de médecine et de chirurgie de Montréal, et l'Hôpital général, un établissement protestant, ne peut être qu'une solution temporaire[70]. La création du nouvel hôpital permet aussi de répondre aux besoins d'une population en croissance rapide, surtout dans les quartiers ouvriers de l'est[71].

L'Hôpital Notre-Dame est fondé dans l'ancien hôtel Donegana, un édifice abandonné de la rue Notre-Dame, où il reste jusqu'en 1924, quand il se transporte sur son emplacement actuel de la rue Sherbrooke, devant le parc La Fontaine. Il s'agit aussi du premier hôpital laïc francophone d'Amérique du Nord. Son conseil d'administration veut en confier la gestion interne aux Sœurs Grises, qui acceptent pour deux raisons: la conformité de ce service avec leur mission, mais sans qu'elles aient elles-mêmes à trouver le financement pour le fonctionnement[70]. C'est alors la première fois que la congrégation administre un établissement dont elle n'est pas propriétaire. En plus de la gestion, les sœurs s'occupent de la pharmacie[72].

Les Sœurs Grises fondent elles-mêmes le petit hôpital Sainte-Camille entre 1885 et 1886, durant la grande épidémie de variole qui décime la population de Montréal. Celui-ci sera fusionné avec l'Hôpital Notre-Dame en 1896, qui soignera dès lors les patients atteints de maladies contagieuses[57]. En 1898, sœur Élodie Mailloux fonde à l'Hôpital Notre-Dame la première école d'infirmières francophone au Canada[73]: c'est le début de la professionnalisation des soins infirmiers au Québec[74].

Expansion dans le diocèse de Montréal

modifier
Façade de la Maison mère des Sœurs Grises donnant sur la rue Guy (1871)

La prospérité des Sœurs Grises durant la seconde moitié du XIXe siècle permet à celles-ci de s'étendre ailleurs dans le diocèse de Montréal. Elles ouvrent ainsi à Varennes, en 1859, l'hospice Lajemmerais, qui comprend un pensionnat, un externat, un foyer pour personnes âgées indigentes ainsi qu'une infirmerie, et accueille en sus quelques dames pensionnaires qui y louent des chambres privées[19]. En 1868 et 1869, la congrégation fonde l'hospice Saint-Jean, à Saint-Jean-sur-Richelieu, ainsi que l'hospice Saint-Joseph à Chambly[57]. Quelques années plus tard, en 1876, elles inaugurent à Longueuil l'hospice Saint-Antoine[75]. En 1888, à l'invitation du curé Antoine Labelle, elles s'installent à Saint-Jérôme, où elles ouvrent un hospice[76]. Elles exportent aussi le modèle des salles d'asile au sein de ces nouveaux établissements[60].

Cette expansion ne freine pas les développements dans la ville. En 1889, la congrégation reprend la gestion de l'Orphelinat catholique de Montréal[77]. En 1895, à la demande des Sulpiciens, elle accepte l'administration du Patronage d'Youville, qui héberge des jeunes filles et leur offre une formation de servante[78].

Les développements internes: nouvelle maison mère et formation d'un groupe de sœurs converses

modifier

Pendant ce temps, l'Hôpital général de la vieille ville est devenu trop exigu pour la communauté et les nombreux pensionnaires qu'elle héberge. De plus, les inondations répétées ont rendu insalubres tant le bâtiment principal que ses dépendances[46]. En 1861, les Sœurs Grises font l'acquisition auprès des Sulpiciens d'un terrain appelé le Mont Sainte-Croix, situé à l'angle des rues Guy et Dorchester. Les travaux, qui débutent en 1868, s'échelonnent jusqu'en 1871, année du déménagement dans le nouveau couvent construit sur les plans de l'architecte Victor Bourgeau[79]. Les pensionnaires (bébés abandonnés[28], orphelins de Saint-Mathieu[18], personnes âgées et autres) suivent les religieuses. La dernière messe est célébrée dans la chapelle du vieil hôpital le 28 octobre. Un mois plus tard, le 22 novembre, les corps des sœurs décédées sont exhumés et transférés. L'ancien hôpital, qui demeure la possession de la congrégation, est pour sa part partiellement démoli pour faire place à des locaux commerciaux[46].

La congrégation accueille des enfants trouvés depuis le temps de Marguerite d'Youville. À la fin du XIXe siècle, parmi les filles, plusieurs s'occupent des tâches domestiques au sein de la congrégation. Certaines d'entre elles aspirent à la vie religieuse mais font face à l'opposition de quelques sœurs à cause de leurs origines ou de leur manque d'instruction[80]. Une première étape est franchie en 1889, lorsque la congrégation les autorise à former une association des Petites Sœurs Auxiliaires. Elles peuvent dès lors porter un habit religieux et prononcer des vœux mais ont toujours un statut différent des sœurs régulières. En 1904, celles-ci sont formellement intégrées à la communauté comme sœurs converses (laïques), à la demande du Vatican[80]. Elles seront enfin complètement fusionnées aux Sœurs Grises en 1946. Ces développements coïncident avec le début de la cause pour la canonisation de Marguerite d'Youville, qui est introduite par le pape Léon XIII en 1890[81].

Expansion des Sœurs Grises et naissance de congrégations-sœurs indépendantes

modifier

Les années 1840 sont marquées par un essor important des Sœurs de la Charité de Montréal au Québec[54]. C'est à cette époque que débute leur œuvre missionnaire[82], rendue possible par l'importance croissance des vocations[55]. La congrégation essaime, durant cette décennie, dans plusieurs diocèses. Elle donne naissance à des congrégations-sœurs à Saint-Hyacinthe, à Québec et à Bytown (Ottawa) entre 1840 et 1851.

Pour tenter de garder l'esprit de famille entre ces différentes congrégations, les Sœurs Grises de Montréal convoquent un chapitre général en 1849, chapitre qui donne au conseil général un droit de visite dans toutes les maisons de la congrégation des Sœurs de la Charité, quel que soit le diocèse où elles sont situées, ce que les évêques de Québec et de Kingston refusent immédiatement. À cette époque, chaque évêque tient à superviser de près les congrégations installées dans son diocèse, ce qui est réaffirmé au premier concile provincial de Québec réuni par Mgr Pierre-Flavien Turgeon en 1851[83]. C'est ce qui conduira les congrégations-sœurs à devenir formellement indépendantes dans les années 1840 et 1850[83].

Parallèlement, l'institutionnalisation de la congrégation se poursuit. Marguerite d'Youville fait l'objet d'une biographie en 1852, écrite par le Sulpicien Étienne-Michel Faillon[84], laquelle contribuera grandement à la notoriété de sa fondatrice[85]. Les Sœurs Grises deviennent aussi une congrégation de droit pontifical. Le pape Pie IX leur octroie un décret de louange en 1862 et approuve formellement leurs constitutions trois ans plus tard, en 1865[86]. Grâce à cette reconnaissance, les Sœurs de la Charité de Montréal pourront désormais s'installer dans d'autres diocèses sans craindre que l'évêque local exige le détachement et la formation d'une congrégation fille placée sous son autorité.

Fondation des Sœurs de la Charité de Saint-Hyacinthe

modifier

En 1838, le curé de Saint-Hyacinthe, Édouard Crevier, entreprend la construction d'un Hôtel-Dieu dans la petite ville afin d'y offrir des soins aux pauvres. À la fin des travaux, en 1840, il offre aux Sœurs Grises la direction de l'établissement[87]. La supérieure, mère Marguerite-Dorothée Trottier de Beaubien, accepte d'envoyer des volontaires. Le souvenir de la rébellion des Patriotes est encore frais dans cette région et les sœurs, qui ne s'éloignent encore que très peu de l'Hôpital général, éprouvent une certaine réticence envers une entente de service qui serait définitive. Quatre religieuses se portent néanmoins volontaires, parmi lesquelles sœur Marie-Michel Archange Thuot. Elles quittent Montréal par bateau le 6 mai 1840[87]. Peu après leur arrivée arrivée, les sœurs décident de s'implanter durablement et une congrégation-sœur est formée, dont mère Thuot est élue supérieure. Le petit Hôtel-Dieu, qu'on surnomme la « Maison jaune », est alors à peine meublé[88].

Les premières années des Sœurs de la Charité de Saint-Hyacinthe sont difficiles et l'Hôtel-Dieu manque de ressources. La situation s'améliore peu à peu à partir de 1848 car l'inauguration d'un chemin de fer entre Longueuil et Saint-Hyacinthe rend possible le resserrement des liens entre les sœurs maskoutaines et leurs consœurs montréalaises[87]. Certaines missionnaires, dont mère Honorine Pinsonnault, qui succède à mère Thuot en 1850, décident toutefois de réintégrer l'Hôpital général de Montréal. Des quatre fondatrices, seule mère Émilie Jauron, élue troisième supérieure en 1854, demeure à Saint-Hyacinthe[89]. C'est à ce moment que la communauté devient formellement indépendante de celle de Montréal[90].

En 1856, mère Jauron fait construire l'asile de la Providence pour accueillir les pauvres. Elle entreprend aussi des travaux pour ajouter un corps de logis à l'Hôtel-Dieu[91]. Un orphelinat est finalement construit en 1870[90]. Si Saint-Hyacinthe a été épargnée par l'épidémie de typhus de 1847, la ville est par la suite frappée à plusieurs reprises par le choléra, la variole, la méningite et la fièvre typhoïde. Les Sœurs de la Charité de Saint-Hyacinthe, comme leurs consœurs ailleurs, sont très engagées dans la lutte contre ces maladies et dans le soin de leurs victimes[92].

Dans les dernières décennies du XIXe siècle, les Sœurs de la Charité de Saint-Hyacinthe connaissent un essor important. Elles acceptent de prendre en charge l'Hôpital général de Sorel en 1862[93]. Par la suite, elles ouvrent des établissements à Marieville, Saint-Jean-sur-Richelieu et Saint-Denis-sur-Richelieu. Elles se chargent aussi de plusieurs écoles à Marieville, Sherbrooke, Farnham[90]. Elles sont même présentes à Lewiston, dans le Maine, qui accueille à l'époque de nombreux Canadiens français[94]. Elles sont invitées dans cette ville par le curé Pierre Hevey, lui-même natif de Saint-Hyacinthe[95]. Lewiston, où elles arrivent en 1878, marque d'ailleurs le point d'entrée des Sœurs de la Charité de Saint-Hyacinthe en territoire américain. Dans les années qui suivent, elles étendent leur présence en Nouvelle-Angleterre, où elles contribuent au développement des soins de santé et des services sociaux. En 1881, elles arrivent à Holyoke, dans le Massachusetts. Elles s'installent dans le New Hampshire, à Manchester en 1885 puis à Berlin en 1905[96]. En 1943, elles ouvriront une mission en Haïti[90].

Fondation des Sœurs de la Charité de Nicolet
modifier
Hôtel-Dieu de Nicolet (vers 1940)

En 1886, l'évêque de Saint-Hyacinthe Mgr Louis-Zéphirin Moreau et Mgr Elphège Gravel, le premier évêque de Nicolet, font appel aux sœurs de Saint-Hyacinthe pour construire et administrer l'Hôtel-Dieu de Nicolet. Après quelques difficultés, Sœur Aurélie Crépeau, plus tard appelée mère Youville en hommage à la fondatrice des Sœurs Grises, devient la première supérieure de la nouvelle congrégation de Nicolet. Dès leur arrivée, les sœurs ouvrent un noviciat et commencent à offrir des soins à domicile, en attendant la fin des travaux sur l'Hôtel-Dieu, en 1889[97].En 1898, elles ouvrent un hospice à Saint-Célestin, puis fondent à Drummondville un hôpital en 1910. Au début du XXe siècle, elles fondent plusieurs établissements au Québec, ainsi à La Tuque en 1913 et à Amos en 1930[98].

Parallèlement, à la fin du XIXe siècle, commence leur expansion canadienne. Des sœurs se rendent dans le sud de l'Alberta en 1893 afin d'y ouvrir deux écoles et un hôpital pour les Premières Nations. Elles entrent aussi en Saskatchewan, en 1923, en Ontario, en 1929, et dans les Territoires du Nord-Ouest, en 1931[98].Au début de son pontificat, le pape Pie XII désirera que les différentes congrégations de Sœurs Grises en Amérique du Nord soient fusionnées à celle de Montréal[99]. Celle de Nicolet sera la seule à accepter en 1941. L'Hôtel-Dieu de Nicolet deviendra alors une des maisons provinciales de la congrégation des Sœurs de la Charité de Montréal[100].

Fondation des Sœurs de la Charité d'Ottawa

Une Sœur de la Charité d'Ottawa enseignant au couvent Notre-Dame du Sacré-Cœur (vers 1860)

Durant l'automne 1844, l'évêque coadjuteur de Kingston, Mgr Patrick Phelan, invite les Sœurs de la Charité de Montréal à venir s'établir à Bytown (aujourd'hui Ottawa). La population catholique de la ville est alors très mal servie: on n'y trouve ni hôpital, ni école, ni œuvre d'assistance sociale[101]. En janvier 1845, Mgr Phelan leur écrit: « L'objet que j'ai en vue est de procurer à cette ville un asile pour les infirmes et les orphelins et orphelines, des écoles pour les petites filles pauvres et de plus de faire visiter les malades à domicile »[102]. Peu après leur arrivée, l'évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget, autorise les sœurs de Bytown, dirigées par leur supérieure Élisabeth Bruyère, à fonder d'autres communautés à l'intérieur du diocèse de Kingston. Mgr Phelan érige canoniquement la nouvelle congrégation en avril 1845, qui devient dès lors autonome[101]. Initialement régie par le règlement des Sœurs Grises de Montréal, les Sœurs de la Charité d'Ottawa, ou Sœurs Grises de la Croix, adoptent en 1856 une nouvelle règle qui s'inscrit elle aussi dans l'esprit de Marguerite d'Youville[103]. En 1885, quelques années après la mort de mère Bruyère, les Sœurs de la Charité d'Ottawa reçoivent du pape Léon XIII leur décret de louange[104].

En mars 1845, la nouvelle congrégation ouvre une école, qui accueille même des jeunes filles protestantes[105]. Elle installe son couvent dans une maisonnette. En mai, à proximité de ce dernier, elles inaugurent un petit hôpital qui, contrairement à l'Hôpital général de Montréal, vise non seulement à accueillir les pauvres et les infirmes mais aussi à offrir des soins de santé[106]. Celui-ci deviendra plus tard l'Hôpital général d'Ottawa, et sera agrandi en 1866. À l'instar de leurs consœurs montréalaises, les sœurs de Bytown s'occupent des malades, qu'elles visitent notamment dans les « sheds » aménagées le long de la rivière des Outaouais pour accueillir des malades ou des immigrants pauvres. Comme les Sœurs Grises, elles sont fortement impliquées dans les soins offerts aux malades durant l'épidémie de typhus de 1847[103]. Elles font de même durant une épidémie de variole en 1871, en ouvrant l'hospice Sainte-Anne[104].

Dans les décennies qui suivent, l'œuvre des Sœurs Grises de la Croix se développe considérablement. Elles s'installent dans un couvent plus spacieux en 1850 et transforment leur premier couvent en pensionnat. Un orphelinat est construit en 1868, et elles transforment en 1867 un hôtel récemment acheté en nouveau pensionnat. Un troisième pensionnat est fondé en 1871 dans l'ancien couvent Notre-Dame-de-la-Merci[104]. Sous la direction de mère Bruyère, les Sœurs de la Charité d'Ottawa connaissent aussi une expansion importante à l'extérieur d'Ottawa. Elles ouvrent un pensionnat et une école près de Cornwall en 1848. En 1857, elles ouvrent une école à Buffalo, dans l'État de New York. Des sœurs d'Ottawa assistent les Oblats de Marie-Immaculée auprès des Cris et des Anishinabegs du Témiscamingue et du Timiskaming. De son vivant, mère Bruyère préside à la fondation de près de 25 établissements en Ontario, au Québec et dans l'état de New York grâce au financement de l'Église[101]. Au début du XXe siècle, deux congrégations autonomes se détachent de celle d'Ottawa: les Sœurs Grises du Sacré-Cœur, qui s'établissent à Philadelphia en 1921, et les Sœurs Grises de l'Immaculée-Conception, qui s'installent à Pembroke en 1926[107]. Alors que ces deux nouvelles congrégations se forment, les sœurs d'Ottawa commencent à s'étendre en Abitibi, où elles fondent notamment les premiers hôpitaux de Rouyn[108].

Fondation des Sœurs de la Charité de Québec

modifier
Mère Anne-Marcelle Mallet, fondatrice des Sœurs de la Charité de Québec

En août 1849, l'évêque coadjuteur de Québec, Mgr Pierre-Flavien Turgeon, confie aux Sœurs Grises de Montréal la gestion d'un asile d'orphelins qui appartient à la Société des Dames charitables de Québec. La même année, la congrégation devient indépendante. Mère Anne-Marcelle Mallet devient la première supérieure des Sœurs de la Charité de Québec[109]. Les religieuses s'illustrent d'abord lors des épidémies de typhus (en 1851) et de choléra (en 1854). Comme leurs consœurs de Montréal, elles accueillent aussi des pensionnaires privés, hommes et femmes âgés ou infirmes, ainsi que des indigents et des malades, en plus de se charger de l'éducation de jeunes filles pauvres[110]. Au fil du temps, elles fondent plusieurs œuvres importantes à Québec. Elles ouvrent notamment un orphelinat dans une ancienne caserne militaire. Plus tard, à la fin du XIXe siècle, elles inaugurent le pensionnat Saint-Louis-de-Gonzague. Très actives dans les environs de Québec, où elles ouvrent plusieurs établissements scolaires et hospitaliers, elles sont également présentes sur la Côte-Nord et en Beauce[111] ainsi qu'au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie[112]. Elles reprennent notamment en 1893 la gestion de l'asile de Beauport, qui abrite des personnes atteintes de maladie mentale[113].

La nouvelle congrégation suit la règle des Sœurs de la Charité de Montréal jusqu'en 1863, lorsque l'archevêque coadjuteur de Québec, Mgr Charles-François Baillargeon, lui impose une règle inspirée par celle de la Compagnie de Jésus rédigée par le jésuite Antoine-Nicolas Braun, malgré l'opposition de mère Mallet, qui n'est pas réélue à la tête de la congrégation en 1866[110]. La même année, les Sœurs de la Charité de Québec obtiennent leur décret de louange par le pape Pie IX[110]. En 1871, des sœurs de Québec se rendent aussi à Rimouski afin d'offrir des soins lors d'une épidémie de fièvre typhoïde. L'évêque de la ville, Mgr Jean Langevin, désire que les Sœurs de la Charité de Québec y ouvrent un hospice permanent. Comme le veulent les constitutions de la congrégation de Québec, cette nouvelle communauté devient immédiatement indépendante[112]. La congrégation des Sœurs de la Charité de Rimouski est érigée canoniquement en juillet 1874. Elle fonde en 1876, dans la première église de pierre de Rimouski, un orphelinat puis construit un couvent en 1879. Ce dernier dessert aussi les prêtres à la retraite, les personnes âgées et les orphelins[112].

Les Sœurs de la Charité de Québec sont encore actives aujourd'hui, malgré la disparition de plusieurs des institutions qu'elles ont fondées. On les trouve aussi aux États-Unis, au Japon, en République démocratique du Congo ainsi qu'en Amérique du sud (Paraguay, Uruguay et Argentine)[111].

Expansion des Sœurs Grises dans l'Ouest canadien

modifier

En 1843, l'évêque auxiliaire de Québec, Mgr Joseph Norbert Provencher, qui participe depuis une vingtaine d'années aux efforts de colonisation de l'Ouest canadien, demande aux Sœurs Grises de Montréal d'envoyer des religieuses dans la colonie de la rivière Rouge:

« Depuis plusieurs années je cherche à me procurer des religieuses pour donner aux personnes du sexe une éducation solide sur la religion et les autres branches qui tendent à former pour la suite de bonnes mères de famille, à enseigner la tenue du ménage, la fabrication d'étoffe, de toile, etc.; car les femmes de la Rivière-Rouge ignorent tout cela. On ne peut pas leur en faire de reproches, vu qu'elles n'ont eu jusqu'ici aucun moyen de l'apprendre. Vous savez déjà que j'ai porté mes vues sur votre communauté, si capable au jugement de tous d'enseigner ces différentes branches. Je viens donc aujourd'hui, avec l'agrément de Mgr de Montréal, vous demander trois de vos filles, pour faire une fondation à Saint-Boniface de la Rivière-Rouge »[114].

Mère Elizabeth McMullen, la supérieure de l'Hôpital général de Montréal, accepte la demande de Mgr Provencher et approuve en octobre 1843 la fondation d'un hôpital général à Saint-Boniface qui, à l'instar de celui de Montréal, verra à offrir des soins aux indigents, aux infirmes et aux malades ainsi qu'à éduquer les jeunes[115], y compris des Métis, des Nakawēk (ou Saulteaux) et des Sioux[107]. Sœur Marie-Louise Valade, chargée de la nouvelle fondation, arrive à Saint-Boniface accompagnée de trois sœurs en juin 1844, au terme d'un long voyage en canot[116]. Les religieuses logent initialement dans une maison en mauvais état appartenant à Mgr Provencher, dans laquelle elles prodiguent soins et enseignement à la population. Elles sont plus tard accueillies à l'évêché, en attendant la construction d'un véritable couvent[117]. Après des travaux ralentis par une épidémie de rougeole, les religieuses emménagent dans un couvent inachevé en 1847, et terminé seulement en 1851[117].

En 1845, la communauté accueille une première novice locale, une Métisse du nom de Marguerite Connolly. Deux postulantes arrivent aussi de Montréal. L'année suivante, deux autres sœurs montréalaises se joignent à la mission[117]. Il faut dire que les sœurs sur place sont débordées par leurs œuvres. Lorsqu'elle se rend à Montréal en 1849 afin d'assister au chapitre général des Sœurs de la Charité, mère Valade demande des renforts. Elle revient accompagnée de deux nouvelles sœurs, ce qui permet à sa communauté de fonder une mission et une école à Saint-François-Xavier en 1849[118].

Hôpital de Regina, en Saskatchewan (vers 1910)

Deux nouvelles religieuses arrivent encore de Montréal en 1853, accompagnées d'une novice. En vertu des décrets du second Concile provincial de Québec, en 1854, l'archevêque de Montréal Mgr Ignace Bourget réorganise la congrégation, et octroie à la mission de Saint-Boniface son autonomie, cessant par le fait même de lui envoyer des renforts[118]. Cette décision prive les sœurs de l'Ouest canadien de leur principale source de recrutement. Pour palier cela, la congrégation d'Ottawa accepte de prêter deux sœurs à celle de Saint-Boniface[119]. L'union entre les sœurs du Manitoba et la maison-mère de Montréal est finalement renouvelée en 1858. Les Sœurs Grises de l'Ouest canadien ne deviendront ainsi jamais indépendantes. Mère Valade, qui s'était rendue en 1858 à Montréal pour le chapitre général de la congrégation, peut donc emmener dans l'Ouest six nouvelles sœurs[116]. L'apport de nouvelles religieuses permet la fondation d'une mission à Saint-Norbert en 1858 et d'une école à Saint-Vital en 1860[118], qui devient plus tard, sous le nom de Saint-Amant, un pensionnat puis un sanatorium[100]. À la mort de mère Valade, en 1861, la congrégation du Manitoba compte 21 religieuses. Elle s'occupe de quatre malades, 44 orphelins et 63 écoliers et écolières à Saint-Boniface, Saint-François-Xavier, Saint-Norbert et Saint-Vital[118]. En 1871, les Sœurs Grises fondent un petit hôpital, aujourd'hui l'hôpital général de Saint-Boniface, le premier dans l'Ouest du Canada, qu'elles agrandissent en 1877 en faisant l'acquisition d'une maison. Afin de remédier au manque de lits, elles font construire un hôpital de 60 lits en 1887, qui sera par la suite continuellement agrandi et modernisé[120]. Un second établissement, l'hôpital Saint-Roch, est ouvert à Saint-Boniface en 1895 pour accueillir les patients atteints de maladies contagieuses. D'autres ouvrent leurs portes à Saint-Boniface ou dans les environs entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle[100].

La mission de la Rivière-Rouge est aussi le point de départ de l'expansion des Sœurs Grises dans l'Ouest canadien. En effet, en 1858, des sœurs montréalaises s'arrêtent aussi quelques jours chez leurs consœurs de Saint-Boniface alors qu'elles sont en route pour fonder une communauté à Lac Sainte-Anne, à l'ouest de l'emplacement actuel d'Edmonton, en Alberta. En 1863, elles quittent Lac Sainte-Anne pour Saint-Albert, où elles fondent un couvent l'année suivante[100]. De là, les Sœurs Grises rejoignent le reste de l'Alberta, la Saskatchewan et les Territoires du Nord-Ouest, où elles assistent les Oblats de Marie-Immaculée dans leurs efforts d'évangélisation[121].

À la fin du siècle, les religieuses administrent plusieurs écoles résidentielles dans l'Ouest à la demande des Oblats de Marie-Immaculée, avec l'aide financière du gouvernement fédéral[122], parmi lesquelles on compte au Manitoba celle de Saint-Boniface[123]; en Alberta, celles de Fort Chipewyan[124], de Lac la Biche[125] et de Saint-Albert[125]; en Saskatchewan, celles d'Île-à-la-Crosse[126], de Lac la Plonge[126], de Qu'Appelle[127] et d'Assiniboia[128], et, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut, celles de Fort Providence, de Fort Smith et de Fort Resolution[129], ou encore celle de Chesterfield Inlet au Nunavut[130]. On les trouve aussi à l'école St. Mary's, à Kenora, cette fois en Ontario[131].

Salle de la classe à la Sacred Heart Residential School, Brocket, Alberta

Les autorités catholiques de l'Ouest pensent ainsi sauver de l'extinction les Premières Nations de la région tout en les convertissant au christianisme. À la suite des premiers succès des Oblats et des communautés les assistant, le gouvernement fédéral envisage dans un rapport de 1879 la création d'un réseau d'écoles résidentielles qu'il entend confier aux Églises anglicane et catholique[122].

Ce phénomène est aujourd'hui considéré par l'opinion commune comme une politique d'assimilation agressive des autochtones[122]. En effet, le gouvernement fédéral avait réellement en vue la disparition des cultures autochtones et l'acculturation de ceux-ci aux valeurs eurocanadiennes portées par le christianisme[132]. On considère ainsi que les pensionnats et les écoles résidentielles constituent un des éléments centraux d'une politique visant à perpétrer un génocide culturel envers les peuples autochtones du Canada, comme l'indique le rapport de la Commission de vérité et de réconciliation[133]. L'objectif premier des Sœurs Grises était toutefois d'offrir une éducation aux Premières Nations. Leur expansion dans l'Ouest du Canada est aussi l'occasion pour de nombreuses femmes issues des Premières Nations, surtout des Cries et des Métisses, de devenir professes[134], ce qui a contribué au développement d'un christianisme autochtone au Canada[135].

Expansion des Sœurs Grises de Montréal aux États-Unis

modifier

La seconde moitié du XIXe siècle marque aussi le début de l'expansion des Sœurs Grises de Montréal aux États-Unis, rendue possible parce que la congrégation était désormais de droit pontifical. Cette expansion s'inscrit dans un contexte plus large de multiplication d'établissements hospitaliers et caritatifs, fondés par des congrégations religieuses féminines québécoises, aux États-Unis et au Canada[136]. En 1855, les Sœurs Grises fondent l'hôpital St. Vincent[137] et l'orphelinat St. Anthony[138] à Toledo, dans l'Ohio. En 1868, elles inaugurent aussi un orphelinat à Lawrence, dans le Massachusetts. Dans les décennies qui suivent, les Sœurs Grises consolident surtout leur présence en Nouvelle-Angleterre, où elles multiplient les œuvres. Elles ouvrent ainsi des établissements de santé, d'enseignement ou d'accueil à Boston, Worcester, Salem, Cambridge et Nashua[139]. Cette tendance se poursuivra tout au long du XXe siècle.

Croissance de la congrégation au début du XXe siècle

modifier
Hôpital général de Saint-Boniface, Manitoba (1950)

Les archives de la congrégation montrent toute l'ampleur de l'œuvre caritative développée par les Sœurs Grises au XIXe siècle: en 1900 seulement, elles ont hébergé 391 pauvres, 1228 orphelins et bébés abandonnés, 87 filles pensionnaires et 21 pensionnaires adultes. Elles ont offert des soins à 93 235 malades et 514 hospitalisés, alors que 97 aveugles ont fréquenté l'Institut Nazareth. Elles ont aussi formé 11 infirmières. Grâce à elles, 644 servantes ont pu trouver un emploi. En outre, les religieuses ont servi 37 611 repas à des pauvres et ont effectué 41 974 visites à domicile[57].

Au début du XXe siècle, les Sœurs Grises sont à la tête d'un impressionnant réseau de maisons disséminées à travers le Canada. On y compte 24 orphelinats, 14 hospices pour personnes âgées, 10 hôpitaux, quatre dispensaires, dix écoles de paroisse, 11 écoles résidentielles, huit salles d'asile, quatre maisons de patronage pour jeunes filles, 10 dépôts pour nourrir les pauvres et un institut pour les aveugles. Parmi celles-ci, 33 fondations se trouvent à l'extérieur du diocèse de Montréal: trois dans celui de Valleyfield, 19 dans l'Ouest canadien et 11 aux États-Unis[57]. Cette croissance continue durant toute la première moitié du XXe siècle. Le sommet des effectifs, 2009 sœurs, est atteint en 1951[140]. La béatification de Marguerite d'Youville survient en 1959[141].

La crèche d'Youville

modifier
La Crèche d'Youville (1945)

Au début du XXe siècle, plusieurs fondations des Sœurs Grises partagent des locaux. C'est encore le cas de la maison mère, par exemple, qui, malgré la multiplication des maisons de la congrégation, continue à abriter plusieurs populations aux besoins variés, dont les bébés de la crèche. Un drame important frappe toutefois cette œuvre qui est parmi les plus anciennes de la communauté. Le 14 février 1918, un incendie majeur à la maison mère de la congrégation tue 53 enfants[142]. Les sœurs décident alors de déménager les enfants dans un bâtiment qu'elles possèdent sur le chemin de la Côte-de-Liesse et qui ouvre ses portes en 1925, sous le nom de crèche d'Youville[143]. Celle-ci partage des locaux avec l'orphelinat Saint-Mathieu, qui y déménage la même année et qui devient l'orphelinat Notre-Dame-de-Liesse[143].

Hôpitaux et soins de santé

modifier
Pouponnière de la Crèche d'Youville (sans date)

Durant la première moitié du XXe siècle, les Sœurs Grises poursuivent leur expansion hospitalière. Elles ouvrent d'abord un sanatorium à Sainte-Agathe-des-Monts en 1914[144]. Elles participent aussi à la fondation à Montréal de plusieurs établissements de soins de santé. En 1923, le Dr Ernest Gendreau fonde l'Institut du radium de Montréal dans les sous-sols de l'Université de Montréal, alors située dans le Quartier Latin. L'Institut, victime de son immense popularité, reçoit un nombre élevé de patients atteints du cancer et doit déménager dans des locaux plus spacieux situés dans le quartier Maisonneuve. L'établissement devient indépendant de l'Université en 1926 et se transforme en hôpital spécialisé dans le traitement du cancer. En 1927, on en confie la régie à des Sœurs Grises de l'Hôpital Notre-Dame afin qu'elles y assurent une meilleure gestion. Comme dans leurs autres hôpitaux, les religieuses sont à la fois gestionnaires, pharmaciennes et garde-malades[145].

La congrégation met sur pied en 1934 l'Institut Marguerite d'Youville, qui devient la première école francophone au Canada à offrir un programme d'études supérieures en sciences infirmières. Il s'agit de l'œuvre de trois sœurs, toutes elles-mêmes des infirmières professionnelles: mère Virginie Allaire, qui avait été la supérieure de l'hôpital de Regina et la supérieure provinciale du Manitoba, sœur Duckett, la directrice de l'école d'infirmière de l'Hôpital Notre-Dame, et sœur Fafard, qui en avait été la superintendante. Ces deux dernières avaient déjà fondé en 1923 La Veilleuse, le premier journal francophone de nursing au Canada[146]. Les trois religieuses avaient aussi une grande expérience dans l'enseignement du nursing à l'Université de Montréal. Elles avaient remarqué au courant des années 1920 que l'institution n'avait pas de programme d'études supérieures en nursing, alors que l'Université McGill en avait mis un sur pied dès 1920[147]. Initialement affilé à l'Université de Montréal, l'Institut y est intégré en 1967, alors que les congrégations religieuses québécoises se retirent du domaine de la santé, et devient la Faculté des sciences infirmières[148]. Les Sœurs Grises ont ainsi joué un rôle central dans le développement des sciences infirmières au Québec, et même au-delà, en prenant activement part au mouvement de réforme de la discipline qui a alors lieu en Amérique du Nord et qui a ouvert les portes de la pratique infirmière aux femmes laïques[149].

Salle de réveil de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont (1954)

En 1949, à la demande du ministre de la Santé du Québec Albiny Paquette, les Sœurs Grises acceptent cette fois-ci de fonder un nouvel hôpital dans l'est de Montréal, qui ne compte alors qu'un seul petit hôpital de 60 lits, l'Hôpital de la Providence. L'Hôpital Maisonneuve, qui devient plus tard Maisonneuve-Rosemont, ouvre finalement ses portes en 1954, sur un grand terrain du quartier Maisonneuve[150]. Les Sœurs Grises y jouent un rôle encore plus important qu'à l'Hôpital Notre-Dame, notamment parce que, cette fois, il s'agit d'un établissement qui leur appartient. Elles s'impliquent directement dans les plans et les travaux de construction. Elles prennent aussi part au processus de recrutement des médecins et veulent, par exemple, prendre contact avec la Fondation Rockefeller afin de se renseigner sur les meilleurs modèles de gestion hospitalière[151]. À l'instar de ce qu'elles ont fait à l'Hôpital Notre-Dame, les religieuses ouvrent une école d'infirmières à même le nouvel hôpital, et se montrent très ouvertes à la modernisation de la pratique infirmière[152]. En marge du nouvel hôpital, avant même la fin des travaux, les Sœurs Grises collaborent avec le Dr Paul David pour fonder l'Institut de cardiologie de Montréal. Celui-ci ouvre ses portes en même temps que l'Hôpital Maisonneuve, et en occupe les étages supérieurs[151]. Les religieuses y jouent un rôle important. Elles siègent au conseil d'administration et s'impliquent dans les soins des patients[151].

Les missions

modifier

L'effort missionnaire des Sœurs Grises, comme au siècle dernier, se poursuit au Canada. Après la seconde Guerre mondiale, elles fondent trois missions au Nouveau-Brunswick, où elles arrivent après de longues démarches faites par le clergé séculier et les Franciscains de cette province. Elles s'installent à Baker-Brook, Clair et Saint-Léonard, dans le comté de Madawaska, une région logée entre le Témiscouata québécois et les États-Unis[153]. Il s'agit d'ailleurs de l'une des aires d'activité les plus durables de la congrégation, qui y sera présente jusqu'en 2008, année où elles quittent le foyer Notre-Dame de Saint-Léonard[154].

Sœur Judith Lauzière à la Santa Casa d'Alcantara, Brésil (1965)

Par ailleurs, la seconde moitié du XXe siècle voit une importante expansion de la congrégation à l'extérieur du pays, en réponse à un grand renouveau missionnaire lancé sous le pape Benoît XV et son successeur, Pie XI[155]. Chez les Sœurs Grises, celui-ci débute durant la période de l'entre-deux-guerres. En 1931, on compte ainsi 64 religieuses à l'étranger[155]. Puis, en 1957, quatre sœurs du couvent de Nicolet fondent un dispensaire à Alcântara, dans l'état du Maranhão, au nord-est du Brésil, où elles rejoignent des prêtres de Nicolet. La petite communauté brésilienne vit ensuite une importante expansion à travers la région jusqu'au XXIe siècle. Des maisons sont ainsi fondées à Guimarães en 1962, à São Luis en 1964, 1976, 1984, 1992 et 1999, à Chapadinha en 1965, à Santa Quiteria en 1987, à São Bernardo en 1989, à Campestre en 1993. Les Sœurs Grises fondent aussi une mission dans l'état de Tocantins, en 1997[100]. Alors que l'expansion des « Irmãs de Caridade » au Brésil se poursuit, la congrégation est invitée par une association locale, la Fundacion para la Adopcion de la Ninez Abandonada, à s'installer en Colombie en 1977. Les premières religieuses arrivent à Bogota en décembre 1978. Elles y fondent plusieurs maisons au fil des années[100].

Une Sœur Grises au dispensaire de Kabba, au Nigeria

Les Sœurs Grises prennent aussi part aux efforts missionnaires en Afrique à partir du milieu des années 1960. Les premières sont des infirmières qui, à partir de 1963, exercent à Tunis, où elles fondent un hôpital pour enfants et collaborent avec l'École nationale de Santé publique pour la création d'un programme pédiatrique. En 1971, des sœurs se rendent aussi à Ngaoudéré, au Cameroun, pour enseigner à la population locale. À la demande de l'évêque de Yagoua, elles fondent en 1975 un dispensaire pour le traitement des maladies infantiles comme la rougeole et la méningite. À la même époque, d'autres religieuses enseignent dans un collège pour filles à Egbe, au Nigéria. D'autres, encore, ouvrent une école d'infirmières à Dungu, au Zaïre, qui subsiste jusqu'en 1986[107].

Déclin durant la seconde moitié du XXe siècle

modifier

Malgré l'élan missionnaire, les congrégations religieuses québécoises du milieu du XXe siècle vivent d'importantes transformations. Elles abandonnent graduellement l'habit religieux et font face à une vague de départs et à une baisse notable de recrutement[156]. Pour pallier ces difficultés, elles tentent de réformer leur vie religieuse selon les principes du Concile de Vatican II en tenant des chapitres spéciaux de rénovation[157].

Les Sœurs Grises, comme toutes les autres congrégations dans l'Église catholique des années postconciliaires, veulent ainsi revenir aux motivations de l'époque de Marguerite d'Youville. Elles réforment leurs constitutions, qui sont approuvées par la Sacrée Congrégation pour les Religieux en 1982[158]. Néanmoins, comme les autres, les Sœurs Grises connaissent un déclin important durant la seconde moitié du XXe siècle, dans le contexte de la Révolution tranquille et du concile de Vatican II[159].

Le processus d'étatisation des établissements de santé et de services sociaux culmine avec l'adoption de la Loi sur les hôpitaux publics et privés en 1962 et de celle de la Loi sur les services de santé et les services sociaux en 1972[160], ainsi que la sécularisation générale de la société, qui entraîne un important recul des vocations sans compter de nombreux départs, ne sont pas sans affecter considérablement la congrégation[161]. La propriété et la gestion des hôpitaux passent au ministère de la Santé puis des Affaires sociales[160], les orphelinats sont fermés les uns après les autres ou convertis en établissements spécialisés publics.

Ce changement majeur dans l'organisation des soins de santé au Québec se fait en général relativement harmonieusement. En effet, la plupart du temps, l'État québécois accepte volontiers de payer aux congrégations la valeur de leurs biens immobiliers ainsi que des forfaits pour les services gratuits qu'elles avaient rendu au cours de période d'au plus une quinzaine d'années avant l'étatisation. Par exemple, au moment de quitter l'administration de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, les Sœurs Grises reçoivent un montant de 125 000$ couvrant leur travail et leurs investissements récents dans cet établissement. Avec les professionnels laïcs, en revanche, les relations ont pu être à l'occasion plus tendues. Dans le cas de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, par exemple, les médecins ont été soulagés par le départ des sœurs puisqu'ils ambitionnaient de prendre davantage de place dans la direction et l'orientation, notamment pour en faire un centre de recherche et d'enseignement[160].

Malgré tout, les Sœurs continuent d'être actives dans le domaine caritatif. Elles aident, par exemple, un groupe de bénévoles à établir en 1977 la Maison Marguerite, qui accueille encore aujourd'hui des femmes sans abri, souffrant de problèmes de toxicomanie et de santé mentale ou des victimes de violence conjugale[162]. Elles ont aussi maintenu une certaine présence dans le domaine hospitalier aux États-Unis, où elles fondent en 1983 le Grey Nuns Health System, qui est renommé Covenant Health Systems en 1986, lorsque d'autres congrégations rejoignent l'organisation. En 1995, la Congrégation pour les Institus de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique autorise le conseil d'administration de l'organisation a devenir une personne légale aux yeux du droit canonique. Les Sœurs Grises demeurent sur le conseil, mais lui transfèrent finalement leurs dernières responsabilités en 2007[163].

Canonisation de Marguerite d'Youville à Rome (1990)

Une certaine revalorisation des congrégations religieuses du Québec survient durant le pontificat de Jean-Paul II. À partir de 1980, le pape procède à plusieurs béatifications et canonisations de religieux et de religieuses du Québec. C'est ainsi que Marguerite d'Youville est canonisée en 1990, ce qui s'inscrit dans le mouvement de retour au charisme fondateur initié après le concile de Vatican II[164]. Elle devient ainsi la première sainte née au Canada[165].

Cela ne parvient toutefois pas à freiner le déclin des congrégations religieuses du Québec, causé notamment par le vieillissement de leurs membres et l'absence de relève, ce à quoi les Sœurs Grises n'échappent pas[166]. Plusieurs affaires, dont celle des écoles résidentielles, ternissent l'image des Églises anglicane, protestantes et catholique[167]. On critique les Sœurs de la Charité de Montréal pour leur participation aux efforts d'évangélisation des Premières Nations de l'Ouest canadien menés notamment, du côté catholique, par les Oblats de Marie-Immaculée à partir du milieu du XIXe siècle[122]. Jusque dans les années 1970, elles gèrent 19 établissements distincts dans l'Ouest[168]. Les congrégations autonomes qu'elles fondent à Ottawa et à Saint-Hyacinthe prennent elles aussi part au système des écoles résidentielles[168]. Les Sœurs Grises de la Croix, par exemple, dirigent au XXe siècle l'école Sainte-Anne chez les Cris de Fort Albany[169] et le pensionnat Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus chez ceux de Fort George[170].

La congrégation aujourd'hui

modifier
Sanctuaire Marguerite d'Youville à Varennes

Les Sœurs Grises de Montréal vivent au XXIe siècle un nouveau jalon important de leur histoire, puisqu'elles quittent leur maison mère de la rue Guy dans les années 2010. Elles déménagent ainsi pour la seconde fois depuis leur départ de l'ancien Hôpital général en 1871. La communauté avait envisagé une première fois la vente de sa maison mère dès les années 1970. Le site avait été acheté en 1974 par la société suisse Valorinvest mais la transaction avait été abandonnée en 1976, lorsque le site avait été classé patrimonial par le ministère des Affaires culturelles. La communauté annonce de nouveau son intention de vendre le site et ses bâtiments en 2004. Il n'y reste plus que 600 sœurs, alors que la maison mère pourrait en accueillir 1000. L'Université Concordia se porte acquéreuse du site en 2007 et entreprend des travaux qui durent jusqu'en 2013[79].

La vente de la maison mère pose toutefois un enjeu important: celui des dépouilles de la crypte, dont le déplacement est refusé par le ministère de la Santé puisque plusieurs sœurs y étant inhumées sont décédées au XIXe siècle de maladies contagieuses. Afin de régler cette situation, les Sœurs Grises demeurent propriétaires de la crypte[79]. La dépouille de Marguerite d'Youville est toutefois finalement réinhumée en 2010 dans la basilique Sainte-Anne de Varennes, le jour du vingtième anniversaire de sa canonisation[171]. L'ancien Hôpital général retrouve au même moment son statut de siège social de la congrégation. Les Sœurs Grises, pour leur part, quittent la maison de la rue Guy pour s'installer dans une nouvelle résidence pour personnes âgées du quartier Rosemont, où elles demeurent depuis[172].

De toutes les missions étrangères des Sœurs Grises, seule celle du Brésil, presque entièrement formée de sœurs brésiliennes[100], et celle de la Nouvelle-Angleterre[139] subsistent encore à ce jour. Les sœurs brésiliennes travaillent désormais auprès des personnes atteintes du sida, des prostituées et des jeunes. En plus de l'accompagnement thérapeutique, elles s'impliquent aussi dans la pastorale paroissiale[100]. La mission de Colombie est la plus récente à avoir fermer ses portes, en décembre 2013.

Références

modifier
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Dominique Laperle, « Figures marquantes de la solidarité : Marguerite d’Youville (1701-1771) » Accès libre [PDF], sur Fondation Lionel-Groulx, (consulté le ).
  2. ↑ Suzanne Gousse, « Marie Catherine Demers Dessermon (1698-1785), cofondatrice oubliée. Interrogation sur le pouvoir d'effacement d'une religieuse montréalaise », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 63, nos 2-3 « Femmes, culture et pouvoir »,‎ automne-hiver 2009-2010, p. 262 (lire en ligne Accès libre [PDF], consulté le ).
  3. ↑ Marguerite Jean, s.c.i.m., Évolution des communautés religieuses de femmes au Canada de 1639 à nos jours, Montréal, Fides, , 202-204 p.
  4. 1 2 3 4 Micheline D'Allaire, Les communautés religieuses de Montréal, t. 1, Montréal, Éditions du Méridien, , p. 72-73.
  5. ↑ (en) Laura Swan, The Wisdom of the Beguines: The Forgotten Story of a Medieval Women’s Movement, Katonah, New York, Blue Bridge, , p. 73
  6. ↑ (en) Patricia A. Geary, GNSH, « The Beguines of Medieval Europe: Mystics and Visionaries » Accès libre, sur Grey Nuns of the Sacred Heart,
  7. ↑ Robert-Lionel Séguin, « Une Montréalaise devant le tribunal bailliager », Les Cahiers des Dix, no 32,‎ , p. 110 (lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  8. 1 2 Robert Lahaise, Les édifices conventuels du Vieux-Montréal : aspects ethno-historiques, Montréal, Hurtubise, , p. 419-422.
  9. ↑ Robert-Lionel Séguin, « Une Montréalaise devant le tribunal bailliager », Les Cahiers des Dix, no 32,‎ , p. 112-118 (lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  10. 1 2 3 4 Jacques Mathieu, « Charles-Madeleine Youville-Dufrost et sa mère Marguerite d'Youville », dans Gaston Deschênes et Denis Vaugeois, Vivre la Conquête : à travers plus de 25 parcours individuels, t. 1, Québec, Septentrion, , p. 232-236.
  11. ↑ Robert Lahaise, Les édifices conventuels du Vieux-Montréal : aspects ethno-historiques, Montréal, Hurtubise, , p. 423-425.
  12. 1 2 3 4 Albertine Ferland-Angers, Mère d’Youville. Vénérable Marie-Marguerite du Frost de Lajemmerais veuve d’Youville, 1701-1771, Fondatrice des Sœurs de la Charité de l’Hôpital général de Montréal dites Sœurs Grises, Montréal, Librairie Beauchemin, (lire en ligne Accès libre), p. 398-400.
  13. ↑ Albertine Ferland-Angers, Mère d’Youville. Vénérable Marie-Marguerite du Frost de Lajemmerais veuve d’Youville, 1701-1771, Fondatrice des Sœurs de la Charité de l’Hôpital général de Montréal dites Sœurs Grises, Montréal, Librairie Beauchemin, , p. 98-99.
  14. ↑ Estelle Tardif, s.g.m., Marguerite d'Youville. Le cri des pauvres, Montréal, Bellarmin, , p. 88-92.
  15. 1 2 Jean-Marie Fecteau et Éric Vaillancourt, « La charité en ville », dans Dominique Deslandres, John A. Dickinson et Ollivier Hubert, Les Sulpiciens de Montréal : une histoire de pouvoir et de discrétion, 1657-2007, Montréal, Fides, , p. 241-243.
  16. ↑ Albertine Ferland-Angers, Mère d’Youville. Vénérable Marie-Marguerite du Frost de Lajemmerais veuve d’Youville, 1701-1771, Fondatrice des Sœurs de la Charité de l’Hôpital général de Montréal dites Sœurs Grises, Montréal, Bellarmin, , p. 107-111.
  17. ↑ Rénald Lessard, « Les soins de santé au Canada aux XVIIe et XVIIIe siècles », dans Normand Séguin, Atlas historique du Québec : L'institution médicale, Québec, Les Presses de l'Université Laval, (lire en ligne), p. 16.
  18. 1 2 « Orphelinat Saint-Mathieu » Accès libre, sur Centre d'histoire des régulations sociales - CHRS.
  19. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Micheline D'Allaire, Les communautés religieuses de Montréal, t. 1, Montréal, Éditions du Méridien, , p. 76-79.
  20. 1 2 Marcel Trudel et Micheline D'Allaire (avec la collaboration de), Deux siècles d'esclavage au Québec, Montréal, Hurtubise, , p. 139-141.
  21. 1 2 3 Dominique Laperle, « La question des esclaves de mère Marguerite d'Youville et de l'Hôpital Général de Montréal dans les notices de Wikipédia » Accès libre, sur Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, (consulté le ).
  22. 1 2 (en) Alanna Loucks, « A Different Road to Sainthood: Building a Religious Community in Eighteenth-Century Montréal » Accès libre, sur Borealia, (consulté le ).
  23. ↑ Estelle Tardif, s.g.m., Marguerite d'Youville. Le cri des pauvres, Montréal, Bellarmin, , p. 95-97.
  24. ↑ Albertine Ferland-Angers, Mère d’Youville. Vénérable Marie-Marguerite du Frost de Lajemmerais veuve d’Youville, 1701-1771, Fondatrice des Sœurs de la Charité de l’Hôpital général de Montréal dites Sœurs Grises, Montréal, Librairie Beauchemin, , p. 122.
  25. ↑ Albertine Ferland-Angers, Mère d’Youville. Vénérable Marie-Marguerite du Frost de Lajemmerais veuve d’Youville, 1701-1771, Fondatrice des Sœurs de la Charité de l’Hôpital général de Montréal dites Sœurs Grises, Montréal, Librairie Beauchemin, , p. 151.
  26. 1 2 3 4 Claudette Lacelle, « Lemoine Despins, Marguerite-Thérèse » Accès libre, sur Dictionnaire biographique du Canada, (consulté le ).
  27. 1 2 3 4 Micheline Lalonde-Graton, Des salles d'asile aux centres de la petite enfance: la petite histoire des services de garde au Québec, Québec, Les Presses de l'Université du Québec, , p. 8-11.
  28. 1 2 « Crèche d'Youville » Accès libre, sur Centre d'histoire des régulations sociales - CHRS (consulté le ).
  29. ↑ Rénald Lessard, Se soigner au Canada aux XVIIe et XVIIIe siècles, Ottawa, Les Presses de l'Université d'Ottawa, , p. 8.
  30. ↑ Estelle Tardif, s.g.m., Marguerite d'Youville. Le cri des pauvres, Montréal, Bellarmin, , p. 131-132.
  31. 1 2 3 Robert Lahaise, Les édifices conventuels du Vieux-Montréal : aspects ethno-historiques, Montréal, Hurtubise, , p. 432.
  32. ↑ Robert Lahaise, Les édifices conventuels du Vieux-Montréal : aspects ethno-historiques, Montréal, Hurtubise, , p. 428.
  33. ↑ Robert Lahaise, Les édifices conventuels du Vieux-Montréal : aspects ethno-historiques, Montréal, Hurtubise, , p. 430-431.
  34. 1 2 3 Micheline D'Allaire, Les communautés religieuses de Montréal, t. 1, Montréal, Méridien, , p. 74-75.
  35. ↑ Marcel Trudel, L'Église canadienne sous le Régime militaire, 1759-1764, vol. 1, Montréal, Institut d'histoire de l'Amérique française, , p. 358-359.
  36. ↑ Marcel Trudel, L'Église canadienne sous le Régime militaire, 1759-1764, vol. 1, Montréal, Institut d'histoire de l'Amérique française, , p. 367-368.
  37. ↑ Sophie Imbeault, « Que faire de tout cet argent de papier? Une déclaration séparée au traité de Paris », dans Sophie Imbeault, Denis Vaugeois et Laurent Veyssière, 1763. Le traité de Paris bouleverse l'Amérique, Québec, Septentrion, , p. 164-166.
  38. 1 2 Robert Lahaise, Les édifices conventuels du Vieux-Montréal : aspects ethno-historiques, Montréal, Hurtubise, , p. 432-436.
  39. ↑ Marguerite Jean, s.c.i.m., Évolution des communautés religieuses de femmes au Canada de 1639 à nos jours, Montréal, Fides, , p. 198-199.
  40. 1 2 Robert Lahaise, Les édifices conventuels du Vieux-Montréal : aspects ethno-historiques, Montréal, Hurtubise, , p. 440-444.
  41. 1 2 Robert Lahaise, Les édifices conventuels du Vieux-Montréal : aspects ethno-historiques, Montréal, Hurtubise, , p. 445-453.
  42. ↑ Laurette Duclos, s.g.m., « Coutlée, Thérèse-Geneviève » Accès libre, sur Dictionnaire biographique du Canada, (consulté le ).
  43. 1 2 3 4 Robert Lahaise, Les édifices conventuels du Vieux-Montréal : aspects ethno-historiques, Montréal, Hurtubise, , p. 459-466.
  44. ↑ Jean-Claude Robert, « Thavenet, Jean-Baptiste » Accès libre, sur Dictionnaire biographique du Canada, (consulté le ).
  45. ↑ Robert Lahaise, Les édifices conventuels du Vieux-Montréal : aspects ethno-historiques, Montréal, Hurtubise, , p. 471.
  46. 1 2 3 Robert Lahaise, Les édifices conventuels du Vieux-Montréal : aspects ethno-historiques, Montréal, Hurtubise, , p. 516-520.
  47. 1 2 Julie Noël, « L’immigration irlandaise avant et après la Grande Famine » Accès libre, sur Encyclopédie du MEM, .
  48. 1 2 Maude Charest-Auger, Les réactions montréalaises à l'épidémie de typhus de 1847 (mémoire de maîtrise en histoire), Montréal, Université du Québec à Montréal, (lire en ligne Accès libre), p. 85-93.
  49. 1 2 Denise Robillard, « Figures marquantes de notre histoire: Émilie Gamelin (1800-1851) » Accès libre, sur Fondation Lionel-Groulx, .
  50. ↑ Guy Laperrière, Histoire des communautés religieuses au Québec, Montréal, VLB éditeur, , p. 75-76.
  51. 1 2 Huguette Lapointe-Roy, « Le renouveau religieux à Montréal au XIXe siècle, et le rôle des Sulpiciens dans le domaine de l’éducation chrétienne », Sessions d'étude - Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, vol. 53,‎ , p. 53-55 (lire en ligne Accès libre).
  52. ↑ Guy Laperrière, Histoire des communautés religieuses au Québec, Montréal, VLB éditeur, , p. 96.
  53. ↑ Micheline D'Allaire, « L'originalité de l'œuvre sociale des Congrégations Religieuses de Montréal aux XIXe et XXe siècles », Études d'histoire religieuse, vol. 59,‎ , p. 38-41 (lire en ligne Accès libre).
  54. 1 2 Guy Laperrière, Histoire des communautés religieuses au Québec, Montréal, VLB éditeur, , p. 88-92.
  55. 1 2 3 Louis Rousseau et Frank W. Remiggi, « Le renouveau religieux montréalais au XIXe siècle : une analyse spatio-temporelle de la pratique pascale », Studies in religion/Sciences religieuses, vol. 21, no 4,‎ , p. 432-433 (lire en ligne Accès limité).
  56. ↑ « Hospice Saint-Joseph » Accès libre, sur Centre d'histoire des régulations sociales - CHRS.
  57. 1 2 3 4 5 6 7 Micheline D'Allaire, Les communautés religieuses de Montréal, t. 1, Montréal, Éditions du Méridien, , p. 80-85.
  58. ↑ Diane Gervais, « À chacune son rang. Les "filles données" des Sœurs Grises, 1855-1905 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 68, nos 1-2,‎ été-automne 2014, p. 8 (lire en ligne Accès libre).
  59. ↑ Micheline Lalonde-Graton, Des salles d'asile aux centres de la petite enfance. La petite histoire des services de garde au Québec, Québec, Les Presses de l'Université du Québec, , p. 5.
  60. 1 2 3 Micheline Dumont-Johnson, « Des garderies au XIXe siècle: Les salles d'Asile des Sœurs Grises à Montréal », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 34, no 1,‎ , p. 29-30 (lire en ligne Accès libre).
  61. ↑ Suzanne Cross, « La majorité oubliée: le rôle des femmes à Montréal au XIXe siècle », dans Marie Lavigne et Yolande Pinard, Les femmes dans la société québécoise, Montréal, Éditions du Boréal Express, , p. 48.
  62. ↑ Peter Gossage, « Les enfants abandonnés à Montréal au 19e siècle: la crèche d'Youville des Sœurs Grises, 1820-1871 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 40, no 4,‎ , p. 544 (lire en ligne Accès libre).
  63. ↑ Dominic Dagenais, « L'Institut Nazareth et la communauté aveugle de Montréal » Accès libre, sur Encyclopédie du MEM, .
  64. 1 2 « Asile Nazareth » Accès libre, sur Centre d'histoire des régulations sociales - CHRS.
  65. ↑ « Hospice Saint-Charles » Accès libre, sur Centre d'histoire des régulations sociales - CHRS.
  66. ↑ « Fourneau économique Saint-Antoine » Accès libre, sur Centre d'histoire des régulations sociales - CHRS.
  67. ↑ « Hospice Saint-Antoine » Accès libre, sur Centre d'histoire des régulations sociales - CHRS.
  68. ↑ Denis Goulet, « Desjardins, Louis-Édouard » Accès libre, sur Dictionnaire biographique du Canada, .
  69. ↑ Denis Goulet, François Hudon et Othmar Keel, Histoire de l'Hôpital Notre-Dame de Montréal, 1880-1980, Montréal, VLB éditeur, , p. 14.
  70. 1 2 Denis Goulet, François Hudon et Othmar Keel, Histoire de l'Hôpital Notre-Dame de Montréal, 1880-1980, Montréal, VLB éditeur, , p. 37-41.
  71. ↑ Denis Goulet, François Hudon et Othmar Keel, Histoire de l'Hôpital Notre-Dame de Montréal, 1880-1980, Montréal, VLB éditeur, , p. 17-20.
  72. ↑ Denis Goulet, François Hudon et Othmar Keel, Histoire de l'Hôpital Notre-Dame de Montréal, 1880-1980, Montréal, VLB éditeur, , p. 222.
  73. ↑ Micheline D'Allaire, Les communautés religieuses de Montréal, t. 1, Montréal, Éditions du Méridien, , p. 98-99.
  74. ↑ « 1897 - Élodie Mailloux (1865-1937) » Accès libre, sur Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec.
  75. ↑ « Foyer Saint-Antoine » Accès libre, sur Société historique du Marigot.
  76. ↑ Jean-Pierre Bourbeau, « Une présence attendue: l'hospice des Sœurs Grises à Saint-Jérôme » Accès libre, sur Histoire archives Laurentides.
  77. ↑ « Orphelinat catholique de Montréal » Accès libre, sur Centre d'histoire des régulations sociales - CHRS.
  78. ↑ « Patronage d'Youville » Accès libre, sur Centre d'histoire des régulations sociales - CHRS.
  79. 1 2 3 Nicholas Rimanelli, La maison mère des Sœurs Grises. Un riche patrimoine reconverti pour le monde universitaire, Montréal, Observatoire Ivanhoé Cambridge du développement urbain et immobilier, (lire en ligne Accès libre).
  80. 1 2 Diane Gervais, « À chacune son rang. Les "filles données" des Sœurs Grises, 1855-1905 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 68, nos 1-2,‎ été-automne 2014, p. 19-21 (lire en ligne Accès libre).
  81. ↑ Estelle Mitchell, s.g.m., « « Mère à la charité universelle »: Marguerite d’Youville », Cap-aux-Diamants, no 26,‎ , p. 44 (lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  82. ↑ Diane Gervais, « À chacune son rang. Les "filles données" des Sœurs Grises, 1855-1905 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 68, nos 1-2,‎ été-automne 2014, p. 9 (lire en ligne Accès libre).
  83. 1 2 Marguerite Jean, s.c.i.m., Évolution des communautés religieuses de femmes au Canada de 1639 à nos jours, Montréal, Fides, , p. 69-75.
  84. ↑ Serge Gagnon, « Faillon, Étienne-Michel » Accès libre, sur Dictionnaire biographique du Canada, .
  85. ↑ Olivier Maurault, « M. Etienne-Michel Faillon (1800-1870) », Les Cahiers des Dix, no 24,‎ , p. 162-163 (lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  86. ↑ Constitutions des Sœurs de la Charité administratrices de l'Hôpital général de Montréal, dites vulgairement Sœurs grises, Montréal, Imprimerie de l'Hôpital général, (lire en ligne Accès libre), p. VIII-X.
  87. 1 2 3 Reine Ponton, s.c.s.h., « Les débuts de la Congrégation des Sœurs Grises de Saint-Hyacinthe, 1840-1865 », Session d'étude - Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, vol. 47,‎ , p. 55-61 (lire en ligne Accès libre).
  88. ↑ Claude-Marie Gagnon, La maison jaune. Les Sœurs de la Charité de Saint-Hyacinthe, Montréal, Fides, , p. 88-90.
  89. ↑ Claude-Marie Gagnon, La maison jaune. Les Sœurs de la Charité de Saint-Hyacinthe, Montréal, Fides, , p. 105-107.
  90. 1 2 3 4 « Sœurs de la Charité de Saint-Hyacinthe » Accès libre, sur Répertoire du patrimoine culturel du Québec (consulté le ).
  91. ↑ Claude-Marie Gagnon, La maison jaune. Les Sœurs de la Charité de Saint-Hyacinthe, Montréal, Fides, , p. 115-119.
  92. ↑ Suzanne Gauthier, s.c.s.h., « Les soins des malades pendant les épidémies », Le Courrier de Saint-Hyacinthe,‎ (lire en ligne Accès libre).
  93. ↑ Marielle Rivard et Sylvie Cantin, 125 ans d'histoire : Hôpital général de Sorel, 1862-1987, Saint-Hyacinthe, Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, (lire en ligne Accès libre), p. 13-16.
  94. ↑ Claude-Marie Gagnon, La maison jaune. Les Sœurs de la Charité de Saint-Hyacinthe, Montréal, Fides, , p. 129-130.
  95. ↑ (en) Susan Hudson, « Les Soeurs Grises of Lewiston, Maine 1878-1908: An Ethnic Religious Feminist Expression », Maine History, vol. 40, no 2,‎ , p. 311-313 (lire en ligne Accès libre).
  96. ↑ (en) Susan Hudson, The Quiet Revolutionaries : How the Grey Nuns Changed the Social Welfare Paradigm of Lewiston, Maine, New York, Routledge, , p. 1-2.
  97. ↑ Claude-Marie Gagnon, La maison jaune. Les Sœurs de la Charité de Saint-Hyacinthe, Montréal, Fides, , p. 145-149.
  98. 1 2 « Sœurs de la Charité de Nicolet » Accès libre, sur Répertoire du patrimoine culturel du Québec (consulté le ).
  99. ↑ Guy Laperrière, Histoire des communautés religieuses au Québec, Montréal, VLB éditeur, , p. 225.
  100. 1 2 3 4 5 6 7 8 « Sœurs Grises en Amérique » Accès libre, sur Les Sœurs Grises de Montréal.
  101. 1 2 3 Sœur Paul-Émile (Louise Guay), s.c.o., « Bruyère (Bruguier), Élisabeth » Accès libre, sur Dictionnaire biographique du Canada, (consulté le ).
  102. ↑ Émilien Lamirande, Élisabeth Bruyère (1818-1876): Fondatrice des Sœurs de la Charité d'Ottawa (Sœurs Grises), Montréal, Bellarmin, , p. 144.
  103. 1 2 Sœur Paul-Émile (Louise Guay), s.c.o., « Mère Élisabeth Bruyère, fille de l'Église et femme d'œuvres », Rapport - Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, vol. 29,‎ , p. 54-56 (lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  104. 1 2 3 « Sœurs de la Charité d'Ottawa » Accès libre, sur Répertoire du patrimoine culturel du Québec (consulté le ).
  105. ↑ Émilien Lamirande, Élisabeth Bruyère (1818-1876): Fondatrice des Sœurs de la Charité d'Ottawa (Sœurs Grises), Montréal, Bellarmin, , p. 147.
  106. ↑ Émilien Lamirande, Élisabeth Bruyère (1818-1876): Fondatrice des Sœurs de la Charité d'Ottawa (Sœurs Grises), Montréal, Bellarmin, , p. 151-153.
  107. 1 2 3 « Notre histoire » Accès libre, sur Sœurs Grises de Montréal (consulté le ).
  108. ↑ Élise-Emmanuelle Nyoumea, « Les Sœurs Grises au cœur des premiers hôpitaux de Rouyn-Noranda » Accès libre, sur Le Citoyen, (consulté le ).
  109. ↑ Liliane Héroux, s.c.q., « Des femmes en gris », Sessions d'études - Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, vol. 36,‎ , p. 49-56 (lire en ligne Accès libre [13 mai 2026]).
  110. 1 2 3 Andrée Désilets, « Mallet (Maillet, Maillé), Marie-Anne-Marcelle » Accès libre, sur Dictionnaire biographique du Canada, (consulté le ).
  111. 1 2 « Sœurs de la Charité de Québec » Accès libre, sur Répertoire du patrimoine du Québec (consulté le ).
  112. 1 2 3 Karine Hébert, « Un évêque et ses communautés: les relations de Mgr Langevin avec les communautés religieuses féminines (1867-1891) », Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, vol. 90, no 2,‎ , p. 109-112 (lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  113. ↑ Guy Laperrière, Histoire des communautés religieuses au Québec, Montréal, VLB éditeur, , 100-101 p.
  114. ↑ Carole Boily, « Les sœurs grises: des femmes fortes à la colonie de la Rivière-Rouge (1844-1864) », Cahiers franco-canadiens de l'Ouest, vol. 10, no 1,‎ , p. 34-35 (lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  115. ↑ Estelle Mitchell, s.g.m., Les Sœurs Grises de Montréal à la Rivière-Rouge, 1844-1984, Montréal, Éditions du Méridien, , p. 18-21.
  116. 1 2 Élisabeth de Moissac, s.g.m., « Valade, Marie-Louise, dite mère Valade » Accès libre, sur Dictionnaire biographique du Canada, (consulté le ).
  117. 1 2 3 Carole Boily, « Les sœurs grises: des femmes fortes à la colonie de la Rivière-Rouge (1844-1864) », Cahiers franco-canadiens de l'Ouest, vol. 10, no 1,‎ , p. 40-44 (lire en ligne Accès libre).
  118. 1 2 3 4 Carole Boily, « Les sœurs grises: des femmes fortes à la colonie de la Rivière-Rouge (1844-1864) », Cahiers franco-canadiens de l'Ouest, vol. 10, no 1,‎ , p. 45-48 (lire en ligne Accès libre).
  119. ↑ Estelle Mitchell, s.g.m., Les Sœurs Grises de Montréal à la Rivière-Rouge, 1844-1984, Montréal, Éditions du Méridien, , p. 45.
  120. ↑ « Sœurs Grises et l'Hôpital » Accès libre, sur Centre du patrimoine - Société historique de Saint-Boniface, .
  121. ↑ Frédéric Laugrand et Guy Tremblay, « Les Sœurs Grises autochtones de Montréal. Assimilation et « indigénisation » du christianisme (1845-1960) », Revue d'études autochtones, vol. 53, no 2,‎ , p. 112-113 (lire en ligne Accès libre).
  122. 1 2 3 4 Commission de vérité et réconciliation du Canada, Pensionnats du Canada : L'histoire, partie 1: des origines à 1939, Montréal et Kingston, McGill - Queen's University Press, (lire en ligne Accès libre), p. 107-109.
  123. ↑ « École industrielle de Saint-Boniface (MB) » Accès libre, sur Centre du patrimoine - Société historique de Saint-Boniface (consulté le ).
  124. ↑ Commission de vérité et réconciliation du Canada, Pensionnats du Canada: l'expérience inuite et nordique, Montréal et Kingston, McGill - Queen's University Press, (lire en ligne Accès libre), p. 14-16.
  125. 1 2 Commission de vérité et réconciliation du Canada, Pensionnats du Canada : L'histoire, partie 1: des origines à 1939, Montréal et Kingston, McGill - Queen's University Press, (lire en ligne Accès libre), p. 95-96.
  126. 1 2 (en) « Île-à-la-Crosse Residential School | Métis School » Accès libre, sur Shattering the Silence (consulté le ).
  127. ↑ (en) « Lebret (Qu’Appelle) Indian Industrial Residential School » Accès libre, sur Shattering the Silence (consulté le ).
  128. ↑ « Assiniboia Residential School (Winnipeg, Manitoba) » Accès libre, sur Centre du patrimoine - Société historique de Saint-Boniface (consulté le ).
  129. ↑ « Les écoles de missionnaires aux TNO » Accès libre, sur Chronologie des TNO (consulté le ).
  130. ↑ Commission de vérité et réconciliation du Canada, Pensionnats du Canada : L'histoire, partie 2: de 1939 à 2000, Montréal et Kingston, McGill - Queen's University Press, (lire en ligne Accès libre), p. 439.
  131. ↑ « École résidentielle St. Mary's (Kenora, Ontario) » Accès libre, sur Centre du patrimoine - Société historique de Saint-Boniface (consulté le ).
  132. ↑ Mario Robinaud, « Des religieuses pour les pensionnats autochtones du Canada (1880-1969). Façonner les individus, réguler les relations entre les sexes », Archives de sciences sociales des religions, no 202,‎ , p. 49-70 (lire en ligne Accès libre).
  133. ↑ Commission de vérité et de réconciliation, Honorer la vérité, réconcilier pour l'avenir. Sommaire du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, (lire en ligne Accès libre), p. 1.
  134. ↑ Frédéric Laugrand et Guy Tremblay, « Les Sœurs Grises autochtones de Montréal. Assimilation et « indigénisation » du christianisme (1845-1960) », Revue d'études autochtones, vol. 53, no 2,‎ , p. 110 (lire en ligne Accès libre).
  135. ↑ Frédéric Laugrand et Guy Tremblay, « Les Sœurs Grises autochtones de Montréal. Assimilation et « indigénisation » du christianisme (1845-1960) », Revue d'études autochtones, vol. 53, no 2,‎ , p. 114-126 (lire en ligne Accès libre).
  136. ↑ Aline Charles et François Guérard, « Les religieuses hospitalières du Québec au XXe siècle : une main-d'œuvre active à l'échelle internationale », dans Marie-Claude Thifault, L'incontournable caste des femmes : Histoire des services de santé au Québec et au Canada, Ottawa, Les Presses de l'Université d'Ottawa, , p. 84.
  137. ↑ (en) Sœur St. Thomas Aquinas Keef, The Congregation of the Grey Nuns (1737-1910), Washington, D.C., Catholic University of America Press, , p. 174-177
  138. ↑ (en) « Orphanage in Toledo (Ohio) » Accès libre, sur The Grey Nuns of Montreal, (consulté le ).
  139. 1 2 (en) « The Sisters in America » Accès libre, sur The Grey Nuns of Montreal (consulté le ).
  140. ↑ Guy Laperrière, Histoire des communautés religieuses au Québec, Montréal, VLB éditeur, , p. 219.
  141. ↑ Guy Laperrière, Histoire des communautés religieuses au Québec, Montréal, VLB éditeur, , p. 282.
  142. ↑ « 14 février 1918 - Incendie à la maison mère des Soeurs Grises de Montréal » Accès libre, sur Bilan Québec - Site encyclopédique sur l'histoire du Québec depuis 1900 (consulté le ).
  143. 1 2 « Orphelinat Notre-Dame-de-Liesse » Accès libre, sur Centre d'histoire des régulations sociales - CHRS.
  144. ↑ « Sanatorium Notre-Dame-de-l'Espérance, Sainte-Agathe-des-Monts » Accès libre, sur Terre nourricière: cultiver, transformer, nourrir (consulté le ).
  145. ↑ Olivier Dufresne, « Aux origines de l'oncologie canadienne: l'Institut du radium de Montréal » Accès libre, sur Histoires de chez nous (consulté le ).
  146. ↑ Thérèse Castonguay, Formation supérieure des infirmières - Institut Marguerite d'Youville (1934-1967), Montréal, Services des archives et des collections des Sœurs de la Charité de Montréal, (lire en ligne Accès libre), p. 7-10
  147. ↑ Esther Lamontagne et Yolande Cohen, « Les Sœurs Grises à l'Université de Montréal, 1923-1947 : de la gestion hospitalière à l'enseignement supérieur en nursing », Historical Studies in Education/Revue d'histoire de l'éducation, vol. 15, no 2,‎ , p. 281-282 (lire en ligne Accès libre)
  148. ↑ « Institut Marguerite d'Youville » Accès libre, sur Université de Montréal (consulté le ).
  149. ↑ Esther Lamontagne et Yolande Cohen, « Les Sœurs Grises à l'Université de Montréal, 1923-1947 : de la gestion hospitalière à l'enseignement supérieur en nursing », Historical Studies in Education/Revue d'histoire de l'éducation, vol. 15, no 2,‎ , p. 296 (lire en ligne Accès libre)
  150. ↑ Denis Goulet, L'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Une histoire médicale, 1954-2004, Québec, Septentrion, , p. 17-21.
  151. 1 2 3 Denis Goulet, L'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Une histoire médicale, 1954-2004, Québec, Septentrion, Septentrion, , 22-26 p.
  152. ↑ Denis Goulet, L'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Une histoire médicale, 1954-2004, Québec, Septentrion, , p. 33-34.
  153. ↑ Dominique Laperle, « Le cas des foyers et couvent des Sœurs Grises de Montréal au Nouveau-Brunswick (1944-2009): un patrimoine social en devenir », Études d'histoire religieuse, vol. 90, no 1,‎ , p. 15-16 (lire en ligne Accès libre).
  154. ↑ Dominique Laperle, « Le cas des foyers et couvent des Sœurs Grises de Montréal au Nouveau-Brunswick (1944-2009): un patrimoine social en devenir », Études d'histoire religieuse, vol. 90, no 1,‎ , p. 29 (lire en ligne Accès libre).
  155. 1 2 Guy Laperrière, Histoire des communautés religieuses au Québec, Montréal, VLB éditeur, , p. 169-171.
  156. ↑ Guy Laperrière, Histoire des communautés religieuses au Québec, Montréal, VLB éditeur, , p. 253-259.
  157. ↑ Guy Laperrière, Histoire des communautés religieuses au Québec, Montréal, VLB éditeur, , p. 261-262.
  158. ↑ Dominique Laperle, « « Porter en notre âme la joie profonde d’être Sœur Grise ». L’expérience émotionnelle de la rénovation des constitutions dans deux congrégations youvilliennes (1959-1982) », Études d'histoire religieuse, vol. 89, nos 1-2,‎ , p. 94-97 (lire en ligne Accès libre).
  159. ↑ Guy Laperrière, Histoire des communautés religieuses au Québec, Montréal, VLB éditeur, , p. 249-251.
  160. 1 2 3 Denis Goulet et Robert Gagnon, Histoire de la médecine au Québec, 1800-2000 : De l'art de soigner à la science de guérir, Québec, Septentrion, , p. 244-246.
  161. ↑ Micheline D'Allaire, « L'originalité de l'œuvre sociale des Congrégations Religieuses de Montréal aux XIXe et XXe siècles », Études d'histoire religieuse, vol. 59,‎ , p. 25-37 (lire en ligne Accès libre).
  162. ↑ « Histoire » Accès libre, sur Maison Marguerite (consulté le ).
  163. ↑ (en) « Heritage & history » Accès libre, sur Covenant Health
  164. ↑ Guy Laperrière, Histoire des communautés religieuses au Québec, Montréal, VLB éditeur, , p. 282-284.
  165. ↑ « Sainte Marguerite d'Youville » Accès libre, sur Église catholique à Montréal (consulté le ).
  166. ↑ Guy Laperrière, Histoire des communautés religieuses au Québec, Montréal, VLB éditeur, , p. 294.
  167. ↑ Guy Laperrière, Histoire des communautés religieuses au Québec, Montréal, VLB éditeur, , p. 297-298.
  168. 1 2 Peter Gossage, « La maison mère des Sœurs Grises: faire face à un lourd héritage », dans Monika Kin Gagnon et Brandon Webb, L'Université Concordia : 50 ans d'une histoire collective, Montréal, Concordia University Press, (lire en ligne).
  169. ↑ « Parler pour faire triompher la vérité : Les horreurs du pensionnat Saint-Anne » Accès libre, sur Canadian Geographic - Atlas des peuples autochtones du Canada (consulté le ).
  170. ↑ Henri Goulet, Histoire des pensionnats indiens catholiques au Québec : le rôle déterminant des pères oblats, Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, , p. 59-91.
  171. ↑ « La translation des Restes mortels de sainte Marguerite d'Youville » Accès libre, sur Patrimoine immatériel religieux du Québec (IPIR) (consulté le ).
  172. ↑ « Appartements du Square Angus » Accès libre, sur Les Sœurs Grises de Montréal, (consulté le ).

Bibliographie

modifier

(en) Alanna Loucks, « A Different Road to Sainthood : Building a Religious Community in Eigtheenth-Century Montréal » Accès libre, sur Borealia, .

Aline Charles et François Guérard, « Les religieuses hospitalières du Québec au XXe siècle : une main-d'œuvre active à l'échelle internationale », dans Marie-Claude Thifault, L'incontournable caste des femmes : Histoire des services de santé au Québec et au Canada, Ottawa, Les Presses de l'Université d'Ottawa, , p. 79-102.

Albertine Ferland-Angers, Mère d’Youville. Vénérable Marie-Marguerite du Frost de Lajemmerais veuve d’Youville, 1701-1771, Fondatrice des Sœurs de la Charité de l’Hôpital général de Montréal dites Sœurs Grises, Montréal, Librairie Beauchemin, , 437 p. (lire en ligne).

Andrée Désilets, « Mallet (Maillet, Maillé), Marie-Anne-Marcelle » Accès libre, sur Dictionnaire biographique du Canada, .

Carole Boily, « Les sœurs grises: des femmes fortes à la colonie de la Rivière-Rouge (1844-1864) », Cahiers franco-canadiens de l'Ouest, vol. 10, no 1,‎ , p. 33-49 (lire en ligne Accès libre).

Claude-Marie Gagnon, La maison jaune. Les Sœurs de la Charité de Saint-Hyacinthe, Montréal, Fides, , 366 p.

Claudette Lacelle, « Lemoine Despins, Marguerite-Thérèse » Accès libre, sur Dictionnaire biographique du Canada, .

Denis Goulet, François Hudon et Othmar Keel, Histoire de l'Hôpital Notre-Dame de Montréal, 1880-1980, Montréal, VLB éditeur, , 464 p.

Denis Goulet, « Desjardins, Louis-Édouard » Accès libre, sur Dictionnaire biographique du Canada, .

Denis Goulet, L'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Une histoire médicale, 1954-2004, Québec, Septentrion, , 176 p.

Denis Goulet et Robert Gagnon, Histoire de la médecine au Québec, 1800-2000 : De l'art de soigner à la science de guérir, Québec, Septentrion, , 456 p.

Denise Robillard, « Figures marquantes de notre histoire: Émilie Gamelin (1800-1851) » Accès libre, sur Fondation Lionel-Groulx, .

Dominic Dagenais, « L'Institut Nazareth et la communauté aveugle de Montréal » Accès libre, sur Encyclopédie du MEM, .

Dominique Laperle, « La question des esclaves de mère Marguerite d'Youville et de l'Hôpital Général de Montréal dans les notices de Wikipédia » Accès libre, sur Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, .

Dominique Laperle, « Figures marquantes de la solidarité : Marguerite d’Youville (1701-1771) » Accès libre [PDF], sur Fondation Lionel-Groulx, .

Dominique Laperle, « « Porter en notre âme la joie profonde d’être Sœur Grise ». L’expérience émotionnelle de la rénovation des constitutions dans deux congrégations youvilliennes (1959-1982) », Études d'histoire religieuse, vol. 89, nos 1-2,‎ , p. 79-97 (lire en ligne Accès libre).

Dominique Laperle, « Le cas des foyers et couvent des Sœurs Grises de Montréal au Nouveau-Brunswick (1944-2009) : une patrimoine social en devenir », Études d'histoire religieuse, vol. 90, no 1,‎ , p. 11-31 (lire en ligne Accès libre).

Diane Gervais, « À chacune son rang. Les "filles données" des Sœurs Grises, 1855-1905 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 68, nos 1-2,‎ été-automne 2014, p. 7-23 (lire en ligne Accès libre).

Élisabeth de Moissac, s.g.m., « Valade, Marie-Louise, dite mère Valade » Accès libre, sur Dictionnaire biographique du Canada, .

Élise-Emmannuelle Nyoumea, « Les Sœurs Grises au cœur des premiers hôpitaux de Rouyn-Noranda », Le Citoyen,‎ (lire en ligne Accès libre).

Émilie Girard, « Au pied de la montagne, l'Hôtel-Dieu de Montréal » Accès libre, sur Encyclopédie du MEM, .

Émilien Lamirande, Élisabeth Bruyère (1818-1876): Fondatrice des Sœurs de la Charité d'Ottawa (Sœurs Grises), Montréal, Bellarmin, , 802 p.

Estelle Mitchell, s.g.m., Les Sœurs Grises de Montréal à la Rivière-Rouge, Montréal, Éditions du Méridien, , 395 p.

Estelle Mitchell, s.g.m., « « Mère à la charité universelle »: Marguerite d’Youville », Cap-aux-Diamants, no 26,‎ , p. 44-47 (lire en ligne).

Estelle Tardif, s.g.m., Marguerite d'Youville. Le cri des pauvres, Montréal, Bellarmin, , 194 p.

Esther Lamontagne et Yolande Cohen, « Les Sœurs Grises à l'Université de Montréal, 1923-1947 : de la gestion hospitalière à l'enseignement supérieur en nursing », Historical Studies in Education/Revue d'histoire de l'éducation, vol. 15, no 2,‎ , p. 273-297 (lire en ligne Accès libre)

Frédéric Laugrand et Guy Tremblay, « Les Sœurs Grises autochtones de Montréal. Assimilation et « indigénisation » du christianisme (1845-1960) », Revue d'études autochtones, vol. 53, no 2,‎ , p. 109-128 (lire en ligne Accès libre).

Guy Laperrière, Histoire des communautés religieuses au Québec, Montréal, VLB éditeur, , 336 p.

Henri Goulet, Histoire des pensionnats indiens catholique au Québec : le rôle déterminant des pères oblats, Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, , 222 p.

Huguette Lapointe-Roy, « Le renouveau religieux à Montréal au XIXe siècle, et le rôle des Sulpiciens dans le domaine de l'éducation chrétienne », Sessions d'études - Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, vol. 53,‎ , p. 51-62 (lire en ligne Accès libre).

Jacques Mathieu, « Charles-Madeleine Youville-Dufrost et sa mère Marguerite d'Youville », dans Gaston Deschênes et Denis Vaugeois, Vivre la Conquête: à travers plus de 25 parcours individuels, t. 1, Québec, Septentrion, , 244-248 p.

Jean-Claude Robert, « Thavenet, Jean-Baptiste » Accès libre, sur Dictionnaire biographique du Canada, .

Jean-Marie Fecteau et Éric Vaillancourt, « La charité en ville », dans Dominique Deslandres, John A. Dickinson et Ollivier Hubert, Les Sulpiciens de Montréal : une histoire de pouvoir et de discrétion, 1657-2007, Montréal, Fides, , 241-264 p.

Jean-Pierre Bourbeau, « Une présence attendue: l'hospice des Sœurs Grises à Saint-Jérôme » Accès libre, sur Histoire archives Laurentides.

Julie Noël, « L'immigration irlandaise avant et après la Grande Famine » Accès libre, sur Encyclopédie du MEM, .

Louis Rousseau et Frank W. Remiggi, « Le renouveau religieux montréalais au XIXe siècle : une analyse spatio-temporelle de la pratique pascale », Studies in religion/Sciences religieuses, vol. 21, no 4,‎ , p. 431-454 (lire en ligne Accès payant).

Karine Hébert, « Un évêque et ses communautés: les relations de Mgr Langevin avec les communautés religieuses féminines (1867-1891) », Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, vol. 90, no 2,‎ , p. 99-119 (lire en ligne Accès libre).

(en) Laura Swan, The Wisdom of the Beguines : The Forgotten Story of a Medieval Women's Movement, Katonah, Blue Bridge, , 202 p.

Laurette Duclos, s.g.m., « Coutlée, Thérèse-Geneviève » Accès libre, sur Dictionnaire biographique du Canada, .

Liliane Héroux, s.c.q., « Des femmes en gris », Sessions d'études - Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, vol. 36,‎ , p. 49-56 (lire en ligne Accès libre).

Lionel Groulx, « Le gallicanisme au Canada sous Louis XIV », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 1, no 1,‎ , p. 54-90 (lire en ligne Accès libre [PDF]).

Marcel Trudel, L'Église canadienne sous le Régime militaire, 1759-1764, vol. 1, Montréal, Institut d'histoire de l'Amérique française, , 362 p.

Marcel Trudel, « Le destin de l'Église sous le régime militaire », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 11, no 1,‎ , p. 10-41 (lire en ligne Accès libre).

Marcel Trudel et Micheline D'Allaire (avec la collaboration de), Deux siècles d'esclavage au Québec, Montréal, Hurtubise, , 408 p.

Marielle Rivard et Sylvie Cantin, 125 ans d'histoire: Hôpital général de Sorel, 1862-1987, Saint-Hyacinthe, Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, , 41 p. (lire en ligne Accès libre).

Marguerite Jean, s.c.i.m., Évolution des communautés religieuses de femmes au Canada de 1639 à nos jours, Montréal, Fides, , 324 p.

Marie-Christine Giroux, « Les salles d'asile à Montréal durant la seconde moitié du XIXe siècle. Quand la représentation de la famille se heurte à la réalité de la classe ouvrière », Revue d'histoire de l'Université de Sherbrooke, vol. 1,‎ (lire en ligne Accès libre).

Mario Robinaud, « Des religieuses pour les pensionnats autochtones du Canada (1880-1969). Façonner les individus, réguler les relations entre les sexes », Archives de sciences sociales des religions, no 202,‎ , p. 49-70 (lire en ligne Accès libre).

Maude Charest-Auger, Les réactions montréalaises à l'épidémie de typhus de 1847 (mémoire de maîtrise), Montréal, Université du Québec à Montréal, , 168 p. (lire en ligne Accès libre).

(en) Michael Gauvreau et Ollivier Hubert, « Introduction: Beyond Church History: Recent Developments in the History of Religion in Canada », dans Michael Gauvreau et Ollivier Hubert, The Churches and Social Order in Nineteenth- and Twentieth-Century Canada, Montréal & Kingston, McGill-Queen's University Press, , 3-45 p.

Micheline D'Allaire, Les communautés religieuses de Montréal, t. 1, Montréal, Éditions du Méridien, , 168 p.

Micheline D'Allaire, « L'originalité de l'œuvre sociale des Congrégations Religieuses de Montréal aux XIXe et XXe siècles », Études d'histoire religieuse, vol. 59,‎ , p. 25-41 (lire en ligne Accès libre).

Micheline Dumont-Johnson, « Des garderies au XIXe siècle: les salles d'asile des Sœurs Grises à Montréal », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 34, no 1,‎ , p. 27-55 (lire en ligne Accès libre).

Micheline Lalonde-Graton, Des salles d'asile aux centres de la petite enfance : la petite histoire des services de garde au Québec, Québec, Les Presses de l'Université du Québec, , 412 p.

Nicholas Rimanelli, La maison mère des Sœurs Grises. Un riche patrimoine pour le monde universitaire, Montréal, Observatoire Ivanhoé Cambridge du développement urbain et immobilier, (lire en ligne Accès libre).

Olivier Dufresne, « Aux origines de l'oncologie canadienne: l'Institut du radium de Montréal » Accès libre, sur Histoires de chez nous.

Olivier Maurault, « M. Étienne-Michel Faillon (1800-1870) », Les Cahiers des Dix, no 24,‎ , p. 151-167 (lire en ligne Accès libre [PDF]).

(en) Patricia A. Geary, GNSH, « The Beguines of Medieval Europe: Mystics and Visionaries » Accès libre, sur Grey Nuns of the Sacred Heart, .

Peter Gossage, « Les enfants abandonnés à Montréal au 19e siècle : la crèche d'Youville des Sœurs Grises, 1820-1871 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 40, no 4,‎ , p. 537-559 (lire en ligne Accès libre).

Peter Gossage, « La maison mère des Sœurs Grises: faire face à un lourd héritage », dans Monika Kin Gagnon et Brandon Webb, L'Université Concordia: 50 ans d'une histoire collective, Montréal, Concordia University Press, (lire en ligne).

Reine Ponton, s.c.s.h., « Les débuts de la Congrégation des Sœurs Grises de Saint-Hyacinthe, 1840-1865 », Session d'étude - Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, vol. 47,‎ , p. 55-61 (lire en ligne Accès libre).

Rénald Lessard, Se soigner au Canada aux XVIIe et XVIIIe siècles, Ottawa, Les Presses de l'Université d'Ottawa, , 170 p.

Rénald Lessard, « Les soins de santé au Canada aux XVIIe et XVIIIe siècles », dans Normand Séguin, Atlas historique du Québec : L'institution médicale, Québec, Les Presses de l'Université Laval, , 3-28 p.

Robert Lahaise, Les édifices conventuels du Vieux-Montréal : aspects ethno-historiques, Montréal, Hurtubise, , 597 p.

Robert-Lionel Séguin, « Une Montréalaise devant le tribunal bailliager », Les Cahiers des Dix, no 32,‎ , p. 109-124 (lire en ligne Accès libre).

Serge Gagnon, « Faillon, Étienne-Michel » Accès libre, sur Dictionnaire biographique du Canada, .

Shuana Niessen, Shattering the Silence: The Hidden History of Indian Residential Schools in Saskatchewan, Regina, Faculty of Education - University of Regina, , 110 p. (lire en ligne Accès libre).

(en) Sœur St. Thomas Aquinas Keefe, The Congregation of the Grey Nuns (1737-1910), Washington, D.C., Catholic University of America Press, , 373 p.

Sœur Paul-Émile (Louise Guay), s.c.o., « Mère Élisabeth Bruyère, fille de l'Église et femme d'œuvres », Rapport - Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, vol. 29,‎ , p. 51-58 (lire en ligne Accès libre).

Sœur Paul-Émile (Louise Guay), s.c.o., « Bruyère (Bruguier), Élisabeth » Accès libre, sur Dictionnaire biographique du Canada, .

Sophie Imbeault, « Que faire de tout cet argent de papier? Une déclaration séparée au traité de Paris », dans Sophie Imbeault, Denis Vaugeois et Laurent Veyssière, 1763. Le traité de Paris bouleverse l'Amérique, Québec, Septentrion, , 142-199 p.

(en) Susan Hudson, « Les Sœurs Grises of Lewiston, Maine 1878-1908: An Ethnic Religious Feminist Expression », Maine History, vol. 40, no 2,‎ , p. 309-331 (lire en ligne Accès libre).

(en) Susan Hudson, The Quiet Revolutionaries : How the Grey Nuns Changed the Social Welfare Paradigm of Lewiston, Maine, New York, Routledge, , 206 p.

Suzanne Cross, « La majorité oubliée: le rôle des femmes à Montréal au XIXe siècle », dans Marie Lavigne et Yolande Pinard, Les femmes dans la société québécoise, Montréal, Éditions du Boréal Express, , p. 61-83.

Suzanne Gauthier, s.c.s.h., « Les soins des malades pendant les épidémies », Le Courrier de Saint-Hyacinthe,‎ (lire en ligne Accès libre).

Suzanne Grousse, « Marie Catherine Demers Dessermon (1698-1785), cofondatrice oubliée. Interrogations sur le pouvoir d’effacement d’une religieuse montréalaise », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 63, nos 2-3 « Femmes, culture et pouvoir »,‎ automne-hiver 2009-2010, p. 243-273 (lire en ligne Accès libre [PDF]).

Thérèse Castonguay, Formation supérieure des infirmières - Institut Marguerite d'Youville, 1934-1967, Montréal, Services des archives et des collections des Sœurs de la Charité de Montréal, , 60 p. (lire en ligne Accès libre).

Sources premières

modifier

Constitutions des Sœurs de la Charité administratrices de l'Hôpital général de Montréal, dites vulgairement Sœurs grises, Montréal, Imprimerie de l'Hôpital général, (lire en ligne Accès libre).

Médiagraphie

modifier

« La translation des Restes mortels de sainte Marguerite d'Youville » Accès libre, sur Patrimoine immatériel religieux du Québec (IPIR)

« Institutions » Accès libre, sur Centre d'histoire des régulations sociales - CHRS.

« Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec » Accès libre, sur Réseau québécois en études féministes - RéQEF.

« Le site du patrimoine par adresse » Accès libre, sur Société historique du Marigot.

« Notre histoire » Accès libre, sur Les Sœurs Grises de Montréal.

« Les Sœurs en Amérique » Accès libre, sur Les Sœurs Grises de Montréal.

« Événements, groupes et personnes » Accès libre, sur Répertoire du patrimoine culturel du Québec.

« Rapports » Accès libre, sur Centre national pour la vérité et la réconciliation.

« Centre du patrimoine » Accès libre, sur Société historique de Saint-Boniface.

« Chronologie des TNO » Accès libre, sur NWT Timeline.

« Bilan Québec. Site encyclopédique sur l'histoire du Québec depuis 1900 » Accès libre, sur Perspective Monde. Outil pédagogique des grandes tendances mondiales depuis 1945.

Service des archives et des collections des Sœurs grises de Montréal, « Terre nourricière. Cultiver, transformer, nourrir » Accès libre, sur Les Sœurs Grises de Montréal.

Voir aussi

modifier