SNCASO SO-4050 Vautour

avion militaire
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Le SO-4050 Vautour est un avion multirôle biréacteur français conçu par la SNCASO au début des années 1950. Il a été construit à 140 exemplaires, dont 30 exportés vers Israël. Les derniers Vautour sont retirés du service à la fin des années 1970.

SNCASO SO-4050 Vautour
Vue de l'avion.
Un Vautour II B exposé aux Ailes Anciennes Toulouse, en 2009.

Constructeur SNCASO
Rôle Avion multirôle
Premier vol
Mise en service
Date de retrait
Nombre construits 140
Équipage
1 (Vautour A) ou 2 (Vautour N et B)
Motorisation
Moteur SNECMA Atar 101 E
Nombre 2
Type turboréacteurs
Poussée unitaire 36 kN
Dimensions
vue en plan de l’avion
Envergure 15,10 m
Longueur (A) 17,36 m
(B et N) 17,55 m
Hauteur 4,94 m
Surface alaire 45 m2
Masses
À vide 10 000 kg
Carburant (interne, A) 5 364 litres
(en soute) 03 000 l
(externe) 002 600 l, kg
Avec armement ~ 17 000 kg
Maximale ~ 20 000 kg
Performances
Vitesse maximale 1 100 km/h (Mach 0,89)
Plafond 15 240 m
Vitesse ascensionnelle 3 600 m/min
Rayon d'action entre 1 000 et 1 200 km
Armement
Interne 4 canons DEFA de 30 mm et 3 000 kg de charge en soute interne (bombes, roquettes, réservoir)
Externe 4 000 kg de charge (bombes, roquettes, missiles (R511), réservoirs, etc.)
Avionique
Radar DRAC-25A puis DRAC-32A

Conception

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Au début des années 1950, l'armée de l'air émet une demande pour un chasseur lourd propulsé par deux réacteurs Snecma Atar. Ayant travaillé sur un projet de bombardier finalement abandonné, le SNCASO SO.4000, Jean-Charles Parot de la SNCASO en propose un dérivé de taille inférieure avec les réacteurs installés sous les ailes, une soute ventrale pour l'emport d'armement, quatre canons de 30 mm, des missiles Matra R511 (uniquement pour le Vautour N), une très bonne autonomie et une vitesse maximale supérieure à 1 000 km/h.

Le projet est accepté en 1952 et trois versions demandées :

  • Vautour A : avion d'attaque au sol (monoplace)
  • Vautour N : chasseur tous temps (biplace en tandem doté d'un radar)
  • Vautour B : bombardier (biplace avec un navigateur/bombardier installé à l'avant du nez vitré, sans canon).

Le premier prototype, un Vautour N, fait son vol inaugural le avec des réacteurs Atar 101 B. En , il reçoit des Atar 101 C et dépasse le mur du son en piqué. Le prototype du Vautour A décolle pour la première fois le , et celui du Vautour B le . Ces prototypes sont suivis par six exemplaires de présérie équipés de réacteurs Atar 101 D puis Atar 101 E. Si les performances sont satisfaisantes au niveau de la vitesse, l'autonomie, la manœuvrabilité et la charge utile, les réacteurs Atar se révèlent peu fiables et demandent de fréquentes mises au point.

Carrière

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Après quelques modifications, la production en série est lancée à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et le premier Vautour livré officiellement en . La commande initiale de 300 exemplaires est finalement réduite à seulement 140 fin 1958. L'Armée de l'air réalise rapidement qu'elle n'a pas besoin du Vautour A et, après les avoir utilisés pour l'entraînement de ses pilotes, les propose à l'exportation.

Vautour IIA.
Le dernier Vautour IIN en service en 1991 avec un nez de Mirage F1 pour des tests de radars.

Une partie des Vautour B français est modifiée pour être également capable d'effectuer des missions de reconnaissance (Vautour BR) et une autre pour la guerre électronique (Vautour GE).

Une soixantaine d'avions sont révisés et modernisés (opération Jouventour) entre 1967 et 1971 et prennent la désignation de Vautour II. Les derniers Vautour sont retirés du service en , seuls quelques exemplaires restant utilisés pour le remorquage de cible ou des essais de radar, ces derniers au sein du Centre d'Essais en Vol.

En , Israël achète 19 quatre Vautour N et huit Vautour B. Ces avions sont livrés entre et . Les Vautour israéliens reçoivent plusieurs modifications durant leur carrière, dont l'adaptation pour certain à des missions de reconnaissance. La plupart sont retirés du service en 1971, certains restant utilisés encore quelques mois en 1972.

Engagements

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Armée de l'air israélienne

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Israël a engagé ses Vautour lors de la guerre des Six Jours (juin 1967), principalement dans des missions de bombardement, ainsi que dans diverses opérations de moindre importance.

Lors du premier jour de l'offensive israélienne, le , toutes les bases aériennes égyptiennes avaient été neutralisées et l’aviation égyptienne détruite au sol dès la fin de matinée. Seule restait intacte la base égyptienne de Ras Banas, très au sud, au bord de la Mer Rouge, où plusieurs avions égyptiens avaient trouvé refuge hors de portée des Mirage III-CJ israéliens, à 900 km de leurs bases. À 18 heures, des Vautour israéliens, opérant à la limite de leur rayon d’action, parvinrent à la neutraliser[1].

Au total, six avions furent abattus par la défense anti-aérienne ou l'aviation adverse. Un Vautour a abattu un Hawker Hunter de la force aérienne irakienne, unique victoire aérienne de ce type d'appareil. Les Hunter ayant eux abattu deux Vautour au canon de 30 mm[2].

Les Vautour ont également été utilisés à partir de 1960 lors des essais nucléaires français en Algérie française[3] et en Polynésie française : ils servaient à récupérer les particules présentes dans l'air. Le prélèvement s'effectuait par des sondes fixées sous les ailes, lors du passage dans le nuage radioactif, en vue d'analyse radio-chimique. En 1975, après avoir participé à huit campagnes de tirs nucléaires atmosphériques, les Vautour utilisés pour ces missions connaissent des destins variés[4] :

  • Les cinq les plus contaminés sont immergés par plusieurs centaines de mètres de fond (avions nos 317, 604, 607, 611 et 625)
  • Quatre autres sont mis à la ferraille (avions nos 4, 309, 313 et 323)
  • Un dernier, le no 302, fut conservé en exposition statique sur l'atoll de Hao, près de l'ancienne escale aérienne militaire. Il a été démonté au début de l'année 2000, et certaines parties de l'aéronef, notamment un réacteur et la cellule, ont été rapportés en métropole.

Variantes

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Un Vautour IIB vu de trois quart.
Un Vautour IIB reconnaissable à son nez vitré.

La production totale s'élève à 149 avions :

  • prototypes : 3 exemplaires
  • pré-production : 6 ex.
  • Vautour A d'attaque au sol : 30 ex. (13 pour la France, 17 pour Israël)
  • Vautour B bombardier : 40 ex. (36 pour la France, 4 pour Israël)
  • Vautour N chasseur tous temps : 70 ex. (63 pour la France, 7 pour Israël)
  • Les Vautour IIA, IIB, IIN sont ceux ayant subi l'opération de rénovation Jouventour (une soixantaine d'exemplaires)

Opérateurs

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Une formation de Vautour israéliens en 1964.

Drapeau de la France France : l'Armée de l'air française utilisa 112 avions :

Drapeau d’Israël Israël : l'Armée de l'air israélienne reçut 31 appareils, utilisées entre et  :

  • L'Escadron 110 basé à Ramat David mit en œuvre 19 Vautour A et 19 Vautour B
  • L'Escadron 119 basé à Tel-Nof mit en œuvre 8 Vautour N.

Autres caractéristiques

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Malgré son allure massive, le Vautour était très manœuvrable et agréable à piloter. Sa fabrication fait appel à des techniques avancées pour l'époque : collage métallique et emploi de matériaux de type nid d'abeille. Son train d'atterrissage est un train monotrace composé de deux diabolos en tandem sous le fuselage et de deux roulettes nommées « balancines » dans les nacelles des réacteurs. On a également noté sa vitesse ascensionnelle particulièrement élevée, et son plafond à une altitude de plus de 15 000 m.

Appareils préservés

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Vautour IIN - BA 126 Solenzara.

Dans la culture populaire

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Un Vautour SNCASO SO 4050 Vautour N apparait au début du film "Sous le signe du taureau" du réalisateur Gilles Grangier sorti en 1969 avec Jean Gabin. L'appareil présenté est un exemplaire de l'escadrille Normandie-Niemen basée à Reims, effectuant un test infructueux de missile[10].

Un Vautour en mission de reconnaissance apparait à la page 16 de "Destination Pacifique" et au sol à la page 23 de "Menace sur Mururoa" dans Les Aventures de Tanguy et Laverdure[11],[12].

Les trois variantes du Vautour sont aussi présentes dans le jeu vidéo War Thunder aussi bien dans l'arbre français que dans l'arbre Israélienne (à l'exception du B). Avant que la branche israélienne ne soit ajouté en jeu, le Vautour A israélien se trouvait dans l'arbre Premium français, avant d'avoir été permuté vers l'israélien dans la branche principale.

Un exemplaire est exposé devant l'entrée du Musée aéronautique et spatial Safran à Réaux, en Seine-et-Marne.

Voir aussi

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Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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  • Enzo Angelucci et Paolo Matricardi (trad. de l'italien), Les avions, t. 5 : L'ère des engins à réaction, Paris/Bruxelles, Elsevier Sequoia, coll. « Multiguide aviation », , 316 p. (ISBN 2-8003-0344-1), p. 246-247
  • (en-GB) Bill Gunston, Fighters of the Fifties, Cambridge, Angleterre, Patrick Stephens Limited, (ISBN 0-85059-463-4)
  • Michel Bénichou, « Hervé Poulin, Jacques Billy et le "Vautour" II N », Le Fana de l'Aviation, no 269, , p. 34-38.

Aéronefs comparables

Liens externes

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Notes et références

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  1. Patrick Mercillon, « La guerre des Six Jours, 5- », Hachette Connaissance de l’histoire, no 51, , p. 6.
  2. (en) « Iraqi Air-to-Air Victories since 1967 », sur acig.info (consulté le ).
  3. « Centre d'Instruction des Forces Aériennes Stratégiques », sur anfas.fr Association Nationale des Forces Aériennes Stratégiques (consulté le ).
  4. Le CEP de Jacques ENNE : Img039 - Fin des avions.
  5. 1 2 « Liste des aéronefs de CANOPEE », canopeechateaudun.fr (consulté le )
  6. Colonel (H) Henri Coisne, « Restauration de l'avion Vautour n°634 », Pégase, Revue de l'Association des Amis du Musée de l'Air, no 104, , p. 15-31.
  7. « SO 4050 VAUTOUR II N n°358 », sur musee-a5e.com.
  8. .
  9. « SNCASO SO 4050 Vautour IIB », sur Ailes Anciennes Toulouse (consulté le ).
  10. « Sous le signe du taureau - The Internet Movie Plane Database », sur www.impdb.org (consulté le ).
  11. Jean-Michel Charlier, Jijé, Destination Pacifique, Neuilly-sur-Seine, Dargaud, , 48 p., p. 16.
  12. Jean-Michel Charlier, Jijé, Menace sur Mururoa, Neuilly-sur-Seine, Dargaud, , 48 p., p. 23.