Sabine Trébinjac
Sabine Trébinjac, née en 1963, est une ethnomusicologue française rattachée au Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative (LESC), au sein du Centre de recherche en ethnomusicologie (CREM) à Nanterre. Elle entre au CNRS comme chargée de recherche en 1997, et obtient une Médaille de bronze du CNRS en 1999 pour son travail sur la musique ouïghour et son lien avec le pouvoir en Chine. En 2011, elle devient directrice de recherche au CNRS[1]. Elle enseigne également l’ethnomusicologie et le monde chinois à l’Université Paris-Nanterre[2].
| Directrice de recherche au CNRS |
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Arts asiatiques, Études mongoles et sibériennes, centrasiatiques et tibétaines (d) |
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Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative Société française d'ethnomusicologie (d) Centre d’études français sur la Chine contemporaine |
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| Directeur de thèse | |
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À partir de 2020, son travail prend une tournure plus politique, elle montre les répressions des minorités ethniques au Xinjiang ou Turkestan oriental, notamment la dissolution progressive des cultures Ouïghours dans le cadre de la sinisation.
Formation
modifierMusicienne de formation classique, diplômée d’une maîtrise d’histoire ancienne de la Chine à l’Université de Pékin, d’une maîtrise d’histoire à la Sorbonne (Paris 1) ainsi que d’un Diplôme Universitaire de Langues et Civilisations Orientales (DULCO) à l'Institut national des langues et civilisations orientales(INALCO), Sabine Trébinjac s’oriente vers l’anthropologie et plus spécifiquement vers l’ethnomusicologie. En 1993, à l’Université Paris-Nanterre, elle soutient sa thèse de doctorat intitulée Musique ouïgoure et collectes musicales en Chine[3]. En 2011, elle obtient son habilitation à diriger des recherches (HDR) avec un mémoire intitulé Le despote et le musicien : analyse de modes d’autorité en Chine[4].
Parcours
modifierLes travaux de Sabine Trébinjac, qui empruntent à diverses disciplines des sciences sociales, ethnomusicologie, anthropologie politique, histoire et linguistique, se concentrent principalement sur la région chinoise du Xinjiang et les cultures musicales ouïghour, ainsi que sur les dynamiques politiques qui leur sont rattachées. En 2000, elle publie son premier ouvrage Le pouvoir en Chantant. Tome I : L'art de fabriquer une musique chinoise [5],[6],[7],[8],[9],[10], dont le second tome, Une musique d'État... impériale, paraît en 2008[11],[12],[13], [14]. En 2013, elle rend public son fonds d’archives, fruit de ses collectes de musiques ouïgoures dans la province du Xinjiang[15]. À partir de 2020, avec l’article Chine et Ouïgours : Un colonialisme interne civilicide paru dans la revue d'anthropologie sociale L'Homme[16], son travail prend une tournure plus politique. Son engagement envers la population ouïghour s’affirme et Sabine Trébinjac intervient dans plusieurs émissions radios[17],[18], reportage[19] et ouvrages collectifs[20] à ce sujet. Son dernier article, De l’autocritique à la fiche de reconnaissance faciale[21], publié dans la revue Ethnologie française, poursuit ce travail de recherche au long cours sur le pouvoir en Chine, et illustre son engagement face aux répressions des minorités ethniques au Xinjiang.
Apport à la recherche
modifierSabine Trébinjac est une spécialiste majeure du monde ouïghour et des enjeux culturels et politiques qui le traversent. Dès les années 2000, dans Le pouvoir en chantant[6], elle développe la notion de traditionalisme d’État pour montrer la construction de l'identité nationale chinoise au prisme des pratiques musicales. À partir de 2020, elle déploie la notion de « civilicide »[16] pour qualifier le phénomène à l'œuvre dans la dissolution progressive des cultures ouïghour, initiée par l'État chinois. Dans son travail d'archives[22], elle éclaire sous un angle historique les dynamiques identitaires et géopolitiques que connaît la région du Xinjiang. Par ailleurs, les analyses ethnomusicologiques qu’elle livre en collectant des muqam[23] et chants ouïghour[24], éclairent leur patrimoine musical, ainsi que les tensions identitaires entre pouvoir et minorités ethniques en Chine, et les stratégies qui en découlent. C’est cet aspect accompli et pluridisciplinaire de ses travaux qui fera dire au sinologue Georges Goormaghtigh que Sabine Trébinjac est une « référence centrale pour toute personne s’intéressant à la réalité chinoise en général et aux musiques du Xinjang en particulier »[6].
Publications
modifierOuvrages principaux
modifier- Trebinjac, Sabine, Le pouvoir en chantant. Tome I : L'art de fabriquer une musique chinoise, Nanterre, Société d’ethnologie, (OCLC 1198704875, présentation en ligne)[5]
- Trebinjac, Sabine, Le pouvoir en chantant. Tome II : Une musique d'État... impériale, Nanterre, Société d’ethnologie - Decitre, (OCLC 494182975, présentation en ligne)[12].
- (en) Sabine Trebinjac, A Decade at the Communist University for the Workers from the East (1925–1935), Newcastle upon Tyne, Cambridge Scholars Publishing, (présentation en ligne).
Principaux articles et chapitres d’ouvrages scientifiques
modifier- Sabine Trebinjac, « De l'autocritique à la fiche de reconnaissance faciale : quarante ans d’ethnographie en République populaire de Chine », Ethnologie française, vol. 54, no 2, , p. 89–98 (DOI 10.3917/ethn.242.0089, lire en ligne).
- Sabine Trebinjac, « La Chine : D'un État multinational à une nation chinoise », hal, no 03882854f, (lire en ligne).
- Sabine Trebinjac, « Chine et Ouïgours : un colonialisme interne « civilicide » », L'homme, no 236, , p. 191–204 (lire en ligne).
- Trébinjac, Sabine, « L’université communiste des travailleurs de l’Orient à Moscou, une machine idéologique », dans Les mondes soviétiques : nouvelles approches historiques et anthropologiques, (présentation en ligne).
- Sabine Trébinjac, « Quand les Ouïgours jouent et s’amusent », Études mongoles et sibériennes, centrasiatiques et tibétaines, no 30, (lire en ligne).
- Trébinjac, Sabine, « Femme, seule et venue d’ailleurs. Trois atouts d’un ethnomusicologue au Turkestan chinois », Cahiers d’ethnomusicologie, (lire en ligne).
- Trébinjac, Sabine, « Vladislav Sissaouri, Cosmos, magie et politique : la musique ancienne de la Chine et du Japon », Arts asiatiques, vol. 49, , p. 147 (lire en ligne)
- Trébinjac, Sabine et Jean During, « Introduction au Muqam ouïghour », Bloomington (Indiana), Research Institute for Inner Asian Studies, (BNF 39396280).
Notes et références
modifier- ↑ Gérard 2012.
- ↑ « Liste des enseignants à Nanterre au département d’anthropologie- Sabine Trebinjac », sur lesc-cnrs.fr.
- ↑ « Trébinjac, Sabine. « Musique ouïgoure et collectes musicales en Chine » Doctorat d'ethnologie, Université Paris X - Nanterre 1993 », sur theses.fr.
- ↑ « Trébinjac, Sabine. « Le despote et le musicien : analyse de modes d'autorité en Chine ». Th. habilitation -- Ethnologie -- Nanterre -- 2011 -- Université de Paris 10 », sur bibethno-cat.lesc-cnrs.fr.
- 1 2 Françoise Aubin, « Sabine Trébinjac, Le Pouvoir en chantant. Tome I. L’art de fabriquer une musique chinoise », Archives de sciences sociales des religions, no 122, , p. 59–157 (ISSN 0335-5985, DOI 10.4000/assr.1490, lire en ligne [PDF], consulté le ).
- 1 2 3 Georges Goormaghtigh, « Sabine Trebinjac, Le pouvoir en chantant », Cahiers d’ethnomusicologie, no 14 , (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Bruno Deschênes, « Le Pouvoir En Chantant, Tome I: L’art de Fabriquer Une Musique Chinoise by Sabine Trebinjac », Asian Music, vol. 33, no 2, , p. 224–27 (JSTOR 834352, lire en ligne, consulté le )
. - ↑ Picard, François, « Le Pouvoir En Chantant, Tome I, L’art de Fabriquer Une Musique Chinoise by Sabine Trébinjac », T’oung Pao, vol. 88, nos 4/5, , p. 498–505 (JSTOR 4528918, lire en ligne, consulté le )
. - ↑ (en) Harris, Rachel, « Le Pouvoir En Chantant, Vol. 1, L’art de Fabriquer Une Musique Chinoise by Sabine Trebinjac », British Journal of Ethnomusicology, vol. 10, no 1, , p. 125–27 (JSTOR 3060776, lire en ligne, consulté le )
. - ↑ (en) Canzio, Ricardo, « Review Essay: The Power of Singing versus the Construction of a People’s Music. Le Pouvoir En Chantant 1: L’art de Fabriquer Une Musique Chinoise by Sabine Trebinjac », The World of Music, vol. 43, nos 2/3, , p. 230–36 (JSTOR 41699383, lire en ligne, consulté le )
. - ↑ Françoise Aubin, « Sabine Trébinjac, Le pouvoir en chantant. Tome II. Une affaire d'État… impériale-Nanterre, Société d'ethnologie, 2008, 214 », Archives de sciences sociales des religions, vol. 4, no 148, , p. 129 à 342 (DOI 10.4000/assr.21638, lire en ligne).
- 1 2 Aurélie Névot, « Sabine Trébinjac, Le pouvoir en chantant. Tome II. Une affaire d’État… impériale. Nanterre, Société d’ethnologie, 2008, 214 p », Cahiers de musiques traditionnelles, dits Cahiers d'ethnomusicologie, no 22, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Bruno Deschênes, « Le Pouvoir En Chantant, Tome II: Une Musique d'état Impériale (Power through Singing, Volume II: Music of the Imperial State). (Mémoires de La Société d’ethnologie, by Sabine Trebinjac », Asian Music, vol. 43, no 2, , p. 159–62 (JSTOR 23253614, lire en ligne, consulté le )
. - ↑ Capdeville-Zeng, Catherine, « Le Pouvoir En Chantant, 2: Une Affaire d’État... Impériale (« Mémoires de La Société d’ethnologie » 7) by Sabine Trebinjac », L'Homme, no 194, , p. 218–21 (JSTOR 41343056, lire en ligne, consulté le )
. - ↑ « Fonds- Fonds Sabine Trébinjac. Enregistrements de musiques ouïgour collectés en Chine (province du Xinjiang) depuis 1988 », sur archives.crem-cnrs.fr.
- 1 2 Trebinjac 2020.
- ↑ « La Chine et les ouïghours, un génocide culturel ou un génocide tout court ? - Emission Radio Campus », .
- ↑ « Du Xinjiang au Tibet : Musulmans et bouddhistes face à la sinisation, France Info », sur radiofrance.fr, .
- ↑ [vidéo]« Le drame ouïghour- Arte », sur campus.arte.tv, .
- ↑ « Compte-rendu, logiques autoritaires en Asie, enquêter en terrain fermé », Hypothèses, .
- ↑ Trebinjac 2024.
- ↑ Trebinjac 2023.
- ↑ Trébinjac, Sabine, « Introduction au Muqam ouïghour », Research Institute for Inner Asian Studies, Bloomington (Indiana), (lire en ligne).
- ↑ Trébinjac 1999.
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la recherche :
- Ressource relative à la musique :
- Brice Gérard, « Épistémologie(s) des sciences sociales : Entretien avec Sabine Trebinjac », Transposition, (DOI 10.4000/transposition.154, lire en ligne, consulté le ).
- [vidéo] QCM Média, « Sabine Trebinjac : "un Ouïghour peut rapporter 500 millions de dollars à la vente" », sur YouTube, .