Serment antimoderniste

Motu proprio de Pie X
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Sacrorum antistitum est un motu proprio promulgué par le pape Pie X le et qui contient notamment une profession de foi connue sous le nom de « serment antimoderniste ».

Sacrorum antistitum
Blason du pape Pie X
Motu proprio du pape Pie X
Date
Chronologie

Le serment antimoderniste rappelle les principaux dogmes catholiques, surtout ceux que Pie X considérait comme mis en doute par les modernistes. L'ensemble du clergé catholique fut obligé de professer ce serment annuellement. En 1967, ce serment est supprimé par Paul VI.

Contenu

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Le serment antimoderniste[1] reprend les points principaux de l'encyclique Pascendi Dominici gregis en s'opposant notamment à l'agnosticisme, l'immanentisme et l'évolutionnisme portés par les modernistes composés  selon Pascendi  d'une combinaison « de philosophes, de croyants, de théologiens, d'historiens, de critiques, d'apologistes et de réformateurs »[2].

La première partie du serment antimoderniste est constituée de la manière suivante[3],[4] :

« Moi, [nom de la personne faisant le serment], j’embrasse et reçois fermement toutes et chacune des vérités qui ont été définies, affirmées et déclarées par le magistère infaillible de l’Église, principalement les chapitres de doctrine qui sont directement opposés aux erreurs de ce temps.

Et d’abord, je professe que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être certainement connu, et par conséquent aussi, démontré à la lumière naturelle de la raison « par ce qui a été fait » (Rm 1,20), c’est-à-dire par les œuvres visibles de la création, comme la cause par les effets.

Deuxièmement, j’admets et je reconnais les preuves extérieures de la Révélation, c’est-à-dire les faits divins, particulièrement les miracles et les prophéties comme des signes très certains de l’origine divine de la religion chrétienne et je tiens qu’ils sont tout à fait adaptés à l’intelligence de tous les temps et de tous les hommes, même ceux d’aujourd’hui.

Troisièmement, je crois aussi fermement que l’Église, gardienne et maîtresse de la Parole révélée, a été instituée immédiatement et directement par le Christ en personne, vrai et historique, lorsqu’il vivait parmi nous, et qu’elle a été bâtie sur Pierre, chef de la hiérarchie apostolique, et sur ses successeurs pour les siècles.

Quatrièmement, je reçois sincèrement la doctrine de la foi transmise des apôtres jusqu’à nous toujours dans le même sens et dans la même interprétation par les pères orthodoxes ; pour cette raison, je rejette absolument l’invention hérétique de l’évolution des dogmes, qui passeraient d’un sens à l’autre, différent de celui que l’Église a d’abord professé. Je condamne également toute erreur qui substitue au dépôt divin révélé, confié à l’Épouse du Christ, pour qu’elle le garde fidèlement, une invention philosophique ou une création de la conscience humaine, formée peu à peu par l’effort humain et qu’un progrès indéfini perfectionnerait à l’avenir.

Cinquièmement, je tiens très certainement et professe sincèrement que la foi n’est pas un sentiment religieux aveugle qui émerge des ténèbres du subconscient sous la pression du cœur et l’inclination de la volonté moralement informée, mais qu’elle est un véritable assentiment de l’intelligence à la vérité reçue du dehors, de l’écoute, par lequel nous croyons vrai, à cause de l’autorité de Dieu souverainement véridique, ce qui a été dit, attesté et révélé par le Dieu personnel, notre Créateur et notre Seigneur. »

Le Saint-Office a confirmé en 1918 le caractère obligatoire du serment antimoderniste[5],[6].

Du temps où le serment antimoderniste était encore employé par l'Église catholique, ce serment devait être juré et signé, en théorie, chaque année par les enseignants, les supérieurs religieux, les prêtres chargés de la pastorale et les clercs accédant aux ordres majeurs[7],[8] mais en pratique, il le fut par tout le clergé[9]. Pie XI avait dispensé les professeurs et étudiants de le prononcer, mais cette exemption fut abrogée par Pie XII[10].

En 1967, ce serment (ainsi que la profession de foi tridentine) est supprimé par Paul VI[11] à l'occasion de l’aggiornamento du concile Vatican II[1] et remplacé par une nouvelle profession de foi[12],[13].

Le serment antimoderniste est encore pratiqué au sein de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X[14].

Références

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  1. 1 2 Maurilio Guasco, Le modernisme : Les faits, les idées, les hommes, Desclée de Brouwer, , p. 228-229.
  2. Paul Airiau, « Modernisme », dans Christophe Dickès, Dictionnaire du Vatican et du Saint-Siège, Robert Laffont, , p. 669-672.
  3. Philippe Capelle-Dumont, « La crise moderniste entre philosophie et théologie : éléments anciens et actuels de débat », dans Jean-François Petit, La crise moderniste revisitée, Karthala, , p. 18-19.
  4. « Annexe », dans Marcel Sylvestre, La peur du mal. Le conflit science et religion au Québec : l'affaire Laurendeau, Les Presses Universitaires de Laval, , 288 p. (ISBN 9782763706504, DOI 10.1515/9782763706504-013), p. 249-250.
  5. Cécile Vanderpelen-Diagre, « À l’ombre des clochers: Le monde catholique et la littérature au Québec (1918-1939) », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 58, no 1, , p. 3–26 (ISSN 1492-1383 et 0035-2357, DOI 10.7202/010971ar, lire en ligne, consulté le ).
  6. (it) « Antimodernista, giuramento », dans Encyclopédie Treccani (lire en ligne) (consulté le ).
  7. (en) Pie X, « The Oath Against Modernism », sur papalencyclicals.net, (consulté le ).
  8. (en) « Modernism », dans Encyclopædia Britannica Online (lire en ligne) (consulté le ).
  9. Marie Levant, chap. I « Deux hommes », dans Pacelli à Berlin: Le Vatican et l’Allemagne, de Weimar à Hitler (1919-1934), Presses universitaires de Rennes (ISBN 979-10-413-0746-3 et 978-2-7535-7792-3, DOI 10.4000/14jg8, lire en ligne).
  10. (it) Andrea Riccardi, « L'ombrello di Pio XII sull'università di padre Gemelli » [« Le parapluie de Pie XII sur l'université du père Gemelli »], L'Osservatore Romano, (lire en ligne, consulté le ).
  11. H. P., « Le serment antimoderniste est abrogé », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
  12. (la) Congrégation pour la Doctrine de la foi, « Formula deinceps adhibenda in casibus in quibus iure praescribitur Professio Fidei, loco formulae Tridentinae et iuramenti antimodernistici », Acta Apostolicae Sedis, no 59, , p. 1058 (lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  13. « Formule de profession de foi » [archive du ], sur vatican.va, Congrégation pour la Doctrine de la foi, (consulté le ).
  14. Grégory Roth, « Changement de supérieur général à la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) », cath.ch, (lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi

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Liens externes

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