Saint-Seine

commune française du département de la Nièvre

Saint-Seine est une commune française située dans le département de la Nièvre, en région Bourgogne-Franche-Comté.

Saint-Seine
Saint-Seine
Blason de Saint-Seine
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Nièvre
Arrondissement Château-Chinon (Ville)
Intercommunalité Communauté de communes Bazois Loire Morvan
Maire
Mandat
Jean Marc Galera
2026-2032
Code postal 58250
Code commune 58268
Démographie
Gentilé Séquano-Seinois
Population
municipale
187 hab. (2023 en évolution de −9,66 % par rapport à 2017)
Densité 11 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 44′ 05″ nord, 3° 49′ 29″ est
Altitude Min. 220 m
Max. 321 m
Superficie 17,73 km2
Type Commune rurale à habitat très dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Luzy
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Saint-Seine
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Saint-Seine
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Saint-Seine
Vue du chevet de l'église, prise devant le château.
L'église de Saint-Seine

Géographie

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Saint-Seine vu de drone (2020)

Communes limitrophes

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Rose des vents La Nocle-Maulaix Ternant Rose des vents
Cronat
(Saône-et-Loire)
N Cressy-sur-Somme
(Saône-et-Loire)
O    Saint-Seine    E
S
Maltat
(Saône-et-Loire)

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[1]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[2]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré[3] et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement[4]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[5],[6].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,7 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 16,4 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 937 mm, avec 12,3 jours de précipitations en janvier et 7,7 jours en juillet[1]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Avrée à 10 km à vol d'oiseau[7], est de 11,7 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 884,8 mm[8],[9]. La température maximale relevée sur cette station est de 40,6 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −13,9 °C, atteinte le [Note 1].

Urbanisme

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Typologie

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Au , Saint-Seine est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[10]. Elle est située hors unité urbaine[11] et hors attraction des villes[12],[13].

Occupation des sols

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L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (85,5 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (85,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (65,7 %), zones agricoles hétérogènes (14,8 %), forêts (14,5 %), terres arables (5 %)[14]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

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Le nom de la localité est attesté sous les formes Ecclesia de Sancto-Secano et de Sancto-Sequano (1253) ; Saint-Seigne (1412)[15].

Saint-Seine est un hagiotoponyme qui fait référence à Sigo de Mesmont, dit « saint Seine », fils du comte de Mesmont, religieux à l'abbaye Saint-Jean-de-Réome, fondateur de l'Abbaye de Saint-Seine en Côte-d'Or[16].

Or, Saint-Seine est située fort loin de Saint-Seine l'Abbaye : le personnage historique « Sigo » n'est jamais venu dans ces contrées reculées, prises dans la forêt. De plus, le toponyme n'apparaît qu'au milieu du XIIIe siècle : le lien avec le dénommé Saint-Seine est donc fort ténu[17].

Une hypothèse a cependant été formulée. En effet, Saint-Seine est apparue lors des défrichements qui ont suivi l'an Mil et consistait en une succession de clairières plus ou moins étendues. C'était un lieu encore sous domination des « Blancs », les héritiers des druides celtiques et de leurs traditions. Mais avec le développement de la réforme grégorienne, à partir du XIe siècle, l'Église a raffermi son emprise sur les sociétés rurales : les anciennes croyances sont devenues progressivement proscrites. Or, à Saint-Seine, se trouvent de nombreuses sources : un des lieux dits se nomme d’ailleurs « Azy », « eau » en celte[17].

Il est donc possible que ce lieu riche en eau ait pu, à ses tous débuts, être rattaché à la déesse des eaux, Sequana. Et que pour christianiser ce territoire sauvage, l'Eglise ait imposé, au XIIe siècle, une transposition : le féminin « Séquana » a été masculinisé et sanctifié, devenant « Sanctus Sequanus », comme on le retrouve à partir de sa première mention manuscrite, en 1253.

Héraldique

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Blason de Saint-Seine Blason
Palé d'or et de gueules.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

En 1501, Louis XII nomme Louis II d'Amboise, évêque d'Autun. Officiellement, Saint-Seine appartient toujours au Comte de Nevers, mais religieusement parlant, l'archidiaconat d'Autun, dépendant du roi de France, a autorité sur le village. Cette marge du Comté de Nevers reçoit donc de la part de Louis II, pour montrer la prédominance du roi de France, une chapelle latérale gothique où il ordonne que soient exécuté dans les quatre angles et au niveau de la croisée d'ogives, son blason personnel. Saint-Seine prend alors les mêmes armoiries que la ville d'Amboise : « un écu palé d'or et de gueules de six pièces posées sur une crosse en pal[17] ».

Démographie

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L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[18]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[19].

En 2023, la commune comptait 187 habitants[Note 2], en évolution de −9,66 % par rapport à 2017 (Nièvre : −2,78 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
698652555554648720692700645
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
651660724722716765761787756
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
692674663549510490490451416
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
381366335280226205215216237
2015 2020 2023 - - - - - -
209191187------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[20] puis Insee à partir de 2006[21].)
Histogramme de l'évolution démographique

Histoire

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Préhistoire et Antiquité

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Saint-Seine est une création récente : ce fut, pendant des siècles, un immense territoire boisé, percé de petites clairières. Mais il n'empêche que les hommes l'ont traversé et parfois laissé des artefacts prouvant, plusieurs millénaires plus tard, leur présence[17].

C'est ainsi qu'en 1915, Sylvain Commeau, instituteur au village voisin de Ternant, publie un petit opuscule qui relate, entre autres, la découverte de quelques silex taillés dans le hameau d'Azy.

Une dizaine d'année plus tard, en 1926, René Surugues évoque, dans son ouvrage, Le Nivernais et la Nièvre, la découverte de pierres polies datant de l'époque robenhausienne ().

De plus, en 1880, Ernest Parent, descendant du maître des forges local, assure avoir trouvé en bord de rivière, au lieu-dit « La Loge », un puits de huit mètres de profondeur, comblé par des urnes cinéraires contenant quelques morceaux de bronze. Le découvreur envisage une origine préhistorique[17].

Mais aucune de ces « découvertes » n'a été conservée ou même photographiée. À cet instant, seule la toponymie du lieu-dit « Azy » peut renvoyer de manière sûre à une origine antique : à l'époque romain, un « Asius » a certainement possédé des terres à cet endroit. néanmoins, aucune trace de construction romaine n'a, à ce jour, été réalisée dans ce hameau.

Moyen Âge et période moderne

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Saint-Seine, une paroisse de la baronnie de Ternant

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Le Moyen Âge correspond à la véritable naissance du village, même s'il n'en reste que l'église, datée de la fin du XIe siècle. Saint-Seine s'est développée en « tâche d'huile », à partir de Ternant, le centre de la seigneurie, mais aussi de manière autonome, grâce à des défrichements encouragés par le seigneur local[17].

Le premier seigneur a être clairement identifié est Guillaume, Sire de Ternant, qui prête hommage au comte de Nevers en 1274. À cette époque, Saint-Seine appartenait à la baronnie de Ternant et dépendait de la châtellenie de Savigny-Poil-Fol. Cet acte d’allégeance marque les débuts de la domination de la famille de Digoine, la même qui donna son nom à la ville de Digoin (Saône-et-Loire) et au château du même nom à Palinges. Son représentant le plus célèbre va être Philippe de Ternant (1400-1456).

Bien que vassal du comte de Nevers, il va entrer au service du duc de Bourgogne et se faire remarquer par ses exploits sur les champs de bataille : il est ainsi fait chevalier à 23 ans, suite à la bataille de Cravant en 1423 où les troupes bourguignonnes et anglaises écrasent l’armée du roi de France. Ainsi, durant une trentaine d’années, Saint-Seine quitte le giron nivernais pour entrer en Bourgogne.

Un des plus illustres seigneurs de Saint-seine, Philippe de Ternant.

Philippe de Ternant va alors être couvert d’honneurs : chevalier de la Toison d’or en 1430, commandant de la garde de Bourgogne, chambellan du duc Philippe le Bon, et même gouverneur de Paris en 1435. C’est alors l’apogée du seigneur de Ternant qui va obtenir d’autres fiefs, dont Donzy dans le Nivernais et Apremont dans l’Ain. Sa réputation au XVe siècle siècle fut grande car il avait pour ami personnel Olivier de la Marche, chroniqueur de la cour de Bourgogne[17].

Cette famille va conserver cette seigneurie jusqu’en 1608-1609 où, désargentée, elle va être contrainte de la céder aux seigneurs de la Nocle, la famille de la Fin. Ceux-ci parviendront à conserver la seigneurie une quarantaine d’années, jusqu’en 1649. C’est alors que le pouvoir bascule du château (déjà très endommagé) de Ternant vers celui de La Nocle. En 1649, l’héritière de la famille De la Fin épouse le sieur Dupuy Montbrun, gouverneur du duché du Nivernais. Saint-Seine tombe alors dans l’escarcelle d’un des hommes les plus puissants de l’époque, qui parvint même à faire ériger sa seigneurie en marquisat. Désormais, le seigneur de Saint-Seine a le titre de Marquis.

Le Maréchal de Villars, peint par Hyacinthe Rigaud, 1704, Château de Versailles.

Le propriétaire suivant, le maréchal De Villars, est une célébrité. Originaire de Moulins, où se trouve encore son hôtel particulier, cet homme est un des plus grands chefs militaires de Louis XIV puis de Louis XV. Membre de l’Académie française, Maréchal de France et en 1733, « Maréchal général des armées du Roi », il fréquente les philosophes des Lumières, dont Voltaire, qui dira de lui, « L’heureux Villars, fanfaron plein de cœur ». Cependant, comme ses prédécesseurs, le maréchal de Villars ne vivait pas à La Nocle : s’il vint un jour à Saint-Seine, ce fut de la plus brève des manières, à titre de visite, voire de curiosité car son intendant gérait la seigneurie pour lui.

Fin de la seigneurie de La Nocle

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Enfin, la dernière famille seigneuriale ayant régné sur Saint-Seine fut celle des De Vogüe, branche cousine des De Villlars. Mais ils n’eurent guère le temps d’en profiter car les fracas révolutionnaires les touchèrent rapidement : dès le , tous leurs biens furent mis sous séquestre et transformés en bien national.

Cerise (ou Cerice) François Melchior de Vogüe, seigneur de Saint-Seine, fut également Maréchal de camp des armées du roi Louis XVI, avant d'être député de la noblesse du Vivarais, en 1789.

En effet, Cérice (ou Cerice) Melchior de Vogüé (Cérice étant un prénom masculin) va quitter le territoire français pour échapper à la Terreur. Il s’enfuit alors en Angleterre, devenant un « émigré ». De ce fait, considéré comme « ennemi de la Révolution », ses biens sont confisqués et vendus (décret du ). Il est vrai que localement, les possessions des De Vogüe sont impressionnantes : par exemple, le Marquis, entre Saint-Seine et La Nocle, possède un domaine boisé de 3 798 hectares. Cette forêt fut conservée sous séquestre par l’Administration durant la Révolution. Les bois invendus ont pu être récupérés par la famille de Vogüé. Revenu en France en 1802, Cerise meurt en 1812, mais sans avoir récupéré ses terres. Cela ne se fera que sous la Restauration, en 1816. Cependant, la famille, lourdement endettée, dût se résoudre à vendre l'intégralité de ces bois[22].

Révolution

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Saint-Seine est toujours aussi isolée, mal reliée par de mauvais chemins aux villages environnants. Cet enclavement protège en grande partie le village des soubresauts révolutionnaires des premières années. Il est également difficile de connaître l'état d'esprit des Saint-Seinois de l'époque car les cahiers de doléances ont été perdus[23].

Cependant, la Constitution Civile du Clergé de 1791 va bouleverser la région avec le refus de l'abbé Cantat, prêtre au village voisin de la Nocle Maulaix et supérieur direct du prêtre de Saint-Seine, de prêter serment de fidélité à la Constitution. Arrêté en 1792, il est déporté à Nantes où il meurt en 1794[24]. L'abbé Lambert, prêtre à Ternant refuse également le serment et vient se réfugier dans un hameau saint-seinois : le village du Devant.

En parallèle, certains villageois s'engagent en faveur de la Révolution : en 1793, Charles Lauferon s'engage ainsi dans l'Armée des Alpes. D'autres Saint-Seinois sont volontaires pour surveiller les frontières du département, lorsque Sancerre se révolte en 1796, sous l'action des royalistes. Saint-Seine se dote alors d'une garde nationale composée de 18 volontaires, dirigés par un capitaine, Henri Jourdier[23].

Certains villageois vont devenir des soutiens intéressés de la Révolution : ce sont les acquéreurs des Biens nationaux. En effet, en 1793, Cérice de Vogüé émigre et ses biens (forêts, forge et domaines agricoles) sont saisis. Le principal bénéficiaire est le maître de forge, François Louis Parent Lagarenne, qui va racheter, à vil prix, la forge du village (à La Loge) ainsi que les deux plus gros domaines agricoles de la commune : Azy et les Triboulets. Il devient alors l'homme le plus puissant du village, mais ces achats l’empêcheront, en 1816, lors de la Restauration, de devenir Maire. Le maréchal-Ferrant du village, Brivet, acquiert l'autre grand domaine communal, le Devant[25].

La Révolution va également permettre la création de la toute première école de Saint-Seine. De 1796 à 1851, cette dernière va accueillir les enfants du village, mais aussi ceux du siège de l'ancienne baronnie, Ternant. Comme l'église a été désaffectée et le prêtre en fuite, le presbytère est réquisitionné par la municipalité pour servir de lieu de savoir. La difficulté consiste alors à trouver un maître : le tout premier, Monsieur Viard, est licencié après seulement trois mois d'exercice « à cause de son incapacité »[23]. De plus, à sa création, l'école voulue pour les révolutionnaires ne fait pas de différences entre filles et garçons. Ainsi, à Saint-Seine, de 1796 à 1881, cette dernière est mixte, principalement par mesure d'économie[23].

Deuxième République et Second Empire

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La naissance de la Deuxième République en 1848 se situe dans un contexte de grande misère à Saint-Seine : en 1847, 1 habitant sur 7 est inscrit comme indigent au Bureau de Bienfaisance communal[23].

Or, la priorité de la Deuxième République est de lutter contre la pauvreté, le « paupérisme » selon l'expression consacrée à l'époque. À Paris, sont créés les Ateliers nationaux. À Saint Seine, la municipalité, dirigée par Lazare Compin, décide alors d'augmenter les impôts des personnalités les plus aisées de la commune, pour lancer des travaux d'amélioration des chemins vicinaux. À Paris, cette mesure est supprimée en juin 1848, mais à Saint-Seine, elle dure jusqu'au printemps 1849[23].

Le coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte le renverse la République, le Second Empire étant proclamé un an plus tard. Le maire libéral, à tendance socialiste, de 1848 reste en place et jure fidélité au nouveau régime le . Il demeure ainsi à la tête de la commune jusqu'en 1867, traversant quasiment la totalité de l'épisode impérial[23].

IIIe République qui entre au village

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Contrairement aux deux premiers épisodes républicains, la IIIe République née en 1870 va véritablement fédérer les Saint-Seinois[23].

La transition politique est marquée par le décès de quatre jeunes soldats saint-seinois, victimes des épidémies plus que des combats avec les Prussiens[23]. Mais les relais républicains locaux (le maire Pierre Ducreux puis son successeur Antoine Soulias) vont œuvrer pour améliorer la situation des habitants. En 1886, Saint-Seine bénéficie ainsi d'une bibliothèque populaire, financée par la Préfecture, permettant la diffusion du savoir mais aussi de l'idéologie républicaine, afin de développer « l'amour de la Patrie »[23].

De plus, l'Instruction étant devenue obligatoire en 1882, Saint-Seine va réaliser son plus gros investissement du XIXe siècle : la construction d'un ensemble original « Mairie-École-Cure »[23]. En effet, les lois Ferry des 1881-1882 rendent l'instruction gratuite, laïque et surtout obligatoire. Or, en 1881, la « petite école » ne comporte qu'une seule classe d'environ 50 mètres carrés et elle accueille déjà 92 élèves pour un seul maître[23].

Les 28 000 francs nécessaires à cette construction furent financés, pour la première fois au village, par un emprunt sur 30 ans. Dans un contexte national de tension entre Église et République, la création conjointe d'un bâtiment à destination des ministres du culte (la Cure) et des élus républicains (la Mairie) est un élément rare à noter. Séparés de seulement quelques mètres, le nouveau presbytère et la mairie-école seront l'objet de tensions constantes entre laïques et cléricaux locaux, durant toute la première moitié du XXe siècle[26].

Affiche annonçant l'adjudication pour les travaux lancés à Saint-Seine sur le bloc école / mairie / cure. Source : Archives départementales, 1T 1333.

Cette nouvelle école sera réservée aux garçons. Les filles seront scolarisées dans l'ancienne école, dite « petite école », qui était jugée insalubre, expliquant la création du nouvel ensemble scolaire. Ainsi, en 1876, le Conseil municipal faisait le constat que cette école « menaçait ruine et pouvait occasionner un incendie »[27]. En 1911, l’Inspecteur d'Académie en visite à Saint-Seine, relevait toujours que « l'école des filles était très défectueuse et que la construction d'une nouvelle école s'impose ». L'injonction restera lettre morte[28].

Panorama de l'agriculture à Saint- Seine au XIXe siècle

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Saint-Seine, a été, et est encore aujourd'hui, dominée par l'activité agricole : en 1793, 52 fermes étaient recensées sur le territoire de la commune. À cette époque, les agriculteurs cultivent la terre et pratiquent l'élevage porcin. Les rares vaches présentes au village sont des « morvandelles sous poil rouge », utilisées pour leur force de traction. La quasi-absence d'amendement et la pauvreté des sols sont relevées par les autorités préfectorales[29]. Le froment n'est d'ailleurs pas cultivé, les agriculteurs privilégiant le seigle et l’avoine. Cela suffit à peine à nourrir les 82 familles sur 99 vivant de l'exploitation des terres en 1820[23].

Le XIXe siècle suit la même évolution, avec un début très difficile, lié à des conditions climatiques dégradées : de 1809 à 1817, les mauvaises récoltes se succèdent avec des gels tardifs et des étés pluvieux. Ainsi, en 1816, aucune récolte de blé n'a ainsi été réalisée sur la commune[26].

À partir de 1830, les conditions s'améliorent progressivement, et ce jusqu’aux années 1870, avec comme apogée, la période 1865-1870. La construction d'un réseau de chemins vicinaux permet de trouver des débouchés pour les excédents agricoles, en direction des petites villes voisines de Luzy, Cercy-la Tour, et Bourbon-Lancy qui multiplient les création de foires agricoles. Néanmoins, cette relative prospérité profite principalement aux principaux propriétaires terriens. Ainsi, sur les 1 700 hectares de la commune, 9 propriétaires s'en partagent 1 163 en 1911[30]. Ces exploitations sont confiées soit à des fermiers soit à des métayers, surveillés par un fermier général.

Les petits propriétaires possèdent moins de 5 hectares : ces terrains sont exploités directement mais ne parviennent pas à nourrir l'ensemble des membres de la famille, qui se « louent » comme domestiques, journaliers, bucherons. À partir des années 1880, les plus jeunes partent de la commune, alimentant l'exode rural, en direction de la Picardie. Enfin, de nombreux Saint-Seinois ne possèdent aucune terre et se louent de Saint Martin en Saint Martin () : en 1910, un journalier saint-seinois gagne alors entre 2,50 et 3 francs par jours, un domestique 400 à 500 francs annuels et une fille de ferme, 350 francs pour l'année[26].

Les vaches charolaises arrivent tardivement à Saint-Seine, à partir des années 1880 : l'investissement initial nécessaire limite leur achat à quelques gros propriétaires. Ainsi, en 1911, seuls 22 % des terrains agricoles sont utilisés comme prés, principalement par les fermiers d'Edmond Vidalin, propriétaire du Château, et par les métayers du Comte de Rouganne[31]. Les bêtes nées au village sont vendues rapidement aux foires de Luzy et Bourbon Lancy pour partir à l'embouche. Cela nécessita, pour la commune, l'investissement dans une balance publique, inaugurée en 1924[26].

1870 - 1918, le déclin du village

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Lors du recensement de 1891, Saint-Seine atteint son acmé en terme de démographie : la population frôle les 800 habitants, principalement répartie dans les gros hameaux appelés « villages » : Langlois et Le Devant sont les deux plus importants alors, le Bourg ne regroupant que les activités commerciales (boulangerie, café, charron, etc.)[32].

À partir de 1870, des épidémies de varioles qui se succèdent

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Pourtant Saint-Seine avait déjà été fortement touchée, à partir de 1870, par des épidémies récurrentes de variole, maladie extrêmement meurtrière à l'époque. L'épisode le plus virulent a lieu d' à . La mortalité explose au village : de 6 morts en , on passe à 17 en novembre, 27 en décembre, et 16 en janvier. Le seuil des 14-15 décès annuels est largement dépassé avec 65 morts en 12 mois[33].

Le chiffre de la population ne change cependant que peu, autour de 720 habitants : les décès sont très vite remplacés par de nouveaux arrivants qui reprennent la place et les terres des morts. Pour beaucoup de métayers, cette épidémie fut l'opportunité d'acquérir quelques terres ou de trouver des conditions d'emplois plus avantageuses, les propriétaires ayant besoin de main d’œuvre[26].

La Grande dépression de 1873-1896 dépeuple le village

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La population saint-seinoise va cependant très vite plafonner (en 1891) puis irrémédiablement décliner. En effet, à partir des années 1880, la crise économique européenne frappe durement le village : le prix de l'hectolitre de vin est divisé par quatre par rapport à 1850, le blé perdant 1/3 de sa valeur sur cette même période[34]. Ainsi, l'hectolitre de vin de Saint-Seine, vendu 43 francs en 1880 n'en vaut plus que 14 en 1905[26].

L'exode rural vide alors le village : les jeunes filles montent à Paris pour devenir femmes de chambre. Il semble qu'une filière locale ait favorisé cet emploi. Les garçons préfèrent partie en Picardie pour devenir journaliers : seuls les plus pauvres restent au village, car les fermiers encouragent leurs enfants à partir vers les villes[26]. Pour compenser ces départs, les agriculteurs vont se tourner vers l'Assistance Publique pour accueillir des « enfants de Paris » puis « les enfant de Nevers », c'est à dire des orphelins abandonnés et placés dans les fermes.

Guerre de 14-18 mais surtout la grippe espagnole donnent le coup de grâce à la démographie saint-seinoise

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30 noms de saint-seinois sont gravés sur le monument aux morts local, dont 1/3 a été tué lors des cinq premiers mois du conflit. L'impact démographique de 14-18 est donc moindre que celui de l’épidémie de variole de 1870, avec 27 morts en seulement un mois, en décembre. Mais cela se transcrit au niveau de la pyramide des âges : le nombre de naissances est divisé par trois durant le conflit (de 15 à 5 enfants par an)[35].

Néanmoins, la saignée démographique survient juste après la fin des hostilités : avant guerre, la mortalité saint-seinoise se situait entre 8 et [Combien ?] décès annuels. En 1918, un seul soldat est mort au champ d'honneur, mais 22 autres personnes disparaissent du fait de la grippe espagnole qui tue en quelques jours seulement. Celle ci s'estompe en 1919, mais a fait autant de victimes civiles en 1 an que les combats ont tué de militaires en 51 mois[36].

À l'issue de ces quatre crises, c'est un village exsangue qui entre dans le court XXe siècle : le dynamisme démographique de la commune est définitivement brisé.

Politique et administration

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Liste des maires successifs à Saint-Seine

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Les maires successifs à Saint-Seine sont les suivants[37] :

  • Henry Jourdier : agent municipal : an IV (1795) – 15 brumaire an VI (1797)
  • Etienne Debon : 15 brumaire an VI (avec Louis-François Parent Lagarenne comme adjoint) - ?
  • Louis-François Parent Lagarenne : maire attesté le 21 thermidor an X () ( : signature à l’État-civil) – réélu en 1815 mais plus de traces ensuite.
  • Jean-Pierre Compain (ou Compin) : attesté en 1819 (signature État-civil) - 1835
  • Jean-Baptiste Parent Maugue : 1835  - 1848
  • Lazare Compin : 1848 - 1867
  • Pierre Ducreux : 1867 - 1871
  • Claude Jault : 1871 – 1878
  • Pierre Ducreux : 1878 - 1884
  • Antoine Soulias : 1884 – 1888 ; élection du cassée par arrêté préfectoral, 2e session le
  • Edmond Angel : 1888 - 1892
  • Antoine Soulias : 1892- 1896, désigné au bénéfice de l’âge face à Edmond Angel
  • Charles Théveniau : 1896 – 1906
    • 1re session du annulée faute de pouvoir lancer le scrutin
    • 2e session du  : élection de Gaspard Chalumeau au bénéfice de l’âge. Refus de l’intéressé.
    • 3e session (toujours le ) : Antoine Soulias est élu au bénéfice l’âge.
    • 4e session : le  : annulation par le Préfet : le , Charles Théveniau est élu.
  • Antoine Soulias : 1906 – 1909 (démission)
  • Louis Marquetout : 1909 - 1919
  • Louis Gamet : 1919 – 1922 (dissolution du Conseil par le Préfet)
  • Jacques Théveniau : 1922 – 1945
  • Alphonse Thévenaux : 1945 - 1971
  • Albert Montagne : 1971 - 1989
  • Albert Lebrun : 1989 - 2014
  • Serge Sauvaget : 2014 - 2026
Maire actuel
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2026 en cours Jean Marc Galera   Comédien
Les données manquantes sont à compléter.

Patrimoine qui crée une identité forte

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Lieux et monuments

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L'église Saint-Seine, (XIe – XIXe siècles)

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Trois grandes périodes de construction
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L'existence de l'église romane de Saint-Seine, logiquement, consacrée à Saint-Seine, est documentée à partir de l'année 1253[38].

Une des deux baies romanes ayant été conservées.

Or, des spécialistes se sont penchés sur cet édifice et ont déterminé, grâce à l'étude de la base du clocher, que cette église serait plutôt datable de la fin du XIe siècle. Il existe donc un hiatus de plus de 150 ans, pendant lesquels aucune source n'a été conservée[39].

L'église originelle est constituée d'une nef unique : Saint-Seine est alors composée, fin XIe siècle, d'un ensemble de clairières occupées par une population pauvre et peu nombreuse. L'église sera donc simple et relativement petite en taille. Le clocher est en décalé, côté sud, avec une absence d'ouverture et des murs très épais, pouvant servir de lieu de refuge en cas d'attaque. Peu de lumière entre dans l'édifice : le bâtiment actuel n'a conservé que deux petites baies romanes extrêmement étroites, témoignage rare et précieux de cette première église[40].

Cette nef est couverte par un plafond en chêne qui sera détruit entre 1894 et 1896. Elle débouche sur un chœur roman étonnant : de chaque côté, se tient une colonne avec son chapiteau, surmontée par un arc doubleau légèrement outrepassé. Ce type d'arc a plutôt sa place dans le sud actuel de la France et est originaire de l’Italie du Nord, en Lombardie. Aussi enclavé soit-il, le village de Saint-Seine a donc été touché par des influences lointaines et méditerranéennes[41].

L'équilibre de la nef va être rompu par la création de la chapelle Saint-Vincent, vers le XIIIe siècle. Cette première chapelle latérale est orientée côté sud, et suit, au niveau architectural, le style roman. Une niche-crédence a été aménagée, tentant maladroitement de reproduire un arc brisé de style gothique, certainement réalisée par un artisan du village. Cette chapelle a été financée par la corporation locale des tailleurs, qui ont fait sculpter leurs symboles dans un blason : un ciseau, un mètre et un ruban, témoins de leur influence et leur foi[42].

Une troisième modification va intervenir au niveau de la structure de l'église : en 1502, le nouvel évêque d'Autun, Louis II d'Amboise, favori du roi Louis XII, va créer sur la façade nord, une immense chapelle gothique, qui va finir de déstructurer l'édifice. Pour cela, les maçons vont démolir environ la moitié du mur nord, menaçant la stabilité de l'édifice. Pour éviter que l'église ne s'écroule, ils vont bâtir un contrefort à l'intérieur même de l'église, et deux autres à l’extérieur[43].

Chapelle nord, chef d’œuvre de l'art gothique
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L'objectif de Louis II d'Amboise est de montrer au Comte de Nevers, la puissance de son maître, le roi Louis XII. Louis II d'Amboise ordonne donc la venue d'artisans et d'artistes possédant des compétences inconnues jusqu'alors à Saint-Seine. Tailleurs de pierre et maîtres-verriers vont montrer la puissance du roi, sur des terres qui ne sont pas encore royales. C'est ainsi que la chapelle nord, avec sa croisée d'ogives, va se couvrir de sculptures en tuffeau, au niveau des chapiteaux, des supports de statues, et d'une nouvelle niche-crédence. L'ensemble est réalisé dans le plus pur style gothique flamboyant. La niche est ainsi surmontée d'un long pinacle et de deux modillons finement sculptés[44].

Cette volonté de manifester la puissance royale se retrouve dans l'exceptionnel vitrail polychrome de la Crucifixion. Ce dernier est une œuvre classée, au titre des Monuments Historiques depuis 1913, et est symptomatique de la transition entre la période gothique et la Renaissance. La partie supérieure, représentant la Jérusalem céleste, est composée de croisées d'ogives et d'arcs-boutants gothiques, tandis que les colonnades latérales suivent les préceptes renaissants du retour à l'antique gréco-romain. Les couleurs dominantes, bleu, rouge et jaune constituaient, pour les Saint-Seinois de l'époque, une véritable révolution esthétique, dans une période où les images et la luminosité étaient extrêmement rares. Cependant, ce vitrail sera régulièrement dégradé, principalement au XVIIe siècle, par des protestants des villages voisins de Ternant et de La Nocle Maulaix. Restauré en 2026 par un maître-verrier habitant le village, le vitrail de la Crucifixion reste l’élément patrimonial le plus précieux de la commune[45].

Une des dernières pierres aux morts du Sud Morvan
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Les pierres aux morts, dans le Morvan, sont également appelées reposoirs ou tables des morts. Ce sont des dalles de pierre qui servent à déposer les brancards mortuaires ou les cercueils lors des longs trajets. Il y a en avait à chaque grand carrefour mais aussi à l'entrée des églises et des cimetières, pour une dernière bénédiction. Cette tradition a disparu progressivement au XIXe siècle avec le développement des fourgons mortuaires communaux[46].

L'église de Saint Seine a conservé la pierre aux morts, qui jouxtait la « porte des morts ». Cette ouverture latérale, sur le côté sud, servait, une fois le service funéraire achevé, à faire sortir le corps du défunt pour être enseveli dans le cimetière voisin. Une fois sorti, le corps était posé immédiatement à gauche de la porte sur la pierre. Une bougie était allumée sur le support de pierre qui existe toujours, et le prêtre prononçait les dernières bénédictions, avant que les fossoyeurs ne prennent le corps en charge. Une deuxième pierre aux morts (brisée en deux) a été ramenée durant le XXe siècle et mise à côté. Avec la création d'une rampe PMR, celle-ci n'a pas été déplacée, et se trouve aujourd'hui sous le béton[47].

Monument aux morts

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Le monument aux morts de Saint-Seine date de 1922. À l'origine, il ne devait pas être situé sur la commune : en effet, le Conseil municipal, en 1919, a voté une subvention de 30 francs pour la création d'un monument aux morts départemental, situé à Nevers. Puis en 1920, face à la demande des villageois, il décide de lancer le projet d'un monument communal[26].

Le financement est assuré par une souscription locale ainsi que par une subvention municipale. Mais le projet prend du retard car toutes les communes passent commande en même temps, auprès du fournisseur local, l'entreprise Fréguin-Beautemps de Bourbon-Lancy. Le prix de la pierre ne faisant que monter, le budget de 4 000 francs passe à 4 500, entrainant une fracture dans le Conseil municipal : celui-ci demande au Préfet de le dissoudre pour sortir de l'impasse[26].

Le nouveau maire, Jacques Théveniau, tente de ressouder la collectivité villageoise : le futur monument sera disposé à égale distance de la maire et de l'église, pour éviter d'attiser les conflits. De plus, le nouveau Conseil municipal fait le choix d'un monument très sobre, en pierre noire de Volvic. Sur la face est, le symbole religieux de la palme des martyrs apparaît, mais associée à des symboles patriotiques : la croix de guerre et des drapeaux inclinés, signe de respect envers les défunts. Les noms de ces derniers sont, enfin, indiqués par ordre alphabétique, sans autre mention, ne faisant aucune distinction de grade ou d'origine[26].

Cependant, à l'arrière du monument, deux éléments surprenants sont présents : une gravure indiquant 1921 (l'inauguration a eu lieu en 1922) et un étrange cartouche creusé dans le basalte. En effet, le maire élu en 1919, et démissionnaire en 1921, avait fait graver son propre nom sur le monument, ce qui a causé localement un énorme scandale. La Préfecture a proposé de couvrir ce nom par une plaque de marbre, mais cela fut refusé par le Conseil municipal. Saint-Seine est donc une des rares communes de France à avoir un monument aux morts martelé, à la demande de ses habitants[48].

Château néogothique (fin XIXe siècle)

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Le château est aujourd’hui, avec l'église, l'élément patrimonial essentiel du village, tous deux étant seulement distant d'une trentaine de mètres. Cependant, ce château n'en a pas toujours été un.

Initialement, l'actuel château était une longère, composée d'un unique rez-de-chaussée, appartenant à la famille de l'un des premiers maires, le docteur Jean-Pierre Compin. En effet, Saint-Seine ne possède pas de château hérité du Moyen Âge. Entre 1880 et 1881, son petit-fils, Edmond Compin, avocat à Saint-Mandé, décide de transformer la longère en maison bourgeoise. Pour cela, il fait araser le toit et bâtir un premier étage, marqué aux angles, par un chaînage de pierres taillées et couronné d'un toit à quatre pans[49].

Son gendre, Edmond Vidalin va rajouter la tourelle centrale, transformant la maison de maître en un château. Cette tourelle suit le style néogothique, en vogue à la fin des années 1890. Elle joue de la polychromie entre la brique rouge lumineuse et la pierre de Volvic, très sombre, utilisée pour les fenêtres à mi-meneaux. Une porte cochère majestueuse est également bâtie, entrainant un long conflit entre le propriétaire et la municipalité[23].

La Première Guerre mondiale entraine, de manière indirecte, le déclin du château : ruinés par les emprunts russes, les châtelains peinent à entretenir l'édifice qui perd de sa prestance. Aujourd'hui, ce sont toujours les descendants d'Edmond Vidalin qui l'occupent, et qui l'ont fait restaurer, dans l'esprit des années 1890, durant les années 2010[50].

La chapelle néoclassique de Lavault (XIXe siècle)

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Autre élément majeur du patrimoine saint-seinois, cette chapelle privée, située dans le village de Lavault, est un monument appartenant au style néo-renaissant, construite sur ordre d'un ancien maire de la commune, Claude Jault. La famille de ce notable local a été frappée par un retour de l'épidémie de variole, entre 1879 et 1881. En effet, Claude Jault, en seulement deux années perd ses quatre enfants (18 ans, 19 ans, 25 ans et 34 ans), son unique petit-fils de 4 mois, le , et son épouse le . Seule une belle-fille survit à cet épisode épidémiologique[51].

Il commence par faire ériger en 1883 une borne du souvenir sur le point dominant de ses terres. Cette dernière est inspirée, au niveau de son architecture, des tombes romaines, montrant l'éducation classique de Claude Jault. Mais cela ne suffit pas à effacer le souvenir traumatique de ces disparitions : Claude Jault décide de faire construire, à côté, une chapelle commémorative[52].

Cette dernière sera consacrée en 1886. Elle suit un style architectural légèrement désuet pour l'époque, ayant eu son apogée dans les années 1870, le style néo-Renaissance. Ce dernier, inspiré de la Renaissance, utilise fronton et colonnade, mais en les aménageant au goût de l'époque. Ainsi, le fronton principal est dit « entrecoupé », c'est à dire interrompu à trois niveaux. Cette brisure symbolise la famille disparue de Claude Jault, symbole renforcé par la dédicace faite à « Notre Dame des sept douleurs », gravée sur le tympan de la chapelle[53].

Cette chapelle se situe en haut des cinq parcelles de vigne du domaine de Claude Jault. Le raisin est d'ailleurs présent, sculpté sur le haut de chaque chapiteau : la vigne symbolise ainsi le sacrifice suprême qu'a été la perte de l'ensemble des membres de sa famille. À l'inverse de l'extérieur, richement sculpté, l'intérieur est totalement dépourvu de décoration. L'édifice est consacré en 1886, avant même son achèvement total. Claude Jault décède soudainement en 1887, n'ayant eu le temps d'achever son oeuvre[54].

Dernier de sa lignée, Claude Jault, par testament, a légué ses biens à 14 personnes : celles-ci se mirent d'accord, pour faire de la chapelle, une indivision. Très vite, les héritiers vont revendre leurs droits sur le domaine de Lavault et un dénommé Claude Pégon, cantonnier dans le village voisin de La Nocle-Maulaix, va voir sa part initiale grossir grâce à des rachats successifs. Dans l’inconscient collectif saint-seinois, la chapelle appartient toujours à de nombreux propriétaires, alors que ce n'est plus le cas. En 1920, quand François Panier achète la part de Claude Pégon, quelques membres de l'indivision entretiennent toujours la chapelle. Cependant, la famille Panier se retrouve très vite seule à s'en occuper : du fait du principe d'usucapion, la chapelle, 30 ans plus tard entre définitivement dans leur patrimoine[55].

Élément patrimonial majeur de Saint-Seine, la chapelle accueille, enfin, sur un de ses murs extérieurs, un rare témoignage de l'évolution du climat de 1950 à 1970 : les familles Granger et Augendre, qui exploitaient les parcelles de vigne alentours, prirent alors l'habitude de graver, tous les ans, les dates de vendange. L'épisode de grêle de 1970, qui hacha la vigne, mit fin à cette tradition et la vigne fut arrachée au cours des années 1980[56]. Toujours consacrée, la chapelle continua d’accueillir des messes pour le , et ponctuellement, des messes de Minuit, le .

Aujourd'hui, la chapelle, peu entretenue, a perdu son étanchéité et le ciment, liant les pierres de taille, est très dégradé.

La place du village

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La place aux environs de 1900. Archives privées, famille  Vidalin.
La place aux environs de 1900. Archives privées, famille Vidalin.

Encadrée par la mairie, l'école, le presbytère, le château et le café-restaurant, la place publique, plantée de platanes, est l'archétype de l'image du village français.

Mais initialement, la place du village n'existe pas : l'espace central, autour de l'église était occupé par le cimetière, et ce, depuis l'origine du village au XIe siècle. Il faut attendre 1822 pour qu'une ordonnance royale de Louis XVIII ordonne le transfert du cimetière .[57]

La Loi fixe alors un délai de cinq années entre la fin de la translation des restes des personnes décédées dans le nouvel espace funéraire, et son retour à un nouvel usage. De plus, l'ancien presbytère occupe toujours le bas de l'espace ainsi dégagé. Il faut donc attendre 1886 et la construction de la nouvelle cure pour que ce bâtiment soit détruit et libère un espace désormais public. Les années 1890 voient donc la naissance de la place centrale du village, immédiatement ceinturée par des platanes, afin d'assurer un peu d'ombrage[26].

Sur cette place, s'implantent alors les symboles des combats politiques de l'époque : à la croix de mission de 1883 des militants catholiques, réplique en 1889 la plantation du chêne de la Liberté, gardé pendant quelques jours par des hommes armés[26]. La place retrouve ensuite un semblant d'unité avec l'implantation en 1922 du monument aux morts et en 1923, avec la construction de la balance publique. Mais c'est à l'occasion de manifestations festives que la place centrale prend toute son ampleur : la foire médiévale de la Saint Laurent, le , renaît de ses cendres à partir de 1875, par décision préfectorale. À vocation agricole, cette foire va rapidement se transformer en fête foraine. Le temps d'un week-end, la place publique se couvre de manèges (tir à la carabine, chevaux de bois) avec même deux bals dans les années 1920, l'un sur un parquet monté derrière l'église, l'autre dans la salle des fêtes du café de l'époque. Les marchands forains s'établissent dans les rues ceinturant le Bourg, et sur la place, se déroulent des courses plus originales les unes que les autres : course à la grenouille, à l'âne, en sac, en brouette, etc.[58]

La place sert également pour les marchés, chaque 2e mercredi du mois. La place est alors réservée aux produits agricoles : lapins et volailles y figurent en bonne place, avec l'omniprésence des « coquetiers », professionnels spécialisés dans la vente de poulets, canards, et en décembre, des dindes. Ces marchés vont commencer à décliner à partir des années 1960, pour disparaître définitivement. Le terme de « marché » fait cependant un retour en force à la fin des années 2010 : durant la période estivale, la place, un mardi sur deux, accueille Saint-Seinois, voisins et touristes pour ses marchés des producteurs, renouant avec les festivités de la Saint-Laurent d'antan[23].

Notes et références

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  1. Les records sont établis sur la période du au .
  2. Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
  1. IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).

Références

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  1. 1 2 Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501, (DOI 10.4000/cybergeo.23155).
  2. Vincent Dubreuil, « Le changement climatique en France illustré par la classification de Köppen », La Météorologie, no 116, (DOI 10.37053/lameteorologie-2022-0012).
  3. « Le climat en France hexagonale et Corse. », sur meteofrance.com (consulté le ).
  4. « Zonages climatiques en France métropolitaine. », sur pluiesextremes.meteo.fr (consulté le ).
  5. « Réglementation environnementale RE2020 », sur ecologie.gouv.fr, (consulté le ).
  6. « Répartition des départements par zone climatique » [PDF], sur ecologie.gouv.fr (consulté le )
  7. « Orthodromie entre Saint-Seine et Avrée », sur fr.distance.to (consulté le ).
  8. « Station Météo-France « Avrée », sur la commune d'Avrée - fiche climatologique - période 1991-2020. », sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/ (consulté le ).
  9. « Station Météo-France « Avrée », sur la commune d'Avrée - fiche de métadonnées. », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  10. « La grille communale de densité », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
  11. Insee, « Métadonnées de la commune de Saint-Seine ».
  12. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
  13. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
  14. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le ).
  15. Georges de Soultrait, Dictionnaire topographique de la France : Dictionnaire topographique du département de la Nièvre, Paris, Impr. impériale, , p. 170.
  16. Gérard Taverdet, Les Noms de lieux de la Nièvre, Centre régional de documentation pédagogique de l'Académie de Dijon, , p. 66.
  17. 1 2 3 4 5 6 7 Sébastien Ducreux, Le petit Saint-Seine illustré, Éditions Cerciacum, (ISBN 978-2-9542858-7-0).
  18. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  19. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  20. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  21. Fiches Insee - Populations de référence de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021, 2022 et 2023.
  22. Archives départementales de la Nièvre, Fonds De Vogüé, 1Q 1589-1594 ; 1595-1824, 1824/1829.
  23. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Archives municipales de Saint-Seine, registre des délibérations.
  24. GAUTHIER Marthe, Au carrefour de trois provinces (Nivernais - Bourgogne - Bourbonnais), La Nocle et ses Seigneurs, Bourbon Lancy, Imprimerie Sotty,
  25. Archives départementales de la Nièvre, Dossier Flamare, dossier 2200.
  26. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Archives Municipales de Saint-Seine, registre des délibérations.
  27. Archives départementales de la Nièvre, série 1 T 1333. Écoles primaires.
  28. Archives municipales de Saint-Seine, registre des délibérations et Archives départementales de la Nièvre, dossier 1 T 1333.
  29. Archives départementales de la Nièvre, Dossier 1 L 225, Etat des subsistances en 1793 (an III)
  30. Archives Municipales de Saint-Seine, matrice cadastrale de 1911.
  31. Archives Municipales de Saint-Seine, matrice cadastrale.
  32. Archives municipales de Saint-Seine, recensement de 1890.
  33. Archives municipales de Saint-Seine, registres d'état civil.
  34. Annuaire statistique de la Nièvre, 1938, p. 63.
  35. Archives municipales de Saint-Seine, registre d'état civil.
  36. Archives municipales de Saint-Seine, registre de l'état civil et registre des délibérations.
  37. Ducreux 2019, p. 259.
  38. Marthe Gauthier, Au carrefour de trois provinces (Nivernais, Bourgogne - Bourbonnais), tome 2, La Nocle et ses seigneurs., Bourbon-Lancy, Imprimerie Sotty,
  39. Catalogue de l'exposition, Richesse d'art en Morvan, Paris, Éditions Picard,
  40. Ducreux 2019, p. 127.
  41. Ducreux 2019, p. 132.
  42. Ducreux 2019, p. 139.
  43. Richesse d'art en Morvan, Paris, Catalogue de l'exposition,
  44. Ducreux 2019, p. 136.
  45. Richesse d'art en Morvan, Paris, 1983.
  46. « Tables des morts » (consulté le )
  47. Ducreux 2019, p. 128-129.
  48. Ducreux 2019, p. 289-290.
  49. Archives privées de la famille Vidalin.
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  51. Ducreux 2019, p. 200.
  52. Ducreux 2019, p. 202-203.
  53. Ducreux 2019, p. 204-205.
  54. Archives municipales de Saint-Seine, registre d'état-civil.
  55. Archives privées de la famille Panier.
  56. Ducreux 2019, p. 209-2010.
  57. Archives Municipales, matrice cadastrale de 1827.
  58. Archives municipales, registre des délibérations.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Sébastien Ducreux, Le petit Saint-Seine illustré, Cercy-la-Tour, Cerciacum, , 456 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes

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Liens externes

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