Saint Michel terrassant le Dragon

statue au Mont-Saint-Michel (Manche, France)

Saint Michel terrassant le Dragon est une sculpture monumentale réalisée par le sculpteur français Emmanuel Frémiet et inaugurée en 1897. L'œuvre principale couronne la flèche de l'abbatiale du Mont-Saint-Michel, en France. Elle constitue l'une des réalisations les plus emblématiques de l'artiste. Frémiet en produit également plusieurs versions de dimensions et de matériaux différents, destinées aussi bien à l'édition commerciale qu'à des commandes monumentales[1],[2].

Saint-Michel terrassant le dragon
Artiste
Date
Vers Voir et modifier les données sur Wikidata
Type
Matériau
Hauteur
450 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Coordonnées
Carte

Historique

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Emmanuel Frémiet conçoit une première version de Saint Michel terrassant le Dragon sous la forme d'un petit modèle en bronze dès 1875[3]. Éditée par la maison Barbedienne, cette statuette est diffusée en de nombreux exemplaires. En 1879, l'artiste présente au Salon un Saint Michel en bronze, édité par Charles More, représentant l'archange terrassant un serpent à tête d'homme.

En 1894, Frémiet est choisi pour réaliser la statue destinée à couronner la nouvelle flèche de l'abbatiale du Mont-Saint-Michel, alors en cours de restauration sous la direction de l'architecte Victor Petitgrand. Le sculpteur jouit déjà d'une grande notoriété, notamment grâce à sa statue équestre de Jeanne d'Arc, installée place des Pyramides à Paris en 1874.

Fait relativement rare, le projet monumental est directement inspiré de la statuette commerciale créée quelques années plus tôt. Selon plusieurs auteurs, l'architecte Victor Petitgrand aurait sélectionné ce modèle parmi les œuvres éditées par Frémiet. Le sculpteur l'adapte toutefois aux contraintes architecturales de la flèche : le socle est redessiné et la représentation du démon est modifiée[4]. Dans une lettre adressée à l'architecte le 9 avril 1895, Frémiet s'engage à « exécuter le modèle en plâtre d'une statue de saint Michel, de 2 à 2,20 mètres de hauteur (non compris les ailes) ». Il reçoit 8 000 francs pour cette commande en mars 1896. Le modèle colossal en plâtre est présenté au Salon des artistes français de 1896 avant la réalisation de la statue monumentale destinée à couronner la flèche.

La statue est réalisée par les ateliers Monduit à Paris, spécialisés dans le cuivre repoussé. L'entreprise assure également son transport, son levage et son assemblage au sommet de la flèche le 6 août 1897, sur la charpente construite par l'entreprise Crépaux. À la même époque, les ateliers Monduit participent également à la réalisation de plusieurs grands monuments métalliques, notamment la Statue de la Liberté.

Description

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La statue est réalisée en plaques de cuivre repoussé et doré, assemblées sur une armature métallique au moyen de rivets. Cette technique, beaucoup plus légère que le bronze, permet son installation au sommet de la flèche de l'abbatiale, dont elle porte la hauteur totale à environ 156 mètres au-dessus du niveau de la mer.

L'œuvre s'inscrit dans un style d'inspiration néogothique. Saint Michel est représenté sous les traits d'un jeune guerrier revêtu d'une cuirasse et d'une cotte de mailles. Les ailes largement déployées, il lève son épée de la main droite dans un geste de victoire, tandis que de la main gauche il présente une targe face au démon. La tête de l'archange est ceinte d'une auréole en forme de soleil rayonnant. Sa taille est entourée d'un harnais auquel est suspendu le fourreau de son épée, porté sur le côté gauche. Il est chaussé de solerets « à la poulaine », caractéristiques de l'armure de la fin du Moyen Âge.

Le démon prend la forme d'un serpent ou d’une vouivre muni de cornes, représentant Lucifer, l'ange déchu. Il s'agrippe au chapiteau octogonal qui sert de base à la statue. Par le mouvement de la figure, l'équilibre de la silhouette et la tension dramatique de la scène, cette œuvre compte parmi les réalisations les plus dynamiques de Frémiet.

Restaurations

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La statue fait l'objet de plusieurs campagnes de restauration au cours du XXᵉ et du XXIᵉ siècle.

En 1935, elle est réparée sans être déposée ; seuls quelques éléments sont démontés afin d'être restaurés.

À la suite d'un violent orage survenu en 1982, plusieurs parties de la statue sont endommagées. Entre le 15 janvier et le 25 mars 1987, un important échafaudage est installé autour de la flèche afin de restaurer la charpente et de préparer la dépose de l'œuvre.

Le 5 mai 1987, la statue est hélitreuillée pour la première fois par Jean Debroize, pilote de la base Héliservices de l'aéroport de Cherbourg-Maupertus. L'opération, alors considérée comme une prouesse technique, se déroule en présence du ministre de la Culture François Léotard et attire un public nombreux.

Dans le cadre de la mise en conformité du système paratonnerre de l'abbaye, la statue est de nouveau déposée le 15 mars 2016. Transportée aux ateliers Socra de Marsac-sur-l'Isle, elle fait l'objet d'une restauration complète comprenant la réparation de la structure, la reprise de la dorure et des analyses menées en collaboration avec le Laboratoire de recherche des monuments historiques (LRMH) afin d'identifier les causes de l'altération rapide de la dorure depuis 1987. Le coût de cette campagne est estimé à 450 000 euros. La statue est reposée sur la flèche le 26 mai 2016 après avoir reçu une nouvelle dorure plus épaisse[5].

Versions et répliques

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La statue monumentale mesure environ 4,50 mètres de hauteur pour l'archange seul et 6,17 mètres avec son socle. Son envergure atteint environ 2,20 mètres et son poids est d'environ 410 kilogrammes[6].

Une réplique est installée au sommet du clocher de l'église Saint-Michel des Batignolles à Paris.

Le troisième exemplaire, réalisé par les ateliers Monduit, est initialement conservé dans leur salle d'exposition. En 1988, Mme Gabrielle Pasquier-Monduit en fait don à l'État, au titre des Monuments historiques. La sculpture est d'abord présentée au musée du château de Pierrefonds, avant d'être déposée au musée d'Orsay, où elle ne fait pas partie des collections permanentes[7].

Le modèle personnel conservé par Emmanuel Frémiet dans son atelier appartient aujourd'hui aux collections du musée d'Orsay[8].

Une réplique en plâtre de 2,20 mètres de hauteur, provenant des collections du musée des Beaux-Arts de Dijon et déposée à l'abbaye depuis 1987, est exposée dans le cellier du Mont-Saint-Michel. Elle permet au public d'observer les détails de la sculpture, difficilement perceptibles depuis le sol.

Les différentes éditions en bronze réalisées par la maison Barbedienne connaissent un important succès commercial. Ces reproductions, dérivées du modèle original de Frémiet, contribuent largement à la diffusion de l'image de Saint Michel terrassant le Dragon et assurent à l'artiste des revenus réguliers. Certaines continuent d'être reproduites industriellement. Il est aussi représenté sur des médailles.

Galerie

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Notes et références

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