Charlotte de la Résurrection

membre des carmélites de compiègne
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Anne-Marie-Madeleine-Françoise Thouret, en religion Sœur Charlotte de la Résurrection (Mouy – Paris 29 messidor an II ()) est la doyenne des Carmélites de Compiègne qui furent guillotinées à Paris durant la Terreur.

Sœur Charlotte de la Résurrection
Image illustrative de l’article Charlotte de la Résurrection
L'exécution des Carmélites,
vitrail de l'église Notre-Dame du Mont-Carmel,
Quidenham, Angleterre.
Sainte, martyre
Date de naissance
Lieu de naissance Mouy (Oise)
Date de décès (à 78 ans)
Lieu de décès barrière de Vincennes (Paris)
Nom de naissance Anne-Marie-Madeleine-Françoise Thouret
Nationalité Drapeau de la France Française
Ordre religieux Ordre des Carmes déchaux
Béatification
par le pape Pie X
Canonisation
par le François
Vénéré par Église catholique romaine, Ordre du Carmel
Fête 17 juillet

Béatifiée avec ses sœurs carmélites martyres de Compiègne le par le pape Pie X, elle est fêtée le . Elle est canonisée le par le pape François.

Biographie

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Enfance et entrée au Carmel

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Anne-Marie-Madeleine Thouret est née le à Mouy, dans le diocèse de Beauvais. Orpheline de père, elle supporta mal le remariage de sa mère ainsi que l'autorité de son beau-père.

Sa jeunesse développa en elle un goût immodéré pour la danse et toute occasion lui était bonne pour se soustraire à sa famille et aller danser. Elle était une jeune femme recherchée pour sa gaieté qui lui permettait de trouver des alliés prêts à camoufler sa désobéissance filiale. Nonobstant, un « événement si tragique » à ses dires étant survenu au cours d'un bal, elle se jura de ne plus jamais mettre les pieds dans une salle de bal.

Elle entra au Carmel de Compiègne à l'âge de vingt-et-un ans en 1736, puis resta au noviciat pendant cinq ans, ce qui évoque une formation à la vie du Carmel un peu compliquée, voire difficile[1]. Elle prit alors le nom de Sœur Charlotte de la Résurrection.

Elle accomplit avec soin les divers tâches qui lui sont confiées : tourière, sacristine, infirmière. En tout elle excelle. Chargée ensuite de travaux qui nécessitaient l’emploi de vernis, elle finit par s’intoxiquer et perd pratiquement la raison pendant deux ans. Une intervention miraculeuse lui redonne la santé[2].

La Révolution

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Lorsque la Révolution française éclate en 1789, elle est la doyenne[3] du Carmel de Compiègne (elle est alors âgée de 74 ans) qui compte vingt-et-une religieuses ; elle doit marcher avec une béquille.

À cause du décret du qui supprime les ordres religieux (décret que sœur Charlotte reçut avec véhémence[réf. nécessaire]), chaque carmélite est invitée à déclarer si son intention est de sortir de son monastère. Toutes affirment « vouloir vivre et mourir dans cette sainte maison ».

La consécration pour la France

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Un siècle avant la Révolution une carmélite de ce monastère, sœur Élisabeth-Baptiste, avait vu en songe toutes les religieuses de son couvent dans la gloire du ciel, revêtues de leur manteau blanc et tenant une palme à la main[Note 1]. L'interrogation quant à l'éventualité d'un martyre pour les religieuses de ce couvent était restée présente tout au long du siècle, jusqu'à l'arrivée de la Révolution et du début des violences.

En , lorsque la mère prieure sent dans la communauté monter le désir du martyre, elle propose aux religieuses, de faire un acte de consécration par lequel la communauté s'offrirait en Holocauste (sacrifice)[Note 2] « pour apaiser la colère de Dieu et (pour) que cette divine paix que son cher Fils était venu apporter au monde fût rendue à l'Église et à l'État ». Cette consécration est faite d'enthousiasme par toutes les religieuses, sauf deux, plus anciennes, qui expriment leurs craintes. Elles sont moins émues par le sacrifice lui-même, que de la manière dont il devra s'accomplir (la guillotine). Mais quelques heures plus tard, en pleurant, elles sollicitent la faveur de prêter à leur tour le serment, et ainsi de se joindre à leurs sœurs[réf. nécessaire]. Chaque jour, la communauté renouvelle sa consécration, et son engagement à mourir pour la France.

Le , en application de la loi sur les congrégations religieuses, les carmélites sont expulsées de leur couvent. Elles sont hébergées dans la ville de Compiègne par quelques familles, et vivent réparties en petits groupes dans quatre maisons, étroitement surveillées par la police locale. Elles n'en continuent pas moins mais secrètement de mener leur vie selon la règle de sainte Thérèse d'Avila et de se rendre discrètement à la messe[réf. nécessaire].

Le martyre

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Plaque commémorative du cimetière de Picpus

Les lois de Prairial an II durcissent la politique antireligieuse et le 5 messidor an II (), les religieuses sont arrêtées et incarcérées dans l'ancien couvent de la Visitation devenu prison. Elles sont envoyées le 24 messidor an II () à Paris pour être jugées par le Tribunal révolutionnaire.

Arrivées dans la cour de la Conciergerie après un voyage harassant, les sœurs, les mains liées dans le dos, doivent se débrouiller comme elles le peuvent pour descendre rapidement de la charrette[non pertinent]. Ne pouvant se déplacer seule et sans l'aide de sa béquille, sœur Charlotte a du mal à descendre de la charrette. Elle est si violemment projetée à terre par l'un de ses bourreaux qu'on la croit morte, ce qui provoque la colère des témoins pourtant peu favorables aux prisonniers[réf. nécessaire].

La ci-devant[réf. nécessaire] sœur Charlotte et ses sœurs sont jugées sommairement, condamnées et exécutées Place de la Nation le 29 messidor an II (). Son corps comme ceux de ses sœurs est jeté dans une fosse commune du Cimetière de Picpus voisin[réf. nécessaire].

Béatification et canonisation

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Charlotte est béatifiée en même temps que ses sœurs carmélites martyres de Compiègne le par le pape Pie X. Sa mémoire est fêtée le (avec les 16 autres carmélites)[4].

Le le pape François la proclame sainte par un décret de canonisation équipollente avec les autres martyres de Compiègne[5].

Notes et références

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  1. La palme est le signe du martyre chez les chrétiens.
  2. Le terme d'holocauste est à prendre ici dans le sens hébraïque du terme : un sacrifice offert à Dieu pour expier une faute. Traditionnellement il s'agissait d'un animal (bouc, agneau, taureau…) tué en offrande à Dieu, mais ici, il s'agit de la vie même des religieuses[réf. nécessaire].

Références

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  1. « Anne-Marie-Madeleine Thouret », sur nova.evangelisation.free.fr (consulté le )
  2. « Sainte Charlotte - France Catholique », sur https://www.france-catholique.fr (consulté le )
  3. « Histoire du martyre communautaire », sur Martyre de la communauté des 16 carmélites de Compiègne, martyres.carmelites.free.fr (consulté le ).
  4. « Bienheureuse Charlotte », sur Nominis, nominis.cef.fr (consulté le ).
  5. Xavier Sartre, « Les carmélites de Compiègne, guillotinées en 1794, sont saintes », VaticaNews, (lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi

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Articles liés

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Bibliographie

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Liens externes

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