Salsomaggiore Terme
Salsomaggiore Terme est une commune italienne de la province de Parme, dans la région d'Émilie-Romagne, située à environ 32 km au nord-ouest de Parme.
| Salsomaggiore Terme | |
Vue de la ville | |
Armoiries |
Drapeau |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Code postal | 43039 |
| Code ISTAT | 034032 |
| Préfixe tél. | 0524 |
| Démographie | |
| Gentilé | Salsesi |
| Population | 20 640 hab.[1] (2026) |
| Densité | 253 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 44° 49′ 00″ nord, 9° 59′ 00″ est |
| Altitude | 157 m |
| Superficie | 8 150 ha = 81,5 km2 [2] |
| Localisation | |
Localisation dans la région. | |
| Liens | |
| Site web | Site officiel |
| modifier |
|
Station thermale, elle est spécialisée dans les cures à base d'eaux salsobromo-iodiques hypertoniques froides, extraites de puits artésiens profonds et caractérisées par une forte concentration en chlorure de sodium, iode et brome[3],[4].
La ville associe patrimoine thermal, architecture Liberty et Art déco — notamment avec les Thermes Berzieri inaugurés en 1923 — et tourisme dans les collines pré-apenniniques. Elle a accueilli le concours Miss Italie à quarante et une reprises entre 1950 et 2010, puis de nouveau en 2023[5].
Géographie
modifierSituation et relief
modifierSalsomaggiore Terme s'étend sur 81,7 km2 dans une zone de transition entre la plaine du Pô et les premiers reliefs de l'Apennin septentrional. Le territoire communal se situe dans le bassin du torrent Ghiara, affluent du Stirone.
L'altitude varie d'environ 100 m dans les zones basses à plus de 300 m dans les collines. Le centre-ville se trouve à 157 m d'altitude[6].
Géologie
modifierLe sous-sol est caractérisé par des formations argileuses et gypseuses issues d'un ancien bassin marin évaporitique, riches en dépôts salins et en eaux minérales. Cette particularité géologique explique la présence des eaux thermales[7].
Climat
modifierLe climat est tempéré continental, avec des hivers doux et des étés modérément chauds[8].
Histoire
modifierOrigines
modifierLes origines de Salsomaggiore Terme sont liées à ses eaux salées, que rappelle le toponyme, formé sur le latin salsus, « salé »[4].
Le retrait de la mer a laissé dans le sous-sol de la plaine du Pô des eaux minérales riches en iode, brome, soufre et calcium. Dès la protohistoire, ces eaux furent exploitées pour l'extraction du sel[9].
Vers le IIe siècle avant notre ère, la tribu gauloise des Galli Celenati s'installe dans la région pour exploiter les eaux salées par ébullition et filtration. Les Romains poursuivent cette activité, comme en témoigne la Tabula Patronatus de Virus Valens[10].
Moyen Âge et époque moderne
modifierAu Moyen Âge, les sources salines constituent une ressource stratégique, contrôlée par les seigneurs locaux dans le contexte des conflits entre Guelfes et gibelins. La région passe successivement sous la domination des Visconti au XIVe siècle, des Sforza au XVe siècle, de Louis XII de France, puis des Farnèse au XVIe siècle[11].
Les Farnèse réorganisent la production saline avec des infrastructures importantes, notamment un aqueduc à soixante arches destiné au transport des eaux salso-iodées et le pozzo della ruota, puits à roue actionné par des prisonniers[12].
Sous les Bourbons, à partir de 1731, l'importation de sel marin provoque le déclin de l'activité et la négligence des installations[13].
Naissance du thermalisme
modifierLe tournant intervient en 1839, lorsque le médecin Lorenzo Berzieri (1806-1888) emploie les eaux froides hypertoniques pour soigner Franchina Ceriati, une enfant atteinte d'une ostéite. Cette guérison attire l'attention sur les propriétés curatives des eaux contre les affections scrofuleuses et osseuses ; Berzieri présente le cas à des congrès médicaux et poursuit ses recherches[14].
En 1847, un décret de Marie-Louise d'Autriche, duchesse de Parme, autorise la création du premier établissement thermal. En 1850, le comte D'Adhémar obtient une concession pour une structure dotée de douze cabines, agrandie en 1857 par Luigi Montecchini[15].
Développement de la station
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En 1860, le marquis Guido Dalla Rosa (1822-1882) obtient une concession et développe l'urbanisme de la ville ; il ouvre le Stabilimento Nuovo en 1883. Giuseppe Magnaghi obtient une concession royale en 1893, fore de nouveaux puits et construit les Terme Magnaghi[16].
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, la station connaît un essor mondain avec la construction d'hôtels de luxe et l'arrivée d'une clientèle internationale. Le médecin Edoardo Porro (1842-1902) contribue à promouvoir les indications gynécologiques des eaux salso-iodiques[17].
Époque contemporaine
modifierEntre 1912 et 1923, les Thermes Berzieri sont construits selon les plans des architectes Ugo Giusti et Giulio Bernardini. Les décorations intérieures sont réalisées par Galileo Chini, qui mêle les styles Liberty et Art déco à des influences orientales, assyro-babyloniennes, byzantines et sécessionnistes[9].
En 1913-1914, la loi Facta révoque les concessions privées et instaure une gestion étatique. Les Thermes Berzieri sont inaugurés en 1923 et deviennent l'emblème de la station. La production de cosmétiques thermaux débute dès les années 1920[18].
La gestion des thermes évolue au cours du XXe siècle avec la création de l'EAGAT (1957-1978), puis le transfert de compétences aux régions en 1997-1998. Après un déclin dans les années 1990, la station se réoriente vers le bien-être ; les Thermes Berzieri rouvrent en 2023[19].
Salsomaggiore accueille le concours Miss Italie pour la première fois en 1950, puis à quarante et une reprises jusqu'en 2010, les vingt-huit dernières éditions de manière consécutive. Après treize ans d'interruption, le concours y revient en 2023[5].
Démographie
modifierEn 2023, Salsomaggiore Terme compte environ 19 900 habitants, soit une densité d'environ 244 hab/km2. La population a connu une croissance liée au développement du thermalisme au XXe siècle, avant une stabilisation[3].
Administration
modifierListe des maires
modifierDepuis l'instauration de l'élection directe des maires en Italie, la commune a connu une alternance politique marquée, ainsi que deux périodes d'administration provisoire consécutives à la dissolution anticipée du conseil municipal, en 2006 et en 2012[20].
Adriano Grolli, élu en avril 1995 puis reconduit en juin 1999, dirige la commune pendant deux mandats[20]. Son successeur, Giuseppe Franchi, élu en juin 2004 à la tête d'une liste de centre droit, voit son mandat interrompu : par décret présidentiel du , le conseil municipal est dissous à la suite de la démission de la majorité des conseillers, et la commune est placée sous administration provisoire jusqu'aux élections de mai suivant[20].
Élu au second tour en mai 2011, Giovanni Carancini connaît un sort comparable : le conseil municipal est dissous par décret présidentiel du [20]. Filippo Fritelli, élu au second tour en mai 2013 à l'âge de vingt-neuf ans, est reconduit dans les mêmes conditions en juin 2018[20].
Mandat en cours
modifierAux élections des 14 et , Luca Musile Tanzi, ancien président du conseil municipal, l'emporte avec 51,40 % des voix. Il conduisait la liste civique Liberamente Salsesi, soutenue par Frères d'Italie, la Ligue du Nord. Le , invoquant la disparition de la majorité issue des urnes, le maire remet sa démission au préfet en application de l'article 53 du texte unique des collectivités locales, disposition qui ouvre un délai de vingt jours avant que l'acte ne devienne irrévocable[21],[22]. Il revient sur sa décision à l'échéance de ce délai, estimant que le conseil municipal a démontré sa capacité à remplir ses obligations institutionnelles et qu'un placement sous administration provisoire serait préjudiciable à la commune[23].
Hameaux
modifierLa commune comprend plusieurs hameaux (frazioni) : Contignaco, Scipione Ponte, Scipione Castello, Tabiano Bagni, Tabiano Castello, San Vittore et Salsominore.
Économie
modifierL'économie repose principalement sur le thermalisme, qui associe cures médicales et activités de bien-être, et sur le tourisme, avec une offre hôtelière développée et un tourisme culturel centré sur le patrimoine architectural.
La production de cosmétiques à base d'eaux thermales, initiée dans les années 1920, constitue une activité complémentaire. L'agriculture, notamment la production de Parmigiano Reggiano AOP, reste présente dans les zones rurales[24].
Les eaux thermales
modifierLes eaux de Salsomaggiore Terme sont classées comme eaux salsobromo-iodiques hypertoniques froides. Elles sont extraites de puits artésiens atteignant 800 à 1 200 m de profondeur. Leur température naturelle avoisine 16 °C et leur salinité peut atteindre 150 g/L, soit environ quatre fois celle de l'eau de mer[3].
Ces eaux sont utilisées pour le traitement d'affections ostéo-articulaires chroniques, de troubles gynécologiques, d'affections vasculaires et respiratoires et de problèmes cutanés, sous forme de bains, d'inhalations, de boues thermales et de soins esthétiques[24].
Transports
modifierSalsomaggiore Terme est accessible par l'autoroute A1, sortie Fidenza, et dispose d'une gare ferroviaire[25].
Culture et patrimoine
modifierArchitecture thermale
modifierLes Thermes Berzieri constituent le monument emblématique de la ville. Inaugurés en 1923, ils illustrent la rencontre entre les styles Liberty et Art déco. Les décorations intérieures de Galileo Chini intègrent des influences orientales, avec des motifs assyro-babyloniens et byzantins, ainsi que des éléments de la Sécession viennoise. Les façades présentent des céramiques polychromes et des ornements végétaux[9].
D'autres édifices témoignent du passé thermal de la ville, notamment le Palazzo dei Congressi et la Palazzina Warowland.
Châteaux et patrimoine religieux
modifierPatrimoine naturel
modifierLe parc régional du Stirone et du Piacenzien, site paléontologique riche en fossiles marins, offre des possibilités de randonnée[26]. Le Giardino Botanico Gavinell présente la flore locale des collines pré-apenniniques.
Manifestations culturelles
modifierLa ville accueille plusieurs manifestations tout au long de l'année, dont le Festival Beat. Le Teatro Nuovo propose une programmation régulière de spectacles[27].
Gastronomie
modifierLa cuisine de Salsomaggiore Terme est une synthèse des traditions culinaires des provinces de Parme et de Plaisance.
Le plat emblématique est l'anolino, servi en bouillon de viande. La variante locale est reconnue par le label de Denominazione Comunale (De.C.O.) et se distingue par une farce à base de pain et de fromage, sans viande[28]. On trouve également les tortelli d'erbetta, farcis à la ricotta et aux blettes, et la torta fritta, pâte levée et frite traditionnellement accompagnée de charcuterie locale.
Historiquement, le sel extrait des eaux locales a joué un rôle dans la conservation des aliments. Un sel alimentaire est encore produit et utilisé pour la fabrication de produits typiques tels que le Parmigiano Reggiano et le Prosciutto di Parma[29].
La ville possède une tradition de glaciers artisanaux ; parmi les spécialités sucrées figurent les brutti ma buoni, à base de noisettes, et les amaretti. La production viticole se concentre sur les vins DOC des Colli di Parma, notamment la malvasia et le lambrusco. Une production locale notable est le bargnolino, liqueur artisanale obtenue à partir de baies de prunellier[30].
Personnalités liées à la commune
modifier- Lorenzo Berzieri (1806-1888), médecin précurseur du thermalisme à Salsomaggiore[14].
- Edoardo Porro (1842-1902), gynécologue qui développa l'application des eaux thermales en gynécologie[17].
- Galileo Chini (1873-1956), peintre et décorateur, auteur des décorations des Thermes Berzieri[9].
- Damiano Gullì (né en 1979), critique d'art et commissaire d'exposition, originaire de la commune[31].
Jumelages
modifierNotes et références
modifier- ↑ « Resident population by age, sex and marital status on 1st January 2026 », sur demo.istat.it, Istituto Nazionale di Statistica italiano, (consulté le ) (Remarque : Lier le fichier à l'ensemble de données techniques.)
- ↑ « Classificazioni statistiche – anno 2026 », sur www.istat.it, Istituto Nazionale di Statistica italiano, (consulté le ) (Remarque : Lier le fichier à l'ensemble de données techniques.)
- 1 2 3 (en) « Salsomaggiore Terme Italy », sur European Historic Thermal Towns Association (consulté le ).
- 1 2 (it) « Breve storia di Salsomaggiore Terme », sur Visit Salsomaggiore Terme (consulté le ).
- 1 2 (it) « Miss Italia torna a Salsomaggiore », sur missitalia.it (consulté le ).
- ↑ (it) « Terme Luigi Zoja », sur Patrimonio culturale dell'Emilia-Romagna (consulté le ).
- 1 2 (it) « Salsomaggiore Terme », sur Terre di Verdi (consulté le ).
- 1 2 (it) « Salsomaggiore Terme », sur ArtEmilia (consulté le ).
- 1 2 3 4 (it) « Galileo Chini, il fiorentino che portò l'Oriente a Salsomaggiore », sur Travel Emilia Romagna (consulté le ).
- ↑ (it) « Terme Berzieri », sur cultura.gov.it, Ministero della Cultura (consulté le ).
- ↑ (it) « Città di Salsomaggiore Terme », sur I Musici di Parma (consulté le ).
- ↑ (it) « Terme di Salsomaggiore : dalla Belle Époque ai giorni nostri », sur Il Giornale (consulté le ).
- ↑ (it) « Storia della città di Salsomaggiore Terme », sur Terme di Salsomaggiore (consulté le ).
- 1 2 (it) « Ex Terme Tommasini », sur Patrimonio culturale dell'Emilia-Romagna (consulté le ).
- ↑ (it) « Salsomaggiore Terme : una città da scoprire », sur Hotel Ferrari Salsomaggiore (consulté le ).
- ↑ (it) « Terme Berzieri : il nuovo volto del benessere a Salsomaggiore », sur Touring Club Italiano (consulté le ).
- 1 2 (en) « Salsomaggiore Terme : heart of Italy's liberty style », sur Terre di Canossa (consulté le ).
- ↑ (en) « Things to Do and See in Salsomaggiore Terme », sur CH Group (consulté le ).
- ↑ (it) « Salsomaggiore, il ritorno delle Terme Berzieri », sur La Stampa, (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 (it) « Storico elezioni comunali di Salsomaggiore Terme », sur Tuttitalia (consulté le ).
- ↑ (it) « Salsomaggiore : si è dimesso il sindaco Luca Musile Tanzi », sur Gazzetta di Parma, (consulté le ).
- ↑ (it) « Salsomaggiore, si è dimesso il sindaco : « Mancano condizioni per governare » », sur ParmaToday, (consulté le ).
- ↑ (it) « Salsomaggiore Terme, il sindaco Musile Tanzi ritira le dimissioni », sur ParmaToday, (consulté le ).
- 1 2 (it) « Terme di Salsomaggiore », sur Terme di Salsomaggiore (consulté le ).
- ↑ (en) « Salsomaggiore Terme », sur Visit Emilia (consulté le ).
- ↑ (it) « La straordinaria storia de Il Tempio della Salute », sur Il Tempio della Salute (consulté le ).
- ↑ (en) « Salsomaggiore Terme : the legend of the Berzieri Spa shines again with QC Terme », sur Parma Welcome (consulté le ).
- ↑ (it) « I prodotti De.C.O. di Salsomaggiore », sur visitsalsomaggiore.it (consulté le ).
- ↑ (it) « Sale alimentare di Salsomaggiore », sur agricoltura.regione.emilia-romagna.it, Regione Emilia-Romagna (consulté le ).
- ↑ (it) « Salsomaggiore Terme — mappa enogastronomica », sur castellidelducato.it (consulté le ).
- ↑ (it) Annika Pettini, « Damiano Gullì », sur Zero, (consulté le ).
- (it) « Salsomaggiore Terme : Luca Musile Tanzi è il nuovo sindaco », sur Il Parmense, (consulté le ).
- (it) « Elezioni a Salsomaggiore 2023, risultati delle Comunali : Musile sindaco », sur Il Resto del Carlino, (consulté le ).
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Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (it) Maurizia Bonatti Bacchini et Valerio Terraroli, Oro e Oriente : Galileo Chini a Salsomaggiore Terme, Milan, 24 ORE Cultura, , 256 p. (ISBN 978-88-6648-691-6).
- (it) Giovanna D'Amia et Emilio Faroldi, Le città di Igiea : Luoghi termali tra memoria e progetto, Cinisello Balsamo, Silvana Editoriale, , 320 p. (ISBN 978-88-366-5747-6).
- (it) Rossana Valenti, SPA : Salus per aquam : Saperi e tecniche del termalismo tra antico e moderno, Bari, Edipuglia, , 320 p. (ISBN 979-12-5995-027-7).