Santa Maria al Bagno

hameau italien

Santa Maria al Bagno (anciennement Santa Maria di Bagni) est une station balnéaire italienne, hameau (frazione) de la commune de Nardò située dans les Pouilles et la province de Lecce, et sur la mer Ionienne. Le village compte un Musée de la mémoire et de l'hospitalité et est habité par environ 950 personnes.

Santa Maria al Bagno
Nom local
(it) Santa Maria di BagniVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays
Région
Province
Commune
Altitude
8 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Fonctionnement
Statut
Identité
Saint patron
Identifiants
Code postal
73050Voir et modifier les données sur Wikidata
Indicatif téléphonique
0833Voir et modifier les données sur Wikidata
Carte

Géographie

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Santa Maria al Bagno est un petit village de pêcheurs situé sur les rives du golfe de Tarente, sur la côte ouest de la mer Ionienne, entre Gallipoli et Porto Cesareo. Il est devenu une station balnéaire qui possède de longues plages de sable et de rochers bien préservées, notamment la réserve naturelle régionale de Portoselvaggio, un parc naturel de 400 hectares de pinède et de sept kilomètres de plage propre et de grande qualité, considéré comme un véritable poumon vert des Pouilles.

Santa Maria al Bagno se situe, tout au sud de la Botte italienne, à environ 45 minutes en voiture de Brindisi, 20 minutes de Lecce et environ une heure et demie de Bari .

Le village dispose de commerces alimentaires, hôtels, restaurants, pubs, bars ouverts 24h/24 en été, bureau de poste, agences immobilières et de voyages, salons de coiffure, station-service, marchands de journaux et un marché hebdomadaire tous les dimanches. De nombreux supermarchés, centres commerciaux et boutiques de mode se trouvent dans les villes voisines de Nardò, Galatone, Gallipoli et Lecce.

Histoire

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Autrefois connue sous le nom de Sancta Maria De Balneo ou Sancta Maria ad Balneum, la zone est habitée depuis l'Antiquité, comme en témoignent les nombreuses découvertes archéologiques préhistoriques trouvées dans la grotte voisine du Fico.

Le village s'est probablement développé à l'origine comme un petit village de pêcheurs, puis est habité par les Messapiens et les Romains. De nombreuses tombes rupestres découvertes sur les collines avoisinantes datent de l'époque messapienne. En 272 av. J.-C., le village, comme tout le Salento, passe sous domination romaine. Les Romains y ont construit le port de l'Emporium Nauna et des thermes avec des bassins.

Au XIIe siècle, Santa Maria est une importante résidence des chevaliers teutoniques, comprenant une abbaye et un grand monastère. De ce fait, la ville constituait également une étape importante pour les pèlerins revenant des croisades.

Au Moyen Âge, après des attaques et des pillages répétés de pirates et de Sarrasins , la ville est peu à peu abandonnée. Les Sarrasins détruisent les bâtiments, l'église, les thermes et les bassins. Les Vénitiens ravagent également la ville après la chute de Gallipoli en 1484. Les habitants survivants se réfugient dans les villages de l'intérieur des terres.

Au XVIe siècle, Charles Quint, dans le cadre de son programme de défense côtière, fait construire la Tour de la rivière Galatena (Fiume di Galatena) pour défendre les sources d'eau douce de Santa Maria, une source d'approvisionnement pour les pirates.

Après des siècles d'abandon complet dans la région, à quelques centaines de mètres de la mer, de splendides demeures majestueuses commencent à apparaître, utilisées principalement comme résidences d'été par des familles nobles.

La reconstruction proprement dite ne commença cependant qu'à la fin du XIXe siècle par quelques citoyens de la ville voisine de Galatone, qui décident d'en faire une station balnéaire et un lieu de villégiature.

Entre 1943 et 1951, l'armée alliée décide d'accueillir à Santa Maria al Bagno et dans ses environs des milliers de Juifs ayant échappé aux camps d'extermination nazis et fascistes et en route vers la Palestine puis le jeune État d'Israël[1]. Certains bâtiments sont réaménagés pour répondre à ces nouveaux besoins. Une maison de la petite place abrite la synagogue, et la ferme « Mondonuovo » devient le site du kibboutz Elia[2]. Ce camp de personnes déplacées devient l'un des plus influents de l'Italie du Sud, avec un comité de camp, un Bulletin mondial distribué dans les quatre camps de la région, l'organisation de conférences, deux écoles, des cours de langues, de couture, d'électricité, des activités sportives avec notamment l'équipe « Macabi » du camp qui dispute des matches avec des équipes italiennes hors du camp, une troupe de théâtre, des travaux d'intérêt général... : la population de Di Bagni passe de 771 personnes en mars 1945 à 2 277 en janvier 1946, dont 258 enfants âgés de 10 à 18 ans[1]. Les rations alimentaires sont en partie fournies par l'UNRRA (Administration des Nations unies pour le secours et la reconstruction) et l'OIR (Organisation internationale pour les réfugiés) et complétées par Le Joint (American Jewish Joint Distribution Committee (JDC). Le camp sert de centre administratif à de nombreux réseaux d'immigration clandestine ; le 11 avril 1946, le comité du camp organise une grève de la faim de 2 000 personnes pour protester contre les restrictions britanniques à l'immigration en Palestine les empêchant de faire leur alyah[1].

Pour l'hospitalité dont elle a fait preuve, la ville de Nardò reçoit la médaille d'or du Mérite civil décernée par le Président de la République, Carlo Azeglio Ciampi, le 27 janvier 2005. Témoignages de cette période, des fresques réalisées par certains déportés, notamment Zvi Miller, subsistent encore. Cette histoire et ses œuvres conduisent à la création du Musée de la Mémoire et de l'Hospitalité[3].

Lieux remarquables

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Musée de la mémoire et de l'accueil

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Entrée du Museo della Memoria e dell'Accoglienza.

Le Musée de la mémoire et de l'accueil / hospitalité (Museo della Memoria e dell'Accoglienza) est inauguré le 14 janvier 2009. Il commémore le séjour entre 1943 et 1951 dans la région des Pouilles et particulièrement dans le Salento de quelque 150 000 personnes déplacées, majoritairement des survivants juifs des camps de concentration nazis ou fascistes, qui ont traversé le continent ou l'Italie pour tenter de rejoindre principalement la Palestine mandataire ou les États-Unis, après la Seconde Guerre mondiale[1],[4].

Les Anglo-Américains avaient choisi cette région car on y trouve de nombreuses résidences secondaires qui pouvaient être facilement réquisitionnées pour y accueillir des réfugiés et qui ont constitué le camp de transit n° 34[5]. Le camp s'étendait sur les hameaux de Santa Maria al Bagno, Santa Caterina et Cenate[6] et était ravitaillé par l'UNRRA et l'OIR. D'autres camps similaires étaient situés à Santa Maria di Leuca et à Santa Cesarea Terme, autres stations balnéaires du Salento[4]. Ils voulaient aussi éviter un afflux de réfugiés juifs en Palestine.

Parmi les réfugiés qui ont transité par la côte du Salento, se trouve l'écrivain Aharon Appelfeld[7], alors âgé de quatorze ans environ. Si les premiers réfugiés venaient de camps d'internement fascistes comme celui de Ferramonti à Tarsia, ceux qui sont arrivés à partir de 1945 venaient de camps nazis comme Mauthausen, Auschwitz, Dachau et Ebensee[4].

Les collections du musée consistent en photographies et vidéos de cette époque mais les trois pièces les plus importantes sont trois fresques du peintre juif roumain Zvi Miller, qui ornaient la petite maison où se réunissaient les militants du Betar et qui représentent l'espoir sioniste[4]. Outre les fresques, le musée abrite l'ensemble des documents historiques relatifs à cette période, provenant des archives de l'APME (Association pour les fresques juives de Santa Maria al Bagno) et de la municipalité de Nardò. Il comprend également une bibliothèque, une collection de journaux et une documentation visuelle et multimédia dont des témoignages, et accueille diverses expositions et manifestations.

La tour de la rivière Galatena.

Tour côtière

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Santa Maria al Bagno abrite une tour côtière médiévale, la tour de la rivière Galatena, familièrement appelée « Les Quatre Colonnes » en raison de sa structure composée de quatre piliers répétitifs.

Références

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  1. 1 2 3 4 (en) « Santa Maria di Bagni Displaced Persons Camp | Holocaust Encyclopedia », Holocaust Encyclopedia,‎ last edited: apr 29, 2019 (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  2. ↑ « Santa Maria Bagno DP camp Italy », sur www.dpcamps.org (consulté le )
  3. ↑ (it) « Museo della Memoria e dell'Accoglienza (Nardò) », sur Museo della memoriae dell'accoglienza (consulté le )
  4. 1 2 3 4 Notice du musée
  5. 1 2 Notice devant la villa Vescovile
  6. 1 2 (it) Paolo Pisacane, « Santa Maria al Bagno e gli ebrei, tra 1944 e 1945 », sur Fondazione Terra d'Otranto
  7. ↑ (it) « E la Puglia abbracciò i profughi », sur Gazetta del Mezzogiorno,

Lien externe

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