Sarah Mei Herman
Sarah Mei Herman est une photographe née le 26 avril 1980 à Amsterdam. Elle s'intéresse, dans sa pratique artistique, aux liens familiaux, à la jeunesse et à la culture LGBT[1].
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Carrière
modifierSarah Mei Herman étudie la photographie à l'Académie royale des beaux-arts de La Haye et obtient son master au Royal College of Art de Londres en 2010[2],[3],[4].
Elle est invitée en résidence artistique à Xiamen en 2014, où elle commence à prendre en photo ses amies[3],[1]. Elle voyage de nouveau en Chine à plusieurs reprises pendant les années qui suivent pour photographier et interviewer des Chinoises et Chinois, souvent LGBT et marginalisés[1]. Ce projet devient une série intitulée « Touch ». En 2019, elle commence à produire un livre commandité par Emerson & Wajdowicz Studios dans le cadre de leur collection « Diverse Humanity » sur les personnes LGBT du monde[5],[6]. Sarah Mei Herman retourne à Xiamen pour faire le portrait de 14 personnes et couples LGBT en Chine, puis continue le projet aux Pays-Bas durant les confinements liés au COVID-19 avec des Chinoises et Chinois LGBT expatriés[5],[6].
En 2010, elle est nommée Foam Talent (reconnaissance locale) et est publiée, pour la première fois, dans Foam Magazine[4],[7]. Ses photographies sont ensuite publiées par iD, Vogue Italia, Paper Journal et Dear Dave[4].
À partir de 2010, elle expose dans différentes galeries d'art, musées et festivals : National Portrait Gallery de Londres (2010)[3],[4], Hugry Eye Gallery d'Amsterdam (plusieurs fois entre 2011 et 2015)[8], New York Photo Festival (« Keep on dreaming », œuvre collective, en 2013)[2],[9], Château d'Eau à Toulouse (2014)[2],[10],[4], Jimei x Arles (2016 et 2017)[3],[4], Musée de l'Élysée de Lausanne (2017)[4],[11], Musée historique juif d'Amsterdam (2020)[3],[4], Musée Benaki d'Athènes (2020)[3],[4], Museum Technische Sammlungen de Dresde (2021)[3], Kaunas Photography Gallery en Lithuanie (2021)[3], Concertgebouw Brugge (2025)[4], festival GLAZ (2025)[4].
En 2018, elle reçoit le prix American Vintage Photography au festival d'Hyères et le prix national hollandais « Rabobank » du portrait[3]. Elle est nominée pour le Prix Arnold-Newman pour les nouvelles orientations du portrait photographique de 2023[4],[12] et pour le prix Taylor Wessing du National Portrait Gallery de Londres en 2024[4],[13].
Œuvre
modifierLes portraits de Sarah Mei Herman sont marqués par le passage du temps, notamment durant l'enfance, grâce à des séries de photographies prises sur plusieurs années[2]. Ces clichés montrent « la transition, la transformation des expressions, des attitudes et des visages »[2].
Souvent, les sujets ne sourient pas, ne regardent pas l'appareil, tournent le dos ou ferment les yeux[2]. Il en découle des représentations de « l’intimité, la tension émotionnelle entre deux personnes ou l’introspection »[14]. L'expression du lien qui unit les sujets de ses portraits semble être un thème privilégié dans la plupart de ses projets[1],[2],[4],[14].
Famille
modifierEn 2004, Sarah Mei Herman commence à photographier son frère, Jonathan, né alors qu'elle a 20 ans[2]. Elle continue de prendre des clichés pendant l'enfance et l'adolescence de son frère. Il naît de ces photos le livre Julian & Jonathan[7], qui exprime les rapports familiaux entre elle, son père et son jeune frère, particulièrement la relation qu'elle noue avec son père à l'âge qu'a Jonathan au moment des photos[2]. Selon Adèle Binaisse, « sa famille fait partie de son œuvre »[2].
Entre 2006 et 2013, elle photographie l'enfance de deux jumelles, Jana et Feby[2]. La série de photo montre l'amour familial et la quête d'identité durant l'enfance[2].
Culture LGBT
modifierLe livre Solace est né des nombreux voyages en Chine de Sarah Mei Herman, et de ses amitiés avec les personnes queer qu'elle y rencontre[1]. Elle y retrace l'histoire de l'homosexualité en Chine. D'abord acceptée sous les dynasties Liao et Song, elle devient taboue avec l'arrivée des Occidentaux à partir du 18e siècle[1]. Être homosexuel n'est plus considéré comme une maladie depuis 2001[1], vingt ans après la France (1981).
Sarah Mei Herman se concentre d'abord, pendant sa résidence à Xiamen, sur les portraits et témoignages de quatre femmes lesbiennes et leur évolution au fil du temps, dans des séries de photographies espacées de plusieurs années[3],[6]. En 2019, elle élargit le projet à d'autres personnes qu'elle apprend à connaître grâce à son réseau d'amis en Chine, et sur Instagram aux Pays-Bas[5],[6]. L'intimité et l'amour entre les couples se cachent dans les interactions figées dans les photographies, les gestes du quotidien et particulièrement le toucher[6]. Le titre, Solace (réconfort), fait référence à l'ambiance que dégage la série de portrait, et aux gestes réconfortants au sein du couple, ou au regard rassurant de la photographe[6].
L'objectif est à la fois d'humaniser les Chinoises et Chinois LGBT, et de montrer la réalité du contexte dans lequel ils vivent[6]. Selon Konbini, « l'ouvrage ne partage ni voyeurisme ni pathos »[1].
Publications
modifier- (en) Sarah Mei Herman, Julian & Jonathan, GOST, (ISBN 978-1-915423-55-9)
- (en) Sarah Mei Herman, Solace: Portraits of Queer Chinese Youth, The New Press, (ISBN 978-1-6209-7632-6)
Bibliographie
modifier- (en) Ana, « Photographer Spotlight: Sarah Mei Herman », Booooooom, (lire en ligne)
- (en) « Profile : Sarah Mei Herman », sur Pride Photo (consulté le )
- (en) Sarah Mei Herman, « Solace – Portraits of queer youth in modern China », sur Photography of China (consulté le )
- (en) « A Wordless Whisper - Sarah Mei Herman », Actu Photo, (lire en ligne)
- (en) « ‘Their relationship has ebbed and flowed’: a father and son grow up – in pictures », The Guardian, (lire en ligne)
- (en) Molly Menschel, « Behind the Series with Sarah Mei Herman », Documentary Family Awards, (lire en ligne)
- « SARAH MEI HERMAN », sur Glaz Festival (consulté le )
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 Lise Lanot, « La jeunesse queer chinoise se révèle dans des portraits forts et touchants », Konbini, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Adèle Binaisse, « Journée de la femme et photographie : Sarah Mei Herman # 14 », Actu Photo, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) « Sarah Mei Herman and the human need for closeness », C41, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 (en) « Sarah Mei », sur Futures Photography
- 1 2 3 (en) « Solace by Sarah Mei Herman », Fraction Magazine, no 179, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 (en) Nastasia Khmelnitski, « Solace, Featuring Sarah Mei Herman », Wul Magazine, (lire en ligne)
- 1 2 (en) « Book Launch: Sarah Mei Herman Julian & Jonathan », sur Foam, (consulté le )
- ↑ (en) « Archives : Exhibitions », sur Hungry Eye Gallery (consulté le )
- ↑ (en) « Keep On Dreaming », (consulté le )
- ↑ J.-M. L.S., « Toulouse. Une expo et deux livres pour Arno Brignon », La Dépêche, (lire en ligne)
- ↑ Caroline Stevan, « Destins », Le Temps,
- ↑ (en) « The 2023 Arnold Newman Prize Winner, Finalists, Honorable Mentions and Jurors », sur Maine Media (consulté le )
- ↑ (en) « People's Pick », sur National Portrait Gallery (consulté le )
- 1 2 « Dossier : Portraits », sur Château d'Eau de Toulouse (consulté le )
Liens externes
modifier- Site officiel
- Ressource relative aux beaux-arts :