Parc régional du Scheutbos
Le parc du Scheutbos ou parc du Scheutbosch[1] (en néerlandais Scheutbos) est un espace vert de 6 hectares à vocation écologique et récréative de Molenbeek-Saint-Jean dans la région de Bruxelles-Capitale en Belgique. Il ne faut pas le confondre avec le quartier anderlechtois voisin de Scheut.
| Parc régional du Scheutbos | |
Le parc régional du Scheutbos. | |
| Géographie | |
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| Pays | |
| Subdivision administrative | |
| Commune | Molenbeek-Saint-Jean |
| Superficie | 6 ha |
| Accès et transport | |
| Métro | |
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| Localisation | |
| Coordonnées | 50° 51′ 00″ nord, 4° 17′ 30″ est |
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Situation et accès
modifierCe parc de la commune bruxelloise de Molenbeek-Saint-Jean est situé à proximité du boulevard Louis Mettewie, et géré par Bruxelles Environnement – IBGE. Cet espace, malgré son nom, n'est plus un bois, mais une friche. 44 ha du domaine sont constitués d'un site classé et les 6 ha restants sont un parc régional. Le site a été classé pour ses qualités paysagères, historiques, son maillage bleu et vert, ainsi que pour sa grande biodiversité. Il s'insère dans la promenade verte[2] de la Région bruxelloise.
Historique
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Au VIIIe siècle, la région du Scheutbos était une forêt houillère. 400 ans plus tard, cette dernière a été presque entièrement défrichée et transformée en terres agricoles. Plusieurs fermes – dépendant des châteaux de Moortebeek et de Ravenstein, fiefs de la Cour de Brabant – y sont mentionnées dès cette époque dans le fond de la vallée. Leurs terres sont délimitées, au nord, par un bois de haute futaie – le Scheutbos – et, dans la vallon où coulent les ruisseaux du Molenbeek (sud) et du Leybeek, par un chapelet d'étangs et de prairies humides[3].
La limite actuelle entre les communes de Molenbeek et Anderlecht suit l'ancienne limite des dîmes des chapitres de Sainte Gudule (Bruxelles) et de Saint-Guidon (Anderlecht). Dans un accord conclu le entre les deux est mentionné un arbre de Scheut sur leur ligne de démarcation[4].
Domaine des chartreux de Scheut
modifierDans le hameau de Scheut, du côté anderlechtois de cette limite, le magistrat de Bruxelles fait construire une chapelle, en 1450. Le , la ville cède la chapelle et les terres l'entourant pour la fondation de la Chartreuse de Scheut[5].
Vers la fin du siècle, les chartreux de Scheut reçoivent ou font creuser des viviers, de l'autre côté de la limite, dans les vallons du Leybeek et du Molenbeek (sud) : Spoelvijver, Bogaertvijver et Swete vijver à Osseghem, Molenvijver, Middelsten Vijver et Broeckvijver à Molenbeek. Les viviers servent à la pisciculture[6]. Le , les chartreux de Scheut achètent le moulin d'Osseghem, hameau de Molenbeek, qui est appelé Scheutmolen par la suite[7],[8]. Elle se trouvait au carrefour actuel des rues des Étangs Noirs et Vanderdussen[9]. Le Scheutbos aussi, se trouve côté molenbeekois, en amont du ruisseau Leybeek, propobablement il faisait aussi partie des possessions des chartreux[réf. nécessaire].
Pendant les guerres de réligion, en 1579, les chartreux se sauvent en ville[10], mais ils gardent leur domaine à Scheut jusqu'à la dissolution de l'ordre en 1782. Au XIXe siècle, c'est à l'ordre missionaire des pères Scheutistes de s'installer à Scheut.
Urbanisation progressive
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L'urbanisation du Scheutbos commence dès le XIXe siècle. Les étangs sont remblayés en 1828, au moment de la construction de la chaussée de Ninove à travers des parcelles appartenant au couvent des Chartreux. Les bois sont grignotés tandis qu'au tournant du XXe siècle, les prairies gagnent les hauteurs au détriment des cultures. Le percement des boulevards Louis Mettewie et Edmond Machtens dans l'entre-deux-guerres, entraîne en outre le voûtement partiel des ruisseaux et l'assèchement des zones marécageuses[11].
Non loin des actuelles rues Paloke et Kasterlinden, le , peu de jours après le débarquement de Normandie, un bombardier américain B24 Liberator (41-28822) du 487th Bomb Group (Heavy) s'est écrasé après avoir été pris sous les tirs de la FLAK allemande (la DCA - défense contre avions - allemande) qui était située à la gare de l'Ouest à Molenbeek. Les neuf membres de l'équipage du bombardier furent tués[12].
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'urbanisation du site s'accélère : l'hospice et la Cité Joyeuse amputent sa partie nord, l'athénée flamand de Molenbeek entame son flanc est, des immeubles-tours sont érigés au nord-est. Un plan d'aménagement de 1947, modifié en 1961, prévoit même son lotissement complet[13].
La génèse du parc
modifierAprès s'avoir intéressé au site depuis 1985, l'association Commission de l'environnement de Bruxelles-Ouest (CEBO), menbre d'Inter-Environnement Bruxelles, lance, en 1991, une section Scheutbos. Ses bénévoles sensibilisent les riverains et des autorités responsables par des brochures, toutes boites, feuillets d'information, visites guidées, séances de gestion. Ils réalisent un sentier-promenade didactique, grâce à des subsides de la Fondation Roi Baudouin et de la Loterie Nationale[14]. La CEBO réussit à faire évacuer une dune de sable de 16m de haut, à faire arrêter l'utilisation du site comme décharge public et à faire arrêter les vidanges d'égouts[15].
En 1992, un espace de 6 hectares fut cédé par bail par la Commune de Molenbeek à la région en vue de l’aménagement d’un parc. Ouvert en 1995, ce parc régional crée une zone tampon entre les habitations et les 44 ha du site naturel[16]. Ils perdent, cependant, un terrain de 2 hectares destiné à l'implantation d'une clinique gériatrique[13]. En 1994, la Commission régionale de développement recommande de changer le statut du site de réserve foncière en périmètre d'espace vert, une recommandation que le gouvernement Picqué I ne suit pas, craignant de devoir dédommager des propriétaires[15]. Par contre, la CEBO réussit, en 1997, d'obtenir le classement du site naturel[16]. En 1999 la CEBO-Scheutbos se rebaptise Les amis du Scheutbos. En 2001, le Scheutbos fut inscrit en zone verte au PRAS, par le gouvernement de Donnea. Suite à une pétition populaire de 2013, le gouvernement Vervoort II élargie la zone classé, en 2015, par 4 hectares situés à l'est du chemin Deraedt[16]. La commune de Molenbeek entreprend, en 2003, de transformer l'ancienne ferme située à la chaussée de Ninove 997 en Maison de la Nature, destinée à sensibiliser des enfants. En 2019, la rénovation en est achevée et en 2020, les premières activités y sont organisées[16].
Création et description
modifierL'aménagement du parc du Scheutbos, réalisé par l'architecte paysagiste Robert Vanderhulst, distingue deux espaces d'ambiance contrastée : à proximité du boulevard, un parc paysager classique, épousant les pentes de la vallée, à destination des zones résidentielles riveraines ; sur la colline, une zone naturelle préservée assurant une transition entre la ville et la campagne[17].
Le parc paysager
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Le parc de 6 hectares a été aménagé entre et le long du boulevard Louis Mettewie et de la rue Van Hemelrijk[13]. Il est couvert de prairies parcourues par des chemins existants, réaménagés et élargis, et délimitées par des massifs d'arbustes indigènes et quelques grands arbres assurant la transition avec les immeubles très élevés du quartier. En haut de la colline et sur son flanc est, des alignements d'arbres ont été préservés : saules blancs, peupliers, bouleaux, érables, chênes, sureaux. Un bois de charmes et de chênes pâturés illustre bien à quoi devaient ressembler les bois communaux avant le développement de la sylviculture. Un verger d'anciennes variétés d'arbres fruitiers à haute tige occupe une partie de la colline[18].
À l'initiative de Bruxelles-Environnement et du Cercle horticole des coins de terre, une expérience pilote d'intégration d'espaces cultivés aux parcs publics urbains a pris place en lisière du parc du Scheutbos[réf. nécessaire].
Deux douzaines de potagers protégés par une haie vive et séparés du parc par le Leybeek, agrémenté de deux mares, assurent une fonction sociale particulière au site. Le ruisseau a été remis à ciel ouvert et élargi pour créer une zone inondable à laîches des marais[18]. De petites digues de retenue ont aussi été élevées pour augmenter encore la surface des zones inondables et valoriser la présence de l'eau[réf. nécessaire]. A l'extrémité de saulaie marécageuse qui la borde, un caillebotis en bois permet de rejoindre à pieds secs les prairies du plateau supérieur, partie intégrante de la réserve naturelle. Vers le boulevard, le ruisseau parcourt une vaste roselière[18].
Une relique du Pajottenland
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Paysage typique et préservé du Pajottenland, le plateau de 50 hectares qui surplombe le parc du Scheutbos est essentiellement composé de pâturages, entretenus par un troupeau de bovidés[18].
La réserve naturelle, peu aménagée, permet la préservation de différents biotopes : massifs boisés, roselières, vastes prairies fauchées, friches arbustives, ronciers, taillis, verger d'anciennes variétés. Relief doux agrémenté de petites pentes et de talus, bosquets, prairies et quelques grands arbres en font un paysage brabançon typique, très horizontal[18].
Deux anciens chemins vicinaux traversent le site : le chemin nord-sud n° 21, dit rue de Raedt, tout en creux, et le chemin est-ouest n° 22 bordé de vieilles aubépines, dans la prolongation de la rue de l'Oiselet[18].
Gestion différenciée
modifierAu fil des ans, les haies et les arbustes, plantés ou conservés, se développent, les arbres fruitiers hautes tiges portent fruits, les prés s'enrichissent de l'arrivée de nouvelles espèces de graminées et de légumineuses, avec leur long cortège de fleurs. Le ruisseau accueille une faune disparue depuis longtemps de ce côté-ci du site.
Le parc est entretenu selon les principes de la gestion différenciée : les interventions, traditionnelles et plus fréquentes du côté de l'espace vert classique (tontes des pelouses, tailles des arbres, des haies et des arbustes, brossage des revêtements), se singularisent lorsqu'on s'en éloigne.
Les prés et le verger sont fauchés deux fois par an – plus de trois hectares – avec préservation de certaines surfaces (principes de réserve pour la nidification des oiseaux, la dispersion des graines, l'intérêt des floraisons), les zones humides demandent un entretien adapté à leur vulnérabilité.
Sculptures
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- Croissants de lune (Thierry Bontridder, prix 2000 de la sculpture dans les parcs) : la sculpture figure, d'après l'artiste lui-même, l'évolution des croissants du clair de lune et de la terre. Les trois éléments dont elle se compose expriment la croissance des corps célestes, mais aussi les rapports des êtres animés dans le temps et l'espace. La contre-courbe suggère un jet de lumière, lien invisible qui maintient les choses et les forces en orbite, sorte d'arc-en-ciel qui manifeste la splendeur de la présence[17].
- Kasterlinden : situé au croisement de cinq routes, dont les rues Elbers et Kasterlinden, un tilleul est déjà mentionné sur un schéma cadastral de 1700 et repris sur la carte de Philippe Vandermaelen de 1858. Frappé par la foudre à deux reprises, il a perdu l'essentiel de sa couronne, ne laissant subsister qu'un gros tronc blessé[17].
La Maison de la nature
modifierLa « Maison de la Nature » a été inaugurée en 2018 dans une ancienne ferme rénovée le long de la chaussée de Ninove (n° 997) grâce à la collaboration entre les amis du Scheutbos et la commune[19].
Ouverte aux associations, elle compte une ferme d'animation avec basse-cour, étables, potagers, ateliers et espaces de stockage. Outil pédagogique à l'attention des écoles, elle est accessible à tous les amoureux de la nature désireux d'en savoir plus sur l'environnement.
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- (nl) Axel Gosseries et Christine Schaut, « Het Scheutbos (Molenbeek) », dans François Ost, Jean Remy et Luc Van Campenhoudt, Zes brusselse halfnatuurlijke landschappen: ruimtelijk-morfologische en juridische beschrijving, Bruxelles, Presses de l'Université Saint-Louis, (ISBN 9782802804253, DOI 10.4000/books.pusl.17356, lire en ligne), p. 30-33
- Eddy Lippens et Pol Gillet, « Le Scheutbos : un sauvetage écorné ? », Ville et habitants, no 247, , p. 20-21
Liens externes
modifierRéférences
modifier- ↑ « Espaces verts à Molenbeek-Saint-Jean », sur site de la commune de Molenbeek (consulté le )
- ↑ « La promenade verte de Bruxelles »
- ↑ Parc Scheutbos - L’antichambre du site classé
- ↑ Prope arborem inferiorem dictam den scoetboem. Cartulaire du chapitre d'Andertecht, f° 85 bis, Annales S. Guidilae, t. XI, c. 9.
- ↑ Alexandre Henne et Alphonse Wauters, Histoire de la Ville de Bruxelles, t. 1, Bruxelles, Culture et Civilisations, (1re éd. 1845), p. 214-216
- ↑ Chloé Deligne, Bruxelles et sa rivière (Studies in European Urban History 1), Turnhout, Brepols, (ISBN 9782503513829), p. 173
- ↑ Paulo Charruadas, Molenbeek-Saint-Jean, un village bruxellois au moyen âge, Bruxelles, CHAFCJR-GHKJO et CIRHIBRU-ULB, (ISBN 2-9600381-1-8), p. 92
- ↑ (nl) Antoon-Willem Maurissen, Bijdrage tot de geschiedenis van Sint-Jans-Molenbeek, Puurs, Baeté, , p. 148
- ↑ Cloé Deligne, « Molenbeek, un acien village aux pieds dans l'eau », dans Molenbeek, une commune bruxelloise, coll. « Les cahiers de la Fonderie » (no 33), (ISSN 0775-2202), p. 31
- ↑ Henne et Wauters 1968, p. 409.
- ↑ Demey 2010, p. 18.
- ↑ « Belgique - Molenbeek-Saint-Jean (Sint-Jans-Molenbeek) — Geneawiki », sur fr.geneawiki.com (consulté le )
- 1 2 3 Demey 2010, p. 19.
- ↑ Jean Rommes, La Commission de l'environnement de Bruxelles-Ouest (CEBO) : 50 ans d'actions en faveur de la nature en ville, (lire en ligne), p. 4
- 1 2 Eddy Lippens et Pol Gillet, « Le Scheutbos : un sauvetage écorné ? », Ville et habitants, no 247, , p. 20-21
- 1 2 3 4 Rommes 2019, p. 17-18.
- 1 2 3 Thierry Demey, Bruxelles en vert, le guide des jardins publics, Bruxelles, Guides Badeaux, , 554 p. (EAN 9782930609003), p. 16-22
- 1 2 3 4 5 6 Demey 2010, p. 20.
- ↑ Commune de Molenbeek-Saint-Jean, « Maison de la Nature : inauguration »