Sde Teiman
Sde Teiman est une base militaire israélienne et une prison clandestine[1] situé à 5 km au nord-ouest de Beer-Sheva dans le désert du Néguev, au sud d'Israël. Des abus systémiques, viols et violations des droits de l'homme ont été rapportés dans ce camp qui est inaccessible à la Croix-Rouge.
| Type | |
|---|---|
| Occupant | |
| Usage |
| Localisation |
|---|
| Coordonnées |
|---|
Présentation
modifierLa base militaire Sde Teiman est située dans la désert du Néguev à proximité de la ville de Beer-Sheva à environ 30 kilomètres de la bande de Gaza. Selon une enquête de CNN, la base est divisée en deux, avec d'une part une partie clôturée qui sert de prison pour les Palestiniens depuis le 7 octobre 2023 et d'autre part un hôpital de campagne[2].
Depuis , la « loi sur la détention des combattants illégaux », votée par la Knesset, permet à l’armée israélienne de détenir des individus soupçonnés d'« activités hostiles à l’État d’Israël, directement ou indirectement, ou d’appartenir à une force engagée dans des activités contre l’État d’Israël ». Ainsi cette loi autorise l'armée israélienne d'emprisonner des Palestiniens sans le statut de prisonnier de guerre et donc les protections afférentes[2].
En , une requête pour fermer le centre de détention, déposée par plusieurs associations de défense des droits de l’homme, a été examinée par la Cour suprême d'Israël. À la suite de cet examen, l'armée prévoit une fermeture. Un premier contingent de 700 détenus aurait été déplacé dans la base militaire de Ofer[2].
Conditions de détention
modifierLe camp militaire est surnommé le « Guantánamo d'Israël »[3],[4], il est inaccessible à la Croix-Rouge[5].
De nombreux employés israéliens et des détenus palestiniens libérés font état d'abus systématiques et de violations des droits de l'homme, notamment de tortures physiques et psychologiques[6],[7]. En , le média CNN publie une enquête révélant des « conditions de détention indignes, violentes et déshumanisantes ». Une des photos de l'enquête montre des dizaines de prisonniers, assis sur de fin matelas, les yeux bandés[2].
Après la mort de 36 détenus à Sde Teiman, Tsahal indique avoir engagé des enquêtes, mais aucun militaire n’a été arrêté[5],[2].
Pour les experts du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme ces tortures et violences sexuelles dans la prison de Sde Teiman « sont tout à fait illégales et révoltantes » mais elles sont que la partie visible des exactions commises à l'encontre des Palestiniens[8].
Accusations d'abus sexuels
modifierAlors que cinq soldats réservistes israéliens sont emprisonnés pour présomption d’abus sexuels sur un détenu palestinien au sein de Sde Teiman, Tsahal demande, en , le retrait des photographies des suspects publiées par la chaîne arabophone de Kan news, Makan[9]. Selon l’armée israélienne, les soldats sont accusés de sodomie aggravée (un chef d’accusation similaire au viol), d’avoir occasionné des lésions corporelles et des sévices[10].
En réaction à l’arrestation des soldats, plusieurs dizaines de manifestants issus des milieux d’extrême droite israélienne, en présence du parlementaire Zvi Sukkot et du ministre Amihai Eliyahu, ont envahi Sde Teiman, en , durant plusieurs heures pour exiger leur libération[5]. Selon Ryan Tfaily, les poursuites engagées par les autorités israéliennes visaient surtout à « faire bonne figure devant la communauté internationale »[11].
Condamnation judiciaire
modifierEn , un tribunal militaire israélien a condamné un militaire à sept mois de prison ferme pour « mauvais traitements », à la prison Sde Teiman, sur des prisonniers palestiniens. Ces derniers « menottés et les yeux bandés » étaient frappés par le soldat israélien à coups de poing et avec une arme[12].
Vidéo diffusée par la procureure générale de l’armée israélienne
modifierEn 2025, l’ex-procureure générale de l’armée israélienne Yifat Tomer-Yeroushalmi (en) démissionne, puis est arrêtée, après avoir autorisé la diffusion d’une vidéo prise en 2024 dans la base militaire de Sde Teiman[13],[14]. La vidéo divulguée montre des soldats de la base de Sde Teiman emmenant un détenu à l'écart et l'encerclant avec des boucliers anti-émeutes afin de bloquer la visibilité[15]. Le détenu aurait ensuite été poignardé dans le rectum avec un objet tranchant.
Personnalités détenues
modifierNotes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en anglais « Sde Teiman detention camp » (voir la liste des auteurs) et « Yifat_Tomer-Yerushalmi » (voir la liste des auteurs).
- ↑ « Israël : soupçons d'une prison clandestine », France Info, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 4 5 Luna Pérez, « Gaza : ce que l’on sait de la prison de Sde Teiman, où l’armée israélienne est accusée de torture », sur Ouest France, (consulté le ).
- ↑ Guillaume de Dieuleveult, « À Jérusalem, la Cour suprême saisie du «Guantanamo israélien» », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) « Strapped down, blindfolded, held in diapers: Israeli whistleblowers detail abuse of Palestinians in shadowy detention center », CNN, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 Louis Imbert, « En Israël, le coup de force de l’extrême droite dans une base militaire du Néguev », sur Le Monde, (consulté le ).
- ↑ Thibault Lefèvre, « "Nus", "yeux bandés" et "attachés à leurs lits"... Un médecin alerte sur les conditions de détention de prisonniers palestiniens dans une prison israélienne », France Info, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Allégations de torture : La Cour sommée de fermer le centre de détention du Néguev », The Times Of Israel, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Le recours croissant à la torture par Israël contre les Palestiniens en détention est un crime contre l’humanité évitable, selon des experts de l’ONU », sur Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, (consulté le ).
- ↑ Emanuel Fabian, « Tsahal reproche à la chaîne arabe de Kan d’avoir montré le visage de suspects d’abus sexuels », sur The Times of Israël, (consulté le ).
- ↑ Emanuel Fabian, « Sde Teiman : Le tribunal militaire prolonge la détention des 5 réservistes », sur The Times of Israël, (consulté le ).
- ↑ Ryan Tfaily, « Entre armée et milices irrégulières, les multiples acteurs du génocide à Gaza », Institue of Palestine Studies. 10 novembre 2025.
- ↑ AFP, « Israël: un soldat condamné pour « mauvais traitements » sur des détenus palestiniens (armée) », sur Mediapart, (consulté le ).
- ↑ « Gaza : l’ex-procureure générale de l’armée israélienne arrêtée pour avoir fait fuiter une vidéo montrant des violences de soldats contre des prisonniers palestiniens », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-GB) Ruth Michaelson, Quique Kierszenbaum et Andrew Roth, « Israeli inquest into alleged abuse of Palestinian detainees sparks far-right fury », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-GB) « Israeli military's top lawyer resigns over leak of video allegedly showing abuse of Palestinian detainee », sur www.bbc.com, (consulté le )
Annexes
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- « Israël. Dans l'enfer du camp de Sde Teiman », Courrier international +972 Magazine, no 1758, 11-17 juillet 2024, p. 33.
