Zvi Sukkot

homme politique israélien

Zvi Sukkot, né le 3 octobre 1990 dans la colonie israélienne de Betar Illit en Cisjordanie, est un homme politique et activiste d'extrême droite israélien, résident de la colonie de Yitzhar en Cisjordanie et député du Parti sioniste religieux depuis février 2023. Il est arrêté plusieurs fois par les autorités israéliennes dans le cadre d'affaires liées à des violences contre des Palestiniens, et participe à la fondation de plusieurs avant-postes non autorisés en Cisjordanie.

Zvi Sukkot
Portrait d'un homme barbu portant une kippa et des papillotes, souriant, vêtu d'une chemise sombre, photographié en extérieur devant un fond végétal flou.
Sukkot en 2022.
Fonctions
Membre de la Knesset
Législature 25e législature de la Knesset
Groupe politique Parti sioniste religieux
Coalition Parti sioniste religieux
Commission Commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset (depuis novembre 2023)
Commission de l'Éducation, de la Culture et du Sport (depuis décembre 2025)
Prédécesseur Bezalel Smotrich
Biographie
Date de naissance (36 ans)
Lieu de naissance Colonie de Betar Illit (Territoires palestiniens occupés)
Nationalité Israélienne
Parti politique Otzma Yehudit (jusqu'en 2022)
Parti sioniste religieux (depuis 2022)
Résidence Colonie de Yitzhar (Territoires palestiniens occupés)

Biographie

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Origines

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Zvi Sukkot naît le 3 octobre 1990[1] dans une famille ultra-orthodoxe de la colonie de Betar Illit, en Cisjordanie[2].

Activisme

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Il rejoint le mouvement des jeunes des collines au moment du désengagement israélien de la bande de Gaza en 2005. À l'âge de 16 ans, il intègre une yechiva de la colonie de Yitzhar. Il la quitte ensuite pour prendre la tête de la contestation contre l'évacuation de l'avant-poste d'Amona, aux côtés d'Avihai Boaron (en)[2]. Sukkot réside par la suite dans la colonie de Yitzhar, en Cisjordanie[3]. Le Shin Bet le surveille déjà à cette période, et il lui est imposé une interdiction administrative de séjour en Cisjordanie dès ses 18 ans[2]. Il est exempté de service militaire en raison de son opposition idéologique à l'évacuation du Goush Katif. Il tente plus tard de s'engager à plusieurs reprises, mais se voit essuyer des refus ou une absence de réponse de la part des autorités israéliennes. Il réitère une demande d'engagement en 2025 pendant la trêve parlementaire estivale de la Knesset[4].

En 2009, une mosquée du village palestinien de Yasuf est incendiée, et ses murs sont recouverts d'inscriptions qui revendiquent l'attaque au nom de la politique du « prix à payer » (en). Il s'agit de l'une des premières attaques de ce type[2]. Sukkot est arrêté en 2010 en tant que suspect dans l'incendie ; il nie son implication. Il est relâché deux semaines plus tard et l'affaire est classée faute de preuves[3],[2]. En 2011, Sukkot fait l'objet d'un interrogatoire après l'incendie du véhicule d'un commandant de police, dans le contexte de la démolition de structures de l'avant-poste d'Alei Ayin. Comme dans l'affaire de la mosquée, le dossier est classé sans suite[2]. En 2012, il fait partie de douze militants d'extrême droite temporairement expulsés de Cisjordanie, les autorités les soupçonnant d'avoir planifié et mené des attaques violentes clandestines contre des Palestiniens[3]. En 2015, Sukkot organise une manifestation place Habima (en) à Tel Aviv pour protester contre les méthodes d'interrogatoire employées par le Shin Bet à l'encontre des suspects de l'attentat incendiaire de Douma (en), qui avait causé la mort de trois membres de la famille Dawabsheh[3]. Il milite pour faire connaître les allégations de torture qu'auraient subies les suspects de cette affaire[2].

Vue aérienne de l'avant-poste d'Evyatar, juin 2021.

En 2021, Sukkot fait partie des fondateurs de l'avant-poste non autorisé d'Evyatar (en), situé près du village palestinien de Beita[3],[2]. Il participe ensuite à la conclusion d'un accord selon lequel les colons quitteraient le site le temps que l'Administration civile et le gouvernement examinent la possibilité d'y établir une colonie conforme au droit israélien, avec un retour prévu en cas de réponse favorable. Cet accord est critiqué par les franges radicales de la droite, aux sein desquelles certains le considèrent comme une capitulation. Une présence militaire est maintenue sur le site, dont l'accès est interdit tant aux Palestiniens qu'aux Israéliens, tandis que l'accord de coalition entre le Likoud et du Parti sioniste religieux prévoit la poursuite de la mise en œuvre de l'accord relatif à Evyatar[2]. Cette même année, Sukkot est filmé en train de bousculer et de frapper le président du conseil local du village palestinien de Sebastia, en présence de soldats. Selon sa version des faits, il traversait le village en voiture pour se rendre au site archéologique qui s'y trouve lorsque des Palestiniens lui auraient jeté des pierres sur son véhicule, ce qui l'aurait conduit à poursuivre les auteurs des jets de pierres avant que le président du conseil local ne lui bloque le passage et ne le bouscule à son tour[2].

En février 2022, Sukkot participe à l'érection de structures temporaires dans le désert du Néguev, où est proclamé un avant-poste nommé Ma'aleh Paula, démantelé quelques heures plus tard. Il est interpellé, soupçonné de construction illégale et d'intrusion, puis relâché peu après. Son arme lui est confisquée pendant environ un mois, jusqu'à ce que la justice ordonne sa restitution à la police[2]. En mai 2022, une vidéo montre Sukkot en train de retirer un drapeau palestinien le long de la route principale de Huwara. D'autres colons et des soldats sont ensuite filmés en train de retirer des drapeaux palestiniens à Huwara et dans plusieurs villages. Cet épisode contribue à une augmentation des tensions dans la zone. L'armée israélienne saisit cinq bâtiments à Huwara, y hisse un drapeau israélien et bloque plusieurs routes du village[2].

Sukkot est démis de ses fonctions de porte-parole de Yitzhar en février 2022, après avoir condamné à plusieurs reprises la violence contre les forces de sécurité. Certains habitants de la colonie contestent cependant que cela soit la véritable cause de son renvoi. Une autre controverse survient après qu'il eut reçu chez lui l'ancien député Yaïr Golan, du parti Meretz, pour un reportage de la chaîne Channel 13 (en)[2]. La transition de Sukkot vers un rôle au sein des institutions de l'État lui vaut des critiques de la part de certaines figures de l'extrême droite, qui estiment qu'il agit désormais contre leurs intérêts. Meir Ettinger (en) met en garde en août 2022 contre le tort que Sukkot pourrait selon lui causer à la droite. Elisha Yered, résident de l'avant-poste de Ramat Migron (en), l'accuse d'avoir mené une politique de répression contre les militants des collines lorsqu'il était porte-parole de Yitzhar. Ariel Danino, résident de l'avant-poste de Kumi Ori, lui reproche d'avoir contribué à présenter les colons comme désireux de tuer des soldats[2].

Le 6 octobre 2023, des affrontements éclatent à Huwara entre des habitants palestiniens et des juifs israéliens, parmi lesquels Sukkot, après que ces derniers eurent érigé une soukka dans la localité en signe de protestation contre une fusillade qui avait visé une famille juive la veille dans la région. Un Palestinien est tué par balle au cours de cette confrontation[5]. En juillet 2024, Sukkot prend part à une émeute à la base militaire de Sde Teiman après l'arrestation de réservistes soupçonnés d'avoir violé un détenu palestinien[6],[7].

En août 2026, accompagné de soldats israéliens, il détruit avec une masse un mémorial dans le village palestinien de Madama[8].

Carrière politique

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Sukkot a occupé la fonction de directeur général du parti d'extrême droite Otzma Yehudit[3]. Il quitte ensuite le parti et se présente aux primaires du Parti sioniste religieux avant les élections législatives de 2022. Il y obtient la cinquième place sur la liste du parti, avant d'être rétrogradé à la seizième place à la suite de l'alliance électorale conclue entre le Parti sioniste religieux, Otzma Yehudit et Noam[2]. Le 5 février 2023, il entre à la Knesset après la démission de Bezalel Smotrich[3]. Cette démission s'appuie sur la loi norvégienne, qui permet à un ministre de démissionner de son mandat de député pour se consacrer à ses fonctions ministérielles ; son siège revient alors au candidat suivant sur la liste électorale du parti[3],[2]. La semaine précédente, la Knesset avait adopté un amendement qui élargit cette loi norvégienne, afin qu'un parti qui dispose de plus de 18 députés puisse voir jusqu'à un tiers de ses membres démissionner de leur siège, à condition qu'ils soient ministres[3].

En novembre 2023, Sukkot est nommé à la commission des Affaires étrangères et de la Défense (en) de la Knesset[5]. En juin 2024, Sukkot devient, aux côtés de la députée d'Otzma Yehudit Limor Son Har-Melech, l'un des deux dirigeants d'un nouveau groupe parlementaire consacré à la reconstruction de communautés civiles israéliennes dans la bande de Gaza après une éventuelle future défaite du Hamas dans la guerre à Gaza. Sukkot estime alors que la réimplantation de localités israéliennes évacuées en 2005 contribuerait à la libération des otages détenus par le Hamas. Il défend une action militaire et civile, et estime que la perte de contrôle territorial pousserait le Hamas à libérer les otages sans poser de conditions qui menaceraient l'existence de l'État d'Israël[9]. En décembre 2025, il est nommé président de la commission de l'Éducation de la Knesset (en)[10].

Positions politiques

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Il défend l'idée que les Juifs doivent pouvoir vivre où ils le souhaitent et que l'État d'Israël devrait retirer la citoyenneté aux Juifs comme aux Arabes qui ne reconnaissent pas le caractère juif de l'État. Interrogé sur la mise en œuvre concrète de sa vision de la colonisation, il évoque le « plan décisif » proposé par Smotrich, qui prévoit l'annexion d'une partie de la Cisjordanie et l'agrandissement des colonies dans le but de décourager la présence palestinienne et d'encourager l'émigration, sans droit de vote accordé aux Palestiniens qui resteraient[2].

Références

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  1. ↑ (he) « צבי ידידיה סוכות - אודות, וידאו, כתבות וחדשות », sur Knesset TV,‎ .
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 (en) Hagar Shezaf et Josh Breiner, « Israel's Newest Legislator: West Bank Outpost Founder and Former Shin Bet Target », Haaretz,‎ (lire en ligne)
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) « Far-right Settler Leader Becomes MK Under Law to Expand Size of Government », Haaretz,‎ (lire en ligne)
  4. ↑ (en) JNS Staff et Amelie Botbol, « MK Zvi Sukkot seeks IDF enlistment during recess », JNS,‎ (lire en ligne)
  5. 1 2 (en) Allison Kaplan Sommer, « Far-right Israeli Knesset Member Zvi Sukkot to Head Subcommittee on the West Bank », Haaretz,‎ (lire en ligne)
  6. ↑ (en) Lubna Masarwa et Rayhan Uddin, « Sde Teiman riots reveal the 'disintegration of Israeli state' », Middle East Eye,‎ (lire en ligne)
  7. ↑ (en) Josh Breiner, « Israel Police Summon Minister, Lawmakers for Questioning Over Sde Teiman Army Base Break-in », Haaretz,‎ (lire en ligne)
  8. ↑ https://www.leparisien.fr/international/israel/israel-un-depute-dextreme-droite-attaque-au-marteau-un-monument-a-la-memoire-de-palestiniens-dans-un-village-en-cisjordanie-occupee-25-08-2026KIGQLE56T5BSDMFPP3UKAEGN5E.php?
  9. ↑ (en) JNS, « Israeli lawmakers launch Gaza resettlement caucus », JNS,‎ (lire en ligne)
  10. ↑ (en) Sam Sokol, « Lawmakers vote to make far-right MK Sukkot head of Knesset Education Committee », The Times of Israel,‎ (lire en ligne)