Serge Nedjar

dirigeant de médias français

Serge Nedjar, né le à Alger (Algérie)[1], est un dirigeant de médias français. Il est directeur général de la chaîne de télévision CNews depuis 2016, chargé de mission pour l'information de Lagardère News depuis 2023 et directeur des rédactions des magazines de Prisma Media depuis 2025.

Actif au sein du groupe Bolloré depuis 2006, il est connu pour ses décisions controversées et un management autoritaire[2],[3].

Biographie

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Jeunesse et éducation

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Serge Nedjar naît le à Alger[1]. Il est titulaire d'une licence d'économie à l'université Paris-Panthéon-Assas[4].

Parcours professionnel

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Il débute dans les années 1980 à la régie publicitaire du quotidien Le Matin de Paris[5],[6]. En 1984, il rejoint le magazine VSD en tant que directeur commercial des annonces classées, puis est propulsé à la direction d'éditions locales et à l'édition des hors séries du magazine. Il y travaille jusqu'en 1996, année lors de laquelle il participe à la fondation de GS Presse, qu'il finit par quitter en 2004[3],[4].

En , Serge Nedjar s'associe avec le groupe NRJ et Dove Attia pour lancer Kotchup, un magazine de coaching à destination des adolescentes. Le mensuel est arrêté dès le mois de décembre[7].

Arrivée dans le groupe Bolloré (2006)

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En 2006, il rejoint le groupe Bolloré à travers la chaîne Direct 8 puis participe au lancement des quotidiens gratuits Direct Soir et Matin Plus. Trois mois après le lancement de Matin Plus, Serge Nedjar est épinglé par la presse pour avoir censuré un article critique envers la police française[8].

Il est nommé directeur général de Direct Soir en puis directeur général de Matin Plus en . Le journal est rebaptisé Direct Matin Plus en 2008, puis Direct Matin à partir de 2010. En 2014, il devient également président de la régie publicitaire Bolloré Média Régie[9].

Selon plusieurs anciens journalistes de Direct Matin, il impose des sujets et des partenariats au sein du quotidien, notamment pour promouvoir le service de la mairie de Paris Autolib', ce service exploitant les voitures Bolloré BlueCar. Ils l'accusent également d'avoir favorisé au sein de Direct Matin la candidature d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris en raison du contrat liant Bolloré à la mairie de Paris, signé lors d'un mandat du Parti socialiste[6],[3].

Lancement de CNews (2017)

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En , il quitte Direct Matin pour prendre la direction de la chaîne d'information i-Télé, propriété du groupe Canal+ lui-même repris en main par Vincent Bolloré[10]. Il devient aussi progressivement directeur de la rédaction à partir d'. Après une motion de défiance adoptée par les salariés à 92 %, la rédaction d'i-Télé entame en une grève historique de 31 jours, la plus longue d'un média audiovisuel privé en France[11]. Une des revendications portait sur la séparation des postes de directeur général et de directeur de la rédaction afin d'éviter tout conflit d'intérêts. Malgré le soutien aux grévistes de la ministre de la Culture et de la Communication Audrey Azoulay, Nedjar conserve cette double fonction[12]. Près de 100 journalistes sur 120 quittent la chaîne[13]. En , lors de la grève des salariés d'i-Télé, qui réclament que Serge Nedjar cesse de diriger à la fois la chaîne d'information et sa rédaction, ainsi que l'annulation de l'arrivée de Jean-Marc-Morandini, alors récemment mis en examen pour corruption de mineur ; Nedjar décide d'annuler la diffusion des émissions prévues avant et après un débat des candidats de la primaire de la droite et du centre, les grévistes ayant tenté de négocier de passer un communiqué avant la diffusion du débat[2],[14],[15]. En 2017, i-Télé devient CNews et Direct Matin est rebaptisé CNews Matin.

En , il est critiqué par d'anciens salariés de la chaîne CNews pour le traitement minimal qu'il fait appliquer sur la chaîne aux informations allant à l'encontre des intérêts de Vincent Bolloré, faisant passer seulement en brève les informations sur la perquisition du bureau de Vincent Bolloré dans le cadre d'une enquête sur ses activités dans les ports de Guinée et du Togo ; ainsi que sur la mise en examen de Jean-Marc Morandini, présentateur sur CNews, pour corruption de mineur. D'après un ancien salarié de la chaîne, il aurait également insisté pour que la chaîne couvre une conférence de presse de l'éditeur de jeux vidéo Gameloft, rachetée par Vivendi, dont Bolloré est actionnaire[6].

En 2023, suite à la finalisation de l'offre publique d'achat de Vivendi sur le groupe Lagardère, Serge Nedjar devient aussi chargé de mission pour l'information de Lagardère News[16]. Il pilote ainsi le lancement des déclinaisons du Journal du dimanche : Le JDNews en 2024, puis Le JDMag en 2025.

En plus de ses fonctions à CNews et Lagardère News, il est nommé directeur des rédactions de Prisma Media — également contrôlé par le groupe Bolloré — à partir de . Il chapeaute ainsi Télé-Loisirs, Voici, Capital, Femme actuelle ou encore Geo[17].

Critiqué pour la ligne éditoriale conservatrice de CNews, Serge Nedjar répond dans une interview accordée au Journal du dimanche en , dans laquelle il défend la présence d'Éric Zemmour et prétend défendre le pluralisme et la liberté d'opinion sur CNews, contrairement à France 2 et France Inter qu'il accuse de censure[18]. Il est pourtant plusieurs fois épinglé par le Conseil supérieur de l'audiovisuel pour le manque de pluralisme de la chaîne, ce qu'il considère comme une « surveillance appuyée » et « souvent injustifiée »[19],[20].

Selon Le Monde, il contrôle l'ensemble de ce qui est diffusé sur la chaîne de télévision, écoute les discussions hors antenne comme l'a subi Alain Jakubowicz, il a regroupé les salariés d'Europe 1, JDD, CNews pour alimenter en contenu les trois canaux de diffusions en éléments de langage communs, il arrête une enquête sur la société Philip Morris car elle est cliente de l'agence de publicité Havas, refuse un dossier sur Swatch[21].

Le , en opposition avec ce dirigeant, Sonia Mabrouk annonce à l’Agence France-Presse sa démission de CNews. Sa décision fait suite au maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini en dépit de ses condamnations définitives pour corruption de mineur et harcèlement sexuel, ce à quoi la journaliste s'oppose[22],[23].

Notes et références

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  1. 1 2 Bolloré Média Régie, « Procès-verbal de l'associé unique en date du 1er janvier 2016 », sur pappers.fr, (consulté le ).
  2. 1 2 Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, « Serge Nedjar » Accès libre, sur Les Jours (consulté le ).
  3. 1 2 3 Mathieu Molard, « Les drôles de pratiques de Serge Nedjar, le nouveau patron d’I-Télé », StreetPress, (lire en ligne Accès libre).
  4. 1 2 « Serge Nedjar » Accès payant, sur LesBiographies.com (consulté le ).
  5. Alexis Delcambre et Pierre Jaxel-Truer, « Serge Nedjar, l’exécutant de Vincent Bolloré », Le Monde.fr, (lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  6. 1 2 3 Benoît Zagdoun, « Serge Nedjar, l'électrique patron de CNews qui roule pour Vincent Bolloré » Accès libre, sur Franceinfo, (consulté le ).
  7. NRJ Group, « Comptes annuels 2006 », Bulletin des annonces légales obligatoires, (lire en ligne Accès libre).
  8. Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, « Bolloré, roi du coupe-papier », Libération, (lire en ligne Accès libre).
  9. « Pourquoi Bolloré bouleverse sa régie », PresseNews, (lire en ligne Accès payant).
  10. « Nomination de Serge Nedjar », sur canalplusgroupe.com, (version du sur archive.org).
  11. Alexis Delcambre et Alexandre Piquard, « Les salariés d’i-Télé votent la fin d’un conflit historique », Le Monde, (lire en ligne Accès libre).
  12. Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, « i-Télé en a ras la double casquette », Les Jours, (lire en ligne Accès payant).
  13. « i-Télé : la rédaction trop réduite pour assurer le direct pendant les fêtes », Le Monde, (lire en ligne Accès libre).
  14. Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, « À i-Télé, Serge Nedjar n’élève pas le débat » Accès payant, sur Les Jours, (consulté le ).
  15. Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, « Le débat grêvé de la primaire » Accès payant, sur Les Jours, (consulté le ).
  16. Éric Dupuy, « Plusieurs cadres de Vivendi intègrent Lagardère », Livres Hebdo, (lire en ligne Accès libre).
  17. « Média : Serge Nedjar, patron de CNews, nommé directeur des rédactions de Prisma Media », La Croix, (lire en ligne Accès libre).
  18. B.Ch., « Eric Zemmour est victime « d’une énorme injustice », selon le DG de CNews » Accès libre, sur 20minutes.fr, (consulté le ).
  19. Christophe Gazzano, « CNews : Son patron Serge Nedjar déplore une "surveillance appuyée" et "souvent injustifiée" du CSA » Accès libre, sur Puremédias, (consulté le ).
  20. « Pour le patron de CNews, l'extrême droite n'a pas progressé à cause de sa chaîne » Accès libre, sur Le HuffPost, (consulté le ).
  21. Ariane Chemin et Ivanne Trippenbach, « Serge Nedjar, l’homme qui gouverne, et surveille, les médias de Vincent Bolloré », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  22. « Sonia Mabrouk annonce sa démission de CNews, en raison du maintien de Jean-Marc Morandini à l’antenne », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  23. « Au terme de trois semaines de bras de fer, Sonia Mabrouk officialise son départ de CNews », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )