Service de la Sûreté (Paris)
Le service de la Sûreté (ou service de Sûreté, ou brigade de Sûreté, ou police de Sûreté) était un service de police judiciaire de la Préfecture de police de Paris entre 1832 et 1913.
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Historique
modifierLe service de la Sûreté a été créé le par le préfet de police Henri Gisquet pour remplacer la brigade de sûreté dirigée par l'ancien bagnard Vidocq, qui employait d'anciens repris de justice[1].
La mission des agents du service était de rechercher et d’arrêter les auteurs de crimes ou délits[2]. Ils opéraient en civil. Les effectifs sont passés d'une trentaine d'hommes à ses débuts à dix fois plus en 1889[3], à mesure que les attributions du service s'élargissaient. Ainsi, la brigade des mœurs a été intégrée à la Sûreté en 1881[4].
À partir de l'arrêté du , en vigueur dès le , le chef du service fut placé sous les ordres du chef de la police municipale, ce qui poussa plusieurs d'entre eux à abandonner à leur écharpe de commissaire pour accepter le poste d'officier de paix[5]. Cette organisation prit fin le , lorsque la police de Sûreté fut directement rattachée au cabinet du préfet de police[6]. À partir de 1902, son chef serait même obligatoirement un commissaire de police[7].
Les bureaux du service se trouvaient d'abord au palais de la préfecture de police, rue de Jérusalem, puis au no 7 du quai de l'Horloge et enfin au 36, quai des Orfèvres.
- Agents du Service de la Sûreté (1876).
- Aveux d'Anastay dans le cabinet du chef de la Sûreté (1892).
- Confrontation de deux suspects du meurtre d'Eugénie Fougère dans le bureau du chef de la Sûreté, Octave Hamard (1903).
Par un arrêté du , applicable au [8] et entraînant une profonde réorganisation des services, le préfet de police Hennion créa une direction de la police judiciaire, incluant un service central de Sûreté désormais doté de deux commissaires de police[9]. Le dernier chef de ce service, Xavier Guichard, fut nommé commissaire divisionnaire à la tête de l'une des huit divisions de la capitale[10].
Chefs
modifier- Pierre Allard (d) : 1832-1848
- Félix Peyraud (d)[11] (par intérim) : 1848-1849
- Pierre-Louis Canler : 1849-1851
- Joachim Balestrino (d) : 1851-1853
- Joseph Collet (d) : 1853-1858
- Louis Tenaille (d) : 1858-1859
- Antoine Claude : 1859-1875 (poste usurpé par Philippe-Auguste Cattelain sous la Commune)[12]
- Étienne Jacob : 1875-1879
- Gustave Macé : 1879-1884
- Louis Kuehn : 1884-1885
- Ernest Taylor : 1885-1887
- Marie-François Goron : 1887-1894
- Armand Cochefert : 1894-1902
- Octave Hamard : 1902-1912
- Xavier Guichard : 1912-1913
- Portraits
- Claude [1859-1875]
- Jacob [1875-1879]
- Macé [1879-1884]
- Kuehn [1884-1885]
- Taylor [1885-1887]
- Goron [1887-1894]
- Cochefert [1894-1902]
- Hamard [1902-1912]
- Guichard [1912-1913]
Notes et références
modifier- ↑ Valbel, p. 10
- ↑ Valbel, p. 4.
- ↑ Valbel, p. 11.
- ↑ Massard, p. 19-20.
- ↑ Macé, p. 142-143.
- ↑ Valbel, p. 6.
- ↑ Massard, p. 22.
- ↑ Texte de l'arrêté du 3 août 1913 consultable en ligne sur Gallica.
- ↑ Tout-Paris, « Bloc-notes parisien. La Réorganisation de la police parisienne : le Service de la Sûreté de Vidocq à M. X. Guichard », Le Gaulois, 7 août 1913, p. 1 (consultable en ligne sur Gallica).
- ↑ Le Petit Parisien, 6 août 1913, p. 3.
- ↑ Au début du mois de janvier 1849, plusieurs journaux ayant annoncé le remplacement d'Allard par « Félix Leyraud, commis principal à la police de sûreté » (Journal des débats, 2 janvier 1849, p. 2), La Gazette des tribunaux a précisé que cet employé, « dont les journaux ont dénaturé le nom, a été appelé à remplir l'intérim auquel le rendent parfaitement apte ses travaux antérieurs, sa parfaite connaissance des affaires et du personnel » (Journal des débats, 5 janvier 1849, p. 2). Gustave Macé l'a nommé par erreur « Perrot » (Macé, p. 142).
- ↑ Alfred Rey, Histoire du corps des gardiens de la paix, Paris, 1896, p. 362.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Gustave Macé, Le Service de la Sûreté par son ancien chef, Paris, 1884, 394 p. (consultable en ligne sur Gallica).
- Émile Massard, Rapport [...] sur la Direction de la Police judiciaire de la Préfecture de police, 2e fascicule, Paris, 1922, 111 p. (consultable en ligne sur Gallica).
- Georges Moreau (dir.), Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, t. XVII, 2e supplément, Paris, s.d. [1888], p. 1723 (consultable en ligne sur Gallica).
- Horace Valbel, La Police de Sûreté en 1889, Paris, E. Dentu, 1889, 296 p. (consultable en ligne sur Gallica).