Seversky P-35

avion militaire

Le Seversky P-35 est un chasseur américain. Cet appareil n'a pas eu les succès commercial et militaire qu'il méritait, mais fut à l'origine du P-47. Il fut le premier avion tout métallique monoplace à train rentrant à entrer en service au sein de l'USAAC.

Seversky P-35
Vue de l'avion.
Un Seversky P-35 au sol.

Constructeur Seversky
Rôle Avion de chasse
Statut Retiré du service
Premier vol
Nombre construits 177 exemplaires
Équipage
1 pilote
Motorisation
Moteur Pratt & Whitney R-1830-45
Nombre 1
Type Moteur en étoile de 14 cylindres, refroidi par air
Puissance unitaire 1 050 ch
Dimensions
Envergure 10,97 m
Longueur 8,18 m
Hauteur 2,97 m
Surface alaire 20,44 m2
Masses
À vide 2 075 kg
Avec armement 2 855 kg
Maximale 3 050 kg
Performances
Vitesse maximale 499 km/h
Plafond 9 571 m
Rayon d'action 1 529 km
Armement
Interne 2 mitrailleuses Browning M2 de 12,7 mm et 2 Browning 1919 de 7,62 mm
Externe 158 kg de bombes

Les origines

modifier

Au milieu des années 1930, l'apparition du Messerschmitt 109 oblige tous les autres pays à revoir leurs besoins en avions de chasse, en introduisant nombre d'innovations, dont les plus importantes sont le train d'atterrissage escamotable et la construction entièrement métallique. Les États-Unis ne disposent que du P-26 et l’Air Corps lance donc un concours devant remplacer le P-26[1].

Trois compagnies répondent à l’appel d’offres, Curtiss avec son Model 75 (futur P-36), Northrop avec le Model 3A et Seversky avec le SEV-2XD (Désignation constructeur pour SEVersky 2 places Démonstrateur eXpérimental). Ce dernier était propulsé par un moteur en étoile refroidi par air Wright R-1820 et disposait d’un train fixe. Les deux membres d’équipages étaient assis en tandem, et le membre arrière pouvait actionner une mitrailleuse pour la défense. Le projet fut soumis à l’USAAC en . Le prototype fut accidenté lors de son transport par la route vers le terrain d’évaluation. Serversky réussit à obtenir un délai pour la réparation, et récupère l’appareil accidenté, non pas pour le réparer, mais pour le transformer, ayant eu un aperçu de ses concurrents, les Curtiss Model 75 et Northrop 3A, et modifia le SEV-2P, nouvelle appellation du SEV-2XD, en avion monoplace et à train rentrant comme les projets concurrents, la société Curtiss accusant même l’Air Corps de favoriser Seversky en accordant un délai supplémentaire.

Néanmoins l’avion de Northrop étant lui aussi victime d’un crash, le projet fut repoussé au mois d’. Ce délai fut également mis à profit par Seversky pour modifier de nouveau son projet notamment par l’installation d’un nouveau moteur, le Pratt & Whitney R-1830-9 Twin Wasp et d’un nouvel empennage horizontal. Le SEV-2P devient le SEV-7. Malgré toutes ces modifications le SEV-7 ne parvint pas atteindre la vitesse de 480 km/h requise par le contrat, sa vitesse maximum étant de 445 km/h, et bien que le model 75 de Curtiss a la faveur de l’état-major, l’USSAC passa commande le de 77 exemplaires du SEV-7 sous la désignation P-35[2] car le Model 75 ne peut pas être produit immédiatement, alors que le P-35 peut être construit plus rapidement[3].

Le premier P-35 vola en 1937. Dans le même temps, la Suède chercha également un nouveau chasseur et commanda 120 exemplaires du P-35 mais n'en reçut que 60, les autres furent conservés par les Américains et envoyés aux Philippines. En , Jacqueline Cochran bat le record de circuit fermé sur 1 000 km avec un avion de course AP-7, qui est une version démilitarisée du P-35[4].

Alexander Kartveli fut chargé de la conception du P-35 et plus tard du P-47, qui reprend un certain nombre d'idées de sa conception. Construit en petit nombre et peu engagé au combat, le P-35 est surtout connu rétrospectivement comme précurseur du P-47, un des appareils les plus importants de la guerre[5].

Un des avatars les plus surprenants du P-35 est le Reggiane Re.2000 conçu par Roberto Longhi, en s'inspirant fortement du P-35 pour construire le Re.2000, appareil qui eut une carrière plus longue que son aîné.

Engagements

modifier
Soldats japonais posant autour d'un P-35 capturé.

Les P-35A basés à Del Carmen Airfield (en), aux Philippines, subirent l'attaque japonaise du . Cinq purent s'envoler et l'un d'entre eux abattit un D3A ; le même jour, le pilote d'un P35A parvint à couler un dragueur de mines japonais de la classe N° 7 en le mitraillant (l'explosion provoqua au passage l’amerrissage forcé de l'avion)[6].

Au bout de deux jours de combat, seulement huit P-35 étaient encore en état de voler aux Philippines. En 1942, les deux appareils survivants participèrent à l'évacuation du personnel de plusieurs bases américaines jusqu'à ce qu'un de ces appareils soit détruit par un accident à l’atterrissage. Le , le dernier P-35 en état de voler effectua une sortie avec un P-40 contre les troupes japonaises en train de débarquer dans la baie de Macajalar ; il s'agit de la dernière action d'un P-35 du côté américain.

L'Armée de l'air suédoise perdit sept P-35 lors de combats avec des avions allemands le long de la frontière norvégienne.[réf. nécessaire]

22 exemplaires biplaces furent achetés par les japonais avant la guerre et furent utilisés contre la Chine, mais ils furent vite retirés des premières lignes, étant jugés très médiocres. Il reçurent la désignation A8V1, avec pour code de désignation Allier "Dick".

Versions

modifier
  • P-35
  • P-35A
  • AP-7 : avion de course
  • EP-106 : version livrée à la Suède

Notes et références

modifier
  1. War Machines Drawn, « War Machines Drawn: Boeing P-26 », sur War Machines Drawn, (consulté le )
  2. (en) Joe Baugher, « Seversky P-35 », sur joebaugher.com, (consulté le ).
  3. Fanatique de l’aviation no 44 à 49.
  4. « Seversky AP-7 | This Day in Aviation », sur www.thisdayinaviation.com (consulté le )
  5. (en) William N. Hess, P-47 Thunderbolt at War, Doubleday, (ISBN 978-0-385-12886-5, lire en ligne)
  6. « Japanese Minesweepers », sur www.combinedfleet.com (consulté le )

Bibliographie

modifier
  • Enzo Angelucci et Paolo Matricardi, Les avions, t. 4 : La Seconde Guerre mondiale - U.S.A., Japon, U.R.S.S., etc..., Elsevier Sequoia, coll. « Multiguide aviation », (ISBN 2-8003-0277-1), p. 15.
  • Paolo Matricardi, Encyclopédie mondiale des avions militaires : de 1914 à aujourd'hui, Paris, Herme, , 568 p. (ISBN 978-2-86665-379-8)
  • Fana de l'Aviation" no 44 à 49 (mai à )

Articles connexes

modifier

Lien externe

modifier