Sexualité féminine

comportement sexuel humain

Dans la sexualité humaine, l'étude de la sexualité féminine concerne plus spécifiquement la sexualité des femmes selon l'approche interdisciplinaire dont elle peut faire l'objet. Les domaines d'investigation sont multiples : la physiologie, la psychologie, la psychanalyse (différence des sexes), la sociologie (genre), la culture, la politique ou encore la religion. Ces approches, selon l'utilisation dominante des catégories de sexe et de genre, distinguent ce champ de la sexualité masculine.

Amedeo Modigliani, Nu au collier de corail, peinture à l'huile sur toile, 1917.

Point de vue sexologique

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La révolution sexuelle dès les années 1960 a permis une relative modification des pratiques sexuelles ainsi que des normes concernant la sexualité féminine : cette dernière n'est plus uniquement centrée sur la reproduction, l'amour et la conjugalité[1].

Appareil reproducteur interne de la femme.

Plaisir

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Vulve humaine.

Le clitoris est un organe sexuel érogène. Il n'a aucune autre fonction connue. Lorsqu'il est stimulé, il déclenche l'ouverture et la lubrification du vagin. Le clitoris est donc au centre de la sexualité féminine, comme le pénis peut l'être pour l’homme. En 1960, les études de William Masters et Virginia Johnson ont mis en valeur le rôle du clitoris dans l’orgasme féminin. Ainsi, près des deux tiers des femmes déclarent que c’est la stimulation du clitoris qui leur procure le plus de plaisir. Des enquêtes récentes montrent qu’environ 80 % des femmes ont un orgasme par auto-stimulation clitoridienne et près de 45 % par la stimulation du clitoris par leur partenaire. Il est bon de préciser que le clitoris ne se limite pas à une zone, le « capuchon », « petit bouton » déclencheur du plaisir féminin. En fait, il s'agit plus d'une zone diffuse, qui du clitoris en passant par les petites lèvres s'étend jusqu'à l'entrée du vagin.

Illustration du Kamasutra.


Selon les résultats de la dernière grande enquête sur la sexualité des Français[2], la sodomie a deja été expérimentée par une majorité de femme (53%) mais reste une pratique sexuelle régulière minoritaire. On compte 12 % de pratiquantes « régulières » chez les femmes âgées de 25 à 49 ans. Cette pratique n'est pas pour autant ignorée des plus de 60 ans (puisque 26 % des femmes de la soixantaine l'ont déjà expérimentée), mais ne demeure là aussi une pratique régulière que pour 3,4 % des femmes. Même constatation dans les autres tranches d'âge, avec 28 % des femmes de 20-24 ans et 43 % de celles de 25-49 ans qui ont expérimenté la sodomie (alors qu’il n’y a que 12 % de pratiquantes régulières). Remarquons aussi l’influence des diplômes puisque l’on observe légèrement moins de pratiquantes anales régulières chez les femmes ayant un CAP, brevet ou BEP (9,7 %) que parmi celles ayant un diplôme supérieur (15 %). On remarque enfin que la pénétration anale n'est finalement la pratique préférée que de 1 % des femmes et que 2 à 6 % des femmes ne l'acceptent que pour faire plaisir à leur partenaire.

Les autres zones du plaisir féminin varient selon les personnes, parmi ces zones on retrouve : les oreilles, la bouche, le cou, les seins, le ventre, les fesses, l’intérieur des cuisses… Ces parties du corps qui ne sont pas dédiées physiologiquement au plaisir peuvent être stimulées par des caresses, des baisers ou la langue. Le plaisir procuré est essentiellement d’ordre psychologique et permet le développement de l’excitation féminine.

Certaines femmes seraient atteintes d'une maladie rare connue sous le nom de « syndrome d'excitation génitale persistante » (SEGP) ou PSAS pour « Persistent Sexual Arousal Syndrome ». Ce syndrome fait que ces femmes éprouvent régulièrement des excitations d'origine génitale de façon inopinée et nécessitant parfois plusieurs orgasmes pour s'amender[3]. Une des causes évoquées est la prise ou l'arrêt de certains anti-dépresseurs ou un dérèglement du système nerveux. Les inhibiteurs de la recapture de sérotonine sont parfois évoqués comme de possibles facteurs d'hypersensibilité du clitoris et du vagin. Par exemple la trazodone, un antidépresseur connu pour provoquer certains effets indésirables de priapisme chez les hommes. Dans de rares cas, une malformation artério-veineuse peut également être à l'origine d'un afflux sanguin anormal et discontinu vers les parties génitales[4],[5].

Féminité en psychanalyse

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Emma Eckstein, une patiente de Freud devenue psychanalyste.

Dans la préface à l'ouvrage qu'elle dirige sur Les femmes dans l'histoire de la psychanalyse (1999), Sophie de Mijolla-Mellor s'interroge à titre d'exemples sur quelques femmes et patientes qui ont particulièrement compté dans l'histoire de la psychanalyse comme Emma Eckstein, Dora ou Elfriede Hirschfeld ; celles-ci, dit-elle, ont permis à Freud d’inventer la psychanalyse, mais n’ont-elles pas aussi imprimé, ne serait-ce que partiellement, « une marque féminine à l’écoute, à la technique et à la théorie qui en est issue? »[6].

Freud n'a abordé que très tard, dans ses élaborations théoriques, la sexualité féminine. En 1923 il pose sa théorie du primat du phallus « Pour les deux sexes, un seul organe génital, le masculin, joue un rôle. Il n’existe donc pas un primat génital, mais un primat du phallus » tout en reconnaissant sa méconnaissance du sujet « Malheureusement nous ne pouvons décrire cet état de fait que pour l’enfant masculin, l’intelligence des processus correspondants chez la petite fille nous manque »[7].

Continent noir de la féminité

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Selon Monique Schneider, Freud anticipe sur une formulation féministe en refusant de donner une définition de la féminité : « il appartient à la nature même de la psychanalyse de ne pas vouloir décrire ce qu'est la femme […] mais d'examiner comment elle le devient » (Freud, « La féminité », 1933)[8]. Ce devenir femme est envisagé à partir d'une bisexualité originaire[8]. Dans les textes sur la féminité des années 1930, estime Julia Kristeva, une conceptualisation rigoureuse côtoie « les marques d'une perplexité jamais abandonnée »[9]. En 1926, dans La question de l'analyse profane, Freud a écrit en effet : « Nous connaissons moins bien la vie sexuelle de la petite fille que celle du petit garçon. N'en ayons pas trop honte, la vie sexuelle de la femme adulte est encore un continent noir pour la psychologie »[9].

La sexualité féminine dans l'enseignement de Jacques Lacan

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Dans son enseignement, le psychanalyste Jacques Lacan reprend la question de la sexualité féminine élaborée par Sigmund Freud, en proposant de nouvelles formulations concernant la différence des sexes, le désir, l'amour et la jouissance. Ces élaborations s'articulent notamment à la notion de sexuation, développée dans son séminaire Encore (1972-1973)[10].

La sexuation et la logique du « pas-tout »

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Dans le séminaire Encore, Lacan distingue deux positions logiques, dites masculine et féminine, selon le rapport du sujet à la fonction phallique. Ces positions ne se confondent pas nécessairement avec le sexe anatomique. Comme l'explique Christine Maugin dans L'Hebdo-Blog, la position masculine est entièrement inscrite dans la fonction phallique, tandis que la position féminine relève d'une logique du « pas-tout », qui ne permet pas de constituer un universel du côté féminin[10].

Cette distinction conduit Lacan à remettre en question l'existence d'une définition universelle de la féminité. Sa formule « La femme n'existe pas » ne signifie pas que les femmes n'existeraient pas, mais qu'il n'existe pas, dans cette théorie, de signifiant susceptible de définir universellement ce qu'est une femme[11].

Dans son article « Clinique du malentendu et du quiproquo », publié dans La Cause du désir en 2019, Pierre Naveau explique que la logique lacanienne implique que les femmes ne puissent être abordées comme une totalité, mais seulement « une par une ». Il rapporte cette exigence logique à la singularité de la jouissance et à l'absence de rapport sexuel. Selon cette lecture, la féminité ne peut donc être définie à partir d'une essence commune à toutes les femmes, mais doit être considérée dans la singularité de chacune[12].

La jouissance féminine

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Dans son dernier enseignement, Jacques Lacan distingue la jouissance phallique d'une autre modalité de jouissance, qu'il qualifie de « supplémentaire ». Cette distinction s'articule à la logique du « pas-tout » : du côté féminin des formules de la sexuation, la jouissance ne se trouve pas entièrement circonscrite par la fonction phallique. Comme l'explique la psychanalyste Christine Maugin dans un article publié dans L'Hebdo-Blog en 2014, cette jouissance supplémentaire se distingue de la jouissance phallique, sans pour autant exclure l'inscription du sujet féminin dans la fonction phallique[10].

Christine Maugin souligne que le terme « supplémentaire » doit être distingué de « complémentaire ». La jouissance féminine ne constitue pas une jouissance qui viendrait compléter la jouissance phallique pour former une totalité. Elle désigne, au contraire, une jouissance qui s'y ajoute tout en excédant sa logique. L'auteure précise également qu'une part de cette jouissance échappe à l'articulation signifiante et ne peut être entièrement énoncée dans le langage[10].

Pierre Naveau aborde cette jouissance à partir de la singularité de l'expérience subjective. Il explique que lorsqu'une femme éprouve une jouissance autre que phallique, elle est seule à l'éprouver. Cette dimension de solitude se rapporte, dans son analyse, à l'impossibilité de constituer un ensemble universel des femmes et à la logique du « une par une »[12].

Dans cette perspective théorique, la jouissance féminine ne désigne donc pas une propriété physiologique commune à toutes les femmes, mais une modalité de jouissance qui ne se laisse pas entièrement saisir par la fonction phallique[13].

Sexualité féminine, désir et amour

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La réflexion lacanienne sur la sexualité féminine accorde également une place importante aux rapports entre désir, jouissance et amour. Ces dimensions ne se recouvrent pas nécessairement et ne répondent pas à une complémentarité prédéterminée entre les sexes[14].

La proposition lacanienne selon laquelle « il n'y a pas de rapport sexuel » désigne l'impossibilité d'inscrire dans le langage une formule universelle établissant une complémentarité entre les positions sexuées. Elle ne signifie pas l'impossibilité des rencontres sexuelles ou amoureuses[12].

Dans son article « Clinique du malentendu et du quiproquo », Pierre Naveau étudie les malentendus qui caractérisent la rencontre entre les partenaires, notamment à partir de leurs rapports singuliers au langage et à la jouissance. Selon lui, l'amour peut faire lien là où le rapport sexuel ne peut s'écrire. Il présente ainsi l'amour comme une suppléance à l'absence de rapport sexuel, permettant la rencontre entre des sujets dont les modes de jouissance ne coïncident pas nécessairement[12].

Ces développements s'inscrivent dans le cadre théorique de la psychanalyse lacanienne, qui aborde la sexualité féminine à partir des notions de sexuation, de fonction phallique et de jouissance. Dans un article publié dans La Cause du désir en 2016, le psychanalyste Jesus Santiago souligne que la sexuation, dans le dernier enseignement de Lacan, ne se réduit pas à la distinction anatomique entre hommes et femmes, mais concerne les différentes modalités de jouissance et le rapport du sujet à la fonction phallique[15].

Autres approches

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Points de vue contemporains

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Jacques André, dans son « Que sais-je ? », fait remarquer que la théorie de Freud au sujet de la sexualité féminine est étrangement similaire aux théories sexuelles infantiles inventée par les enfants pour rendre compte de la différence des sexes (voir sexualité infantile). En effet, le texte freudien suit à la lettre ces inventions infantiles, ce qui fait dire à Jacques André[16]:

« la théorie freudienne est moins une théorie de la sexualité féminine qu'elle n'est elle-même une théorie sexuelle. »

Sexualité féminine dans l'histoire de la psychanalyse

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La question de la sexualité féminine a divisé la psychanalyse à partir de 1920 à mesure que les femmes jouaient un rôle dans le mouvement psychanalytique[17]. En 1905, Freud, dans Trois Essais sur la théorie sexuelle propose « la thèse d'un monisme sexuel et d'une essence "mâle" de la libido humaine » c'est le « phallicisme » de Freud, l'idée selon laquelle la fille veut originellement être un garçon[17]. Mais ce monisme n'empêche pas que pour Freud, l'individu est, au sens inconscient, bisexuel, et que le sujet ne saurait être spécifiquement masculin ou féminin[18] puisque « dans l'inconscient […] la différence des sexes n'existe pas »[17].

Si la thèse moniste est soutenue par des femmes psychanalystes, elle fut remise en cause, par d'autres, à partir de 1920, notamment par Melanie Klein soutenue par Ernest Jones mettant en avant une thèse dualiste et un rapport spécifique des filles à leur mère[19]. Freud finit par tenir compte de ces remarques à partir de 1930[20]. Dès lors, si l'on peut dire que « peu soucieux de féminisme, Freud se montra parfois misogyne et souvent conservateur. »[21] il faut également admettre que pour Freud « il s'agissait […] de montrer que le domaine du féminin devait être pensé en tant que partie intégrante de l'universel humain et donc sous la catégorie d'un universalisme, seul capable de donner un fondement vrai à l'égalitarisme »[22].

Féminismes et psychanalyse

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La plus grande partie des mouvements féministes rejette les théories de Freud sur la sexualité féminine en arguant qu'il ne conçoit les femmes que comme « des êtres inférieurs qui ne peuvent parvenir à la véritable féminité qu’en tant qu’épouses et que mères » selon le résumé qu'en fait Juliet Mitchell, et qui de plus justifie le « statu quo patriarcal »[23].

Néanmoins, les rapports entre féminismes et psychanalyse ne se limitent toutefois pas à une opposition. Certaines théoriciennes féministes ont également trouvé dans la psychanalyse des instruments pour analyser les mécanismes de domination et la construction de la différence sexuelle. C'est notamment le cas de Juliet Mitchell, qui, dans Psychoanalysis and Feminism (1974), propose de distinguer la description psychanalytique des structures patriarcales de leur justification. Selon cette lecture, la théorie freudienne peut contribuer à comprendre la reproduction psychique de la domination masculine sans nécessairement la légitimer[24].

Féminisme matérialiste

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Le féminisme matérialiste considère tout savoir comme situé, c'est-à-dire inséré dans une société aux enjeux politiques entre autres patriarcaux. La partialité des conclusions des savoirs, et surtout dans les sciences humaines, fait l'objet d'une critique matérialiste depuis plus de 30 ans. Sur le thème particulier de la psychanalyse, il faut se référer aux écrits de Monique Plaza dans ses articles[25].

D'autres auteurs contestent cependant l'idée selon laquelle la psychanalyse reposerait nécessairement sur une conception strictement binaire de la sexualité. Dans un article publié en 2021 dans L'Hebdo-Blog, le psychanalyste Gilles Chatenay rappelle que Freud distinguait plusieurs dimensions de la sexualité, notamment l'anatomie, le choix d'objet et les modalités de satisfaction. Il soutient également que les formules lacaniennes de la sexuation ne correspondent pas à une séparation rigide entre deux ensembles, dans la mesure où la position féminine relève de la logique du « pas-tout » et ne se trouve pas exclue de la fonction phallique[26].

Féminisme différentialiste

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Pour les tentatives psychanalytiques de réconciliation de la misogynie psychanalytique et du féminisme différentialiste, l'on peut citer : Sabine Prokhoris[27], Michel Tort[28],[29]. Il y a aussi Janine Chasseguet-Smirgel, Luce Irigaray, Julia Kristeva et Joyce McDougall. Freud est critiqué, comme par la psychanalyste Michèle Montrelay, pour qui sa théorie est le « machisme » d'un « phallocrate borné »[30]. D'après, par exemple, Luce Irigaray, le discours psychanalytique est phallocentré[31]. Cependant, selon Plon et Roudinesco « il est vain de traiter Freud de phallocrate »[32].

Singularité féminine et lectures émancipatrices de la psychanalyse

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Certains auteurs de l'orientation lacanienne mettent en avant des aspects de la psychanalyse qu'ils considèrent comme compatibles avec certaines préoccupations féministes, notamment la critique des identités sexuelles prescrites et le refus d'une définition universelle de la féminité[33].

Dans son article « Les femmes feront toujours événement », publié dans La Cause du désir en 2018, la psychanalyste Omaïra Meseguer examine les différentes vagues féministes et les transformations des revendications des femmes. Elle souligne que la psychanalyse lacanienne invite à se méfier des généralisations concernant les femmes. Selon elle, l'expérience analytique conduit à interroger les identifications et les idéaux sociaux qui prétendent définir ce qu'est une femme. Elle met ainsi l'accent sur la singularité des positions féminines, irréductibles à un modèle universel[33].

Dans « Du rêve de la femme à l'invention d'une femme », publié dans La Cause du désir en 2019, Anne Lysy souligne également que la théorie lacanienne ne permet pas de définir une essence universelle de la féminité. Elle revient notamment sur la notion de « masochisme féminin », dont Lacan conteste la portée explicative en y reconnaissant un fantasme masculin plutôt qu'une caractéristique constitutive des femmes. L'auteure met en évidence la possibilité, dans l'expérience analytique, d'un travail de désidentification à l'égard des représentations idéalisées de La femme, ouvrant sur des inventions subjectives singulières[34].

Cette attention à la singularité est également développée par Jesus Santiago dans son article « Le parlêtre au-delà du binaire homme-femme », publié dans La Cause du désir en 2016. L'auteur soutient que les positions de la sexuation ne correspondent pas à des identités sexuelles fixes et que la jouissance dite féminine ne constitue pas un attribut exclusivement réservé aux femmes. Selon lui, les modalités de jouissance ne peuvent être entièrement déduites du sexe anatomique ni ramenées à une opposition rigide entre masculin et féminin[15].

Ces interprétations de l'enseignement de Lacan proposent ainsi de penser la féminité indépendamment d'une essence ou d'un idéal qui serait commun à toutes les femmes. Elles présentent la prise en compte de la singularité de chaque sujet comme une dimension susceptible de rejoindre certaines interrogations féministes sur les normes et les identifications sexuelles[34].

Notes et références

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  1. ↑ « Sexe : sous la révolution, les normes », Mouvements, no 20,‎ , p. 9-14 (DOI 10.3917/mouv.020.0009, lire en ligne).
  2. ↑ Enquête sur la sexualité en France, Nathalie Bajos et Michel Bozon, coord. Nathalie Beltzer, La Découverte 2008.
  3. ↑ Damien Mascret, « Le syndrome d'excitation génitale persistante », Le Généraliste, n° 2413, 1er juin 2007.
  4. ↑ Groupe de soutien au PSAS
  5. ↑ « Excitées à en perdre la tête », Doctissimo.
  6. ↑ Sophie de Mijolla-Mellor (dir.), Les Femmes dans l'histoire de la psychanalyse, L'Esprit du temps, 1999, coll. « Perspectives Psychanalytiques », Sommaire et présentation sur cairn.info : [lire en ligne], p. 7-8.
  7. ↑ Jacques André, « Prolongements et critiques de la théorie freudienne », Que sais-je?, vol. 4e éd., no 2876,‎ , p. 41–57 (ISSN 0768-0066, lire en ligne, consulté le ).
  8. 1 2 Monique Schneider, « féminité », dans Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse, , p. 628-631.
  9. 1 2 Julia Kristeva, « continent noir », dans Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse, , p. 381-382.
  10. 1 2 3 4 Christine Maugin, « La jouissance supplémentaire », sur L'Hebdo-Blog, (consulté le )
  11. ↑ « Scilicet "La femme n'existe pas" », sur Ecole de la Cause freudienne (consulté le )
  12. 1 2 3 4 Pierre Naveau, « Clinique du malentendu et du quiproquo », La Cause du désir, no 101,‎ , p. 25-32 (DOI 10.3917/lcdd.101.0025, lire en ligne)
  13. ↑ Jesus Santiago, « Le parlêtre au-delà du binaire homme-femme », La Cause du Désir, L'École de la Cause freudienne, vol. 94, no 3,‎ , p. 140–143 (ISSN 2258-8051, DOI 10.3917/lcdd.094.0140, lire en ligne, consulté le )
  14. ↑ Patricia Bosquin-Caroz, « Le rien et le massif, une rencontre contingente », La Cause du Désir, L'École de la Cause freudienne, vol. 80, no 1,‎ , p. 52–56 (ISSN 2258-8051, DOI 10.3917/lcdd.080.0052, lire en ligne, consulté le )
  15. 1 2 Jesus Santiago, « Le parlêtre au-delà du binaire homme-femme », La Cause du désir, no 94,‎ , p. 140-143 (DOI 10.3917/lcdd.094.0140, lire en ligne)
  16. ↑ André 2022, p. 43.
  17. 1 2 3 « Dans l'histoire du freudisme, la question de la sexualité féminine a divisé le mouvement psychanalytique depuis 1920, à mesure que les femmes y ont pris une place centrale », M. Plon et E. Roudinesco, « Sexualité féminine », in Dictionnaire de la psychanalyse, Fayard, Paris, 2000, p. 994.
  18. ↑ « L'existence d'une libido unique n'exclut pas celle de la bisexualité. En effet, dans la perspective freudienne, aucun sujet n'est détenteur d'une pure spécificité mâle ou femelle. », Ibid., p. 994
  19. ↑ Ibid. p. 994-995.
  20. ↑ « Freud eut cependant l'honnêteté de corriger sa doctrine dans le sens des positions kleiniennes. En témoignent, si nécessaire, deux articles de 1931 et 1933 : l'un sur la sexualité féminine et l'autre sur la féminité. », Ibid., p. 995.
  21. ↑ Ibid., p. 995
  22. ↑ Puisque la différence des sexes est « absente dans l'inconscient » (p. 996) et « ne débouche pas sur une conception naturaliste » (p. 996). En ce sens Freud « fut un penseur de l'émancipation et de la liberté […] Et l'auteur d'une théorie de la sexualité qui, tout en débarrassant l'homme du poids de ses racines héréditaires, ne prétendait pas le libérer des chaînes de son désir », Ibid., p. 996.
  23. ↑ Laurie Laufer, « Corps et politique : les psychanalystes féministes et la question de la différence », sur hal.archives-ouvertes.fr, Genre et psychanalyse, .
  24. ↑ (en) Juliet Mitchell, Psychoanalysis and Feminism, Allen Lane,
  25. ↑ 1) « La même mère », dans Questions féministes no 7, où Monique Plaza explicite les liens entre la théorie et les enjeux politiques de subordination des femmes en critiquant l'une des figures de la misogynie psychanalytique, à savoir « la mère ».
    2) « Pouvoir phallomorphique et psychologie de La femme » dans Questions féministes no 1, où l'auteure critique plus précisément les subtilités lacaniennes de la misogynie freudienne.
    3) « Nos dommages et leurs intérêts » où Plaza critique la version libertaire de la « libération sexuelle » en reprenant des affirmations de Foucault entre autres. L'essai de Monique Plaza Subtilités lacaniennes et autres subtilisations est une critique précise des procédés psychanalytique de justification de l'ordre politique patriarcal.
  26. ↑ Gilles Chatenay, « Binaire, la psychanalyse, vraiment ? », sur L'Hebdo-Blog,
  27. ↑ Dans Le Sexe prescrit.
  28. ↑ « Michel Tort (auteur de Fin du dogme paternel) », sur Babelio (consulté le )
  29. ↑ dans La Fin du dogme paternel, où l'auteur critique la religion du père en quoi consiste la théorie psychanalytique sur la question.
  30. ↑ Citée dans Journal d'un psychanalyste par Claude Lorin. Éditions l'Harmattan, 2000. p. 305.
  31. ↑ Costantini Michel, Weyl Daniel. Notes bibliographiques « Littérature, imaginaire, inconscient ». In : Littérature, n° 30, 1978. Motifs, transferts, réécriture. pp. 124-128. Recension de « Misère de la psychanalyse.» Luce Irigaray, Critique n° 365, octobre 1977, p. 879-903.
  32. ↑ M. Plon, E. Roudinesco, « Sexualité féminine » in Dictionnaire de la psychanalyse, op. cit., p. 996.
  33. 1 2 Omaïra Meseguer, « Les femmes feront toujours événement », La Cause du désir, no 100,‎ , p. 236-240 (DOI 10.3917/lcdd.100.0236, lire en ligne)
  34. 1 2 Anne Lysy, « Du rêve de la femme à l'invention d'une femme. Quelques ponctuations », La Cause du désir, no 103,‎ , p. 36-41 (DOI 10.3917/lcdd.103.0036, lire en ligne)

Annexes

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Bibliographie

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Ouvrages généraux

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  • Delphine Gardey (dir.) et Marilène Vuille (dir.), Les Sciences du désir. La sexualité féminine, de la psychanalyse aux neurosciences, Le Bord de l’eau, (ISBN 9782356875648, présentation en ligne)

Psychanalyse

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Sociologie, féminismes, politique

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Articles connexes

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Liens externes

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