Shen Jiong (chinois : 顾况 ; chinois traditionnel : 顧況 ; pinyin : Shen Jiong ; Wade : Shen Jiong) (504—562), également connu sous le prénom de courtoisie Liming (禮明) est un fonctionnaire, un écrivain et un poète chinois des dynasties Liang du Sud, Wei de l'Ouest et Chen du Sud. Originaire du xian de Wukang de la commanderie de Wuxing (aujourd’hui Deqing, ville de Huzhou, Zhejiang). Il sert, entre autres, comme magistrat du xian de Wu.

Shen Jiong
Naissance
Décès
(à 58 ans)
Wuzhong
Nom dans la langue maternelle
沈炯 (Shen Jiong)
Nom de naissance
沈炯 (Shen Jiong)
Autres noms
prénom de courtoisie : Liming (禮明)
Nationalité
Activités
Autres activités
Père
Shen Xu
Distinction

* dignitaire de rang équivalent aux Trois Excellents Trois Excellents (儀同三司);
* marquis de Yuanxiang

nommé et

Biographie

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Dynastie Liang du Sud (501-557)

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Shen Jiong naît en 504 dans une famille de fonctionnaires : son grand-père est gouverneur de la commanderie de Xunyang sous les Liang et son père Shen Xu est secrétaire militaire du palais princier[1],[2]. Dès sa jeunesse, il se distingue par son talent et son intelligence et acquiert une réputation littéraire. Il est très estimé par ses contemporains. Il est d’abord nommé serviteur du royaume puis promu vice-ministre des Affaires civiles de gauche du Département des Affaires d’État et envoyé par la suite comme magistrat du comté de Wu[3],[4].

Lors de la rébellion de Hou Jing[note 1], le xian de Wu tombe entre les mains du général rebelle Song Zixian[note 2] et Shen Jiong est contraint de le servir en tant que secrétaire des documents administratifs militaires[4],[2]. Puis, en 551, lorsque Song Zixian est vaincu par le général Wang Sengbian resté fidèle aux Liang, Shen Jiong passe au service de ce dernie[note 3] et tous les édits militaires et proclamations de guerre sont rédigés de sa main[3],[5]. La même année, lorsque l’empereur Jianwen des Liang est tué, les fonctionnaires locaux adressent une pétition à la cour de Jiangling pour exhorter à la prise du trône, et Wang Sengbian ordonne à Shen Jiong de rédiger cette pétition. Son style est si éloquent et si travaillé qu’aucune autre œuvre ne peut l’égaler[4]. En 552, le rebelle Hou Jing fuit vers l’est et arrive à la commanderie de Wu, il capture la femme de Shen Jiong, dame Yu, et son fils Shen Xingjian, et les tue tous deux, tandis que le frère de Shen Jiong réussit à s’échapper avec leur mère. Shen Jiong est épargné[2],[5]. Toujours la même année, après la mort de Hou Jing, l’empereur Yuan des Liang (r. 552-555) déplore que la femme et les enfants de Shen Jiong aient été massacrés et il lui confère spécialement le titre de marquis de Yuanxiang avec un fief de cinq cents foyers[2],[4].

Puis l’empereur le nomme au poste de ministre adjoint des Affaires impériales de la Porte Jaune[note 4] avec fonction concurrente de vice-directeur de gauche du département des affaires d’État[2],[4]. Toujours en 552, le général Wang Sengbian devient grand intendant de l’État et il nomme Shen Jiong officier de rang intermédiaire attaché à son état-major[2].

Dynastie Wei de l’Ouest

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En 554, les Wei conquièrent Jingzhou. Shen Jiong est capturé, mais il est traité avec respect et il reçoit de grands honneurs dont le niveau équivaut aux Trois Excellences[3]. Ayant sa mère à l’est du Yangzi dans le Jiangdong, Shen Jiong pense constamment à retourner dans son pays. Comme il craint que les Wei, appréciant son talent littéraire, ne le retiennent, il se ferme souvent chez lui et refuse les visites, il n’entretient aucune relation et, après avoir écrit des textes, il les jette immédiatement et n’autorise pas leur diffusion[2]. Shen Jiong présente un mémorial pour exposer sa situation et pour exprimer son désir de retourner au pays. Peu de temps après, il obtient avec Wang Ke et d’autres la permission de retourner à l’Est sous les Liang du Sud. Vers 556, Shen Jiong arrive à la capitale. Il est nommé ministre des Finances agricoles puis promu vice-censeur impérial[2],[4].

Dynastie Chen

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En 557, Chen Baxian (empereur Wudi) (r. 557-559) reçoit l’abdication de l’empereur Jingdi des Liang, Xiao Fangzhi et fonde la dynastie Chen. Il estime fortement Shen Jiong et l’élève au poste de haut conseiller de cour tout en le maintenant dans ses fonctions de vice-censeur impérial[1]. En 559, le successeur de Wudi, l’empereur Wen l’estime aussi et le traite avec faveur. Il prévoit pour Shen Jiong de lui accorder une haute position honorifique. La même année, l’empereur veut faire en sorte que Jiong accomplisse des exploits, il le démet de son poste de vice-censeur impérial et lui ajoute le titre de général de rang Mingwei — titre militaire honorifique de rang intermédiaire — et il l’envoie dans son pays natal pour rassembler des troupes[2],[4]. Shen Jiong meurt de maladie à Wuzhong, en 562, à l’âge de cinquante-neuf ans[note 5]. Il reçoit à titre posthume le poste de conseiller de la cour impériale et le nom posthume Gongzi (恭子)[5],[1],[4].

Le lettré

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Documents officiels

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Lorsque Shen Jiong rédige des documents militaires, des proclamations de guerre, des mémoriaux de recommandation d’accession au trône, des documents administratifs, etc. ses textes sont d’une élégance littéraire exceptionnelle et incomparable et personne ne peut l’égaler à l’époque[2],[4],[5].

Poésie

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Shen Jiong est un lettré représentatif de la période de transition entre les Liang et Chen. Alors que la poésie style du palais (宫体诗) est dominante avec ses thèmes superficiels, luxueux et légers, Shen Jiong écrit des œuvres qui se distinguent par leur originalité ; leur contenu est relativement substantiel et leur style est vigoureux et simple[5]. Concrètement, il est dans la continuité de l’esprit réaliste dans le développement de la littérature allant de la littérature de Jian’an vers celle des Tang et il occupe une place certaine dans l’histoire de la littérature des dynasties du Sud[5].

Ode au vieux cheval (詠老馬詩)

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Selon l’Anthologie de la poésie chinoise, sous la direction de Rémi Mathieu, ce poème « est une allégorie que le poète, qui s’estime encore apte à servir, emploie vis-à-vis de lui-même[6]. ».

Chinois

昔日從戎陣,
流汗幾東西.
一日馳千里,
三丈拔深泥.

渡水頻傷骨,
翻霜屢損蹄.
勿言年齒暮,
尋途尚不迷.

Traduction libre

Autrefois il suivait les armées au combat,
Combien de fois a-t-il transpiré, d’est en ouest ?
En un jour, il parcourait mille li,
Des plus profondes boues, il se tirait.

Les fleuves franchis lui meurtrissaient souvent les os,
Foulant le givre, maintes fois blessant ses sabots.
Ne dites pas que ses ans sont déclinants,
Cherchant la voie, il ne s’égare point encore.

Notes et références

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  1. La rébellion de Hou Jing a lieu de 548 à 552. Hou Jing était un général et chef rebelle chinois du VIe siècle, célèbre pour avoir provoqué l’une des plus grandes catastrophes politiques de la période des Dynasties du Nord et du Sud.
  2. Song Zixian (宋子仙) était un général et proche partisan de Hou Jing pendant la grande rébellion de Hou Jing (548–552), à la fin de la dynastie Liang.
  3. Wang Sengbian était l’un des principaux généraux loyalistes de la dynastie Liang pendant la rébellion de Hou Jing. C’est surtout lui, avec Chen Baxian, qui réussit à détruire le régime de Hou Jing.
  4. La « Porte jaune » désigne le bureau ou service de la chambre impériale proche de l’empereur, chargé de la correspondance et des affaires personnelles de la cour.
  5. L’âge calculé selon le système moderne doit être distingué de l’âge nominal (虛歲, xūsuì) — système fondé sur l’année entamée — utilisé dans les documents anciens chinois, lequel attribue généralement un an de plus à la personne.

Références

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  1. 1 2 3 (zh) « 沈炯 /沈炯 (Shen Jiong) », sur Chinese Text Project, Ctext.org (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (zh) Yao Silian, (陈书) (陳書) (Livre des Chen) (557-589), vol. 34, biographie 28 de Ruan Zhuo (阮卓) annexe de la biographie de Yin Keng, 636, dynastie tang (lire en ligne)
  3. 1 2 3 (zh) « 丘迟 (丘遲)(Qiu Chi) », sur Gushiwen.cn, (consulté le )
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (zh) 李延寿 (李延壽) Li Yanshou (?—687), dynastie Tang, 南史 (Histoire des dynasties du Sud), vol. 69,biographie 59 de Shen Jiong, 内府刊本 (édité par la Bibliothèque impériale), 7e siècle (compilation)
  5. 1 2 3 4 5 6 (zh) « 沈炯 /沈炯 (Shen Jiong) », sur Baike.baidu, Pékin, (consulté le )
  6. Plusieurs auteurs sous la direction de Rémi Mathieu, Anthologie de la poésie chinoise, Lonrai, Gallimard, coll. « La Pléiade », , 1547 p., p. 1272

Liens externes

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