Shibari

type de bondage de style japonais ou inspiré du Japon

Le bondage japonais (緊縛, kinbaku?, « bondage ») ou kinbaku-bi (緊縛美?, « magnifique bondage ») est un type de bondage (sexuel ou non) japonais qui peut entrer dans le cadre de jeux BDSM. Il implique d'entraver la personne attachée en utilisant des figures géométriques pré-définies à l'aide d'une cordelette habituellement de 4 à 6 millimètres de diamètre, faite de chanvre ou de jute.

Un exemple de bondage japonais, réalisé par Akira Naka.

Le mot shibari (縛り?) signifiant « attaché, lié », utilisé au Japon pour décrire l'art de ficeler les colis, est devenu l'appellation la plus courante, dans les années 1990, en Occident, pour désigner l'art du bondage kinbaku.

Historique

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Contrairement à une idée répandue, le bondage japonais n'est pas un héritage ancestral japonais.

Ito Seiu, considéré comme le père du kinbaku, est le premier à faire des recherches sur l'hojōjutsu dès 1908, et à reprendre l'utilisation du ligotage militaire pour le détourner en usage érotique. Le kinbaku ne devient réellement populaire dans les revues spécialisées qu'à partir des années 1950, peut-être sous l'influence de John Willie, photographe fétichiste et artiste du bondage. La tradition du bondage en tant qu'art ne se développe au Japon qu'à partir des années 1960.

Si les usages judiciaires du hojōjutsu ont disparu, plusieurs de ces techniques sont cependant à la base de l'utilisation moderne du ligotage sous ses formes érotiques[1]. Le bondage sexuel ou de loisir est de loin plus mesuré et beaucoup de précautions sont prises pour éviter des blessures.

Techniques

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Modèle en position de hog-tie. Les cordes passent de manière à bloquer le corps, en attachant les pieds proches des mains pour éviter que la personne puisse se déplacer.
Modèle en position classique de hog-tie. La circulation sanguine est visiblement entravée aux membres supérieurs et inférieurs. Le masque permet de bâillonner la personne attachée et d'y faire passer une corde qui bloque aussi la tête.

Ligotage

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Le fait de lier (shibari) exige une pratique sereine, progressive et complexe dont la lenteur permet au ligotage d'induire son plein effet. Progressif veut dire qu'il est possible de commencer en n'importe quel endroit du corps (poitrine, cuisses ou ventre) pour gagner peu à peu d'autres points et finir, éventuellement par une immobilisation complète dans une position donnée, par exemple la position en croix du ligoté connue sous le nom de hog tie.

Hog-tie et ball-tie

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Les positions de hog-tie ou de ball-tie semblent très inconfortables. La personne attachée se trouve dans une position où tout mouvement est presque impossible. Elle peut uniquement et difficilement se déplacer sur le côté. Cette position a l'avantage de donner au sujet de fortes sensations. Si les cordes ont été bien placées, la position de hog-tie ou de ball-tie peut être maintenue longtemps. Le ligotage peut durer des heures chez certains sujets.

Pour supporter cette position, le modèle est de préférence nu ou habillé avec des vêtements proches du corps pour éviter que les cordes ne créent des plis, lesquels rendraient le ligotage inconfortable. La jupe est le vêtement idéal et préféré. Elle couvre une partie du corps et permet de bien attacher les jambes, même portée avec des collants. Elle est utilisée aussi par des hommes, car, en dehors de son aspect pratique, ces hommes recherchent la sensation de se sentir dominés. Le tout est souvent accompagné par un bâillon pour éviter que le/la soumis(e) puisse parler.

Différences entre techniques occidentales et japonaises

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Shibari « made in France ».

Le bondage japonais diffère du bondage occidental par le fait qu'au lieu de simplement immobiliser le sujet ou de pratiquer sur lui certaines contraintes, les techniques de shibari ajoutent à cette notion de base un point de vue esthétique (voire érotique) et une stimulation des centres d'énergie en des points précis du corps (shiatsu). La personne soumise prend du plaisir par la tension de la corde qui lui écrase les seins ou les parties génitales. L'intensité des sensations procurées au sujet ligoté est fonction de sa position. Le bondage japonais est connu pour faire appel à des positions dissymétriques qui exagèrent l'impact psychologique du bondage et augmentent la douleur.

Les techniques du bondage « traditionnel » japonais utilisent quant à elles des cordages rugueux d'environ 7 à 10 mètres de longueur et constitués de plusieurs brins en fibres naturelles faites de paille de riz, de chanvre, de jute, ou de coco. Les cordes auront un diamètre de 4 mm à 6 mm. En général, pour le travail au sol (newaza), les cordes utilisées seront d'une épaisseur de 4 à 5 mm, notamment dans le style de Yukimura. Pour le travail en suspension, les cordes seront de 6 mm, pour des raisons de sécurité. En Occident, le bondage est souvent utilisé dans le cadre du BDSM.

L'art martial traditionnel (hojōjutsu) des samouraïs ne fait pas de nœud alors que le bondage japonais actuel, s'inspirant du modèle occidental, fait entre deux et cinq sortes de nœuds simples. Le bondage occidental utilise, quant à lui, des nœuds plus complexes. Avec ses racines profondément ancrées au Japon, enseigné dans le monde entier par des Maîtres (sensei) du bondage, le kinbaku a gagné en popularité.

Pratiques

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Shibari avec des cordes fluorescentes. Un projet de Beo Beyond et Angela Nawa.

Le kinbaku traditionnel est basé sur des motifs obtenus à l'aide de cordes et dont la plupart trouvent leur origine dans l’hojōjutsu. Parmi les différentes façons de lier, l’ushiro takatekote, le bondage de base, consiste à lier les bras contre la poitrine tout en liant les mains dans le dos. L'ensemble décrit une figure en forme de « U ». C’est la figure la plus importante et la plus fréquemment employée. Une autre façon de faire est l’ebi ou figure de la « crevette », originellement une torture, est actuellement destinée à rendre l'aspect de la personne ainsi liée plus vulnérable et plus soumise au cours des actes BDSM.

Le kinbaku traditionnel se pratique avec des liens de sept mètres de longueur. En raison des différences physiques des participant(e)s dans le BDSM occidental, on utilise plutôt des cordes de huit mètres. Les cordages sont habituellement réalisés en jute ou en chanvre (mais ni en sisal ni en chanvre de manille) spécialement traités pour obtenir une corde à la fois robuste, souple et douce au toucher. D'autres matériaux sont parfois utilisés.

Pour des raisons historiques, le kinbaku utilise rarement les nœuds (parfois pas du tout). S'il y en a, ce sont des nœuds coulants ou des nœuds de blocage qui requièrent tous deux des matériaux à haut pouvoir de friction, donc rugueux. D'après le livre de Nawa Yumio publié en 1964, les nœuds sont considérés comme particulièrement disgracieux. Les ligotages arborant des nœuds n'étaient pas considérés comme du bondage.

Glossaire

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Exemple de motif karada.
Démonstration d'une suspension partielle.
Mot japonais Signification
Asanawa Corde de jute utilisée traditionnellement pour le ligotage.
Agura Comme l'ebi (voir ci-dessous), c'est un ligotage des jambes en tailleur.
Ebi Réalise l'image d'une crevette (ligotage des jambes en tailleur, haut du corps ramené vers les jambes).
Hishi Entrelacements réalisant l'aspect d'un diamant taillé. Lorsqu'il est réalisé sur toute la surface du corps, on le désigne parfois sous le nom de hishi-kikkou. L'hishi a été répandu par les mangas et autres dessins animés.
hojōjutsu Art martial consistant à immobiliser un sujet avec des liens. Il était utilisé pour immobiliser rapidement un prisonnier avant même qu'il puisse se défendre.
Karada Littéralement : « le corps ». Par extension, il désigne le harnais de corde qui enveloppe le corps.
Kataashi tsuri Suspension par une jambe.
Kikkou Entrelacement de la corde qui réalise le dessin des écailles d'une carapace de tortue sur la face antérieure du thorax.
Kinbaku (緊縛?) Mot général pour désigner l'Art de ligoter un sujet (bondage) à la japonaise, quelle que soit la technique utilisée.
Kotori Mot général désignant un petit oiseau, quelle que soit son espèce. Par extension, désigne la suspension.
Musubime Mot général pour désigner un nœud.
Nawa Nom général donné à une corde
Nawashi (縄師?) littéralement: « fabricant de cordes ». Désigne l'artiste passé Maître dans l'art du ligotage (bondageur).
Nawa shibari (縄縛り?) (Substantif) le fait d'attacher ou de lier à l'aide d'une corde (un terme « construit » est incorrect et n'existe pas en japonais)[2].
Sakuranbo Mot signifiant « cerise ». Par extension, il désigne les fesses.
Shiatsu Mot général pour désigner l'Art de masser les « centres d'énergie ».
Shibararetai Mot indiquant le désir du sujet d'être ligoté par le Maître.
Shibari (縛り?) Terme général désignant le fait de ligoter un sujet. Souvent employé comme synonyme de kinbaku, il a en fait un sens d'« attacher » plus général que « kinbaku ».
Shibaritai Mot indiquant le désir du Maître de ligoter le sujet.
Shibaru (縛る?) Attacher ou lier à l'aide d'une corde.
Shinju Mot signifiant « perles ». Par extension, désigne les seins. Un Shinju est donc un bondage qui n'intéresse que la poitrine.
Tazuki Entrecroisements réalisant l'aspect d'un harnais.
Tsuri Suspension verticale ou horizontale
Ushiro takate kote Entrave basique pour la plupart des figures shibari consistant à lier les bras et la poitrine en maintenant les mains liées derrière le dos. Nommé box-tie chez les Anglais. Ushiro takatekote est composé des mots ushiro (後ろ?, « derrière le dos ») et takatekote (高手小手, « lier les mains et les bras »?).

Artistes du bondage japonais

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Notes et références

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Annexes

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Bibliographie

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