Simca 1300 / 1500
Au début des années 1960 l’Aronde a du mal à soutenir la comparaison en confort et habitabilité avec les plus récentes berlines européennes de moyenne gamme. Sa mise sur le marché remonte au tout début des années 1950 et malgré sa dernière évolution, le plus moderne modèle P60 (lancé en 1959), il est temps de lui trouver une remplaçante.
| Simca 1300 / 1500 | ||||||||
Simca 1500 | ||||||||
| Marque | ||||||||
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| Années de production | 1963 - 1966 | |||||||
| Classe | Familiale | |||||||
| Moteur et transmission | ||||||||
| Énergie | Essence | |||||||
| Moteur(s) | 4 cylindres en ligne | |||||||
| Position du moteur | Longitudinale avant | |||||||
| Cylindrée | 1 290 ou 1 475 cm3 | |||||||
| Puissance maximale | 62 ou 81 ch SAE | |||||||
| Transmission | Propulsion | |||||||
| Boîte de vitesses | Manuelle 4 rapports | |||||||
| Masse et performances | ||||||||
| Vitesse maximale | 132 ou 146 km/h | |||||||
| Châssis - Carrosserie | ||||||||
| Carrosserie(s) | Berline tricorps | |||||||
| Freins | Tambours | |||||||
| Chronologie des modèles | ||||||||
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Les nouvelles berlines sont présentées au Salon de Genève en mars 1963[1],[2]. Voulant faire succéder ces modèles à la fois à l'Aronde et à l'Ariane, la direction des études de Simca a élaboré des voitures bien équilibrées, associant une certaine économie d'utilisation à des performances brillantes et une habitabilité généreuse[1]. La carrosserie des 1300 et 1500 a été dessinée dans un style sobre et traditionnel, avec de grandes surfaces vitrées latérales et un immense pare-brise ; les deux voitures sont extérieurement semblables et ne diffèrent que par la calandre et le pare-chocs arrière, plus ou moins enveloppant sur la 1500[1].
Ce sera chose faite le avec la Simca 1300, commercialisée dès mai 1963 exclusivement en berline cinq places au prix de 7 800 francs[1], une voiture au dessin équilibré et racé qui correspond tout à fait aux orientations esthétiques de la nouvelle décennie : lignes tendues, surface vitrée généreuse, habitabilité en net progrès, elle bénéficie d'un style de carrosserie très italien, auquel on peut cependant reprocher une certaine « timidité » esthétique : la voiture connaîtra une importante refonte esthétique après à peine trois ans de carrière en versions 1301 et 1501.
Sur le plan mécanique, la 1300 reprend le moteur déjà connu de l'Aronde et de l'Ariane, tandis que celui de la 1500 se détache davantage des techniques jusque-là expérimentées chez Simca[1]. Les deux modèles reçoivent une boîte de vitesses entièrement nouvelle, utilisant des synchroniseurs sous licence Porsche sur tous les rapports, ainsi que des trains avant et arrière radicalement revus, sans toutefois aller jusqu'à l'adoption de roues arrière indépendantes[1]. La 1300 dispose ainsi d'un moteur de 1 290 cm3 développant 62 ch à 5 200 tr/min, d'une boîte quatre vitesses toutes synchronisées à levier sous le volant, de freins à tambours aux quatre roues et d'une vitesse de pointe de 135 km/h pour un poids à vide de 950 kg[1]. Fin 1963, 58 758 exemplaires de la nouvelle 1300 sont sortis d'usine[2].
La « 1300 » est bientôt épaulée par la « 1500 », reconnaissable extérieurement à sa calandre légèrement différente et à ses pare-chocs prolongés latéralement. Présentée à Genève en mars 1963, la 1500 ne débute réellement commercialement qu'à l'automne 1963, avec l'année-modèle 1964[2] ; elle reprend les caractéristiques de la 1300, à l'exception d'un moteur de 1 475 cm3 développant 81 ch à 5 400 tr/min grâce à un carburateur double corps Weber, de freins à disques à l'avant et d'un poids porté à 1 010 kg pour une vitesse de pointe de 145 km/h[2]. À ses débuts, elle n'existe qu'en une seule version, vendue 9 550 francs ; 7 090 unités sont produites d'ici la fin de l'année 1963, puis 64 143 unités pour l'ensemble de l'année-modèle 1964[2]. Le moteur 1500 allie nervosité et couple.
À partir du Salon de 1963, la 1300 se décline en deux versions : une version de base, reconnaissable à ses pare-chocs sans butoirs, et une version GL, dotée de sièges séparés en option et d'un avertisseur sonore déplacé au centre du volant[2]. Pour l'année-modèle 1964, la gamme se compose d'une 1300 de base à 8 150 francs et d'une 1300 GL à 8 600 francs, toutes deux animées par le même moteur de 62 ch ; la production 1964 des Simca 1300 atteint 98 624 exemplaires[2].
En 1965, les 1300 Standard et GL demeurent inchangées et restent disponibles exclusivement en berlines à moteur de 62 ch, tandis que la gamme des 1500 s'enrichit d'une berline GL, reconnaissable à une petite hirondelle apposée sur l'aile près du phare, et bénéficiant d'un équipement intérieur plus complet (montre au tableau de bord, accoudoir arrière)[3]. Le catalogue des 1500 comporte désormais trois versions break, toutes animées par le moteur 81 ch : un break normal à banquette arrière repliable, un break familial doté de deux strapontins repliables et d'une galerie de toit d'origine, et un break GL au plancher arrière amovible transformable en table de camping[3]. Ces breaks, révélés au Salon de Paris 1964, ont été produits à 64 118 unités pour la 1300 et 54 713 unités pour la 1500 au cours de l'année 1965[3].
En 1966, les gammes 1300 et 1500 sont unifiées : les carrosseries deviennent semblables mais se déclinent en quatre niveaux de finition et de prix croissants — L, LS, GL et GLS — le client choisissant entre le moteur 1 290 cm3 de 62 ch ou le 1 475 cm3 de 81 ch[3]. La 1300 profite alors, comme la 1500, de freins avant à disques et de versions break sur l'ensemble de la gamme[3]. Une version GLA, dotée d'un moteur 1500 porté à 84 ch grâce à une compression accrue, complète l'offre[3]. La production 1966 s'élève à 85 658 exemplaires de « 1300 » et 67 707 exemplaires de « 1500 »[3].
Fin 1966 (pour le millésime 1967), ces deux modèles cèdent le pas aux « 1301 » et « 1501 », des voitures avec des carrosseries plus longues qui seront déclinées en de nombreuses versions.
Seules les versions d'entrée de gamme 1300 L et 1500 L sont maintenues sans changement ; toutes les autres berlines de la famille reçoivent une carrosserie allongée de 21 cm et un remaniement assez sensible : calandre légèrement saillante entre les phares, coffre agrandi, feux arrière rectangulaires au lieu de circulaires, tableau de bord nouveau et système de ventilation doté d'aérateurs latéraux[3]. La longueur des nouvelles 1301/1501 passe à 445,5 cm, les autres caractéristiques techniques — dont les motorisations de 62, 81 ou 84 ch — restant inchangées[3]. En mars 1967, un break supplémentaire semi-utilitaire, le 1301 U, rejoint la gamme ; caractérisé par des panneaux latéraux tôlés et équipé uniquement du moteur 1300 de 62 ch, il est proposé à 9 200 francs[3]. La production 1967 de ces berlines et breaks totalise 78 125 « 1301 » et 55 279 « 1501 », bas de gamme 1300/1500 inclus[3].
La version break, très logeable, comporte une particularité intéressante au niveau du hayon arrière: articulé vers le bas, pour fournir une plateforme de chargement supplémentaire, il comporte une vitre descendante, la manivelle est actionnable et verrouillable de l'extérieur ce qui facilite le transport des objets longs (planches poutres...etc.), une disposition courante sur les breaks américains (dits station wagons) mais inédite en France[4].
Si les choix techniques qui président à sa réalisation sont empreints d’un certain conservatisme avec une propulsion, pont arrière rigide, son style fait mouche. Son « moteur Rush » 1300 hérité de la dernière Aronde P60, est très fiable et relativement nerveux.
Dans la culture populaire
modifier- Au cinéma
Dans le film La Grosse Caisse, d’Alex Joffé, les deux modèles de voiture apparaissent, exposés dans la station de métro Quai de la Râpée, lieu principal de l’intrigue (le tournage s'est en réalité effectué dans la station fantôme de l'Arsenal [5]).
Dans le film Playtime de Jacques Tati, c'est le modèle quasi exclusif de véhicules visibles à l'écran (avec quelques Simca 1000). Dans ce film tourné entre 1964 et 1967 on voit toutes les évolutions de l'auto. Elle contribue ainsi à l'esthétique du film délibérément à tendance futuriste. Toutefois, le temps nécessaire au tournage du film fit qu'à sa sortie en 1967 le modèle « futuriste » n'était déjà plus produit depuis un an.
Production
modifierProduction de 1963 à 1967 (modèles 1300 et 1500 confondus) : 712 239 exemplaires.
Bibliographie
modifier- Revue technique automobile, Simca 1300-1301 1963-1970.
- Revue technique automobile, Simca 1500-1501 1963-1969.
- François Metz, Simca 1300-1500-1301-1501, l'élégance à la française, ETAI, 2013.
- René Bellu, Toutes les Simca : les dossiers complets de René Bellu, Le Conquet, René Bellu, coll. « Toutes les… », , 30 p. (lire en ligne)
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 René Bellu, Toutes les Simca (lire en ligne), p. 16
- 1 2 3 4 5 6 7 René Bellu, Toutes les Simca (lire en ligne), p. 17
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 René Bellu, Toutes les Simca (lire en ligne), p. 18
- ↑ « Simca, Histoire et Modèles », sur webmaster.simca.free.fr (consulté le )
- ↑ Site stationhaxo.fr, page "Simca dans le métro : double coup de pub à Arsenal".
