Simca Aronde P60

modèle de voiture française, produit de 1959 à 1963

La Simca Aronde P60 est une automobile fabriquée à partir de 1959 par le constructeur automobile français Simca.

Simca Aronde P60
Simca Aronde P60
Simca Aronde P60 (1959)

Marque Drapeau de la République française Simca
Années de production 1959-1963
Production 455 000 exemplaire(s)
Classe Familiale
Usine(s) d’assemblage Drapeau de la République française Nanterre
Drapeau de la République française Poissy
Moteur et transmission
Énergie Essence
Moteur(s) Moteur Flash:
1 089 cm3
1 290 cm3
Moteur Rush:
1 290 cm3
Transmission Propulsion, 4 rapports
Masse et performances
Masse à vide 940 - 1 090 kg
Châssis - Carrosserie
Carrosserie(s) Berline, coach, break, coupé, cabriolet, fourgonnette, camionnette
Dimensions
Longueur Berline : 4 189 mm
Largeur Berline : 1 567 mm
Hauteur Berline : Berline P60 : 1 427 mm
Chronologie des modèles

Historique

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Dénomination

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Elle est désignée sous le nom de "P60" : P pour personnalisation (important choix de combinaisons de carrosseries bicolores), mais aussi pour Poissy, nouvelle usine où elle est assemblée[1] et 60 pour la décennie à venir[2] (sous-entendu « en avance sur son temps »). René Bellu confirme cette origine du nom : « P » pour voiture personnalisée et Simca estimant avoir plus d'un an d'avance pour commercialiser une automobile offrant un tel choix de personnalisation[3].

Elle est parfois appelée Aronde Rush pour les modèles 1961 à 1963 équipé du moteur Rush.

Un premier projet refusé

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Simca Aronde P60 Bacalan : projet sans lendemain (1958)

Une présérie de 700 exemplaires de P60 « économiques » fut préparée à l'insu de H.T. Pigozzi : ces voitures conservaient un toit bombé, dépourvu de la visière au-dessus de la lunette arrière caractéristique de la version définitive, et adoptaient des pare-chocs en forme de « bacchantes » inspirés de certains modèles américains de l'époque. En découvrant ces modèles fabriqués sans son accord, Pigozzi entra dans une colère mémorable et exigea l'arrêt immédiat de cette présérie[4]. Les 700 Aronde refusées furent transférées dans un entrepôt de la banlieue de Bordeaux, devenant invendables en France après la sortie officielle des P60 — même le personnel refusa de les acheter à des prix pourtant attractifs. La direction commerciale de Simca conclut finalement, en 1960, un marché avec plusieurs pays de l'Est — la Pologne, la Tchécoslovaquie et la Hongrie — pour ces voitures dépouillées de toute ornementation (sans baguettes inox ni enjoliveurs de roues)[4]. De rares exemplaires subsistent encore aujourd'hui ; ils sont très recherchés des collectionneurs et sont désignés sous le nom d'Aronde Bacalan.

Lancement en 1959

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Dévoilée en avant première au Grand Palais lors du Salon de l'automobile de Paris à l'automne 1958, elle est présentée officiellement et commercialisée en . Présentée comme un nouveau modèle, la P60 n'est en fait qu'une évolution du modèle Aronde 1300, l'ultime de l'Aronde, lancé deux ans plus tôt mais dont les ventes s'essoufflent déjà de manière dangereuse. Faute de temps et surtout de moyens financiers pour concevoir une voiture entièrement nouvelle et moderne, la direction de Simca décide de simplement rajeunir la version précédente de l'Aronde en conservant toute la base mécanique. Aidée par une audace de style et surtout un marketing très agressif, la P60 fera illusion. Elle a connu un grand succès, mais assez éphémère. La production de la gamme P60 atteint dès sa première année un niveau record de 194 553 exemplaires, jamais égalé par la suite[3].

La P60 produite en grande série avait des lignes plus tendues et plus modernes. Elle connut deux motorisations : le moteur « Flash », puis le moteur « Rush » à cinq paliers pour 1961[5], ce moteur ayant fait ses preuves l'année précédente sur l'Ariane du record de Miramas[4], et fut alors dénommée Aronde Rush et pour que cela fut bien clair, Simca lui enleva tous les sigles P60 devenus obsolètes, l'année 1960 étant passée. D'une puissance de 52 ch à 4900 tr/min sur les Étoile Sept et Élysée (contre 48 pour le « Flash »)[4], il équipe alors toute la gamme, les Montlhéry, Monaco et Ranch recevant 62 ch à 5200 tr/min et l'Étoile Six 42 ch, tandis que la Châtelaine et les autres commerciales conservent 48 ch[4]. Il connaît deux évolutions l'année suivante : le « Rush Super » de 62ch et le « Rush Super M » de 70ch, qui sera monté sur les versions Montlhéry Spéciale et Monaco Spéciale[6],[4].

Au total, 1 425 329 exemplaires d'Aronde (toutes générations confondues, depuis le printemps 1951) ont été construites[7], dont environ 455 000 P60. C'est principalement grâce à ce modèle que Simca a été un temps le second constructeur automobile français à la fin des années 1950. Simca avait le don de communiquer et s'y employa avec bonheur sur son modèle phare, durant toute sa carrière. Ainsi, l'Aronde bénéficia d'intenses et très efficaces campagnes de presse, recevant même « l'Oscar de la publicité » pour le lancement de la gamme P60.

Production annuelle de la gamme P60

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AnnéeProductionSource
1959194 553 exemplaires (record de la gamme)[3]
1960175 384 exemplaires[8]
1961164 297 exemplaires[4]
196284 236 exemplaires (chute d'environ 50 % par rapport à 1961)[7]
1963 (jusqu'au 22 mai)31 522 exemplaires[7]

Deux modèles à tendance sportive carrossés par Facel apparaissent : un coupé « Plein-Ciel » et un cabriolet « Océane ».

Le , elle est remplacée par la Simca 1300[5].

Modèles

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Les différents modèles sont[5] :

Berline 4 portes
  • De Luxe, Étoile 6 (CV) P60, Étoile 7 (CV) P60 (versions économiques)
  • Étoile Super 6, Élysée (intermédiaires)
  • Montlhéry (« sport »), Montlhéry Spéciale P60 (« sport » 70 ch SAE)
Break 3 portes
  • Châtelaine
  • Ranch P60
Coach 2 portes (sans pied milieu)
  • Grand Large (supprimée de la gamme pour l'année-modèle 1960[8])
  • Monaco P60 (« sport »)
  • Monaco Spéciale P60 (« sport » 70 ch)
Coupé carrossé par Facel
  • 9 Sport/De Ville
  • Plein-Ciel/Plein-Ciel Grand-Carrossier (avec pare-brise panoramique[N 1])
  • Plein-Ciel S (« simplifié », avec pare-brise panoramique)
Cabriolet carrossé par Facel
  • Week-end
  • Océane/Océane Grand-Carrossier (avec pare-brise panoramique)
  • Océane S (« simplifié », avec pare-brise panoramique)
Fourgonnette
  • Messagère
Camionnette bâchée
  • Intendante

Une version économique complémentaire, la De Luxe Six, reprenait le moteur 1 090 cm3 6 CV (40 ch) hérité de la Simca 8 sur la caisse de l'ancienne Élysée ; elle a été retirée du catalogue pour l'année-modèle 1962[4].

Elle fut vendue aux États-Unis de 1958 à 1962.

Compétition et victoires

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Records du monde

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(Catégorie A1, Groupe 1, avec une voiture de classe 6 pilotée par Gauthier, Quinlin, Duhand, ainsi que R. et M. Turcey sur la piste de l’Autodrome de Linas-Montlhéry[9])

  • 25 000 kilomètres: à 117.609 km/h de moyenne, le ;
  • 50 000 kilomètres: à 117.276 km/h de moyenne, le .

Notes et références

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  1. Pare-brise avec retour sur les côtés.

Références

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  1. Simca 9, Aronde et P60, clubsimcafrance.fr
  2. « La mémoire retrouvée de Simca », Le Monde, (lire en ligne).
  3. 1 2 3 René Bellu, Toutes les Simca : les dossiers complets de René Bellu, Le Conquet, René Bellu, coll. « Toutes les... » (lire en ligne), p. 13.
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 René Bellu, Toutes les Simca : les dossiers complets de René Bellu, Le Conquet, René Bellu, coll. « Toutes les... » (lire en ligne), p. 15.
  5. 1 2 3 Bruno Poirier, Guide Simca - Tous les modèles de 1934 à 1964, éditions E.P.A.
  6. « SIMCA Aronde, l'hirondelle qui a atteint les sommets », sur newsdanciennes.com (consulté le )
  7. 1 2 3 René Bellu, Toutes les Simca : les dossiers complets de René Bellu, Le Conquet, René Bellu, coll. « Toutes les... » (lire en ligne), p. 16.
  8. 1 2 René Bellu, Toutes les Simca : les dossiers complets de René Bellu, Le Conquet, René Bellu, coll. « Toutes les... » (lire en ligne), p. 14.
  9. « Liste officielle des records de vitesse homologués par la FIA en catégorie A », sur argent.fia.com.

Bibliographie

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  • Jean-Michel Normand, « L’Aronde, une Simca à l’accent américain », Le Monde, (lire en ligne).
  • Gilles Bonnafous, « Simca Aronde P60 », sur motorlegend.com, .
  • Michel G. Renou, Aronde. Le Grand livre (préface de Caroline Pigozzi), éditions E.P.A., 1993 (ISBN 2-85120-422-X).
  • Michel G. Renou, Simca, de Fiat à Talbot (préface de Jacques Loste, P-DG de L'Argus), éditions E.T.A.I., 1999 (ISBN 2-7268-8457-1).
  • Jean-Patrick Baraille et Paul Fraysse, Simca Aronde 1951-1958, éditions Pixel Press Studio, 2008 (ISBN 978-2-917038-03-1).
  • René Bellu, Toutes les Simca : les dossiers complets de René Bellu : Les dossiers complets de l'automobile ancienne, Le Conquet, René Bellu, coll. « Toutes les... », 198.? (lire en ligne), p. 13-16

Liens externes

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