Rallye du Mont-Blanc
Le Rallye du Mont-Blanc, également appelé Rallye Mont-Blanc Morzine, est une épreuve française de rallye automobile sur asphalte, créée en 1947. Disputée dans le département de la Haute-Savoie, elle se déroule principalement autour de Morzine, qui accueille son organisation depuis 1989.
| Sport | Rallye automobile |
|---|---|
| Création | 1947 |
| 1re apparition |
en Ch. de France: 1967 en ERC: 1988 |
| Organisateur(s) | ASAC Mont-Blanc |
| Éditions | 78 (en 2026) |
| Catégorie |
Championnat de France des rallyes Championnat d'Europe des rallyes jusque 1996 |
| Périodicité | Annuelle (septembre) |
| Lieu(x) |
Département de Haute-Savoie |
| Participants | 207 (150 classés) |
| Disciplines | Modernes, VHC, VHRS[1] |
| Épreuves | 12 spéciales |
| Surface | Asphalte |
| Distance | 195,88 km |
| Site web officiel | www.rallye-mont-blanc-morzine.com |
| Tenant du titre |
|
|---|---|
| Plus titré(s) |
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Inscrit au calendrier du Championnat de France des rallyes, le rallye a également figuré au Championnat d'Europe des rallyes jusqu'en 1996. Il comprend par ailleurs des épreuves réservées aux véhicules historiques, dans les catégories VHC et VHRS.
Histoire
modifierOrigines et premières éditions (1946-1960)
modifierLes origines du Rallye du Mont-Blanc remontent à 1946, lorsque la famille Cruz, propriétaire de la marque d'eau minérale d'Évian, envisage d'organiser une compétition automobile afin de promouvoir ses ventes à l'échelle nationale, dans le contexte de l'après-guerre. Le projet, initialement porté par le comité des fêtes de la ville, ne peut toutefois aboutir, l'organisation de ce type d'épreuve étant alors réservée aux Automobile Clubs. L'idée est reprise l'année suivante avec le concours de bénévoles issus de plusieurs clubs automobiles locaux, permettant la création du « rallye Paris-Évian », dont la première édition se déroule le 19 juillet 1947. L'épreuve manque cependant de disparaître dès 1948, en raison des restrictions de carburant encore en vigueur[2].
Malgré ces débuts difficiles, la compétition se maintient et connaît plusieurs changements d'appellation, devenant successivement « rallye d'Évian », « rallye Évian-Mont Blanc » en 1950, puis « rallye Mont Blanc-Iseran ». Ses premières éditions sont remportées par des équipages engagés sur des voitures de marques variées, notamment Delahaye, MG, Hotchkiss et Citroën. Après deux années d'interruption en 1955 et 1956, l'épreuve reprend en 1957 avec la victoire de Claude Storez et Robert Buchet sur Porsche Speedster. Storez s'impose de nouveau en 1958, avant les succès de Bernard Consten et Jean Hébert sur Alfa Romeo Giulietta en 1959, puis de Jacques Féret et Guy Monraisse sur Alpine A106 en 1960.
L'affirmation sportive et les années du championnat de France (1961-1988)
modifierL'année 1961 marque une nouvelle étape dans l'histoire de l'épreuve, avec l'apparition de l'appellation « Rallye du Mont-Blanc ». Au cours de cette décennie, la compétition s'affirme progressivement dans le paysage du rallye français, accueillant des pilotes engagés sur des voitures de tourisme et de grand tourisme. René Trautmann, vainqueur en 1962 sur Austin Mini Cooper S, puis en 1963 dans la catégorie Tourisme sur Citroën ID19, remporte un troisième succès en 1964 au volant d'une Lancia Fulvia. Après les victoires de Jean-Pierre Hanrioud et d'Henri Greder dans leurs catégories respectives en 1965, Lucien Bianchi s'impose en 1966 sur Alpine A110. L'épreuve figure au calendrier du Championnat de France des rallyes à partir de 1967, année où Gérard Larrousse et Marcel Callewaert remportent la victoire sur Alpine A110 1440.
Les années 1970 voient se succéder plusieurs figures du rallye français. Jean-Claude Andruet remporte deux éditions consécutives, en 1968 et 1969, avant les succès de Jean-François Piot en 1970, Bernard Fiorentino en 1971 et 1973, et Bernard Darniche en 1972. Les Alpine A110 occupent alors une place notable parmi les voitures victorieuses, aux côtés de modèles comme la Ford Escort RS 1600 ou la Simca CG MC. La seconde moitié de la décennie est notamment marquée par les victoires de Bruno Saby en 1976, de Bernard Béguin en 1977 et du pilote suisse Jean Krucker en 1979.
Au cours des années 1980, le palmarès reflète l'évolution des voitures engagées dans le championnat national. Jean Ragnotti s'impose en 1980 sur Renault 5 Alpine, puis en 1984 sur Renault 5 Turbo, tandis que Bruno Saby remporte les éditions 1981 et 1982 au volant d'une Renault 5 Turbo. Après le succès de François Chatriot sur Renault 5 Maxi Turbo en 1985, Didier Auriol, accompagné de Bernard Occelli, réalise trois victoires consécutives, sur MG Metro 6R4 en 1986 puis sur Ford Sierra RS Cosworth en 1987 et 1988. Cette dernière édition marque également l'entrée du Rallye du Mont-Blanc au calendrier du Championnat d'Europe des rallyes, compétition à laquelle il participera jusqu'en 1996.
L'installation à Morzine et la période européenne (1989-2000)
modifierLongtemps organisé depuis Annecy, le Rallye du Mont-Blanc s'installe durablement à Morzine en 1989, faisant de cette station de Haute-Savoie le nouveau centre de l'épreuve[3]. Ce changement accompagne une période durant laquelle le rallye figure à la fois au calendrier du championnat de France et à celui du Championnat d'Europe des rallyes, jusqu'en 1996. Certaines éditions sont également intégrées au Championnat de Suisse des rallyes. En 1994, la compétition adopte officiellement le nom de « Rallye Mont-Blanc Morzine », affirmant son implantation dans la vallée d'Aulps.
Sur le plan sportif, la fin des années 1980 et le début de la décennie suivante voient se succéder plusieurs pilotes déjà présents au palmarès. François Chatriot remporte l'édition 1989 avec Michel Périn sur BMW M3, avant le succès de Bruno Saby et Daniel Grataloup en 1990 sur Lancia Delta Integrale. Yves Loubet s'impose en 1991, suivi de Bernard Béguin en 1992. Les années suivantes sont marquées par les victoires de Philippe Bugalski en 1993, de François Chatriot en 1994 et, de nouveau, de Bugalski en 1995, au volant d'une Renault Clio Maxi.
Après la victoire de Gilles Panizzi et de son frère Hervé sur Peugeot 306 Maxi en 1996, Philippe Bugalski, associé à Jean-Paul Chiaroni, remporte les éditions 1997 et 1999, respectivement sur Renault Maxi Mégane et Citroën Xsara Kit-Car. Entre ces deux succès, Simon Jean-Joseph et Patrick Pivato s'imposent en 1998 sur Subaru Impreza GT. Bugalski conclut cette période par une nouvelle victoire en 2000, toujours avec Jean-Paul Chiaroni, au volant d'une Citroën Xsara T4, portant à cinq son nombre de succès dans l'épreuve.
Le rallye moderne et les véhicules historiques (2001-2014)
modifierAu début du XXIe siècle, le Rallye Mont-Blanc Morzine demeure une manche du Championnat de France des rallyes, disputée sur les routes asphaltées de Haute-Savoie. En 2001, Sébastien Loeb et Daniel Elena remportent l'épreuve sur Citroën Xsara Kit-Car, avant la victoire de Cédric Robert et Gérald Bedon sur Peugeot 206 Super 1600 en 2002. Les années suivantes voient notamment s'imposer Alexandre Bengué, Stéphane Sarrazin, Nicolas Bernardi et Jérôme Grosset-Janin, au volant de voitures de catégories différentes.
En 2005, l'ASAC Mont-Blanc élargit la manifestation aux véhicules historiques en créant une version « Historic », accueillant les Véhicules Historiques de Compétition (VHC) et les Véhicules Historiques de Régularité Sportive (VHRS). Ces épreuves permettent de faire participer des voitures anciennes dans le cadre de la manifestation, parallèlement à la compétition moderne.
La seconde moitié des années 2000 est marquée par plusieurs victoires de voitures de catégorie WRC. Jean-Marie Cuoq remporte l'édition 2007 sur Peugeot 307 WRC, suivi de Dany Snobeck en 2008 et de Patrick Henry en 2009. Snobeck s'impose à nouveau en 2010, avant le succès de Pierre Campana sur Mini John Cooper Works WRC en 2011. Stéphane Sarrazin remporte sa deuxième victoire en 2012, tandis que Julien Maurin, associé à Nicolas Klinger sur Ford Fiesta RS WRC, réalise un doublé en 2013 et 2014.
Des années 2015 aux éditions récentes
modifierL'édition 2015 est marquée par la mort du pilote Frédéric Comte, victime d'une sortie de route au volant de sa Citroën Xsara WRC lors de la deuxième épreuve spéciale, « Les Alpes du Léman », le 4 septembre, dans la descente du col des Moises, sur la commune de Draillant. L'accident entraîne l'interruption de la compétition et l'annulation de plusieurs spéciales. Si le rallye reprend par la suite, certains équipages, dont celui de Julien Maurin, choisissent de ne pas poursuivre l'épreuve[4]. Stéphane Sarrazin et Jacques-Julien Renucci remportent finalement cette édition sur Ford Fiesta RS WRC[5].
À partir de 2016, Yoann Bonato et Benjamin Boulloud occupent une place prépondérante dans le palmarès. Vainqueurs sur Citroën DS 3 R5 en 2016 et 2017, ils poursuivent leur série en 2018 sur Citroën C3 R5. Après la victoire de Yohan Rossel et Benoît Fulcrand en 2019, Bonato et Boulloud retrouvent la première place en 2020, avant de remporter trois nouvelles éditions consécutives entre 2021 et 2023, au volant d'une Citroën C3 Rally2[6],[7],[8].
L'édition 2024 voit le retour victorieux de Sébastien Loeb, accompagné de Laurène Godey sur Alpine A110 Rally GT+, plus de vingt ans après son premier succès dans l'épreuve[9],[10]. En 2025, Éric Camilli et Maxime Vilmot s'imposent sur Hyundai i20 N Rally2[11].
En septembre 2026, Yoann Bonato et Benjamin Boulloud remportent leur huitième victoire commune au Rallye Mont-Blanc Morzine, cette fois au volant d'une Lancia Ypsilon Rally2 HF Integrale. Ce nouveau succès permet à Bonato de conforter son record de victoires dans l'épreuve[12].
Parcours
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Le Rallye du Mont-Blanc se dispute sur les routes asphaltées de Haute-Savoie, dans un environnement montagneux caractérisé par des cols, des routes sinueuses et d'importantes variations d'altitude. Depuis l'installation de l'épreuve à Morzine en 1989, la station constitue le principal centre d'organisation de la compétition. Les itinéraires varient selon les éditions, mais plusieurs secteurs des Alpes du Nord sont régulièrement empruntés par les équipages.
Les routes et cols alpins
modifierLes épreuves spéciales se déroulent notamment dans les secteurs de Morzine, Montriond, Samoëns, Morillon et Taninges. Le col de Joux Plane, qui relie les environs de Samoëns à Morzine, figure parmi les passages caractéristiques du rallye. La route menant à Avoriaz, par le secteur de Montriond, fait également partie des itinéraires utilisés, tout comme les routes de La Côte-d'Arbroz et d'Essert-Romand.
Le parcours s'étend parfois au-delà des abords immédiats de Morzine, notamment vers les communes de Lullin, Orcier, Draillant, Fessy et Le Biot. Cette répartition permet de proposer des spéciales aux caractéristiques variées, alternant routes de montagne, traversées de vallées et secteurs plus resserrés. Les tracés et leur longueur sont adaptés d'une édition à l'autre[13].
Le parcours de l'édition 2024
modifierDisputée du 5 au 7 septembre 2024, la 76e édition du Rallye Mont-Blanc Morzine conserve Morzine comme centre des opérations et propose un parcours réparti sur deux journées de compétition. Le vendredi 6 septembre, les concurrents empruntent notamment les spéciales Montriond-le-Lac–Avoriaz, Samoëns–Morzine, Lullin–Orcier, Draillant–Fessy et Bonnevaux–Le Biot.
Le samedi 7 septembre, plusieurs de ces secteurs sont à nouveau utilisés, tandis que le parcours comprend également une spéciale reliant Essert-Romand, le Praz de Lys, Sommand et Mieussy, ainsi que le secteur Morillon–Samoëns. L'itinéraire total annoncé représente 506,65 kilomètres, comprenant les épreuves spéciales et les liaisons routières[14].
Le parcours de l'édition 2026
modifierLa 78e édition, organisée du 3 au 5 septembre 2026, comprend douze épreuves spéciales réparties entre le vendredi et le samedi. Le parcours représente 495,37 kilomètres, dont 184,54 kilomètres chronométrés. Morzine conserve son rôle de centre de départ, de regroupement et d'arrivée de la compétition.
Le vendredi 4 septembre, les équipages disputent notamment des spéciales dans les secteurs de Bonneville, Saint-Pierre-en-Faucigny et Glières-Val-de-Borne, ainsi qu'entre Les Clefs, Manigod et La Clusaz. La journée se termine par une épreuve reliant Morzine à Montriond-le-Lac. Le samedi 5 septembre, la course se concentre davantage autour de Morillon, Samoëns, La Côte-d'Arbroz, Essert-Romand et Taninges, avec deux passages dans chacune des trois spéciales programmées. La compétition s'achève à Morzine, où se déroule la cérémonie d'arrivée[15].
Palmarès
modifierNotes et références
modifier- ↑ « Rallye Mont Blanc Morzine VHC-VHRS (74) », sur newsclassicracing.com.
- ↑ « La genèse du rallye du Mont Blanc » via Corrine Feuillat, "Rallye Mont-Blanc 1947-1987", 1988
- ↑ « Rallye du Mont-Blanc 2026 à Morzine », sur tourisme-haute-savoie.com,
- ↑ Léna Buffa, « Frédéric Comte se tue sur le Rallye Mont-Blanc », sur Motorsport.com,
- ↑ « Sarrazin remporte un rallye du Mont-Blanc endeuillé », sur L'Équipe,
- ↑ Gauthier Castaldi, « Rallye du Mont-Blanc/Morzine : Yoann Bonato égale le record de victoires de Bugalski, Sébastien Loeb perd tout ! », sur Le Dauphiné libéré,
- ↑ Emmanuel Naud, « Mont-Blanc : Victoire de Yoann Bonato », sur Auto Hebdo,
- ↑ G. Castaldi, « Rallye du Mont-Blanc : la passe de sept pour Bonato, brillant vainqueur », sur Le Dauphiné libéré,
- 1 2 « Loeb toujours aussi fort (Mont-Blanc) », sur Rallye Sport,
- 1 2 Claude JULIAN, « RETOUR VICTORIEUX DE LOEB AU RALLYE MONT BLANC MORZINE », sur Automoto Newsinfo,
- ↑ « Éric Camilli vainqueur du Rallye du Mont-Blanc Morzine », sur L'Équipe,
- ↑ Pierre Barré, « Rallye Mont-Blanc Morzine : Huitième victoire de Yoann Bonato et Benjamin Boulloud en Haute-Savoie », sur Auto Hebdo,
- ↑ « Parcours Vidéo », sur Rallye Mont-Blanc Morzine (consulté le )
- ↑ (en) « Maps – Rallye du Mont-Blanc - Morzine 2024 », sur Rally-Maps (consulté le )
- ↑ (en) « Maps – Rallye du Mont-Blanc - Morzine 2026 », sur Rally-Maps (consulté le )
- ↑ (en) Tjeerd van der Zee, « 55e Rallye Mont-Blanc - Morzine », sur rallybase.nl (version du sur archive.org) (consulté le ).
- ↑ Gauthier Castaldi, « Rallye du Mont-Blanc/Morzine : Yoann Bonato égale le record de victoires de Bugalski, Sébastien Loeb perd tout ! », sur Le dauphiné libéré,
- ↑ Emmanuel Naud, « Mont-Blanc : Victoire de Yoann Bonato », sur Auto Hebdo, .
- ↑ G.Castaldi, « Rallye du Mont-Blanc : la passe de sept pour Bonato, brillant vainqueur », sur Le dauphiné libéré,
- ↑ Julien Rabusseau, « Rallye Mont-Blanc 2025 », sur Rallye Sport,
- ↑ « Éric Camilli vainqueur du Rallye du Mont-Blanc Morzine », sur L'Equipe,
- ↑ « Rallye Mont-Blanc 2026 », sur Rallye Sport,
- ↑ Pierre Barré, « Rallye Mont-Blanc Morzine : Huitième victoire de Yoann Bonato et Benjamin Boulloud en Haute-Savoie », sur Auto Hebdo, .
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Rallye Mont-Blanc (1947-1987), Corinne Feuillat, éd. Automobile Club du Mont-Blanc et Association Sportive Automobile Club du Mont-Blanc, 1988.
Vidéos
modifier- « RALLYE CLUB (Canal+) - MONT-BLANC 2024 », sur FFSA TV
- « RALLYE CLUB (Canal+) - MONT-BLANC 2025 », sur FFSA TV
- « Vidéos Rallye Mont-Blanc Morzine 2026 », sur Rallye Sport
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Site officiel
- Le rallye du Mont-Blanc sur eWRC-results.com
- Parcours et archives des éditions du Rallye Mont-Blanc - Morzine sur Rally-Maps.com
- « Détails des classements du rallye du Mont-Blanc », sur Rallyimage.fr (version du sur archive.org)
- (en) Tjeerd van der Zee, « Rallye Mont-Blanc - Morzine Roll of Honour », sur RallyBase (version du sur archive.org)
