Rallye Rhône-Charbonnières
Le Rallye Rhône-Charbonnières, couramment surnommé « Le Charbo », est une épreuve française de rallye automobile sur asphalte créée en 1947 et organisée autour de Charbonnières-les-Bains, dans le Rhône. Comptant parmi les plus anciens rallyes français encore disputés, il constitue une manche du Championnat de France des rallyes et est organisé par l'Association sportive automobile du Rhône[2].
L'épreuve connaît au cours de son histoire plusieurs configurations et appellations. Associée à partir de 1960 au Rallye de la Solitude, elle devient le Rallye Lyon-Charbonnières-Stuttgart-La Solitude et figure notamment au calendrier du Championnat d'Europe des rallyes. Revenue à une formule principalement française au milieu des années 1970, elle reprend le nom de Rallye Lyon-Charbonnières en 1976, puis devient Rallye Lyon-Charbonnières-Rhône en 1996. Elle adopte son appellation actuelle en 2022[3].
Son palmarès compte plusieurs figures majeures du rallye français et international, parmi lesquelles Bernard Darniche, Michèle Mouton, Jean Ragnotti, Sébastien Loeb, Nicolas Vouilloz ou encore Yoann Bonato. Ce dernier détient depuis 2025 le record de victoires dans l'épreuve avec cinq succès, devant Dany Snobeck et David Salanon, vainqueurs à quatre reprises chacun[4]. L'édition 2026 est remportée par Raphaël Astier et Denis Giraudet sur Porsche 992 Rally GT[5].
Informations essentielles
| Sport | Rallye automobile |
|---|---|
| Création | 1947 |
| Autre(s) nom(s) | « Le Charbo » |
| Organisateur(s) | ASA du Rhône |
| Éditions | 78 (en 2026) |
| Catégorie | Championnat de France des rallyes |
| Périodicité | annuelle (avril) |
| Lieu(x) |
Beaujolais, Lyonnais |
| Disciplines | Modernes, VHC, VHRS, VMRS[1] |
| Épreuves | 12 spéciales (2026) |
| Surface | Asphalte |
| Distance | 199,94 km (2026) |
| Site web officiel | lecharbo.fr |
| Tenant du titre |
|
|---|---|
| Plus titré(s) |
|
Histoire
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Le rallye est créé en 1947 à l'initiative du docteur Pierre Daligand, alors impliqué dans les clubs automobile et motocycliste lyonnais, avec le soutien de Georges Bassinet, dirigeant de la Société des Eaux Minérales de Charbonnières. La première édition, organisée les 21, 22 et 23 mars 1947, est ouverte aux automobiles et aux motocyclettes. Pierre Daligand la remporte au volant d'une Bugatti Type 55[3],[6]. L'épreuve n'est pas disputée en 1948 en raison des difficultés de ravitaillement en carburant, puis s'internationalise dès l'année suivante. À partir de 1950, elle est exclusivement réservée aux automobiles[3].
Durant les années 1950, le rallye se développe avec des parcours de plus en plus longs et plusieurs villes européennes de départ. En 1952, Londres, Liège et Lausanne figurent notamment parmi les points de départ d'un parcours d'environ 1 900 km. À partir de 1953, des voitures de sport telles que les Jaguar XK120, Porsche 356, Alfa Romeo ou Mercedes 300 SL apparaissent régulièrement parmi les engagés[3].
En 1960, environ un cinquième du parcours se déroule en Allemagne. À la suite de cette édition, l'épreuve est refondue en association avec le Rallye de la Solitude, créé en 1953. Coorganisée avec l'ADAC du Württemberg, elle comprend notamment une course de vitesse sur le circuit de Solitude, près de Stuttgart, et prend le nom de Rallye Lyon-Charbonnières-Stuttgart-La Solitude[3].
D'abord inscrit aux championnats nationaux français et allemand, le rallye intègre ensuite le Championnat d'Europe des rallyes. L'édition 1967 est notamment remportée par Vic Elford et David Stone sur Porsche 911 S[7]. Les différences entre les réglementations française et allemande rendent cependant cette formule difficile à maintenir. L'épreuve n'est pas disputée en 1974, dans le contexte des restrictions imposées au sport automobile à la suite du premier choc pétrolier, puis retrouve en 1975 une configuration essentiellement française[8].
En 1976, le rallye revient au Championnat de France des rallyes et reprend le nom de Rallye Lyon-Charbonnières, qu'il conserve jusqu'en 1995. Deux ans plus tard, les organisateurs créent parallèlement une épreuve réservée aux VEC, les véhicules d'époque de compétition, préfigurant le développement ultérieur des compétitions historiques associées au rallye[3]. Cette période voit notamment les victoires de Bernard Darniche en 1976 et 1978, puis celle de Michèle Mouton et Françoise Conconi en 1979 sur Fiat 131 Abarth[3].
Les conditions météorologiques influencent fortement le statut sportif de l'épreuve au début des années 1980. Après d'importantes chutes de neige lors de l'édition 1981, remportée par Bruno Saby sur Renault 5 Turbo, le rallye est intégré à la deuxième division du Championnat de France en 1982, avant de retrouver la première division en 1983. De nouvelles intempéries en 1984, dans le Beaujolais, accompagnent ensuite un nouveau passage en deuxième division[3].
En 1996, après plusieurs saisons hors de l'élite nationale, l'épreuve retrouve la première division du Championnat de France et adopte l'appellation Rallye Lyon-Charbonnières-Rhône. Cette édition est remportée par Gilles Panizzi et Hervé Panizzi sur Peugeot 306 Maxi. L'année suivante, les mêmes pilotes s'imposent à nouveau au terme d'un duel avec François Delecour et Daniel Grataloup ; à égalité avant la dernière spéciale disputée sur le parcours de la course de côte de Limonest, les deux équipages se départagent dans cet ultime secteur. L'organisation estime alors l'affluence à plus de 250 000 spectateurs sur l'ensemble du parcours[3].
À partir de 1998, Philippe Bugalski et Jean-Paul Chiaroni remportent trois éditions consécutives. Après deux succès sur Citroën Xsara Kit-Car, ils s'imposent en 2000 au volant de la Citroën Xsara T4, qui préfigure la future version WRC du constructeur français. En 2001, Sébastien Loeb et Daniel Elena prolongent la série de Citroën en remportant l'épreuve sur Xsara Kit-Car[3].
Au début des années 2000, l'évolution du règlement du Championnat de France se reflète dans le palmarès de l'épreuve. Benoît Rousselot s'impose en 2002 sur Subaru Impreza WRC, avant la victoire de Simon Jean-Joseph sur Renault Clio S1600 en 2003, saison où les Super 1600 occupent une place centrale dans le championnat. Le retour des WRC en 2004 est marqué par le succès d'Alexandre Bengué sur Peugeot 206 WRC. Nicolas Vouilloz remporte ensuite les éditions 2005 et 2006, avant la première victoire de David Salanon en 2007[3].
La décennie suivante est notamment marquée par Dany Snobeck, vainqueur en 2008 et 2009 sur Peugeot 307 WRC, puis en 2011 et 2012 sur Citroën C4 WRC. Son quatrième succès lui permet alors d'établir un nouveau record de victoires dans l'épreuve[9]. Entre-temps, Cédric Robert s'impose en 2010. Julien Maurin remporte l'édition 2013, tandis que David Salanon gagne de nouveau en 2014, puis en 2016 et 2017, portant lui aussi son total à quatre victoires[3].
L'édition 2017 est endeuillée par la mort d'Anthony Perrin, âgé de 31 ans, à la suite d'une sortie de route dans la troisième spéciale entre Ternand et Valsonne. Son copilote Vincent Rigaud est blessé dans l'accident[10].
En 2018, Yoann Bonato et Benjamin Boulloud remportent pour la première fois le Lyon-Charbonnières, au volant de la nouvelle Citroën C3 R5, dont il s'agit également du premier succès en compétition[11]. L'équipage récidive en 2019[12].
Les éditions 2020 et 2021 ne sont pas disputées en raison de la pandémie de Covid-19. L'édition 2020, prévue du 23 au 25 avril, est annulée en mars par l'Association sportive automobile du Rhône[13]. L'édition 2021, initialement prévue en avril, est d'abord reportée en raison de la situation sanitaire et des restrictions imposant notamment le huis clos, avant d'être définitivement annulée[14].

L'épreuve fait son retour en 2022 sous l'appellation Rallye Rhône-Charbonnières. Le nom de Lyon disparaît de la dénomination officielle après la suppression du soutien financier de la Ville et de la Métropole de Lyon[15]. Quentin Giordano et Kévin Parent remportent cette édition sur Volkswagen Polo GTI R5. Après plusieurs deuxièmes places en Championnat de France la saison précédente, Giordano y décroche la première victoire de sa carrière au classement général d'une manche du championnat national[16].
Yoann Bonato et Benjamin Boulloud reprennent ensuite leur série de succès en remportant les éditions 2023 et 2024 sur Citroën C3 Rally2[17],[18]. En 2025, ils s'imposent pour la cinquième fois, avec seulement quatre dixièmes de seconde d'avance sur Éric Camilli, permettant à Bonato de devenir le pilote le plus victorieux de l'histoire de l'épreuve devant Dany Snobeck et David Salanon, qui comptent chacun quatre succès[4].
En 2026, Raphaël Astier et Denis Giraudet s'imposent au volant d'une Porsche 992 Rally GT à l'issue d'un duel avec Yoann Bonato et Benjamin Boulloud. Astier conserve cinq secondes d'avance après la douzième et dernière spéciale et inscrit pour la première fois son nom au palmarès de l'épreuve[19].
Palmarès
modifier| Année | Pilote | Copilote | Voiture |
|---|---|---|---|
| 1947 | pas de copilote[22] | Bugatti Type 55 | |
| 1948 | Épreuve non disputée en raison des difficultés de ravitaillement en carburant.[3] | ||
| 1949 | Simca 8 | ||
| 1950 | Citroën 11CV | ||
| 1951 | Citroën 15CV | ||
| 1952 | Citroën 11CV | ||
| 1953 | Jaguar XK120 | ||
| 1954 | O.S.C.A. 1500 | ||
| 1955 | Alfa Romeo 1900 SS | ||
| 1956 | Porsche 356 1500 | ||
| 1957 | Simca Aronde | ||
| 1958 | Alfa Romeo Giulietta Ti | ||
| 1959 | Alfa Romeo Giulietta Ti | ||
| 1960 | Porsche 356 Carrera | ||
| 1961 | Alfa Romeo Giulietta SZ | ||
| 1962 | Ferrari 250 GT | ||
| 1963 | Citroën DS 19 | ||
| 1964 | Lancia Flavia coupé | ||
| 1965 | Renault 8 Gordini 1100 | ||
| 1966 | Alpine A110 1300 | ||
| 1967** | Porsche 911 S | ||
| 1968 | Alpine A110 1440 | ||
| 1969 | Alpine A110 1440 | ||
| 1970** | Alpine A110 1600 | ||
| 1971** | Alpine A110 1800 | ||
| 1972** | Alpine A110 1800 | ||
| 1973** | Simca CG MC | ||
| 1974 | Épreuve non disputée, conséquence du choc pétrolier de 1973.[8] | ||
| 1975** | Fiat 124 Abarth | ||
| 1976** | Lancia Stratos HF | ||
| 1977 | Opel Kadett GTE | ||
| 1978 | Lancia Stratos HF | ||
| 1979 | Fiat 131 Abarth | ||
| 1980 | Renault 5 Alpine | ||
| 1981 | Renault 5 Turbo | ||
| 1982* | Porsche 911 SC | ||
| 1983 | Opel Ascona 400 | ||
| 1984 | Audi Quattro | ||
| 1985* | Renault 5 Turbo | ||
| 1986* | Renault 5 Turbo | ||
| 1987* | Ford Sierra RS Cosworth | ||
| 1988* | Ford Sierra RS Cosworth Gr N | ||
| 1989* | Ford Sierra RS Cosworth | ||
| 1990* | Ford Sierra RS Cosworth | ||
| 1991* | BMW M3 | ||
| 1992* | Peugeot 309 GTI 16 | ||
| 1993* | Ford Sierra Cosworth 4x4 | ||
| 1994* | BMW M3 | ||
| 1995* | BMW M3 | ||
| 1996 | Peugeot 306 Maxi | ||
| 1997 | Peugeot 306 Maxi | ||
| 1998 | Citroën Xsara Kit-Car | ||
| 1999 | Citroën Xsara Kit-Car | ||
| * : Championnat de France des rallyes 2e division. | |||
| ** : Championnat d'Europe des rallyes. | |||
Galerie
modifier- Nicolas Vouilloz en 2006.
- David Salanon en 2007.
- Dany Snobeck en 2008.
- Dany Snobeck en 2009.
- Cédric Robert en 2010.
- Julien Maurin et Nicolas Klinger en 2013.
Médiatisation
modifierDepuis 2018, Canal + Sport propose un résumé d'une quarantaine de minutes dans une émission intitulée « Rallye Club ».
Notes et références
modifier- ↑ Véhicule moderne de régularité sportive.
- ↑ « Rallye Rhône-Charbonnières », sur Site officiel du Rallye Rhône-Charbonnières (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 « Historique », sur Site officiel du Rallye Rhône-Charbonnières (consulté le )
- 1 2 François Peisson, « Yoann Bonato remporte d'un souffle le rallye Rhône-Charbonnières », sur L'Équipe, (consulté le )
- ↑ Pierre Barré, « Rallye Rhône-Charbonnières : victoire de Raphaël Astier – Denis Giraudet », sur Auto Hebdo, (consulté le )
- ↑ « La Gazette de Cadichon » [PDF], sur Charbonnières-les-Bains histoire (consulté le ), p. 9
- ↑ (en) Darren Galpin, « European Rally Championship : West German Rally (Stuttgart-Solitude, Lyons-Charbonnières Rally) March 1967 », sur dlg.speedfreaks.org, (consulté le )
- 1 2 Arnaud Clement, « Gilles Mondésir : « Une ardoise de 25 000 à 30 000 € » pour le Charbo », sur Le Progrès, (consulté le )
- ↑ Jean-Luc Bourgeois, « Papy Snobeck fait de la résistance », sur Le Dauphiné libéré, (consulté le )
- ↑ « Un pilote mâconnais trouve la mort sur le rallye de Charbonnières », sur Le Progrès, (consulté le )
- ↑ François Peisson, « Bonato a été costaud sur le « Charbo » », sur L'Équipe, (consulté le )
- ↑ Arnaud Clement, « Rallye Lyon-Charbonnières : Yoann Bonato remporte son second « Charbo » », sur DNA.fr, (consulté le )
- ↑ « Le Rallye Lyon-Charbonnières-Rhône annulé », sur L'Équipe, (consulté le )
- ↑ Pierre Tassel, « Le Lyon-Charbonnières définitivement annulé pour 2021 », sur Auto Hebdo, (consulté le )
- ↑ Arnaud Clement, « Rallye Rhône-Charbo 2022 : le parcours dévoilé », sur Le Progrès, (consulté le )
- ↑ Arnaud Clement, « Rallye : Quentin Giordano (VW Polo) brise le plafond de verre à Charbonnières », sur Le Progrès, (consulté le )
- ↑ François Peisson, « Yoann Bonato pour la troisième fois vainqueur du rallye Rhône-Charbonnières », sur L'Équipe, (consulté le )
- ↑ François Peisson, « Yoann Bonato reprend les rênes du Championnat de France à Charbonnières », sur L'Équipe, (consulté le )
- ↑ « Raphaël Astier et Denis Giraudet vainqueurs du Rallye Rhône-Charbonnières », sur L'Équipe, (consulté le )
- ↑ « Détails de classements du rallye Lyon-Charbonnières entre 1947 et 1963 », sur www.rallyimage.fr (version du sur archive.org)
- ↑ « Palmarès », sur Site officiel du Rallye Rhône-Charbonnières (consulté le )
- ↑ Histoire des rallyes, tome 1, Michel Morelli et Gérard Auriol, Éditions E.T.A.I, 2007.
- ↑ (en) Tjeerd van der Zee, « 56e Rallye Lyon-Charbonnières - Rhône », sur rallybase.nl (version du sur archive.org) (consulté le ).
- ↑ Arnaud Clement, « Rallye Lyon-Charbonnières : Yoann Bonato remporte son second « Charbo » », sur DNA.fr,
- ↑ Shacki, « Résultat final Rallye Lyon-Charbonnières Rhône 2019 », sur eWRC-results.com (consulté le )
- ↑ Shacki, « Résultat final Rallye Rhône Charbonnières 2022 », sur eWRC-results.com (consulté le )
- ↑ François Peisson, « Yoann Bonato pour la troisième fois vainqueur du rallye Rhône-Charbonnières », sur L'Équipe,
- ↑ François Peisson, « Yoann Bonato reprend les rênes du Championnat de France à Charbonnières », sur L'Équipe,
- ↑ Emmanuel Naud, « Rhône-Charbonnières : Bonato pour 4/10e ! », sur Auto Hebdo,
- ↑ Pierre Barré, « Rallye Rhône-Charbonnières : victoire de Raphaël Astier – Denis Giraudet », sur Auto Hebdo,
- ↑ « Le coup d'éclat de Raphaël Astier et Denis Giraudet ! », sur FFSA, (consulté le )
Voir aussi
modifierVidéos
modifier- « RALLYE CLUB (Canal+) - Rallye Rhône-Charbonnières 2024 », sur FFSA TV
- « Vidéos Rallye Rhône-Charbonnières 2026 », sur Rallye Sport
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Site officiel
- Le rallye Rhône-Charbonnières sur eWRC-results.com
- Parcours et archives des éditions du Rallye Rhône-Charbonnières sur Rally-Maps.com
- (en) Tjeerd van der Zee, « Le rallye Lyon-Charbonnières », sur RallyBase (version du sur archive.org)
